Psy pour enfant

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licornemagique
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Psy pour enfant

Messagepar licornemagique » 09 avr. 2019, 18:58

Bonjour

Lorsque vous avez un enfant qui interroge sur certains de ses comportements et certaine violence,
que peut faire un psy, que peut-il réellement voir et en déduire puisque il ne fait pas face directement au situation et à la réalité des comportements?
:!: Je ne suis pas psychologue :!:

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Dubreuil
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Re: Psy pour enfant

Messagepar Dubreuil » 09 avr. 2019, 21:09

Voilà un exemple. Pas sur ce sujet, bien sûr… mais vous pouvez en déduire que ce serait " facile " de savoir un petit peu quelque chose sur le pourquoi du pourquoi, du pourquoi, etc, etc.… du comportement de l'enfant " violent "

EXPERTISE PSYCHOLOGIQUE PRIVEE
* Concernant Aona, ( prénom fictif ) il ne sera rendu compte que des aspects problématiques de sa personnalité issus de son entretien et de l’analyse des tests, ceux-ci ne présumant en rien de la richesse et de l’étendue de ses potentialités.

Déroulement des expertises
L’ensemble du bilan d’Aona a nécessité 2h, entrecoupé d’une pause d’un quart d’heure.
L’entretien en présence du père et de l’enfant a duré 1h.
Ces entretiens ont été non directifs, sans ordre précis, pour y revenir parfois. Chacun a pu ainsi aborder à son rythme et à sa guise, seul(e) ou accompagné(e) les sujets lui tenant à cœur.

Expertise privée de l’enfant Aona

Aona s’est présentée en premier.
D’abord discrète et silencieuse, une fois mise en confiance et d’une façon joyeuse et libre la fillette a parlé sans retenue de ses goût et de ses projets, mais avec le retrait immédiat de ses expressions émotionnelles à chaque fois que le thème des parents était abordé.

Déroulement des tests

PATTE NOIRE
Structures psychiques et personnalité profonde
H.T.P
Développement affectif et mental chez l’enfant
TAG
Troubles de l’anxiété généralisée

PATTE NOIRE
Structures psychiques et personnalité profonde

Sentiment de culpabilité
Besoin de protection
Ambivalence
Conflit de loyauté
Dissimulation
Comportement réactionnel
Irritabilité
Mécanismes de défense archaïques
Régression

HTP
Développement affectif et mental

Grande sensibilité
Perturbation relationnelle
Aspect régressif et adaptation transitoire
Sentiment abandonnique
Angoisse diffuse
Colère psychogène
Agressivité refoulée
Conflits infantiles non résolus

Le dessin de la famille
Alors que la symbolique familiale se trouvera dans le dessin de l’arbre, le dessin de la famille d’Aona ne comporte aucun personnage.
Le milieu familial est ici mis en scène par un grand arc de cercle partant du haut de la page. A chaque extrémité pend une « grappe » d’ancêtres représentés par des ronds tenus par des fils les uns aux autres.
Tout d’abord, en face à face et séparés d’une distance appréciable, un premier rond d’où vont descendre deux autres ronds donnant chacun naissance à deux ronds, donnant eux-mêmes naissance à deux ronds chacun, donnant à leur tour naissance à deux ronds, arrivant ainsi à un total de 42 ronds ( 21 de chaque côté ) voire 42 individus, bien que cette notion semble plutôt dépassée - ou arrêtée - par l’imaginaire d’Aona qui dit « C’est la famille de papa et celle de maman, ça s’arrête pas ! »
Le côté droit ( en miroir ) côté du père, est plus trapu et plus large que le côté gauche ( côté de la mère ) où les traits sont plus longs, plus fins, plus élancés.
Le résultat rappelle quelque peu la disposition structurelle des chromosomes. Le chromosome X de la drosophile porte 2 gênes distants, chacun issu d’un croisement qui seront à leur tour croisés - Pour un organisme adulte les gênes sont présents en 2 exemplaires ( génotype et phénotype ) - 21 ancêtres par grappe : le chromosome 21 étant le plus petit des 24 chromosomes humains - Ou encore l’agencement d’une ruche traditionnelle où les abeilles « en grappe » fabriquent elles mêmes et avec symétrie des alvéoles de cire pour y déposer leur miel - A relever que dans une colonie d’abeilles tous les individus sont tributaires les uns des autres et sont incapables de subsister par eux-même.
Je rejoins là l’interprétation de Mme G parlant de la quête identitaire de la fillette : - « Elle se situe mal dans son espace générationnel. »

