Mal de vivre qui pourrit la vie

Soutien psychologique gratuit de psychologues pour adultes.

Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 08 Jan 2012, 17:56

Bonjour tout le monde.

Je m'appelle Elise, j'ai 21 ans.

Je poste ici aujourd'hui car j'ai besoin d'échanger avec des gens qui, même s'ils ne sauront jamais totalement me comprendre, pourront toujours m'aider à y voir plus clair et ce, de façon objective. Je n'espère pas obtenir de solution toute faite et prémâchée, je sais bien que tout dépend de moi pour m'en sortir, mais je me retrouve dans une telle situation que je ne peux plus parler à personne de ce qui me ronge.

J'ai toujours été une enfant très en retrait, timide, réservée, timorée... Les synonymes ne manquaient pas pour me définir dans la bouche de mes professeurs, parents de copines, etc.
"Je n'osais pas", j'avais "peur" du regard des autres, d'agir devant eux, bref, jusque là, rien de très original.
J'ai grandi avec ce comportement, ce qui ne m'a jamais empêché de m'entourer de personnes m'appréciant sincèrement.
Mais au fond de moi, je ne me sentais pas du tout "intégrée", "comme les autres" (je crois que c'est quelque chose que beaucoup d'adolescents ressentent).
Pour achever ce portrait de "fille à part", je dois rajouter que j'ai eu un parcours scolaire exemplaire, j'ai toujours été la première de la classe et je ne me suis jamais fait d'ennemies (à part quelques jalouses) car je ne m'en suis jamais vantée. J'en avais même un peu honte parce qu'être une adolescente "intelligente" ou plutôt "réfléchie" ne favorise pas le bonheur.
Je n'étais pas franchement épanouie mais je pensais que, comme tout le monde, ça viendrait plus tard c'est-à-dire avec l'université.
Lorsque j'ai rencontré mon premier amour à 15 ans, j'ai tout ressenti de façon décuplée car, jusqu'alors, je n'avais jamais été amoureuse d'un garçon. J'avais rejeté toutes les demandes parce que je ne me sentais pas prête mais aussi pas du tout "emballée" par les garçons qui m'accostaient. Les autres filles, mes "copines" ne comprenaient pas cela, me traitant de "coincée" alors que j'avais plutôt l'impression d'être en paix avec mes sentiments et que je ne voulais pas me forcer. J'ai donc développé un énorme mal-de-vivre vers 16-17 ans, comme un grand vide, une fêlure qui était déjà en germe mais qui a explosé à ce moment-là.
Je n'étais pas du genre à me mettre en avant mais, même comme ça, certaines personnes de mon lycée me reprochaient d'être "à part", de cultiver ce côté "mélancolique", de me croire plus intelligente, et surtout de les fuir. Bref, ils frappaient quelqu'un déjà à terre, quelqu'un qui ne demandait rien, aucune attention particulière, je ne m'habillais pas en gothique ou un truc du genre. J'étais une ado normale mais on ne me pardonnait pas de ne pas vouloir me mêler à eux car j'étais jolie et intelligente, mais terriblement réservée. J'en ai beaucoup souffert et je me suis mise à encore davantage fuir les ados de mon âge. J'avais trois ou quatre excellents amis mais ils n'étaient pas dans ma classe. Dans cette classe, je n'ouvrais que très rarement la bouche. Je vous passe les brimades et moments de bonheur, ça n'a rien d'intéressant.
Bref, j'ai eu mon bac, une vie nouvelle s'annonçait. Sauf que... Les névroses et complexes, on les emmène partout avec soi.
