de dorb » 20 Aoû 2010, 03:42
Bonsoir Madame,
Le 01 juillet, après avoir lu votre dernière réponse, j’avais le moral dans les chaussettes ! De plus c’était les 16 ans de notre fille et il y avait des copains à elle pour la soirée. A force de ne pas me voir enjoué en cette journée, j’ai fini par cracher ce que vous veniez de me révéler,en résumé ou je me faisais castrer dans la tête pour rester avec elle ou je devais partir pour notre salut mutuel.
« elle ne me connaît pas ! t’as dû lui dire les pires trucs possibles pour qu’elle pense ça de moi « .
La nuit a été longue en discussions, en pleurs en engagements mutuels et tôt dans la nuit, elle m’aime de tout son cœur, et cette fois-ci l’envie y était !...
le 02 juillet c’était son anniversaire, je la joue très cool pour ne pas gâcher les promesses de la nuit. Cela a duré tout le week end et le dimanche soir, rideau, la pièce est finie !
le week end d’après, nous devions aller chez ses parents, et je m’y suis rendu par respect pour eux. Durant cette nuit là, elle m’a même proposé de me mettre au train le dimanche matin, ce que j’ai accepté et c’est son père, avant que je monte dans la voiture pour aller à la gare qui s’y est opposé. J’ai donc passé ce dimanche dans cette réunion de sa famille affichant clairement, mais sans rien dire, qu’il y avait plus que de l’eau dans le gaz entre nous.
En rentrant à la maison, nouvelles discussions mais là, la sentence semble irrémédiable. Discussions encore pendant quelques jours, les oreilles ont dû vous sifflé un peu car vraiment, porter de telles affirmations sans la connaître !... toujours est-il que je lui propose une 3ème solution :
On ne regarde plus derrière nous du tout et on court droit devant. Elle est d’accord mais sans courir pour autant.
En tout cas, on ne regarde plus derrière (donc plus de reproches sur ces 15 dernières années, plus de sous-entendus,… plus de passé !) Pour consolider l’idée et aider à ce jeu de séduction, je lui propose même de considérer qu’on venait de se rencontrer après s’être séparés elle, d’un connard avec qui elle qu’elle venait de passer 15 ans et moi d’une coincée avec qui j’avais aussi passé une 15zaine d’années.
Elle était tellement fière de ça qu’elle m’a demandé de téléphoner cette bonne nouvelle à ses parents, ce que comme un idiot qui vient de remporter la dinde de la kermesse, j’ai fait !
Ça a tenu environ presque, en étant généreux, deux semaines ! je lui alors fais remarquer qu’au bout de deux semaines, j’avais déjà le sentiment de revoir mon « ex ». et là pour le coup, je l’ai retrouvée pleine et entière.
Première crise pour ce couple version 2.0.
Jusqu’à ce samedi 7 août, nous avons tenu nos rôles de nouveaux amants convenablement au vu de la situation de crise de laquelle nous sortions.
C’est ce jour là qu’elle m’a dit vouloir passer ses premiers congés payés seule chez ses parents en bretagne, elle avait besoin de respirer, de réfléchir. Elle avait besoin que je lui manque, dixit elle-même. Je lui ai clairement fait comprendre que ça me faisais ch… qu’elle veuille partir seule, avec nos antécédents et le schéma mis en place pour s’en sortir ensemble, que ça ne collait. Mais sa décision était catégorique, je n’avais pas à aller voir ses parents !
Inutile de vous dire que dans les quelques jours qui ont précédé son départ, elle avait aussi retrouvé son ex !
Le matin de son départ, je me suis levé pour lui écrire ma peine de la voir partir. En lisant cette lettre, je l’ai entendu dire aux enfants qu’elle l’emmènerait en bretagne pour la faire lire et qu’ils puissent en rire et constater comme je suis malade !
Elle a téléphoné à la maison tous les jours. Seule ma fille lui a répondu. Elle voulait que je lui manque, je n’allais pas lui parler sinon, où était le manque ?
Elle est rentrée hier avec nos 2 garçons. Accueil froid mais pas glacial. Pas un mot de sa part concernant son attitude. Gardant cependant mes distances, elle décide d’aller dormir dans le canapé. Je l’y rejoins et une nouvelle fois, on discute. J’y apprends alors que comme elle n’a pas été accueillie en triomphe, c’est que sans aucun doute je dois faire la gueule et elle ne voit pas pourquoi ! Je lui dis alors que moi aussi de mon côté j’attendais au moins un « tu m’a vraiment manqué » puisque c’était le but de cet isolement de moi ou alors un « je regrette de t’avoir planté là ». Avec le vocabulaire français, y’avait moyen d’exprimer au moins une de ces deux idées là de bien des façons. C’est quand je lui ai demandé d’imaginer la scène inverse, dans notre contexte très fragile et particulier qu’elle a enfin compris ma douleur et a fini par dire « c’est vrai, c’était pas très sympa de ma part de t’avoir planté là !). Dans notre lit, elle sanglote au creux de mon épaule, me serre très fort contre elle, me demande de ne plus lui parler de l’ancienne qu’elle avait pu être et du coup, nos retrouvailles se sont conclues comme pour tous les couples amoureux qui se retrouvent.
