J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

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J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede Gilou1967 » 26 Jan 2012, 13:52

Bonjour,

Ce matin une crise d’angoisse, la peur de moi, m’a amené à rechercher un échange avec d’autres personnes qui auraient un vécu douloureux proche du mien. Un vécu dont les autres ne comprennent pas l’ampleur, voire amplifient la souffrance. J’essaie de trouver un aspect positif à l’humain, à celui que j’ai en face, mais actuellement, je rencontre l’inverse.
Je vais essayer de présenter, ce qui m’amène ici, sans trop m’étendre pour l’instant, tout en essayant d’être précis.
Je suis un homme. J’ai 54 ans. Je suis en instance du divorce. J’ai une fille de 14 ans. Actuellement, je suis en arrêt-maladie suite à une opération d’un cancer de la gorge.
Cet été, en juillet, une ballade non préparée m’a amené sur un lieu de colonie lorsque j’étais enfant. Une construction retint fortement mon attention : une vieille tour carrée, seule vestige de cet ancien camp d’adolescents qui n’existait plus, sauf pour moi. Je m’en suis approché et comme si j’avais appuyé sur un bouton invisible, ma boite de Pandore s’est ouverte déversant en moi les faits, les impressions, les émotions, les douleurs que j’avais vécues durant un mois dans cette tour.

J’avais 14 ans et j’étais l’objet sexuel d’un moniteur photographe. Le reste du camp aveugle et bien manipulé, par lui, me remettait dans ses pattes, en fonction de ses besoins. Les autres enfants, dont certains ressentaient quelque chose, me traitaient comme une fille, me délaissaient, me rejetaient. J’y ai vécu un mois de solitude absolue, passant du dégoût de moi et de l’autre, aux larmes silencieuses de la tente commune, revivant ses caresses qui brûlent et dévorent les tripes.

Ces souvenirs qui m’ont vomi dessus durant la journée et la nuit ont drainé avec eux d’autres plus enfouis, plus anciens, plus dégradants, plus difficile à ressurgir.

J’avais 10 ans et des aléas de la météo m’obligèrent à taper à la porte, rassurante et connue, du presbytère, pour m’abriter. Les prêtres m’ouvrirent et mirent gentiment à sécher mes vêtements. Le temps que ceux-ci soient prêts, ces deux curés s’occupèrent agréablement - pour eux - de moi. Après une mise en confiance et des attouchements, l’un d’eux commença par se décharger dans ma bouche et débuta alors pour moi, leurs infectes initiations : pénétrations aurales et annales.
Depuis, je me revois, me revis (revivre), la nuit, poupée de chiffon, m’échappant grâce aux ombres sur l’écran de leurs rideaux clos, les laissant me remuer par leur vas et viens ; m’inquiétant de leur sourire qui disparaît ; remerciant le prêtre qui m’aide à changer de position, ou m’écarte les jambes, les soutiens, car je n’y arrive pas tout seul, mon corps ne me répondant plus ; ou quand ils m’offrent une couverture pour me réchauffer et dormir sur le banc après leurs ébats ; m’excusant du dérangement, lorsque rhabillé, je sors du presbytère, ne me souvenant plus où j’habitais.

J’ai réussi à en parler à ma mère et ai trouvé dans ses témoignages bet dans les vieilles photos, les preuves de ces évènements que j’aurais aimés faux.
Depuis cet été, celui des révélations, après avoir constaté le désastre de ma vie à laquelle j’avais survécu, je n’arrive plus à trouver une place. Je pourrais essayer comme me l’a dit un psychiatre de Périgueux : « Vous avez vécu avec sans le savoir jusqu’ici, vous pouvez continuer à vivre avec. Il vous faudra un peu de temps. Au revoir monsieur. ».
Je me suis toujours douté qu’il y avait un évènement très fort qui faisait que je détruisais ce que j’aimais, dont moi, que je n’attirais que des manipulateurs ou manipulatrices, mais le savoir est pire.
Lorsque nous avons une écharde, parfois nous ne la sentons pas pénétrer, elle s’oublie, nous continuons de vivre, malgré la douleur lancinante. Mais lorsque nous l’apercevons, nous n’avons plus qu’une idée, l’enlever, souffrir un peu pour ne plus souffrir. Notre esprit sera totalement dirigé vers elle jusqu’à ce qu’elle soit enlevée. Mais là c’est un peu de corps qui est dans l’écharde et lui fait mal.

