Je viens de lire les réponses données sur le deuil, ça fait 60 ans que j'ai perdu mon père, 62 ans ma mère. J'avais 3 et 5 ans quand j'ai perdu les deux. J'ai 65 ans.
J'ai eu beaucoup de joie en lisant les réponses de Nicole, qui m'ont donné quelques larmes de consolation. Comme quoi le temps ne compte pas.
J'ai appris depuis à gérer les deuils. Je pleure tout ce que je peux, sans pudeur, j'extériorise ma douleur. Ainsi, j'ai remarqué que ça ne me suit pas, comme le dc de mes parents.
Pour mon père quand j'ai appris sa mort (suicide) j'ai reçu un grand coup sur la tête physiquement (c'est fou) Je me suis dit dans le moment, je suis foutue ! Je m'étais rendue compte qu'étant chez une nourrice froide, autoritaire que ça n'allait pas être la joie tous les jours. Avec une soeur aînée qui avait toujours été jalouse de l'affection, de l'attention que me donnaient mes parents (j'étais la petite dernière) Je ne m'étais pas trompée, ma soeur, je l'ai vue 3 ou 4 fois dans ma vie. La dernière fois que j'ai voulu la voir, elle n'a pas voulu. A chaque fois, c'est moi qui allait vers elle. Je l'ai tellement aimée...
Finalement ma nourrice m'a ramener à l'assistance publique une fois sa maison payée, après m'avoir laissé avoir faim le plus souvent des années passées chez elle. Elle m'a ramené en me disant que je lui donnais du souci que j'étais un vrai garçon manqué. En fait, elle voulait être tranquille et s'est débarrassé de moi.
Que d'abandon aussi...
Je souhaite a toutes celles et à ceux qui sont dans le deuil, de ne pas rester seul(e) dans la souffrance... Faites vous aider, parlez en, videz votre trop plein de douleur, pour mieux vous sentir libre de vivre votre propre vie... On n'oublie pas ceux qui nous ont donné la vie.
On ne peut pas vivre ce qu'eux ont vécu, à chacun son destin. On n'a pas le droit de vivre leur souffrances, ça leur appartient. Tout comme notre vie nous appartient et elle continue...A nous de la rendre la plus nette possible des scories de la vie. L'abandon de notre famille par la force des choses, oui ! Mais nous-même, nous sommes présents à nos propres besoins, trouvons l'interlocuteur ou l'interlocutrice qui nous faut, dans un premier temps une oreille attentive pour nous écouter dire notre douleur. Une épaule, une étreinte chaleureuse pour ne pas se sentir trop abandonné et l'instinc de vie fait le reste.
Surtout ne pas patauger seul(e) dans la peine... La vie est belle...


