Mal de vivre qui pourrit la vie

Soutien psychologique gratuit de psychologues pour adultes.

Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede T. Pemerisch » 24 Jan 2012, 22:44

Bonsoir Elise,

Je t'en prie, c'est agréable de pouvoir aider un peu les gens.

J'aimerais revenir sur le sujet de la précocité. Je suis assez dubitatif quant à la valeur d'un test de QI sur internet. Les tests effectués par un psy, les seuls valides, sont déjà décriés par certains, alors un test de logique en ligne...
Bon, restons concret: restreindre les personnes précoces à des génies en mathématiques équivaut à restreindre la littérature aux meilleures ventes de livres à Noël. On a l'impression de maitriser le sujet, c'est rassurant, mais complètement illusoire.
Pour mieux creuser la question, tu peux lire le livre d'Arielle Adda (entre autres): "Enfant doué, l'intelligence réconciliée".
La lecture cumulera deux effets en un: tu pourras mieux comprendre toute la subtilité dissimulée derrière le
terme "surdoué" tout en revisitant ton enfance sous un nouvel éclairage. Si je ne me trompe pas, prépare toi au choc.
Je ne parlerai plus de cela par peur de galvauder l'information. N'hésite pas à te manifester si tu as besoin de plus
amples renseignements.

Autrement, tes articles me poussent à croire que tu essaies de te comprendre en t'observant de l'extérieur. Exactement comme si tu rencontrais une personne étrangère et que tu en construisais une image au fur et à mesure de tes interactions avec elles. Toi, tu utilise la totalité de ta considérable capacité d'analyse sur tes propres actions pour dresser un portrait intransigeant de...toi-même !
C'est la base de ton manque de confiance en toi, qui induit ton attachement trop poussé aux regards des autres.
Ce phénomène disparaitra lorsque tu auras appris à te définir puis à prendre des décisions en fonction (et non l'inverse).
Or, la meilleure façon de faire cela, c'est en agissant.
Attention, petite phrase bateau: nous n'agissons pas en fonction de qui nous sommes, nous devenons ce que nos actions font de nous.

Je sais que tu le sais. Je veux mettre en évidence qu'il n'y a rien d'autre. Pas de secret, de formule magique ou de grande révélation. Tu as répété à plusieurs reprises que tu allais progresser. C'est une bonne chose, car tu as fait le tour de la question. Ce n'est pas grave si tu refais ce tour encore une dizaine, une vingtaine, une centaine de fois. Mais n'arrête jamais d'essayer. Cela paie. Promesse.

J'en reviens ici sur l'autre point: définis un but et va le chercher. Devenir major de promo, écrire un livre en entier, ne plus avoir de courbatures en revenant du sport, être capable de trouver n'importe quelle paire de chaussures au meilleur prix, peu importe.
Tu peux en choisir plein, petits ou grands, passer de l'un à l'autre sans complexe, en trouver de nouveaux, en lâcher d'autres (et les gens qui vont avec, si si), c'est ta vie !
Concrètement, et puisque tu as peu de temps pour toi, les seuls objectifs qui resteront finalement sont ceux qui te tiennent vraiment à coeur. Dès lors, tu arrêteras de chercher pour creuser ta véritable identité.
Ici aussi, les avantages sont multiples: tu te découvres, tu établis des priorités qui ont du sens pour toi, et tu pourras rencontrer des gens qui partagent la même activité.

C'est une bonne idée d'aller voir un conseiller. Il t'aidera à identifier ces buts puis à surmonter les obstacles qui t'en séparent. Quoiqu'il te dise, réponds régulièrement à cette question: "Suis-je heureuse ?" Si la réponse est honnêtement oui, tu n'as plus qu'à creuser. Si c'est non, tu dois repartir sur la route.

Pour terminer, parlons de ton flux de pensées incessant. Dis moi si je me trompe dans ma description: C'est un flot permanent de réflexions, d'interrogations et de déductions qui se ramifie sans fin, chaque nouvelle branche donnant potentiellement naissance à autant de sujets que celle dont elle est dérivée. N'est-ce pas ?
Dans son livre "Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués", Béatrice Millêtre
appelle cela le "petit vélo". Pour reprendre son expression, j'ai donc une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise d'abord: le petit vélo ne s'arrêtera jamais. Dur à lire, non ?