Ce retour à la surface intervient dans un contexte catastrophique pour moi. Mais pas inconnu. Je me suis toujours mis dans des galères à la limite de me détruire. Une sorte de bonne étoile m’a toujours sauvé jusqu’ici. Je pensais que connaître la réalité m’aiderait, mais aujourd’hui, je perds espoir. J’ai plus l’impression que d’avoir été abusé, ouvre la porte à toutes les formes d’abuseur.
J’ai toujours senti que quelque chose de violents m’était arrivé et m’avait supprimé le sourire, le désir, le plaisir, l’envie de m’offrir du temps et des objets. J’ai offert mon temps et mon énergie aux autres pour ne pas couler, pour ne pas entendre le bruit qui s’exprimait la nuit. Maintenant que je connais mon passé, je n’ai plus ce désir de me dépenser pour les autres sans raison ; mais je n’ai aucun désir pour moi. Je me sens sale et sans tenue, une poche vide qui va s’effondrer si j’arrête de bouger à l’intérieur.
Avoir découvert mon passé, c’est comme si je portais, n’ayant pas le choix, depuis plus de 40 ans, des vêtements qui ne sont pas à moi et qui ne m’ont jamais plu, et qu’aujourd’hui je découvre qu’ils sont à des personnes qui m’ont fait souffrir. Je voudrais bien les arracher, les brûler, ne plus jamais les voir, quit à être nu. Mais ces vêtements, qui ne sont pas à moi, qui me font horreur, que je veux détruire, c’est ma peau.

Je travaille avec une psychologue et la technique EMDR qui me permet de réduire fortement, les douleurs bloquantes dans tous les domaines, et surtout, la violence extrêmement destructrice qui remonte. D’éviter que celle-ci se retourne contre ma femme qui a su bien utiliser ces blessures qui m’étaient inconnues, mais qui n’en est pas responsable.
Je vide ma poche intérieure, mais je ne suis pas capable de la remplir, l’enfant de dix ans se sent, petit, fragile et inadapté à ce monde.

C’est la première fois que j’écris sur Internet. J’ai essayé d’être assez bref. J’espère pouvoir échanger avec d’autres personnes. S’entraider à ne pas sombrer, à se passer des trucs qui fonctionnent. Passer une vague, puis une autre et atteindre progressivement un port accueillant.
J’espère… encore.

Les dialogues d’un film (Trafic d'innocence) résument bien ce que je ressens maintenant :
— Vous croyez … qu’il est possible de retrouver … sa dignité et son humanité … quand quelqu’un vous les a volés ?
— Oui, je le crois … mais c’est à vous de les retrouver. Il n’y a aucun être qui puisse vous les enlever que ce soit un homme ou encore des centaines.

Difficile à retrouver quand on a soit même anéanti sa vie, et que ce qui reste de soi n’est qu’un enfant perdu dans un corps de personne âgée et où le constructeur a oublié de placer le bouton « Replay ».

Je remercie celui ou celle qui me lira. Car il est arrivé jusque là, et moi j’aurais un peu existé.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede chinelle » 26 Jan 2012, 15:31

Je n'ai pas les mots....
Mais il y a une chose dont tu ne dois jamais douter c'est que TU EXISTES.
Je suis certaine que d'autres viendront te lire et parleront avec toi.
Plein de courage à toi.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede Gilou1967 » 26 Jan 2012, 16:57

Merci Chinelle,
Je existe. Je le sais, je le sens, mais ces douleurs, ces images, ces voix, ces sensations aussi, d’autant plus que les autres, ceux qui se disent : « normaux », « non malade », « sans problème » me fixent ce passé que je n’ai pas cherché, me fuyant comme un pestiféré.
Ce matin, je n’arrivais pas à décrire ce mal qui est venu et qui s’est atténué sous mon écriture. Mais, grâce à ton petit mot, Chinelle, toi qui écris que tu n’en avais pas ; tu ne fuis pas, et c’est beaucoup. Merci.

