amphétamines à 6 ans

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KRISTINE
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amphétamines à 6 ans

Messagepar KRISTINE » 15 mai 2019, 09:28

Bonjour,

Ma puce de bientôt 6 ans a été mise sous amphétamines depuis 15 jours. J'augmente le dosage chaque semaine progressivement pour voir comment elle évolue... Elle a été hospitalisée une première fois et doit être hospitalisée cet été pour d'autres examens en neuro pédiatrie (dont un douloureux ! ). D'après le test d'endormissement du sommeil, le CHU soupçonne une narcolepsie (petite fille qui s'endort en classe quelquefois en classe autour de deux heures l'AM et que l'on ne peut réveiller par stimulation). A la maison, il lui arrive depuis longtemps d'être ainsi mais je pensais qu'elle avait un sommeil profond simplement dès l'endormissement. Ce qui pose problème c'est l'entrée en CP, sa fatigabilité, son humeur massacrante quelle avait parce qu'elle était à bout de nerfs avec des cauchemars et hallucinations. Depuis le début du traitement, elle va mieux. Elle s'est endormie une fois seulement à l'école et une fois à la maison sans arriver à la réveiller. Je m'inquiète vraiment sur le fait de donner un tel traitement même si je sais que c'est pour son bien... Elle a un suivi aussi pris en charge depuis quelques semaines car elle a été diagnostiquée comme "enfant abandonnique" (longue histoire...). A chaque fois qu'elle va au CMPP, elle soigne un bébé baigneur. La dernière fois, j'ai été choquée et même sans être psy, sans comprendre le pourquoi, j'ai compris que c'était important pour elle ce qu'elle avait fait... Elle a mis de la pâte à modeler rouge sur le nombril du baigneur, beaucoup, comme un pansement. Elle a expliqué (elle ne parle pas beaucoup) que son bébé s'était blessé au nombril. Elle a répondu à la psychologue que le nombril était tombé et qu'il fallait mettre un gros pansement parce qu'il avait très mal !!!! mon dieu, trop bizarre pour une petite fille qui aura 6 ans bientôt. :o :(
Quelqu'un pourrait il m'en dire quelque chose ? Je suis désolée d'avoir été si longue mais pour moi c'est beaucoup en peu de temps...
J'ai décidé moi-même de me faire suivre par un psy mais qui décommande régulièrement les rdv par qu'il fait des suivis aussi en clinique et peut être appelé en urgence.

Merci d'avance,

Je garde néanmoins la pêche parce qu'elle est un amour de câlins...

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Dubreuil
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Re: amphétamines à 6 ans

Messagepar Dubreuil » 19 mai 2019, 16:10

[quote="KRISTINE"] A chaque fois qu'elle va au CMPP, elle soigne un bébé baigneur. La dernière fois, j'ai été choquée et même sans être psy, sans comprendre le pourquoi, j'ai compris que c'était important pour elle ce qu'elle avait fait... Elle a mis de la pâte à modeler rouge sur le nombril du baigneur, beaucoup, comme un pansement. Elle a expliqué (elle ne parle pas beaucoup) que son bébé s'était blessé au nombril. Elle a répondu à la psychologue que le nombril était tombé et qu'il fallait mettre un gros pansement parce qu'il avait très mal !!!! mon dieu, trop bizarre pour une petite fille qui aura 6 ans bientôt. :o :(

Et alors ? Qu'à interprété la psychologue ?
De quoi vous a-t-elle parlé ?
C'est elle qui voit votre enfant, c'est à elle que vous devez demander des informations, la conduite à tenir, etc, etc...
De votre côté, trouvez un psy disponible, c'est la moindre des choses !

Quel est le passé émotionnel de votre petite fille ?
Sa naissance ? Sa petite enfance ?
Ses rapports affectifs avec son père ? Son entourage ?
A-t-elle eu des bilans ? Lesquels ?