Le dessin de la maison
Il est confus, en transparence, triste et dépouillé d’artifices au profit de fausses portes mystifiant le visiteur, de petites portes dérobées aussi, d’interminables escaliers sans rambarde, et des murs en trompe-l’œil.
Aona devient complaisamment mon guide, tout en inventant au fur et à mesure les méandres d’un parcours improbable pour atteindre le cœur d’une forteresse dont elle semble absente, comme volontairement spectatrice, gardienne d’un lieu dissocié de sa personne.

Le dessin du bonhomme
Paradoxalement le bonhomme sera une femme qui prendra toute la dimension de la page. Une princesse plus « ogresse » que romantique avec sa très grande bouche charnue fardée de rouge vif, de grands yeux vides et bleus sans cils ni sourcils, une robe par 3 fois cintrée à la taille, des atours, des talons hauts, mais un grand voile sur ses cheveux et les bras levés en présentation avec de grandes mains largement ouvertes et griffues.

Le dessin de l’arbre
la base qui prend le bas de la feuille comme assise, se sépare bientôt en 3 troncs bien différenciés ( celui du milieu est plus fin ) se terminant chacun dans un feuillage fermé à corolle ( isolement ) mais s’intriquant adroitement en une masse verte commune, dont le côté droit ( avenir - action ) sera nettement plus large et étoffé .
Difficile de ne pas y voir la famille représentée avec un désir de rapprochement et de fusion demandée par ce petit arbre du milieu qui à la fois reste lui même mais en même temps rassemble à part égales les deux grands arbres parentaux. Le rapprochement réussi se conclue dans un petit bouquet de couleurs en apothéose
Une notion de bercement, d’équilibre et d’apaisement est ensuite donnée dans 5 grands arcs de couleurs réguliers et espacés, traversant de droite à gauche tout le dessin.

TAG
Troubles de l’anxiété généralisée

Dissimulation émotionnelle
Malaise intérieur, nervosité
Peur de l’abandon
Blocage de la charge affective
Agressivité réactionnelle
Manque de confiance en soi
Détails des tests

Agressivité refoulée
La femme-ogresse
Concentrée dans la valorisation d’une énergie maîtrisée, Aona exprime la peur que son agressivité contenue explose malgré elle dans des conséquences qu’elle anticipe comme irréversibles.
Dans ses décharges pulsionnelles, en réaction à l’acharnement des adultes à vouloir lui faire dire ce qui ne sera pas suivi d’effet, Aona a peur « de sa peur » d’être violente dans son désir de vengeance sur ce que le conflit parental lui impose d’ingérences intrusives et de frustrations conjuguées : - « Maman enregistre tout ce que je dis avec papa et elle me demande tout le temps de lui raconter ce que j’ai fait avec lui. »

Régression
Plus les enfants sont jeunes plus la durée de privations est longue, et plus les risques sont grands. Aona avait un an quand ses parents se sont séparés.
L’image maternelle apparaît dépressive et non protectrice. Par son mutisme sélectif la fillette tente de nier la séparation en adoptant un comportement régressif.

Manque de confiance en soi
Troublée par les évènements familiaux Aona présente une tendance au silence en vue de contrôler, maîtriser ses relations affectives.
A vouloir ménager son ego, et tout à la fois bien faire pour contenter les personnes qu’elle aime, Aona peut se fondre dans le désir de l’autre ( impact dépressif maternel )

Sentiment de culpabilité/ Conflit de loyauté
Confiée à la maman, Aona pense « rendre malheureux son papa » qu’elle voudrait voir plus souvent. Confiée au père « elle a peur que sa maman soit triste. »
Aona présente une difficulté à verbaliser sa propre détresse et l’ambivalence de ses sentiments par peur de choquer, ou bien de peiner, de rappeler à l’un ou l’autre de ses parents, des souvenirs qu’il voudrait oublier, avec le sentiment confus d’en être responsable.