Je suis rentrée en classe prépa. J'étais plutôt bonne mais je me mettais une pression d'enfer, je me comparais sans arrêt avec les autres élèves. Pourtant, je déteste la compétition, mais ça me rongeait d'être aussi "mauvaise" (selon moi). Je dois paraître perfectionniste d'écrire ça mais c'est là le gros paradoxe : je ne foutais absolument rien! Je faisais mes devoirs la veille, je séchais pas mal de cours, bref, c'était une catastrophe au niveau de l'organisation car je donnais plus d'importance à mon copain de l'époque (si c'était à refaire, je referais pareil). Durant ces deux années de classe prépa je me suis fait cinq amies, quatre d'entre elles ont abandonné au début de la première année. Les liens se sont alors coupés mais la cinquième reste encore aujourd'hui une très bonne amie. Mais alors qu'elle est bien plus critique que moi, elle a réussi la deuxième année à se faire une dizaine d'amis alors que je suis restée dans mon coin, ne créant aucun nouveau lien.
Je n'arrive pas à expliquer la rupture que je sens entre moi et les autres et que je sentais à cette période. Il est certain que c'est de ma faute mais je ne comprends pas. Je suis pourtant quelqu'un de gentil et à l'écoute, comment puis-je générer autant de rejet? J'ai tendance à penser que je m'excluais toute seule, et ça n'est pas faux, mais c'est parce que je n'arrivais pas à être légère, simple, fofolle, à faire rire la gallerie. Aurais-je du me forcer?
Ma vie sentimentale en parallèle n'était pas de tout repos. Je jalousais les ex de mon copain, ses amies, je me comparais à ces nanas pleine de vie, possédant des tonnes d'amis. Il me présentait à ses amis mais ça ne se passait jamais bien. Ca n'était même pas par mépris de ma part ou quoi. J'avais une terrible timidité, je n'osais pas leur parler, je n'étais pas naturelle. Pour le coup, il m'aurait apparu naturel que ces amis-là essaient de me mettre à l'aise, au lieu de ça, voici un petit florilège de leurs réactions (qui me blessent encore aujourd'hui) :
On papote dans un café, avec un autre couple (amis à lui). Mon copain s'isole pour aller payer. La nana du couple me pose des questions, je les lui retourne. Je suis souriante, bref, je pense être timide, ok, mais agréable. Et là moment de silence, son mec regarde la nana et lui dit "bah alors, parle lui un peu" et elle lui sort : "ouais c'est bon, je lui ai sorti toutes les questions"... Comme si... Comme si, me rencontrer c'était un "exercice", vraiment pas une partie de plaisir. Ca m'a démolie. Je me suis efforcée de sourire (mais j'avais envie de fondre en larmes tellement je me sentais comme une moins que rien) et j'ai rebondi par un "et toi alors (au type) tu bosses dans quoi?". Mon copain est revenu. On est allés au cinéma. Dans la file d'attente, j'étais hyper mal, très stressée, je ne savais pas quoi dire, les gens attendant devant et derrière nous m'angoissaient terriblement, j'avais l'impression d'afficher un terrible ridicule. Eux (mon copain + ce couple) bavardaient puis ils me posent une question sur un film que j'avais vu, je sors de mon anxiété et réponds un :
- Oh, oui, je ne sais pas trop, j'ai trouvé ça très joli esthétiquement, mais les acteurs, pas terribles...
Le mec du couple a sorti un "allez, retourne te coucher" puis ils se sont regardés lui et sa copine de l'air de dire "pauvre fille".