Ce matin, je la caresse juste pour apprécier les courbes de son corps, le grain de sa peau. Et là, du coup c’est elle qui change la donne et la conclusion est ce que font tous les amoureux contents de s’être retrouvés !
La discussion qui suit, s’envenime très vite suite à une petite pointe d’ironie qu’elle laisse échapper faisant référence à notre passé. Elle menace même d’aller en agence immobilière dès ce matin pour vendre la maison. La matinée était mal partie. Nous allons quand même faire une course ensemble et au retour, rebelotte nouveau petit sous-entendu qui pour le coup me mure définitivement dans le silence pour l’après midi, silence que je préfère tenir pour ne pas avoir à faire ressurgir aussi notre passé.. J’emmène le petit dernier à la plage, la laissant à ses occupations (des commandes en retard). Nous rentrons de la plage avec des moules ramassées par le petit, je les prépare et aussi le repas du soir.
Un accroc entre mon aînée et son frère cadet, j’interviens en criant très fort pour que cela cesse immédiatement car depuis le début des vacances entre eux deux, c’est un peu la guerre (16 ans pour ma fille et 14 ans pour mon cadet… la bonne période pour eux au bon moment pour nous !....).
Elle prend parti pour ma fille, je n’avais pas à intervenir en criant, je n’ai pas changé, je suis toujours le même connard… elle part à la plage avec ses 2 gars et quand elle rentre impossible de lui extraire le moindre mot.
A force de parler seul, elle finit par m’interrompre pour me dire qu’elle n’a pas à changer, qu’elle est bien comme elle est, droite dans ses bottes et que c’est uniquement à moi d’aller me faire soigner la tête !
Je lui rappelle alors les engagements mutuels pris en juillet et elle m’annonce sans sourciller n’y avoir jamais cru.
Nous nous sommes mis d’accord sur le fait de vendre la maison le plus vite possible. Je lui ai balancé tout un tas d’insanités que j’avais sur le cœur après avoir constaté que je m’étais fait rouler dans la farine depuis la mi-juillet !...
Voilà, la triste fin de cette histoire. J’avais pensé vous écrire à la fin de l’été pour vous dire qu’il y avait une troisième solution mais ….ça n’a pas marché.
Vous êtes effroyablement perspicace et effectivement, ne peuvent être aidés que les gens motivés qui PEUVENT et surtout qui VEULENT encore y croire et je renchérirai y croire ENSEMBLE !
Dans cette histoire, j’ai toujours été seul à me battre pour un idéal qui n’était manifestement pas partagé. Sans doute aurai-je dû jeter l’éponge bien plutôt :
Une femme qui a rejeté par 2 fois une demande en mariage, qui n’a jamais émis ne serait-ce qu’une fois le désir d’avoir au moins un enfant de moi (vous me rétorquerez que nous en avons quand même 3, soit… les deux premiers sont sous pilule et comme ça ne semblait pas efficace, le 3ème , sous stérilet après y’a eu l’implant contraceptif, ça a sans doute permis de limiter les dommages collatéraux qui vont s’ensuivre….), une femme qui n’a jamais émis le moindre projet d’avenir à partager avec moi, je n’arrive toujours pas à comprendre, bien qu’ayant eu tous ces éléments sous les yeux depuis le début, pourquoi j’ai été aussi stupide de m’entêter.
Pourquoi j’ai préféré gâcher ma jeunesse plutôt que de voir ce que l’avenir me réservait.
Pourquoi avoir été aussi con, aussi longtemps ? J’ai bien vu tout un tas d’hommes autour de moi tromper leurs femmes et le vivre très bien. Pourquoi, moi, je n’ai pas eu cette lâcheté ?
J’en ai vu se séparer sans attendre 6 mois alors que je me suis battu tout ce temps. Même son frère a eu la bénédiction de ses parents lorsqu’il a quitté son ex pour les mêmes raisons que moi je n’ai pas voulu reconnaître et qui vous ont sauté aux yeux dès votre première réponse. Raisons cependant qui ne sont pas admissibles par ses parents pour leur fille et notre couple….
Je suis monté dans ma voiture cette nuit et je suis parti avec quelques fringues. Ne sachant où aller, je suis rentré et du coup, je vous écris toute ma peine, toute ma tristesse à devoir en arriver là mais comme y’a pas plus sourd que quelqu’un qui ne veut pas entendre…
Si je n’avais pas conscience de l’image du père que je donne à mes gamins, le sens de la responsabilité de ses actes que je veux leur inculquer de toujours assumer ses choix quoi qu’il arrive, je crois bien que ce soir, plutôt que de rentrer j’ai pensé, un instant, mettre fin à mes jours mais n’aurait-ce pas été là l’aveu d’un échec de toute une vie et surtout l’échec des valeurs que je pense leur avoir transmises ? Et après tout, pourquoi leur père n’aurait-il pas eu le droit de se tromper aussi, tant sur leur mère que sur des valeurs désuètes dans cette société sans aucune pitié ni amour-propre ?
J’essaierai de vous montrer que je n’ai pas craqué dans les jours à venir, je pense être trop fier pour m’en aller aussi lâchement.
Cordialement,
JeanLuc.