Il y a un livre de Denis Vasse ( psychanalyste ) : L'ombilic et la voix.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
Educatrice spécialisée - DE de psychomotricité - EMDR - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )
* Formatrice / Maîtresse de Stage / Conférencière.
* Auteure / Œuvres en écriture, et sculpture

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Dubreuil
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Re: amphétamines à 6 ans

Messagepar Dubreuil » 19 mai 2019, 16:36

La catalepsie

Tableau clinique chez l'enfant et l'adolescent
Comme chez l'adulte, les troubles du sommeil de l'enfant et l'adolescent sont un sujet souvent négligé, bien qu'ils soient importants par leur impact psychosocial. Il existe peu d'études avec peu de cas sur le sujet, c'est pour cela que Stores a publié en 1999 un résumé de la narcolepsie chez l'enfant.33
La présentation classique de la maladie avec la tétrade habituelle d'hypersomnolence, cataplexie, paralysies du sommeil et hallucinations hypnagogiques et/ou hypnopompiques, associée aux troubles physiologiques du sommeil avec des troubles d'endormissement et un sommeil REM rapide, se retrouvent chez l'enfant comme chez l'adulte. Cependant, le tableau clinique n'est pas aussi complet dans les premiers stades de la maladie. La proportion de présentation non classique n'est pas définie mais a sans doute contribué à une confusion et à un retard du diagnostic.33
La plainte principale chez l'enfant prépubère, comme pour l'adulte, est l'hypersomnolence qui se traduit par un désir de rester au lit plus longtemps lors du réveil et non pas comme des attaques irrésistibles de sommeil. Chez l'enfant en âge de scolarité, cela se traduit aussi par la persistance de siestes régulières qui normalement cessent à l'âge de trois-quatre ans.34 Paradoxalement, chez les jeunes enfants, l'hypersomnolence peut se manifester par une hyperactivité avec irritabilité, agressivité et déficits d'attention.35
La cataplexie arrive souvent après l'hypersomnolence. C'est le symptôme qui fait consulter. Elle peut être très subtile et différente de chez l'adulte avec seulement des sensations d'instabilité sans changement extérieur ou comme chez l'adulte des faiblesses de certains muscles ou une hypotonie généralisée avec chute au sol.
Les paralysies du sommeil et les hallucinations sont inhabituelles chez l'enfant mais quand elles sont présentes, elles peuvent être angoissantes. On retrouve aussi d'autres troubles du sommeil. La difficulté d'aller au lit traduit la peur des phénomènes nocturnes (cauchemars) qui sont décrits dans la plupart des cas. Le syndrome des jambes sans repos peut être parfois présent mais les parasomnies (somnambulisme) et les apnées du sommeil ne font pas partie du tableau clinique des jeunes patients.33
L'impact psychosocial de la narcolepsie peut être catastrophique pour l'enfant. Les troubles du sommeil causant fatigue, diminution de la concentration et de la mémoire, fait que l'enfant a de mauvais résultats scolaires. Les réactions inappropriées des parents, des professionnels scolaires et médicaux, des camarades de classe, basées sur une mauvaise interprétation des symptômes, placent parfois l'enfant dans un sentiment d'isolement et d'abandon. La situation ne peut que s'aggraver. Le caractère de l'enfant peut changer avec une labilité émotionnelle, une dépresion, un comportement agressif et des échecs scolaires. Il est donc important de poser rapidement le diagnostic pour une prise en charge adéquate.33

Neurobiologie
La narcolepsie est une maladie essentiellement dépendante de l'environnement survenant sur un terrain génétique particulier. La physiologie actuelle s'articule autour des neuropeptides hypocrétine/orexine. Les neurones qui produisent ces neuropeptides semblent être localisés dans les régions latérales de l'hypothalamus et ils envoient des projections synaptiques à presque toutes les aires cérébrales, à l'exception du cervelet.41 Ils sont impliqués dans l'état d'éveil mais aussi d'apprentissage et de mémoire. Récemment des fluctuations de l'hypocrétine/orexine ont été enregistrées, dans les modèles animaux, qui sont liées aux taux de nutriments sanguins et d'hormones régulatrices de l'appétit, pouvant expliquer la somnolence postprandiale comme l'éveil induit par la faim.41 Un groupe explique que la privation de nutriments pendant la nuit induit un courant synaptique excitateur qui provoque l'éveil. Avec l'hypothèse que la surexcitation des neurones hypocrétine/orexine pourrait être liée à l'insomnie et à certains troubles métaboliques comme l'obésité.42 C'est un lien intéressant entre l'équilibre énergétique, la faim ou la satiété et la veille ou le