Désir de réconciliation
En réaction défensive contre ses bouleversements affectifs, Aona joue l’allégeance et se met prudemment à l’écart.
Se sentant insécurisée et menacée, elle a un désir plus ou moins conscient de réconcilier les parents.

Bénéfices secondaires et adaptation transitoire
Sans accorder son crédit véritable, Aona compose avec pertinence ses réponses et attitudes en écho à l’empathie et la sincérité d’autrui.

Ambivalence
Il est délicat pour Aona d’émettre un avis tranché sur des situations risquant de mettre en scène sa problématique personnelle. Elle évite le sujet en répondant : - « Je sais pas. »
Poussée dans ses retranchements elle dit ne pouvoir répondre « ni d’un côté, ni de l’autre. »
Pour elle père et mère sont en égalité, et comme elle, victimes impuissantes de la situation.

Défense archaïques
Régression - conflits infantiles non résolus
Avec une identification oscillant entre les deux parents, tout autant aimants et captateurs, les images sensorielles de la petite enfance restent actives. La disposition des éléments et la charge émotionnelle du tracé dans les dessins proposés, ainsi que la pertinence apportée à leur explication, révèlent l’ampleur de la phase Œdipienne non résolue ( phase où la fillette considère sa mère comme une ennemie barrant son désir inconscient de la remplacer en tout point auprès du père ).

Comportement réactionnel
Face à la frustration de ne pas être écoutée, ne se sentant ni comprise ni soutenue dans des faits indépendants de sa volonté, animée par la tristesse et la colère, Aona se retire elle-même du contact douloureux de la réalité.

Mutisme sélectif
Aona se méfie de l’adulte. Dans l’échec de faire entendre et respecter son souci d’équité, la fillette commence dangereusement à se construire un lieu fantasmatique ( maison tarabiscotée ) où elle se souhaite en sécurité, où nulle adversité ne pourra plus l’atteindre.
Son mutisme verbal ( évitement de ce qui fâche ) pourrait être également interprété comme une colère constructive, l’extériorisation d’un sentiment de rejet et d’impuissance face à ce qu’elle perçoit d’ambivalent chez les adultes.

Préjudices psychologiques

L’inhibition de Aona ( dessins et mutisme sélectif ) est l’expression de sa lutte courageuse contre la blessure narcissique qu’elle a subi, à savoir - la prise de conscience désespérée qu’elle n’est pas tout pour ses parents, et que la seule grâce qu’elle soit venue au monde de l’un et de l’autre n’a pas suffit à les faire tenir ensemble. -
Par une torsion de la réalité elle vit inconsciemment la culpabilité d’être la cause de cette séparation sans avoir pu, ou su, en éviter l’irréparable.

Sans jamais le nommer Aona oscille dans un raisonnement manichéen où séparée de l’un de ses parents elle ne peut qu’être à la merci de l’autre.
Cette maltraitance psychologique la montre à la fois victime et instrument d’une vengeance qui la dépasse.

Le sentiment d’insécurité fortement marqué dans le test - Patte noire - dénote une fragilité émotionnelle appelant pour Aona la nécessité d’un temps de présence équitable avec chacun de ses deux parents, dans un climat relationnel respectueux de ses besoins et aspirations affectives.

En accord avec l’interprétation de Mme G dans le dessin de la famille d’Aona :
- « Elle fait preuve à la fois d’une certaine maturité intellectuelle et d’une immaturité affective (..) elle est soumise à une forte pression (..) elle est dans un conflit de loyauté insupportable et souhaite avoir une position de repli (..) elle a des affects dépressifs (..) elle vit une situation oedipienne culpabilisée et a peur du rejet de ses parents si elle ne les satisfait pas (..) elle est prise entre le désir de protection de sa mère et celui de grandir selon les souhaits de son père dont elle a bien conscience d’être la source de fierté (..) je ne saisis cependant pas pourquoi seul le père devrait être incriminé d’une « emprise » et d’un « amour envahissant », quand il est dit que son souhait est justement qu’Aona « grandisse », alors que celui de la mère est de « l’accaparer en la protégeant ». 

