Symptômes autistiques

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casper9
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Symptômes autistiques

Messagepar casper9 » 19 févr. 2013, 23:08

Bonjour.

Je me suis inscris sur ce forum à la recherche de conseils, d'avis, ou de je ne sais quoi à vrai dire... j'en ressent simplement le besoin.

Je traverse depuis des années un état très handicapant, et j'ai beau étudier la psychologie, je n'arrive pas à savoir ce que j'ai et comment le changer.
J'ai essayé de consulter des psychologues, deux en réalité, mais tous deux ne m'ont rien appris ou apporté hélas.
J'espère tomber un jour sur un psy qui puisse m'aider...

Voila mon "histoire". J'ai 22 ans, pour précision.

Enfant, mon institutrice a parlé à mes parents de mon comportement étrange,
et les ont conseillé de me faire voir un psychologue car je "semblais" avoir des symptômes autistiques et être atteint d'une forme d'autisme.
Je rencontre donc le psychologue, passe quelques tests, et dit à mes parents que mon comportement s'explique par un QI élevé
(mes parents se souviennent uniquement d'un chiffre "dans les 160", mais ne se rappellent plus aujourd'hui des détails).

Le trouble psychologique est donc écarté, et je continue un cursus habituel, sans aucune difficulté, avec une disposition innée aux mathématiques et a la logique en général.
Les choses commencent à se corser au collège, où mes notes chutent énormément (je deviens un "élève en difficulté", en gros)
et cette période voit apparaitre mon premier trouble : je m'évanouis en présence de trop de monde inconnu, j'ai des migraines (parfois ophtalmiques, avec nausées et compagnie la majorité du temps)
que les médicaments peinent à calmer.
On consulte mon médecin traitant pour ça, et celui ci dit à mes parents qu'il s'agit de "malaises vagaux".
J'en présente en effet tout les symptômes.
A partir de là, on ne se posera plus de questions, même si personne ne s'étonne que ces malaises vagaux ne se présentent qu'en dehors de mon domicile.

J'évolue dans le cursus, passe de collège et lycée, et les malaises s'amplifient.
Je finis par obtenir mon BAC littéraire de justesse, dans la mesure où j'ai "séché" l'année entière, à un ou deux mois près.
Je me sentais absolument incapable d'aller dans un établissement scolaire, rongé par l'angoisse, je partais le matin de chez moi (mes parents pensant que j'allais en cours),
pour en réalité aller acheter de l'alcool et "m'échapper". J'ai ainsi bu presque tout les jours dans mes années de lycée.

Je gardais espoir en me disant que l'université m'intéresserai plus, que ce serai un nouveau départ pour moi, que l'indépendance (l'université ne se trouvant pas dans la ville de mes parents) me serait profitable ;
je me suis donc engagé dans des études de psychologie.

Et au contraire de mes attentes, mon état a empiré :
cela fait trois ans que je suis a l'université, j'ai redoublé, et pour ne donner qu'un exemple, cette année je ne suis allé encore qu'un mois et demi : il a suffit que je loupe un cours a cause d'état de santé, et j'ai été incapable d'y retourner, d'affronter les regards, l'autorité.

Ainsi, l'année dernière j'ai fait une énorme erreur (une de plus), et je suis tombé dans la drogue.
L'alcool ne me suffisait plus pour "m'échapper".
Je suis donc devenu dépendant rapidement, je me suis terriblement endetté (la drogue...), et mon état psychologique a empiré.
Je suis tombé en dépression sévère.
Traitement antidépresseurs + anxiolytiques, puis j'ai eu l'impression d'aller un peu mieux.

Mais il y a quelques mois, j'ai commencé a combattre mon addiction a la drogue.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'y succomber une soirée par mois, mais je n'en ressent plus le besoin physique.
Le problème est que le sevrage a fait réapparaitre ma dépression, et l'a amplifié.

Je combat depuis deux mois des pulsions suicidaires (il ne se passe pas une heure sans que je m'imagine pointer un pistolet sur ma tempe et appuyer sur la détente),
que je n'arrive a combattre qu'en imaginant les souffrances que cela infligerait à ma famille.
Je suis retourné voir mon médecin, qui m'a remis sous traitement antidépresseur, mais les antidépresseurs ont aggravé encore les choses.
J'ai fini dans un état de quasi-psychose, les pupilles dilatées perpétuellement, en pleine paranoïa.

J'ai arrêté mon traitement il y a 5 jours (après un mois et demi de traitement, sans résultats).
Je me sens terriblement vide, les pulsions sont toujours là, je reste enfermé chez moi ayant peur du monde extérieur et incapable de comprendre les gens.