La bonne maintenant: tu peux apprendre à contrôler tes pensées. C'est un vaste sujet, je ne vais pas
m'étendre dessus, mais essaie un petit truc (as-tu lu la saga de la Moïra ?): visualise une petite flamme, aussi réelle que possible. Elle ondule doucement, un halo vaporeux la couronne, elle flotte, menue, tranquille, devant un fond d'un noir parfait.
L'exercice consiste à te concentrer dessus le plus longtemps possible. RIEN d'autre ne dois te passer par la tête. Que la flamme.
Si tu te prends au jeu et que cela t'aide à discipliner tes pensées, je peux t'en donner d'autres.

Bonne soirée à toi !
T. Pemerisch
 
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 06 Fév 2012, 18:10

Je reviens par ici car ça ne va plus du tout... Peut-être que quelqu'un me lira et m'aidera à y voir plus clair.
Le stress des exams passés, toute la pression est retombée et désormais je me retrouve avec un énorme vide, dans la solitude la plus totale.
Des mauvaises nouvelles sont arrivées, je ne vois plus rien de positif. Je retiens mes sanglots à chaque geste machinal, j'ai tellement peur de finir par voir dans le suicide la seule solution à ma tristesse. Tout me ramène à mes échecs sociaux, je suis remplie de négatif depuis une semaine. Ca ne va vraiment pas et je ne sais plus par quel problème commencer.
J'étais pourtant sereine il y a quelques semaines, mais les crises d'angoisse ont pris le dessus.
Que faire pour reprendre le dessus?
Je n'ai personne à qui me confier.
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede TORTUE34 » 06 Fév 2012, 18:55

Pioches dans ton sac à problèmes et dis-nous lequel tu as sorti. Aprés on respire un grand coup et on analyse....
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 07 Fév 2012, 16:27

Tu as raison TORTUE34, je vais faire preuve d'un peu plus de pragmatisme.

- 1ère chose qui m'angoisse : mes études/mon avenir. Je ne sais plus du tout où je me dirige. Je sais que je suis capable de faire une carrière "intéressante" mais il me manque la volonté, la confiance. Par exemple, devenir prof, ce serait maîtriser l'oral, l'aisance avec les autres, avoir de l'autorité. Comment puis-je espérer dans un an environ avoir toutes ces qualités?! Ca me semble impossible. Je pense de plus en plus à adopter une stratégie d'évitement, à fuir ce pour quoi je suis faite -et ce que je pense aimer- pour emprunter une voie de planquée, où je n'aurais surtout pas à me battre. J'ai honte de moi, de mes peurs de gamine alors que je suis sensée réagir en adulte. Du coup, j'ai perdu toute la motivation pour mon mémoire, il faut absolument que je reprenne le dessus mais les idées noires me polluent vraiment l'existence.

- Ensuite, c'est la même chose pour tous les pans de ma vie. Concrètement, il n'y a rien sur quoi je puisse m'appitoyer puisqu'il ne se passe RIEN. J'ai bien conscience que c'est idiot de me torturer avec mes échecs passés mais j'arrête pas de me dire qu'à la rentrée septembre, dans une nouvelle ville + nouvelle classe, je fais ENCORE rester dans mon coin (comme toujours, je vais me décourager). Mes anciens échecs sociaux défilent en boucle : je ne pense pas pouvoir améliorer mon caractère avec les autres, c'est profondément ancré en moi. Je suis trop sérieuse! Par exemple, je repensais à moi en cours : j'arrive à amorcer une conversation, à me montrer gentille, joviale mais rien à faire : je ne sais pas bavarder, plaisanter légèrement quand je ne connais pas bien la personne (c'est-à-dire quand ça n'est pas un(e) ami(e) qui ne me jugera pas). On m'a bien dit : ne pense pas que tu seras jugée. J'ai essayé mais rien à faire non plus : mon cerveau se bloque. Du coup, pendant les intercours, je restais seule, à faire semblant de lire, à essayer de me donner une contenance car je n'arrivais pas à m'intégrer dans des délires de filles de mon âge. J'ai vraiment peur de ces moments de flottement, où le prof prend du temps à sortir son cours, du coup : c'est le moment pour se glisser vers sa voisine et lui sortir un truc rigolo. Mais moi, ça ne vient jamais. Je dois vraiment paraître cruche, coincée, hautaine!! J'intellectualise TOUT. J'aimerais parvenir à : soit m'en foutre, prendre du recul, c'est-à-dire : faire ma vie de mon côté, et pas seulement "faire semblant que je m'en fous", soit à m'intégrer normalement!
Je ne survivrais pas à une rentrée foirée, dans une nouvelle ville qui plus est! Je ne vais encore rencontrer personne, ne rien faire, rester enfermée... Super, à 22 ans!