Ce mal que je perçois mieux, c’est l'abîme de cet instant où j’aurais aimé être, dans les bras de ma maman, poser ma tête sur elle, tenir la main de mon papa, avoir mon ours contre moi et où aucun d’eux n’a répondu à mes cris silencieux. Cet instant où ils ont disparu de moi, n’étant plus là.
C’est l’impression d’avoir une sphère, la sienne, sa vie, sa foi, son monde jusqu’à cet instant, qui implose, lentement, broyant tout, parce qu’ils n’étaient pas là, parce qu’ils m’ont laissé seul avec eux, ne me donnant pas d’autre choix que de me donner à eux pour ne pas être détruit, et par cela même de l’avoir fait.

C’est aussi, la honte de ne pas en parler, pas celle par rapport à ce qu’ils m’avaient fait subir. Celle-là est moins forte, mais la honte d’avoir renié ma famille, de l’avoir abandonné, de les avoir rejetés, pour aller vers eux.
Je n’en ai jamais parlé, même pas à mon nounours. Je le prenais juste contre moi et m’allongeais silencieux. Je ne me voyais pas lui dire que je l’avais exclus, rejeté, peur peut-être qu’il m’abandonne à nouveau, qu’ils m’abandonnent tous à nouveau.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede TORTUE34 » 26 Jan 2012, 18:07

Votre souffrance transpire tellement au travers des mots que mon coeur vient de se serrer et mon esprit s'est vidé, incapable pour l'instant de vous apporter un quelconque réconfort par écrit.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede Gilou1967 » 27 Jan 2012, 11:37

Bonjour,

A ceux qui m’ont répondu ou lu, pour vous rassurer, cette crise douloureuse et violente est passée.
En premier, je voudrai remercier TORTUE34 pour la présence que vous m’avez laissé. Je ne désirais pas déranger, j’essaie juste d’écrire des mots aux plus proches de mes sensations, et ceux-ci sont très en dessous de ce que je voudrais traduire.
Cette crise m’aura permis de redécouvrir des souvenirs émotionnels durs enfouis dont je ne soupçonnais pas la force et l’importance, et de franchir une étape en osant écrire mon vécu sur Internet.

Par rapport à tout ce que j’avais lu, je pensai que moi, l’enfant, je n’avais rien dit par rapport aux actes qui avaient eu lieu à cause de la honte de parler de ceux-ci, encore paralysé par leurs violences douçâtres et de leur irréalité.
C’est possible car, si j’avais dû le dire, je ne sais pas comment j’aurai pu décrire des actes qui m’étaient totalement inconnus ; comment j’aurai pu expliquer qu’un autre, qu’un humain puisse pénétrer, physiquement, aussi profond dans un corps, le mien, faire autant souffrir avec le sourire, trouver un réel plaisir dans mon supplice ; comment j’aurai pu justifier que mon corps, m’abandonnant y avait réagi, y trouvant une sorte de satisfaction totalement écœurante, qu’il venait lui aussi, de me laisser et de me trahir.