Je ne sais pas si c'est une explication possible, mais cette idée me vient souvent en tête :
j'ai l'impression d'être une sorte d'... "autiste guéri", (asperger plus probablement), dans la mesure où je me souviens distinctement de mes comportements d'enfance,
assez caractéristiques de l'autisme. Mais en grandissant, j'ai "appris" à me comporter normalement, en observant les gens.
J'ai pourtant encore quelques traits qui s'y apparentent, comme le fait que je m'intéresse à peu de sujets,
mais si je m'y intéresse il FAUT que je sache tout à ce sujet, ou plus souvent une partie spécifique de ce sujet.
Je suis devenu musicien et compositeur de cette manière, par ailleurs : je "ressent" la musique comme des mathématiques, et dégage facilement la logique d'écriture derrières des genres de musique que je connais peu.

Petite récapitulation donc (désolé pour toutes ces lignes...) :
- "phobie" scolaire
- malaises vagaux liés à des circonstances environnementales
- tendance à la dépression
- "besoin" de drogue sous toute forme (alcool en faisant partie)
- décalage social
- difficulté de compréhension émotionnelle

Les questions que je me posent sont donc :
- De quoi suis-je atteint ?
- Comment pourrai-je me soigner, ou au moins soigner les symptômes (jusqu'ici, seuls des anxiolytiques ont fait effet, mais de manière relative et parfois handicapante)
- Est-il possible d'avoir eu un développement autistique dans l'enfance mais de l'avoir "surmonté"?
- Et enfin, j'accueille tout conseil à bras ouvert, je suis au pied du mur et à bout de force...

Merci énormément à qui lira cela. Merci énormément.

PS : deux messages plus bas, j'ai donné de nombreux exemples.

Azurys
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Re: Symptômes autistiques

Messagepar Azurys » 20 févr. 2013, 09:04

Et agoraphobe, peut-être ce qui te fait éviter les cours ?
Est-ce que tout cela sont vraiment des symptômes d'une maladie globale ou sont-ils tous des "maladies" que tu dois apprendre à transcender ?
Je te conseille (je ne suis pas psychologue) de lire des livres sur le sujet (notamment dans la rubrique développement personnel) ça devrait au moins un peu t'aider.
Pour ta dépresion, certes les médicaments aident, mais il faut surtout affronter la chose (sortir, rencontrer de nouvelles personnes, faire ses passions, passer des moments heureux etc mais c'est sûr que vu votre état...).

casper9
Messages : 2
Inscription : 19 févr. 2013, 22:35

Re: Symptômes autistiques

Messagepar casper9 » 20 févr. 2013, 17:46

J'ai songé à l'agoraphobie, mais elle n'est pas "systématique" : lorsqu'il m'est "nécessaire" d'etre confronté à beaucoup de monde dans le cadre de l'application d'un de mes intérêts "majeurs", je suis (bien que moins confortablement que seul chez moi) parfaitement capable d'affronter la foule. Pour exemple, la musique étant ma plus grande "passion", je tire grand plaisir à aller à tel concert d'un groupe pour lequel je ressent une grande curiosité dans l'exécution (mon amour de la musique est avant tout un amour de la composition, j'aime telle musique car son écriture m'impressionne et non parce qu'elle me fait danser/pleurer/rire/donne du bonheur de par sa sonorité/etc), j'ai même un groupe faisant des tournée, tournées qui me sont énormément coûteuses en énergie "psychologique", mais qui me confrontent à de nombreuses personnes, chose que je ne peux surmonter que dans ce cas précis...

J'ai le sentiment d'une maladie globale, ici le syndrome d'Asperger, pour plusieurs raisons, que je vais tenter d'énumérer de tête (n'étant absolument pas objectif ni même psychologue, seulement jeune étudiant, nombre de ces raisons seront surement décalées et inutiles) :

- incapable de croiser un regard dans une discussion, quand je parle a quelqu'un je "sais" que le code social demande de regarder la personne de face, aussi je fixe un point proche de ses yeux pour ne pas "choquer", ce point pouvant etre le haut du nez entre les yeux, ou bien en dessous de l'oeil.

- bloqué dans des habitudes : j'ai ainsi l'habitude (néfaste, j'en conviens) de manger systématiquement la même nourriture, le même sandwich quand je dois manger dehors par exemple, et si ce sandwich n'est pas le même dans sa composition (remplaçons le thon/oeuf/tomates/crudités par poulet/oeuf/tomates/crudités, bien que j'affectionne le poulet), je ressent une sorte de détresse, un mal-être évident, si bien que si je me sens "faible" psychologiquement ce jour-là, je me rabattrai sur quelque chose de bien moins nourrissant ou me contenterai de ne pas manger.