Je n'ai jamais compris pourquoi cette réaction mais ce n'est vraiment pas rare, je génère tout le temps ce genre de situations horribles. Pourtant, j'étais hyper à l'aise avec mon copain, on rigolait énormément. Mais impossible de dépasser ce cap avec des inconnus.

Après m'être séparée de lui, m'être irrémédiablement engueulée avec ma (ex)-meilleure amie et avoir fini ma prépa, je suis retournée vivre chez mes parents, lessivée par cette période horrible de ma vie. Je ne m'en suis toujours pas remise/
Voilà. Ca fait deux ans que je suis des études par correspondance, je n'ai fait aucune rencontre sérieuse en deux ans (que ce soit amoureuse ou amicale). J'ai rencontré des garçons mais je ne me sens pas bien avec eux. Cela fait donc deux ans que je n'ai plus embrassé un homme. DEUX ANS, à mon âge!!!

Je n'ai pas de facebook mais parfois j'ai des bouffées de mélancolie qui me poussent à me faire du mal. Je tape les noms de mes "camarades" de lycée, de prépa ou même des ex de mon ex (alors que je ne les ai jamais vues) et je tombe sur leur profil. Des photos en couple, des photos d'eux enjoués, en soirées. Certains ont réalisé leurs rêves, d'autres sont entourés d'amis, ont un couple solide.
Je n'ai rien de tout ça. J'ai une famille aimante, c'est tout. Et je ne suis pas trop nulle en cours mais je nourris un tel manque de confiance que je ne m'imagine pas exercer un métier plus tard ou même pouvoir me singulariser dans la profession que je vise. Je ne suis sereine sur aucun sujet. J'ai des gros problèmes de conversation. On me dit mignonne et adorable mais on me reproche systématiquement de ne pas me livrer, de ne pas parler de moi. Oui, mais comment faire?!
Je ne me lierai donc jamais à qui que ce soit? Et ce, durablement?
Je n'ai plus aucun ami, plus aucun homme pour qui mon coeur bat à la chamade, ma vie est vide, mon coeur est vide, je n'ai plus aucun espoir, mon corps se traîne. Toutes les situations que j'ai pu vivre se sont soldées par le même résultat : mon rejet par les autres ou mon auto-exclusion. Je me lève tous les matins en soupirant, les larmes aux yeux.
J'ai 21 ans et sans avoir de regrets, j'ai très souvent le coeur lourd alors que je n'ai rien vécu de grave, mais j'ai tant de difficultés à vivre comme une jeune fille de mon âge alors que j'ai tout entre les mains! Qu'est-ce qui m'empêche de faire quelque chose de toutes ces capacités? Moi-même évidemment!!! Mais pourquoi? Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu en arriver là et comment pourrais-je m'en sortir. Je ne me reconnais pas dans cette société d'exposition où il faut savoir se vendre. Je suis tellement loin de tout ça. J'aspire à des liens profonds, des moments simples mais cérébraux.
Ma jalousie s'est amplifiée. J'ai peur de devenir aigrie parce que je ne me réjouis plus du bonheur des autres. Les voir sur ces photos, épanouis, me brise le coeur et l'esprit, pour ce qu'il en reste.

Je pense parfois à en finir. Mais je me déteste d'être aussi puérile et de ne pas savoir me battre alors que des gens traversent bien pires dans leur vie et ne se laissent pas démonter. J'aimerais apprendre à ne plus me comparer, à être bienveillante à mon égard, à me laisser du temps et à ne pas complexer de ce que je suis.
Mais aujourd'hui j'aurais terriblement honte de raconter ma vie à quelqu'un. Il ne s'est rien passé depuis deux ans. Depuis une éternité.
Je repense souvent à un type au lycée, arrogant, imbuvable, qui a aujourd'hui très bien réussi et qui m'avait dit :
"Tu vas finir dépressive, tu vas gâcher ta vie, tu vas le regretter."
J'avais trouvé ça injuste et foncièrement méchant. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'il avait raison!!!

Merci à ceux qui m'auront lue et aux personnes bienveillantes qui me laisseront un petit mot (ou un coup de pied aux fesses).
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede chinelle » 08 Jan 2012, 20:58

>"Pour achever ce portrait de "fille à part",

Tiens donc....Fille à part .. heummm... :roll:
Dernière édition par chinelle le 08 Jan 2012, 22:49, édité 1 fois.
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 08 Jan 2012, 21:41

Ne retiens-tu donc que cette phrase du pavé que j'ai pu écrire?

D'une part tu la sors de son contexte car je crois, en plus, avoir bien précisé à plusieurs reprises que mes problèmes n'étaient en rien originaux et que mon ressenti était commun à de nombreux adolescents.

Par ailleurs, je suis désolée mais oui, je me pensais "à part" dans le sens où je ne me sentais et ne me sens toujours pas connectée au reste des gens. Ca n'a rien de positif ou de valorisant.
Qu'est-ce qui te défrise? La mention "jolie + intelligente"? Si tu crois que je dis ça pour me vanter... Ma vie est merdique, je ne m'en réjouis guère.
J'aurais du prendre encore plus de pincettes pour écrire mon mal-être sur un forum? J'y crois pas...
Mais en plus, ce n'était même pas "ça" qui me faisait me sentir à part, mais un profond mal de vivre. Tu as sans doute mal lu ou très mal compris.
Ne sommes-nous pas tous "à part" ici, par rapport aux gens dits normaux?
"Tu n'es pas seul à être seul", ça ne te dit rien?

Pure curiosité : que viens-tu faire sur un forum d'entraide? J'ai remarqué que tu intervenais sur de nombreux sujets pour aider mais aurais-je l'honneur de savoir pourquoi mon sujet a seulement le droit à une petite pique méprisante de ta part? Je pense que ce serait constructif que tu développes la motivation d'un tel message parce que là... A part perdre ton temps et me faire perdre le mien, je ne vois pas.