Si j’avais pu essayer de le dire, trouver des mots ou des gestes, dépassant cet inadmissible, il aurait fallu que j’avoue que j’avais renié, ma mère, mon père, mes frères, mes grands-parents, mon chien et mon nounours. Répudié comme des êtres abjects que je ne voulais plus voir près de moi. Je les avais appelés, hurlé leur nom, et dans cet instant où j’avais vraiment besoin qu’ils viennent, aucun d’eux n’a daigné s’approcher. Dans cet instant, avant de sombrer, seul, je les avais arrachés à mon corps, comme une peau tranchée devenue inutile, ne faisant plus son office, ne protégeant plus de rien.
Je n’aurai jamais pu exprimer : J’ai besoin de vous, on m’a fait du mal, mais avant il faut que vous sachiez que je vous ai totalement éjecté de mes pensées, envoyé aux antipodes, haïs.
Ce dire-là était tout simplement impossible, je ne voulais surtout pas les perdre à nouveau alors que je les avais retrouvés, moi et eux vivants. Garder pour moi cette horreur était moins grave que de risquer de les perdre encore et peut-être définitivement.
C’est pour cela que durant de très nombreux soirs, il y a 44 ans, avant de m’endormir, je prenais mon nounours dans mes deux mains, sans l’étouffer, l’amenant face à mon visage, bras étendus, pour uniquement le regarder, laissant mes larmes glisser sur mes joues. Il était là, ils étaient là, c’est tout ce qui comptait. Le reste, je devais l’oublier. Ils ne devront jamais savoir. Je les aimais et que ce jour, où, pendant quelques secondes qui disparaîtront sur une vie, je les avais haïs, détestés, maudits, n’avait jamais existé. J’amenais ma peluche, ce petit ourson brun rapiécé contre mon cœur, le couvrant de mes mains. Il ne devait pas en voir plus dans mes yeux : je l’aimais cela suffira.

Mon divorce, conséquence des auto-destruction que je génère depuis, amplifie tout cela, je n’aurai pas dû le découvrir, le dire, ils seraient là, encore, peut-être.

C’est ce qui a refait surface hier, que cette nuit a posé, et que j’essaierai de digérer. Car même maintenant, le sachant, après l’avoir écrit, j’ai beaucoup de mal à admettre que ces pensées ont été miennes.
J’espère ne pas avoir trop choqué par mes mots, mais j’ai l’impression que si je veux retrouver une lumière éteinte, il y a longtemps, il ne faut pas que je triche avec ce qui m'est arrivé. Il faut que j’affronte la brutalité de ces mots même s’ils seront toujours très légers par rapport aux maux que ces hommes ont créés et qui sont encore enfouis en moi.

C’est pour cela que je désirais échanger avec des personnes qui auraient un vécu proche, pouvoir faire sortir de nos corps, ces douleurs oubliées, rejetés, qui pourrissent en nous, nous détruisent, accepter de les regarder en face et, comme m’a dit honnêtement un médecin : « Ça va faire mal, très mal, mais dit toi que ce mal, c’est toi qui va te le faire et qu’il sera pour ton bien. ». Et c'est vrai que cela fait mal, très mal, et qu’il faut le revivre à nouveau, peut-être même plusieurs fois, espérant qu’il parte.

Si ce que j’exprime peut aider, un conjoint, un proche, une aide d’une victime, j’aurai fait un pas vers ma pierre philosophale, comme me l’indiqua un ami, pouvoir transformer l’horreur en aide, en amour ; mon plomb en or.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede chinelle » 27 Jan 2012, 11:49

Un aucun cas tu n'as dérangé ou choqué. Eloigne vite cette pensée.
Tu écris avec pudeur et sensibilité.
Ton ressenti me fait tellement écho ..
J'aurais voulu pouvoir te soutenir dans ces moments difficiles.
Merci du partage.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede Gilou1967 » 28 Jan 2012, 14:33

Merci chinelle.
Le calme après la tempête est revenu et me permet de voir tout ce que j’ai gâché par peur de perdre. Tout ce que je n’ai pas osé faire, une main offerte, un mot gentil, une attention que j’ai retenus, pour ne pas risquer de souffrir à nouveau ; ou ne pas oser dire, accumulant jusqu’au débordement et crachant avec beaucoup trop de violence mes blessures, sur ceux qui souvent venait juste m’aider.
J’ai moi-même sabordé mon bateau.