- tendance a me répéter : pour exemple, si je commence à expliquer quelque chose à quelqu'un, je contextualise un maximum et apporte le plus d'informations possible, sachant que c'est la manière la plus pédagogique de faire la chose (mon but étant d’être compris, en l’occurrence). Mais si cette personne me coupe, je vais reprendre inconsciemment depuis le début, n'arrivant pas a faire le pont entre "ce que cette personne a compris/sait déjà" et "ce qu'elle n'a pas compris/ne sait pas déjà", même si elle vient de le dire plus ou moins précisément. Cette situation arrivant régulièrement (mes amis m'appréciant pour ma curiosité, il est pour ainsi dire "coutume" que je fasse part, lors de nos rencontres, de mes nouvelles connaissances sur tel sujet "peu banal" pour lequel je me suis pris d'affection dernièrement), j'ai fini par à peu près m'apercevoir quand je me répète, bien que je ne m'en aperçoive qu'après l'avoir commencé. (j'espère que c'est clair, je ne sais pas si ce paragraphe est très compréhensible, toutes mes excuses si mon expression est chaotique...)

-intérêts anormalement intenses, pour la musique par exemple, ou des sujets jugés "anormaux", ou certains objets. Je n'ai pas d'exemple en tête tant cela se produit régulièrement...

- réactions innapropriées a certains éléments de mon environnement ou textures ; le premier exemple me venant en tête est le fromage, dont la simple évocation me rends anxieux. Cet exemple n'est surement pas le meilleur, mais encore une fois les exemples sont tellement nombreux dans ma vie courante qu'il m'est difficile de les isoler...

- désintérêt total pour l'expérience d'autrui, manque parfois de compassion ; je ressent de l'affection, parfois de manière disproportionnée - mais tout comme mon père, je suis totalement désemparé face à quelqu'un de triste. Je n'arrive qu'à dire des choses que j'ai entendu et qui semblent fonctionner dans pareille situation, mais je ne suis guère convainquant tant mes paraphrases sont maladroites. Concernant le désintérêt, j'ai "appris" par l'observation que dans une discussion, et pour ne pas froisser autrui, le temps de parole doit être partagé ; mais il me coûte beaucoup d'effort pour trouver de l'intérêt à l'expérience des autres, qui pourtant je suis sur, est pleine d'intérêt. Voyant mon décalage par rapport a la population "normale" sur ce fonctionnement, j'en tire une énorme culpabilité...

- ne sait pas "faire la conversation" ; il y a peu de choses qui me mettent plus mal à l'aise que de devoir parler avec quelqu'un, sans que cette discussion ne soit motivée par des centres d'intérêts partagés. Des phrases comme "quoi de neuf?" me perdent complètement. Je ne sais pas "bavarder", disons.

- père potentiellement asperger ; bien que jamais diagnostiqué par un professionnel, toutes les connaissances familiales ont dit de multiples fois que mon père avait un sérieux problème de communication, de compréhension émotionnel, de sur-organisation, et qu'il était pourtant grandement intelligent (je ne citerai pas son travail ici, mais il a abandonné les études après le college, puis une dizaine d'année plus tard, a fait des cours en supplément de son job, pour finir ingénieur et pilote de projet dans un secteur assez "complexe")

- QI : je crois l'avoir dit dans mon post initial, j'ai passé le WISC étant enfant, et ma mère, bien qu'elle ne se rappelle pas des détails, ni des mots "qi verbal" et "qi performance", se souvient que le chiffre était "dans les 160", ce qui m'a valu de passer une classe en primaire, bien qu'il fut a l'origine question d'un passage de deux classes, que mes parents refusèrent de peur du décalage d'age.

- pas besoin de voir du monde, une discussion sur internet me procure les mêmes "bienfaits" qu'une conversation réelle la majorité du temps : je ne ressent le besoin de voir un ami en vrai, qu'une fois par semaine tout au plus.

- incapable de me rappeler le numéro de téléphone ou la date de naissance de qui que ce soit ni même de ma famille, si ce n'est quelque chose de très approximatif dans de très rares cas ; cet élément me parait en opposition avec l'Asperger, qui visiblement a une mémoire des chiffres impressionnante. Je ne retiens pas ces numéros par désintérêt, je ne trouve aucun intérêt a des numéros de téléphone ou des dates de naissance (incluant mes proches), je n'ai d'ailleurs jamais fait de cadeau d'anniversaire à qui que ce soi, le principe même me parait étrange. Pourtant, il m'arrive d'acheter quelque chose a des amis, assez souvent dernièrement, mais c'est toujours des choses que j'ai déjà et qui m'ont fait ressentir du plaisir, plaisir que j'aimerai partager, mais que je n'arrive pas a expliquer. Ainsi, j'offre souvent des choses qui n'évoqueront pas la même chose aux autres qu'elles m'évoquent à moi, mais tant pis j'essaye quand même...

