Bonjour,
c'est très simple, j'ai un humour assez particulier qui met parfois mal à l'aise j'ai l'impression quand il est compris, j'ai mon humour à moi mais je n'en manque pas! Alors que ce n'est pas le but et puis parfois je panique et je bégaies. Souvent, je ne sais pas quoi dire ou bien on me coupe la parole ou pire on ne m'entend pas quand je parle (j'ai une petite voix). Quand on me coupe la parole, je suis vexée même si je ne le montre pas et je ne veux pas la reprendre en coupant à mon tour la parole de mon interlocuteur car je trouve ça très impoli.
J'ai du mal à exprimer mes idées clairement donc je les illustre par des analogies parfois un peu tirer par les cheveux ce qui déstabilise les personnes en face de moi.
Malgré tout cela, j'ai un caractère très fort qui se ressent. Je sens bien que certaines personnes prennent des pincettes et je déteste ca ! En effet, j'accepte qu'on me contredise, au contraire, je trouve que cela rend les discussions intéressantes et vivantes. La confrontation d'idée permet de sortir des sentiers battus des banalités (que je fuis, les banalités me mettent mal à l'aise : rencontrer quelqu'un et se rendre compte qu'après 1h de discussion on ne sait rien de cette personne est très frustrant.)
De plus, quand je deviens spontanée, j'ai tendance à me mettre en confiance et à parler de choses personnelles. Et ca, je le regrette après coup ! Mais d'un sens, il y a des choses que je ne peux pas cacher, qu'il faut que j'explique pour comprendre ma situation actuelle (par exemple, actuellement je fais un BTS, j'avais déjà commencé ce BTS il y a 3 ans mais j'avais arrêter. Pourquoi? Je suis partie avec mon ami de l'époque à l'autre bout de la France pour le faire mais mon petit ami me tapait dessus, je suis donc partie. Cette tranche de vie est violente, malgré tout elle a un rôle majeure dans ma construction personnelle et je ne peux faire l'impasse dessus pour expliquer qui je suis aujourd'hui. Evidemment, cela ne ressort pas systématiquement et je ne le cris pas sur tout les toits. Mais cela était un exemple. J'ai aussi pas mal fais la fête durant mon adolescence, à boire beaucoup et à beaucoup me droguer (cocaïne, ecstasy, speed, LSD, beaucoup de LSD, j'ai adoré ca), du coup aujourd'hui, j'ai un rapport très différent à la "défonce". J'ai compris que cela n'apportait rien, au contraire. Mais beaucoup de gens de mon âge sont très attirés par tout cela ! Ils le découvrent en ce moment et je me vois mal faire de la prévention ou paraître pédante avec ma petite expérience. Cela serait mal reçu, on me taxerait de marseillaise ou bien de quelqu'un qui prétend avoir tout vu, tout fait ! J'ai fais toute ces choses là très jeune et je le regrette (et j'en ai un peu honte aussi). D'une part parce que quand les ados de mon âge commencaient tout juste à faire leurs premières sorties, j'étais déjà rendu loin dans l'expérience ce qui a créé un sérieux décalage (que je ressens encore maintenant!) et d'une autre part parce que j'ai fais l'impasse sur mon "innocence" très rapidement. Cependant, je peux bénéficier de ce retour sur l'expérience assez précoce. Mais, pour me sentir plus proche de mes camarades de classe par exemple, j'ai repris la fumette. Je le regrette un peu car j'avais oublié comme j'aimais ca et me rends compte que ca va être dur quand je n'aurais plus rien à fumer (car je n'ai jamais acheté ce que je fumais, j'ai toujours eu la "chance" de me procurer ca gratuitement et il est hors de question que je débourse un centime là dedans ou dans n'importe quelles autres drogues d'ailleurs. Je n'ai pas d'argent et encore moins pour ca)
Je n'ai pas l'humour qu'il faut pour rendre l'échange agréable et considère, sûrement à tort, qu'un simple échange de banalité ne sert à rien.
Je m'en sors à peu près lorsque l'on me demande comment je vais et ce qu'il y a de neuf dans ma vie. Ayant une vie assez routinière, je n'ai pas grand chose à raconter. Il n'y a rien de très excitant dans le fait d'avoir révisé toute une semaine. L'échange s'arrête souvent là.
Je ne sors plus car je ne vois pas l’intérêt de sortir dans les bars, pour moi cela se résume à dépenser son argent (que je n'ai pas!!!) dans de l'alcool sans partager quelque chose de plus fort qu'une simple cuite. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi la majorité des gens de mon âge et même plus vieux passent systématiquement leurs week ends à boire, boire, boire et même se droguer. J'ai beaucoup pratiqué ce genre de chose et c'est pour cela que je connais beaucoup de monde, mais une chose est claire, il est impossible de construire des relations profondes quand on est défoncé ou alcoolisé. C'est un leurre incroyable qui pourtant motive les gens à se mettre dans des états seconds.
Le fait est qu'aujourd'hui, je n'arrive pas à aborder les gens, je ne sais pas faire. J'ai la sensation d'être entourée de personne se fuyant eux même, façonnant leur personnalité sous des traits matériels, se réfugiant dans l'inculture pour de pas aborder des questions plus profondes, se moquant les uns des autres. Je ne vois pas l'interêt de caresser un échange en surface, les gens m'ennuient. Malgré tout cela, j'ai conscience que la communication inter personnelle n'a pas de règle et que dans 90% des cas, l'échange est formalisé et qu'il ne peut pas être approfondi, d'où cette forme de honte après coup quand j'essaie d'aller plus loin ou quand je montre qui je suis reellement.
Le plus dur c'est que je sens que cette manière de concevoir l'échange s'installe de manière définitive dans mon esprit. Il est clair que je dois reformer ma manière d'aborder ma vie et ses acteurs. Mais la question est dois je changer pour les gens ou les gens doivent ils changer pour moi? Est ce que faire l'impasse sur cette envie permanente de rendre l'échange fructifiant ne me rendrait pas d'avantage frustrée ? Je sais qu'il faut laisser le temps aux relations pour qu'elles évoluent et deviennent plus fortes mais aujourd'hui, je n'en ai pas/plus envie. J'ai vu à quel point l'être humain peut être idiot et méchant et ce cas de figure est beaucoup plus courant que celui inverse. Ma foi, je n'aime vraiment pas me heurter à la bêtise "polymorphe", je préfère rester chez moi ! Mais je suis envieuse des gens "cools", toujours très entourés, qui ont toujours quelque chose à dire et énormément d'humour.
Dernière petite chose, j'ai entrepris de voir un psychiatre, malgré notre sacro saint système de sécurité sociale, je n'ai pas la possibilité d'avancer les 41€: je suis à la charge de mes parents pour le loyer et quelques factures, pour le reste, je vis avec 90€ par mois (exit donc les sorties!!)