Savoir d’où cela provient, ne m’aide en rien et me laisse maintenant un goût d’impossible changement, l’impression que la suite de ma vie ne sera qu’un vulgaire remake que j’ai compris mais que je suis obligé de supporter.
Que je vais encore endurer ces personnes qui détectant mes blessures seront très désireuses de m’utiliser et m’enfoncerai encore et encore dans des galères où je me vide, sans jamais y trouver une chaleur.
Je me sens comme un petit enfant qui a tenu jusqu’ici, qui a fait resurgir ce qu’il avait en mémoire, mais qui maintenant désirerait s’allonger et laisser le temps passer, vide de son énergie. Mon but est atteint, je sais maintenant ce et ceux qui me détruisaient. Je ne veux plus combattre et je n’ai pas appris à construire. Je ne suis qu’un rônin, un guerrier épuisé, sans maître.

Je m’accroche à l’écriture d’un roman, où je mets en scène ces tranches de ma vie, essayant d’être celui qui ne savais pas, celui qui sait et ceux qui m’ont détruit. Espérant trouver une lueur, dans une place que je cherche, celle d’un petit enfant dans un grand corps qu’il ne peut plus remplir.
Les actes simples de la vie me sont tellement lourds n’ayant aucun désir, que je rêve parfois de m’asseoir comme un vieil Indien sous une peau et de mourir là dans un coin de nature.

Savoir que je vais me retrouver à nouveau seul, me renvoie à cet instant avec l’impression que je n’aurais pas dû parler et, pourtant je sais que c’est plus parce que je n’ai pas parlé.
J’ai des amis qui m’aide beaucoup, des activités aussi. Ils m’apportent tout ce qu’ils peuvent offrir. Mais moi je ne m’apporte rien, j’ai même du mal à me porter.

Si quelqu’un a passé ce cap, trouvé un moyen de reprendre un chemin basique, se faire à manger, sortir, s’offrir un plaisir aussi petit soit-il, je suis preneur, et le remercie par avance.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede chinelle » 28 Jan 2012, 15:07

Je n'ai pas passé le cap et ne sais que te dire.
Il faut du temps, beaucoup de temps pour soigner les blessures de l'enfant.
Je pense sincèrement qu'avec LE bon ou LA bonne thérapeute, on peut commencer ce long chemin.
Non vers la guérison, je ne pense pas que l'on puisse guérir. Mais vers une cicatrisation.
Jamais, le passé ne peut être gommé, effacé, oublié.
On peut juste apprendre à vivre avec.
Et la douleur, la douleur sera de moins en moins vive.
Même si quelque part en nous, elle ne disparaîtra jamais.
Aie confiance en l'homme que tu deviens, en l'homme que tu seras.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede Gilou1967 » 28 Jan 2012, 18:14

J’entends ce que tu m’écris. C’est peut-être moi qui suis trop pressé, de vouloir rattraper le temps perdu ou gâché, maintenant que je sais pourquoi il l’a été.
La psychologue, avec qui je travaille en EMDR, m’aide beaucoup. Je me vide, comprends ou revis ce qui remonte à cette période, et déjà j’ai beaucoup changé, comme me le faisait remarquer une amie hier, me rappelant que ma découverte était toute récente. Mais pour l’instant je n’arrive pas à remplacer ce qui part de moi. Cette colère, qui me remplissait jusqu’ici et soutenait mon enveloppe, disparaît et je n’ai rien à offrir en moi à la place.

J’espère comme tu l’écris que la douleur sera de moins en moins vive et que les retours de mémoire comme ces deux derniers jours s’estomperont, car jeudi votre site m’a aidé, m’empêchant de couler, mais il n’en sera pas toujours comme cela. La mémoire ne choisit pas son instant, un élément extérieur semble être un déclencheur imprévisible.

Avoir confiance en l’homme que je deviens, que je serais. Ta phrase est agréable pleine de promesse, il faut juste que j’accepte et concrétise quatre mots : confiance, homme, devenir et être, en ne les craignant plus.

chinelle, si cela ne te dérange pas de me répondre, cela fait combien de temps que tu le sais et que tu travailles sur toi pour en sortir ?

Merci chinelle, pour ta présence et tes réponses.
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Re: J’ai mal, mais oser vous écrire m’a aidé.. un peu

Messagede chinelle » 28 Jan 2012, 18:29

Je te répons dés que possible.
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