de chris83 » 27 Avr 2011, 16:20
bonjour tout le monde,
voilà, avant de vous raconter mon histoire, je voulais apporter toute ma compassion à boni19 (et à tous les autres, bien entendu). mon père travaille depuis plus de 10 ans pour la FNATH (Fédération Nationale des Accidentés du Travail et Handicapés) qui s'est occupé le plus activement possible du dossier de l'amiante (entre autre la fameuse histoire de Jussieu). je ne sais pas si vous connaissez la Fnath, mais sachez qu'ils peuvent vous apporter un grand soutien qu'il soit moral ou autre.
mais si je me retrouve ici sur ce forum aujourd'hui c'est pour partager la douleur que la perte de mon grand frère à causé dans ma vie.
j'avais fêté mes 27 ans une semaine avant jour pour jour, notre grande soeur c'était mariée 4 jours plus tôt ( l'un des invités s'est tué en rentrant du mariage à 1 km de chez lui, il n'avait pas bu, il était pompier, se sont ses collègues qui l'ont découvert... ce qui avait déjà entaché le souvenir du mariage de ma soeur), et mon frère qui avait 36 ans est mort. nous ne savons pas (et ne saurons jamais...) si c'était un suicide, nous ne savons pas s'il a sauté, ou s'il est tombé du haut de ses 14 étages... son psy (oui, mon frère était malade, il avait fait de réguliers séjour en HP, et était sous traitement depuis 18 ans) dit que les cas de défenestration sont très rare, et qu'en général c'est à cause d'hallucination, hors mon frère n'en n'avait plus depuis son changement de traitement. de plus il y avait un dégât des eaux sur la terrasse du dessus... nous ne savons pas, connaissant mon frère il aurait effectivement pu se pencher pour voir les dégâts, seulement son traitement rendait ses geste moins vifs, et ses muscles se ramollissaient. il était pourtant un grand sportif, ski, basket, escalade... son psy et son infirmière n'avait rien remarqué d'inhabituel.
tout ceci s'est passé tout début novembre 2010. cela va faire 6 mois, je suis encore pleine de violence. dès que quelque chose me contrarient cela prend des proportions inattendues, dans mon travail j'ai du mal à contenir ma rage. quand quelqu'un s'adresse à moi en me manquant de respect, j'ai des images de violence incroyables qui me passe par la tête, et je dois faire appel à toute mon énergie pour ne pas passer à l'acte. j'en veux à la terre entière de ne pas savoir s'il s'est jeté par la fenêtre ou s'il est tombé.
de plus la dernière fois que je l'ai vu c'était dans mon appartenant dans un moment de recueillement pour cet invité qui s'est tué en rentrant du mariage, ce qui nous avait tous beaucoup choqué. j'ai envie de quitter cet appartement pour pouvoir tourner la page, mais ce n'est pas possible pour moi de déménager pour le moment.
je suis suivi par une psychologue depuis janvier, cela se passe bien, mais 3/4 d'heure par semaine, ce n'est pas assez, et je n'ai malheureusement pas le temps d'avoir plus de rdv...
je suis triste toujours un petit peu, même quand je ris. je suis quelqu'un de très jovial, avant, j'aimais les gens, je parlais à tout le monde dans les transport, je faisais toujours le clown pour amuser la galerie... tout cela m'a quittée avec mon frère...
ce qui me fait très mal aussi, c'est que, de tous les membres de la famille, je suis celle qui habitait le plus près de chez lui, 5min en voiture, 10 à pied, et de me dire que si c'est un suicide, il n'a pas tenter d'appeler au secours, moi sa petite chérie, dont il avait toujours pris soin, même encore parfois pendant sa maladie.
je suis triste triste triste triste... et le pire c'est quand je pense à ma mère qui après avoir soutenu son fils pendant 18 ans de maladie, l'a perdu, elle qui avait 4 enfant n'en a plus que 3, et moi qui avait 2 frères n'en ai plus qu'un...
Dans notre famille la mort n'est pas un tabou, j'ai reçu un énorme soutien de ma famille et de mes amis. je ne me suis jamais retrouvée seule, sauf à ma demande, mais aujourd'hui, ça me fait comme l'impression que "ça suffit là, on a compris que t'avais perdu ton frère et que c'était douloureux!" bien sûr personne ne m'a jamais dit ça, c'est comme si moi je me le disais, comme si ma souffrance n'était plus légitime au bout de 6 mois...
je vais m'arrêter là... je pleure trop devant mon ordi, mon clavier, ne va pas le supporter...
merci de m'avoir lu, ça fait du bien d'écrire ce qu'on ressent, et effectivement, à des inconnus, c'est presque plus facile...
bien à vous
Chris