Consciente de la manipulation dont elle est l’objet, Aona commence à comprendre que son père et sa père sont eux aussi les jouets d’une plus haute autorité qu’ils doivent solliciter s’ils veulent satisfaire leurs prétentions à son égard.
De ce fait, tous victimes, elle est l’égale de chacun, et sa profonde déception ébranle l’image qu’elle a d’elle-même et de sa relation à l’autre.
A lui laisser entendre que seul un tiers peut régler les problèmes relationnels et affectifs entre son père et sa mère, le risque est grand qu’elle ne saisisse bientôt plus la légitimité d’une loi parentale.

Interrogée, sollicitée, épiée sur son désir dont elle sait maintenant que l’adulte ne tiendra pas compte : - « Ca sert à rien que je dise que je veux voir mes parents tous les deux pareil, je vois quand même moins mon papa que ma maman » Aona effectue avec grâce et patience tests et entretiens. répond poliment, converse et compose suivant les sollicitations de son interlocuteur. Mais elle est consciente de la mascarade de ses dires inexploités servant juste d’appâts à la vindicte personnelle des adultes chargés de son avenir.

Sous une apparente désinvolture Aona cherche à consolider son Moi devant des situations ressenties comme très fortement anxiogènes.
Ses dessins et tests sont évocateurs d’un syndrome d’aliénation parentale avec des bouffées d’angoisse liées à des menaces ou pressions subjectives activées par des fantasmes, une crainte de vengeance et d’abandon, de perte, un mutisme sélectif pouvant bien révéler une hypervigilance traumatique.

Conclusion
La famille, les proches, l’école, les psy(s), et autres personnes ou professionnels s’animant autour d’Aona sur de successifs thèmes « d’agressions verbales ou décisionnaires » ont une large part de responsabilité dans la dramatisation de la situation, constituant ainsi un nouveau préjudice s’ajoutant à la séparation des parents qu’Aona vit déjà comme une déception intense perturbant l’image qu’elle a d’elle-même et de la relation à l’autre.

Aona est actuellement en pleine phase d’identification, sa peur de l’abandon inhérente à un foyer éclaté et recomposé se trouve réactualisée par la nécessité incontournable d’un lâcher prise sur les prérogatives de la petite enfance.
La prise de conscience de la rupture affective des parents dramatisée dans les propos de chacun, et de l’entourage, exige de cette petite fille une adaptation et une redéfinition complète de son mode affectif occasionnant un traumatisme psychologique.

Pour l’instant, Aona tente d’éviter « les sujets qui fâchent » sans amputer la reconnaissance de cette réalité. Elle s’adapte au mieux à la situation conflictuelle entre les parents.


L’ensemble des graphisme et jeux projectifs montre sa volonté d’occuper sa place dans l’espace et le temps tout en se construisant au cours de fictions narratives propres à son âge, une réalité supportable laissant une large part à son imagination et au développent plus ou moins homogène de sa personnalité.

Propice à la prise de conscience de sa personnalité et l’émergence de ses propres désirs, Aona a impérativement besoin d’être rassurée dans un temps de présence équitable pour chacun de ses parents, où elle puisse se sentir à la fois respectée, comprise et préservée des ingérences et conflits personnels tournant autour de sa personne.
- « Moi, je comprends pas pourquoi on m’écoute pas puisque c’est moi la principale ! Je voudrai que ce soit pareil pour les deux parce que je les aime pareil très fort. Voilà, c’est tout. »

Et si comme le fait remarquer Mme G : - Aona « prise excessivement à partie ne sait plus qui croire ni quoi penser alors qu’elle veut faire confiance à ses deux parents qu’elle aime également » la réponse logique et respectueuse des droits de l’enfant pour faire cesser cette maltraitance psychologique serait d’écrire très simplement :
- Il est grand temps de croire à ce que dit, pense et ressent Aona, et de lui faire confiance dans l’amour qu’elle voue en égalité à ses deux parents.


Nicole dubreuil
Psychologue Clinicienne[/quote]
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )

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Re: Psy pour enfant

Messagepar licornemagique » 11 avr. 2019, 19:09

Si jamais je souhaiterais une consultation privée mais que la personne concernée n'est pas moi-même,
est-ce possible (?) d'autant plus que cela ne se ferait que sur des observations.
:!: Je ne suis pas psychologue :!:

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Consultation privée

Re: Psy pour enfant

Messagepar Dubreuil » 11 avr. 2019, 23:09

Je ne comprends pas votre question...
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )


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