Bref, si tu ne veux pas m'aider, ce n'est pas un problème. Mais ce genre de réflexions me dépasse. Il t'a fallu piocher dans 50 lignes pour interpréter une phrase et t'en moquer, alors qu'une phrase de ta part et un smiley condescendant suffisent à me faire penser que tu cherches juste la petite bête. Bel esprit.
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede chinelle » 08 Jan 2012, 22:45

Si je t'ai choquée ce n'était pas voulu.
Et parfois, quand on lit, on fait une pioche comme tu dis.
Parceque ce sont un ou des mots qui frappent. A ce moment précis, on se dit que ça peut amener réflexion.
Etre "a part"...ca ne veut rien dire. Nous sommes tous et toutes à part. Différents. C'est ce qui fait la diversité. qui rempt la monotonie.
Je t'ai mise en colère. Ok. Pourquoi ? Tu attendais quoi ?
Dernière édition par chinelle le 08 Jan 2012, 23:09, édité 2 fois.
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede nuageux » 08 Jan 2012, 22:53

Tu te sens différente des autres mais peut être est ce les autres qui sont différents de toi ?
T'es tu entourée des "bonnes" personnes dans la vie ? j'entends par là celles qui te correspondent et qui sont un soutien pour toi.. ? Parce que lorsque tu décris les situations où d'autres te mettent mal à l'aise, cela donne plutôt l'impression que c'est eux qui ne sont pas trop pro dans les relations sociales.
La timidité, ou le manque d'affirmation de soi, si c'est cela qui te pose problème, est quelque chose qui s'améliore avec l'âge et ton développement personnel et professionnel mais qui aussi se travaille, par exemple à travers des prises en charge de groupes.
Se sentir différent, c pas si mal en soit, il faut juste tourner ça à ton avantage :)
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 08 Jan 2012, 23:56

chinelle a écrit:Si je t'ai choquée ce n'était pas voulu.Et parfois, quand on lit, on fait une pioche comme tu dis.
Parceque ce sont un ou des mots qui frappent. A ce moment précis, on se dit que ça peut amener réflexion.Etre "a part"...ca ne veut rien dire. Nous sommes tous et toutes à part. Différents. C'est ce qui fait la diversité. qui rempt la monotonie.
Je t'ai mise en colère. Ok. Pourquoi ? Tu attendais quoi ?


Bonsoir,

J'avoue ne pas comprendre tes interventions chinelle.
Je ne suis en rien choquée ou en colère. Mon impression générale serait plus d'être interloquée. Pourquoi n'arrêtes-tu pas d'interpréter ce que j'écris?
Qui cela mène-t-il à la réflexion? Toi ou moi? Et à quelle réflexion?
Tu dis bien que mes mots t'ont frappée. C'est donc plutôt à toi de dire pourquoi cela te frappe.
Pour ma part, je n'attendais rien d'autre qu'un retour, une aide, un soutien, un conseil dans un ton cordial.
Honnêtement, je me permets de t'exprimer franchement ce que je ressens puisque tu m'y invites :
Je trouve ça culotté de me reprendre sur une seule expression de mon post en disant que "ça ne veut rien dire" alors que dans tes explications tu enfonces des portes ouvertes également.
Je pense m'être assez justifiée. J'ai bien écrit "pour achever le portrait de la fille à part". Je faisais mon portrait pour que l'on m'aide à (me) comprendre, pas pour que l'on me reprenne sur une phrase malheureuse. Donc je répète une dernière fois que j'étais "la fille à part" aux yeux des autres, c'est-à-dire la fille "particulière", pas "incluse" et que, pour couronner le tout, j'étais "l'intello" de la classe ce qui n'aide pas à l'intégration.

Cela ne te paraît pas déplacé de ta part d'être intervenue pour commenter une seule phrase de mon sujet alors que j'explique que je suis au plus mal, et de rajouter un smiley méprisant par-dessus? En plus, tu ne dis rien clairement, c'est cela que je ne comprends pas. Comme si c'était normal. Si tu as quelque chose à dire, à me reprocher, si tu penses que ça peut amener la réflexion, que ça peut faire progresser mon problème, il y a, je pense, des manières plus intelligentes de le faire. Comme par exemple :
- Pourquoi tu écris que tu es à part alors que finalement beaucoup sont comme toi?
Et encore... Je ne vois toujours pas où tu veux en venir parce que ça n'est vraiment pas mon propos et se concentrer là-dessus c'est n'importe quoi mais bon...