Les causes de l'hypersomnolence liée à une insomnie sont multiples. On a les causes primaires (idiopathique, psychophysiologique et paradoxale) et les causes secondaires (stress, mauvaise hygiène du sommeil, trouble psychiatrique, médication, drogue ou autre substance stimulante) comme décrites par Silber.47 On a aussi plusieurs causes médicales : insomnie d'origine psychiatrique, cardiovasculaire, respiratoire, gastro-intestinale, neurologique, rhumatologique, dermatologique (prurit nocturne), syndrome de fatigue chronique, syndrome d'immunodéficience acquise, maladie de Lyme, cancer généralisé et enfin dues à des troubles primaires du sommeil.
C'est pourquoi, l'anamnèse du sommeil (tableau 1) est importante avec des questions adéquates pour orienter le diagnostic. Il ne faut pas oublier que chez les jeunes enfants, une hyperactivité avec irritabilité, agressivité et déficits d'attention peut traduire une hypersomnolence. Chez les adolescents, on trouve parfois une hypersomnolence associée à des compulsions alimentaires, une hypersexualité et des troubles du comportement, faisant partie du syndrome de Kleine-Levin.33
Il y a plusieurs erreurs de diagnostic mais les deux plus fréquentes sont la confusion avec une épilepsie partielle et la confusion avec un trouble psychiatrique tel que la schizophrénie à cause des hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques.

Traitements actuels
En première ligne, le modafinil (Modasomil 100®) qui est un psychostimulant différent des amphétamines.
On le prescrit de 100 à 400 mg/jour, en deux doses, une le matin et l'autre en début d'après-midi. Dans de rares cas, il faut augmenter à 2 x 300 mg/jour. Des doses plus fortes ne sont pas recommandées. Il n'y a pas de tolérance à long terme. A savoir que le modafinil est un inducteur du cytochrome hépatique P450 et de ce fait peut annuler l'effet des pilules contraceptives et qu'il est contre-indiqué dans la grossesse.

En deuxième ligne, le méthylphénidate (Ritaline ®, Concerta ®) qui a une action similaire aux amphétamines avec le relâchement de dopamine sans effet sur les stocks monoaminergiques. Sa demi-vie est courte (2-7 heures), raison pour laquelle il doit être donné en 2-3 doses journalières avec un maximum de 30 à 60 mg/jour. Une tolérance peut se développer. Il est contre-indiqué dans la grossesse.

Aux Etats-Unis, l'oxybate de sodium (Xyrem ®) est donné en première intention. En Europe, il n'a pas encore été reconnu pour le traitement de la narcolepsie. En Suisse, il vient d'être introduit pour le traitement de la cataplexie. C'est un neurotransmetteur naturel (gamma-hydroxybutyrate) agissant par stimulation des récepteurs GABA-B. Les principaux problèmes d'utilisation sont l'abus dans un contexte sportif (effet métabolisant) et comme «drogue du violeur» dans les soirées. Il n'est pas recommandé chez la femme enceinte. Dans les cas sévères, une association de modafinil et d'oxybate de sodium semble bénéfique. Les autres traitements médicamenteux sont très limités et uniquement quand les deux premières lignes thérapeutiques échouent.

Malheureusement, il n'existe pas de traitement comportemental pour la cataplexie. Il n'est pas conseillé d'éviter les stimulus car cela pourrait engendrer un retrait social plus délét
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
Educatrice spécialisée - DE de psychomotricité - EMDR - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )
* Formatrice / Maîtresse de Stage / Conférencière.
* Auteure / Œuvres en écriture, et sculpture


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