Y'a des montagnes d'autres trucs qui m'angoissent mais bon, finalement, c'est toujours la même chose : je me sens incapable de nouer des liens avec les autres. Je vois tous ces couples amoureux, et je me dis que je suis tellement ravagée de solitude à l'intérieur que le mec me larguera à vitesse grand V ! Je me sens terne, vide, chiante, ennuyeuse!
Le pire, c'est quand je me retourne sur mon passé, avec mes "amis" de l'époque. J'étais plutôt bien intégrée parmi eux, mais c'est bien MOI le problème. Sur le moment, j'étais "bien" je pense, mais je n'en garde aucun bon souvenir, de nous, d'eux. C'est comme si je ne faisais que passer. Je ne vis jamais rien à fond, tout me fait chier, je suis tout le temps à côté de la plaque : draguée par un mec, en soirée, en salle d'attente. Je suis complètement à côté de mes pompes sérieux. Tout le temps à m'ennuyer car jamais en connexion avec les autres.
Je donnerais beaucoup de choses pour être une nana normale, profiter de mes atouts, avoir un mec, des amis, afficher ça sur facebook.
Désolée, c'est très confus mais ça reflète bien ma perdition. J'ai conscience également que mes problèmes sont moindres par rapport à d'autres mais j'ai ce sentiment d'étouffement et d'échec permanent. Je ne me sens pas du tout responsable de moi-même. Les jeunes de mon âge s'assument, sont vraiment de jeunes adultes qui interagissent avec d'autres adultes. Alors que je suis incapable de tout ça.

Par quoi commencer? Comment soigner ces angoisses? Quels mots rassurants dois-je me chuchoter à l'oreille TOUTE SEULE (puisque je n'ai personne à qui me confier) pour relativiser? En même temps, qu'y a-t-il à relativiser? J'ai une vie de merde, plus qu'à assumer, non?

Merci de toute aide.
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede koala » 07 Fév 2012, 21:11

Hm, oui, c'est encore moi mais je trouve ça triste de te voir de nouveau si découragée! Peut-être que tu pourrais te trouver un petit boulot en contact direct avec les clients, cela te permettrait de t'ouvrir, j'ai des connaissances pour qui le changement a été radical! Et ensuite, tu pourrais viser ton métier de prof" ;) Lorsque tu écris sur internet, tu sais te montrer drôle, non? Et puis pourquoi vouloir te montrer drôle à tout prix dès la première conversation? Après tout, un premier bavardage où tu te montres ouverte et sympathique, c'est tout ce qui compte!
Peut-être que tu pourrais essayer de trouver des pratiques qui te relaxent, ne pourrais-tu pas faire du yoga ou du tai chi avec ta fac? Peut-être cela t'aiderait-il à t'apaiser un peu.
Qu'en est-il de ton rdv avec un thérapeute?
Bref, navrée pour la breveté de mon message et mes conseils un peu limités mais ça reste une attention ;)
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Giulia » 08 Fév 2012, 12:39

Tentes des rencontres sur Internet ? je n'aurais jamais pensé donner ce conseil il y a qques années mais... Quitte à être seul chez soi... Forums ou sites de rencontres si tu souhaites rencontrer qq'1, au moins tu vas direct faire le tri au niveau personnalité, engager des discussions sur certains thèmes que tu pourras poursuivre "en vrai", et puis si ça ne vient pas tant pis, tu restes anonyme. Pour une "phobique sociale" comme moi ça a parfois bien marché... Par contre il ne faut pas trainer à rencontrer la personne, pour moi ça doit juste servir d' "accroche".
Je pense que c'est bcp lié au hasard des rencontres, tu n'as peut être pas eu la chance de rencontrer des gens qui te ressemblaient jusqu'ici. Moi j'avoue, c'est à la fac que j'ai commencé à devenir plus sociable, car j'etais avec des personnes qui me ressemblaient plus. Jusqu'au lycée j'avais 2-3 très bonnes ami(e)s, les autres je ne faisais meme pas l'effort de les connaitre. Il faut vraiment que tu trouves un domaine professionnel qui te ressemble, ou tu frequenteras des personnes avec qui tu seras susceptible d'avoir des points communs. Tu fais quoi comme études ?
Giulia
 