Tu ferais mieux de me dire que tu m'as trouvée prétentieuse en lisant cela mais que tu n'as pas TOUT lu, ce serait plus près de la vérité je pense... Car ce "à part" je ne vois pas en quoi il est si imposant (à peine 1% de mon récit) et en quoi il importe dans mon histoire...
Et si je prends la peine d'écrire autant, ça n'est pas par colère, détrompe-toi. Je préfère bien expliquer mes pensées et mon jugement, quitte à faire des pavés, plutôt que laisser mon interlocuteur se débrouiller avec une pauvre phrase subliminale qui n'encourage en rien le dialogue ou la compréhension.

Et toi chinelle, pourquoi as-tu pioché ces quelques mots? Quel était ton but? Et qu'attendais-tu que je réponde à ton intervention constructive?

Bonne soirée.
Hilonys
 
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 09 Jan 2012, 00:09

nuageux a écrit:Tu te sens différente des autres mais peut être est ce les autres qui sont différents de toi ?
T'es tu entourée des "bonnes" personnes dans la vie ? j'entends par là celles qui te correspondent et qui sont un soutien pour toi.. ? Parce que lorsque tu décris les situations où d'autres te mettent mal à l'aise, cela donne plutôt l'impression que c'est eux qui ne sont pas trop pro dans les relations sociales.
La timidité, ou le manque d'affirmation de soi, si c'est cela qui te pose problème, est quelque chose qui s'améliore avec l'âge et ton développement personnel et professionnel mais qui aussi se travaille, par exemple à travers des prises en charge de groupes.
Se sentir différent, c pas si mal en soit, il faut juste tourner ça à ton avantage :)


Bonsoir nuageux,

Merci de ta réponse. En effet, je pense que nous sommes tous différents. J'ai d'ailleurs eu, par le passé, des amis qui ne me "correspondaient" absolument pas. Nous étions très différents mais nous nous adorions. Pourtant, je suis forcée de constater que nos chemins se sont éloignés car ils se sont mis à me froisser en permanence et ils sont devenus extrêmement "suffisants". Ils trouvaient par exemple "anormal" que je sois casanière (et heureuse comme ça) ou que je ne me fasse pas des dizaines d'amis à 18 ans. J'ai encore plus senti l'écart entre nous à ce moment-là.
Je n'ai pas eu la chance d'avoir d'amis qui me ressemblaient en tout point, je trouve d'ailleurs ça assez morose car je pense que pour évoluer il faut savoir s'entourer de personnes qui ont des choses différentes à t'apporter, non?
J'avoue que je n'ai pas eu de chance mais ça n'est rien comparé à d'autres alors j'essaie de relativiser. Ce qui me blessait le plus, c'était que certains propos étaient particulièrement injustes. On s'attaquait plus facilement à moi car je suis quelqu'un de foncièrement timide donc je me laissais faire quand on m'agressait.

Le pire c'est que j'ai tellement peu confiance en moi que je donne raison aux critiques. "Oui c'est vrai, je n'arriverais à rien, je n'aurais jamais d'amis, je me suiciderais plus tard tellement je serais seule", voilà les propos qui tournaient dans ma tête depuis mes 14/15 ans.

Tu dis que cela s'améliore avec l'âge, ça a tendance à me mettre un peu de baume au coeur. Mais honnêtement, je reste pessimiste.
J'essaie de me bouger, de me frotter à de nouvelles situations, de nouvelles rencontres, et je multiplie les petits boulots mais ça ne change pas beaucoup.
J'arrive à gérer professionnellement. Mais socialement, je suis en perdition. Je ne me sens pas plus à l'aise avec les gens, au contraire.
On me reproche surtout de ne pas me livrer. D'être agréable, souriante, gentille, intéressante même. Mais les gens qui veulent me connaître doivent beaucoup creuser. Je pense que ça refroidit énormément, surtout à notre époque où aujourd'hui on ne s'embarasse plus trop des gens. On prend quand ça nous va, on jette si ça ne nous convient plus.