- beaucoup de mal a garder un secret ; j'ai précisé que je ne sais (et n'aime pas) bavarder, mais il m'arrive très (trop) souvent de faire des "gaffes" en ce qui concernent les secrets, tant j'ai du mal a en comprendre les implications.

- ne sais pas si je dois vouvoyer ou tutoyer depuis que je suis majeur (j'ai 22 ans) ; j'imagine que cela n'a pas grand importance, mais sait-on jamais. Jusqu’à ma majorité, la règle me paraissait très simple : quiconque étant majeur devait etre vouvoyais, tandis que je tutoyais les mineurs. Depuis que je suis majeur, je ne suis perdu vis a vis de cette règle. Ayant 22 ans, si je parle à quelqu'un de 19 ans, je vais surement le/la tutoyer (parce que plus jeune que moi) et vouvoyer (a cause de ma première règle, puisque majeure) en alternance, ne sachant pas trop quoi dire, jusqu’à ce que cette personne me dise elle même quoi faire.

- grosse difficulté au travail en groupe ; nul besoin d'expliquer, je n'arrive à travailler que seul, quel que soit le domaine. Si c'est un domaine que je ne maîtrise pas et dans lequel j'ai donc besoin d'assistance, je ne vais etre capable que de regarder et d'apprendre, si je participe je ferai "tout de travers", ne sachant pas quelles seront mes responsabilités dans ce groupe, etc.

-incapable de me faire une "image mentale" : je ne peux pas fermer les yeux et m'imaginer le visage de mes parents, mon frère, ma soeur, mon meilleur ami, une chaise, un arbre. Incapable, totalement. C'est un peu handicapant pour la lecture de fiction, bien que j'apprécie quand même certaines formes de fictions sans que j'arrive a déterminer pourquoi.

- je n'arrive pas a faire de plan sur le long terme : je vie complètement au jour le jour, ce qui me vaut d'accumuler les problèmes administratifs (je procrastine tout à ce sujet là), financiers (je dépense sans établir le moindre plan), relationnels (je peux ne pas donner signe de vie a quelqu'un pendant des mois, sans pour autant que mes sentiments a son égards changent ; ça m'a valu le surnom de Casper, au collège - parce que j'était un fantôme, qui apparaissait et disparaissait)

- je suis toujours en train de déchiffrer les codes sociaux ; j'ai une activité psychologique très intense durant les situations sociales, essayant de comprendre l'évidence (pour les autres), et d'agir comme on attends de moi.

- mes collections doivent être parfaitement organisées, et cette organisation me procure un grand plaisir sans me demander d'énergie ; je prends par exemple ma collection de musique sur ordinateur, dans laquelle tout (elle fait des dizaines de Giga, peut être plus) doit être classé par genre, puis par artiste, puis par album, puis par numéro dans l'album. Si un morceau manque (parce qu'il serait présent sur une édition japonaise, par exemple), je pourrai le cherche toute la journée. Il est extrêmement important pour moi que chaque fichier de musique ait également ses tags complets : il me faut le nom des compositeurs, l'année de sortie, la pochette (les si plusieurs éditions existent), etc...

- dégage facilement des structures/schémas, disposition naturelle en mathématiques et la langue naturellement

- dernier détail, enfant, j'ai appris très tôt à lire et à effectuer des opérations complexes (les divisions me paraissaient évidentes au milieu de l'école primaire, par exemple), petite anecdote qui amuse ma famille par exemple, vers 7 ans mes parents m'ont surpris dans ma chambre en train de lire un numéro du magazine "Capital" (que mon père achetait régulièrement) ; l'on me demande si j'y comprenais quelque chose, et je suis parti dans une explication complète du contenu du magazine.

Bref, il y a surement d'autres aspects qui ne me viennent pas tout de suite en tête, mais cela donne un petit aperçu...

Ce genre de traits sont-ils donc potentiellement indicateurs d'une forme d'autisme (Asperger, donc) ?

Merci d'avance, et merci Azurys pour votre réponse !

Azurys
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Re: Symptômes autistiques

Messagepar Azurys » 20 févr. 2013, 18:35

Je ne pourrai pas t'aider malheureusement, je ne suis pas une spécialiste des cas d'Aspenger :/ (même si tu sembles en effet avoir une sorte d'autisme) mais si tu penses l'avoir, pourquoi ne pas tenter de parler à des gens qui le sont (forums sur internet ou une association) afin de voir si c'est vraiment ce que tu as et aussi pour parler avec es gens qui peuvent te comprendre et te soulager ?


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