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Esmeralda » 08 Fév 2012, 15:23

J'ai un peu le meme probleme que toi, tu aurais une adresse mail pour en parler?
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 11 Fév 2012, 17:52

Esmeralda : je t'envoie un MP avec une adresse mail à laquelle tu peux m'écrire.

Giulia : Je ne préfère pas dire précisément ce que je fais comme études (de peur d'être reconnue) mais je suis dans les "sciences humaines".
Concernant les rencontres Internet, je suis comme toi il y a quelques années : très sceptique face aux rencontres virtuelles. Ca reste un bon conseil mais je suis réticente à passer le cap. J'ai peur que ça m'enferme encore plus chez moi. Et je préfère tellement le charme d'une rencontre imprévue "en vrai". Mais je garde l'idée sous le coude, faut que ça fasse son chemin dans ma tête!
Malheureusement, mon futur métier (qui me pose beaucoup de problèmes et m'angoisse) : prof. Je ne suis pas sûre de rencontrer des gens de mon âge ou un beau mec célibataire, ou alors il me faudrait beaucoup de chance.
Plus je grandis, plus je perds complètement espoir. Je ne sais pas comment retrouver un peu d'optimisme, ça me plombe.
+ je réponds à ton MP.

koala : Comme tu le dis, peu importe que ton message soit court, ça fait du bien de pouvoir en parler et que quelqu'un réponde donc merci! (Je t'envoie un MP)
Tu as trouvé le mot juste, je suis "découragée", je suis arrivée à un stade où la répétition des mêmes situations (échecs) sociales m'a vidée de tout espoir.
Pour le petit boulot, c'est difficile à concilier avec mes études très prenantes. J'ai travaillé deux mois en octobre-novembre, ça m'a fait du bien effectivement! C'est clair que ça change tout d'être confronté à de nouvelles personnes, il faut se forcer, etc. Mais le soir, quand je rentrais chez moi, je n'avais pas plus d'amis pour autant, ou plus de confiance.
Je pensais aussi que c'était tout ce qui comptait : montrer que j'étais ouverte, sympa. Mais quand je repasse ces moments dans ma tête, je me revois en total décalage avec les autres filles de ma classe. Rien que d'en parler, je ressens encore ce malaise.
J'essaie de faire quelques exercices de relaxation et méditation à la maison, ça m'apaise un peu. Je vais chercher un club de yoga dans ma ville mais il faut que les prix soient à ma portée aussi :/ Sinon, j'essaye de visualiser, avant de m'endormir, la "flamme" dont me parlait T. Pemerish dans son post précédent : ça m'apaise, et m'empêche de resasser toute la nuit. Au moins je fais des nuits complètes et j'évacue mon angoisse. Mais bon, le jour, tout revient et je ne m'en sors pas.
Ca n'était pas un RDV avec un thérapeute mais avec un "coach comportemental" et c'est bientôt, je vous raconterais comment ça s'est passé. Par contre, j'ai récemment lu la page Wikipédia "Trouble de la personnalité évitante" et j'ai l'énorme chance d'avoir TOUS les symptômes. Super 8-)
Apparemment ça se soigne par une thérapie cognitive, il faudrait que je me renseigne.
J'ai trop de trucs à gérer, j'ai l'impression que je m'en sortirais jamais sérieux... Et j'arrive pas à faire taire ces comparaisons. Le goût amer que je passe à côté de ma vie, que je gâche tout. J'aimerais tellement avoir quelqu'un qui me rassure, qui me dise que ce n'est pas grave. Ca me ronge vraiment, j'ai le sentiment d'imploser parfois.
Enfin, bref, je m'appitoye trop sur mon sort.

En attendant le RDV avec le coach, ma prochaine situation sociale ce sera sûrement un voyage à l'étranger. J'imagine qu'on va être un petit groupe. Quelle attitude adopter? Comment puis-je m'entraîner?

Merci à tous en tout cas.
Hilonys
 
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