Tu es un ancien "mélancolique", un peu "à part" (énormes guillemets pour le "A PART") qui s'est guéri? Ton travail t'a aidé à évoluer? Je suis curieuse de te lire!
Encore merci.
Hilonys
 
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede jones » 09 Jan 2012, 02:42

Bonjour Hilonys
en te lisant, j'ai eu le sentiment que tu parlais de moi.. mais oui tu parlais de moi..
mais je crois que mon cas est plus grave, j'ai le même mal de vivre atroce qui me pourrit la vie
le problème est que je m'exprime pas très bien
au moins toi tu sais dire ce que tu as, moi je ne trouve d'où commencer ni quoi dire
j'ai consulté un psy cinq fois, chaque fois je dis n'importe quoi, mais j'arrive pas à localiser la merde, le problème qui ne me laisse pas dormir tranquillement, qui à chaque fois que je m'allonge dans le lit fait agiter des siroccos de souvenirs, souvenirs d’intimidations et de n'importe quoi, ce problème qui me fait réveiller chaque matin avec un mal au coeur, un regret d'être encore en vie.. désolé..
j'espère que tu verras bientôt ta vie s'illuminer et s'agiter de bons moments
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede choupette3501 » 09 Jan 2012, 23:42

Bon, à priori tu te sens et tu t'es toujours sentie différente et tu en souffres. N'as tu jamais passé de tests de QI par hasard??????? Cette façon d'être intellectuellement brillante, décalée, papillonnante et hésitante dans tes relations avec les autres, rejetée sans même comprendre pourquoi tu l'es,et le plus souvent parce qu'on a dit quelque chose d'intelligent me rappelle étonnamment ce qu'ont vécu mes enfants, les 3 grands, qui sont intellectuellement précoces. Ils ont pu vivre avec leur "différence",la gérer et l'accepter uniquement à partir du moment où on a pu poser un nom sur leur différence justement.
Ne pas avoir été détecté peut poser problème toute une vie et provoquer un peu cette perte de confiance en toi énorme dont tu souffres.
Tu dis d'une certaine manière qu'on se nourrit de la différence.Certes, mais à l'adolescence on commence d'abord par se construire en miroir par rapport aux autres.Et si tu n'as pas trouvé de miroirs, de gens qui te ressemblent pour te rassurer sur le fait que tu puisses effectivement exister telle que tu es, alors tu t'es construite en te disant que quelque part, tu n'es pas tout à fait "normale".Mes enfants sont toujours allés dans des écoles" normales", mais l'un d'entre eux a dû pour cause dépression faire un passage de quelques mois dans une école spécialisée pour enfants précoces, le temps de comprendre qu'il était certes "à part" et "différent", mais qu'il n'était pas seul.Ca l'a énormément aidé.Il était triste, solitaire, à la fois rejeté et dans l'auto rejet, et voir d'autres personnes qui lui ressemblaient lui a permis de se rassurer et de se sentir enfin "normal".Depuis, je ne réussis plus à le faire rentrer à la maison tellement qu'il a de copains.
C'est une idée, mon sentiment, peut être le bon peut être pas, mais je dirais une piste à explorer.Auquel cas un thérapeute pourra t'aider à survivre au milieu de tout ça.
Tente de lire cette page, tu devrais y retrouver certaines choses de toi et de tes difficultés:
http://eeip.free.fr/JCT_EIP.html

Et puis, il te faut aussi relativiser.Tu parles de ce garçon qui a "réussi".Qu'est ce que c'est, au fond réussir sa vie? Foncer et construire tout tout de suite? Belle situation apparente, belle voiture, belle maison, vie de couple avec enfants? Ou sans? Il a apparemment réussi parce qu'il a visiblement ce que tu aimerais avoir.Qui te dit que dans 5 ans tu ne seras pas heureuse de vivre avec une famille pendant que lui divorceras et sera licencié ou autre? Réussir sa vie c'est avant tout être à l'écoute de soi, comprendre, réfléchir, et construire lentement parce qu'on ne s'est pas encore trouvée ne veut pas dire qu'on est en train de rater sa vie.
Allez, il y a forcément une explication logique à tout ça.Tu vas la trouver et te construire, justement, certainement plus lentement mais sans doute aussi plus judicieusement que d'autres, parce que tu auras plus réfléchi!

Commence par te regarder un peu positivement, t'aimer un petit peu... Tu es belle et intelligente! Zut alors, tu aurais préféré naître moche et stupide mais rentrer dans le moule? Je ne pense pas.Tu as la chance d'avoir de vrais trésors en toi, ce n'est pas parce que les autres ne l'ont pas compris qu'ils n'existent pas.Tenter de comprendre pourquoi tu te sens différente c'est important, mais te regarder avec un peu plus de bienveillance l'est tout autant, puisque les autres n'ont pas su le faire. Plus tu vas te trouver belle et plus les autres te trouveront belle aussi.
"Pardonner ce n’est pas oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. Difficile quand la blessure a traversé tout l’être jusqu’à marquer le corps comme un tatouage de mort. ..Pour pardonner, il faut se souvenir..."
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Re: Mal de vivre qui pourrit la vie

Messagede Hilonys » 10 Jan 2012, 14:56

"jones",

Merci de comprendre. Je compatis avec toi, je sais comme c'est dur. Mais, tu sais, c'est la même chose pour moi. Ici j'ai dressé un portrait que j'ai essayé de rendre le plus froid possible, mais je n'arrive pas à prendre le problème du bon côté. Toute ma vie semble être une pelotte de laine emmêlée et j'ai du mal à savoir par où commencer. J'ai déjà vu deux psys, qui me faisaient travailler sur des problèmes différents. Ca ne m'a pas beaucoup aidé mais je pense en revoir un. J'ai besoin de parler à quelqu'un qui m'aiderait à faire le tri. Merci pour ton intervention. Si tu veux qu'on papote, n'hésites pas à m'envoyer un MP.

"choupette3501"

Déjà, merci beaucoup de ton message, on sent la "compréhension" et la gentillesse digne d'une maman, vraiment! J'ai trouvé ta réponse très bienveillante.
Ensuite, je trouve la piste de la précocité intellectuelle intéressante, je suis allé sur ton lien. C'est vrai que certaines choses me correspondent mais très honnêtement, j'ai plus reconnu mon grand-frère (de 35 ans) là-dedans!
Je ne pense pas avoir un gros QI ou être douée d'une certaine logique. Tous mes profs ont dit de moi que je suis douée d'une "sensibilité accrue" et surtout littéraire.
C'est vrai que j'avais de bonnes notes sans trop travailler, c'est un fait, mais je ne me suis jamais "ennuyée" en cours par contre.
C'est assez confus, je ne me reconnais pas dans tous les points en tout cas!
Par contre, j'avais déjà vu un reportage sur cette question, et les enfants étaient vraiment en souffrance. C'est terrible, quand on pense que la plupart ne sauront jamais qu'ils sont précoces...

Pour la deuxième partie de ton conseil, plus pragmatique, j'essaie vraimen de relativiser. Mais c'est terrible de n'avoir rien lorsque l'on voit autour de soi les gens de son âge participer à des soirées, se "construire" de beaux souvenirs. Ils n'ont pas tous un(e) copain(copine) fixe mais au moins ils profitent. Je reste spectatrice. Pour avoir été dans ce genre de soirées, ce fut une véritable torture sociale. J'ai vraiment honte quand il m'arrive de rencontrer un garçon à qui je plais d'avouer que je n'ai plus aucun ami, que je ne suis pas à l'aise en soirée (je pense de suite que je vais lui faire honte auprès de ses amis), pour moi, c'est impossible qu'on arrive à m'apprécier amicalement tellement je suis "coincée" aux premiers abords, et amoureusement tellement la personne se lasserait.
Je me déteste vraiment. Tu as raison, je sais qu'objectivement, j'ai des atouts, mais je n'arrive pas à m'en satisfaire, à en "faire quelque chose".
Je ne sais plus par quoi commencer, quoi entreprendre pour aller mieux.

Par exemple, à la rentrée 2012, je reprendrais des études dans une vraie université (j'arrête la correspondance), je stresse déjà pour la rentrée et toute l'année car je sais que je ne vais pas parvenir à sortir de ma coquille.
Ca me ronge car les gens qui me détestaient au collège/lycée et qui me disaient que j'étais "coincée", que je raterais ma vie, avaient apparemment raison...

Merci de m'avoir lue.
Hilonys
 
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