Phobie sociale, comment avez vous avancé?

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cilune
Messages : 1
Inscription : 10 févr. 2019, 19:45

Phobie sociale, comment avez vous avancé?

Message par cilune »

Bonjour,

Je pense être atteint de phobie sociale, et ça me gène dans ma vie, personnelle comme professionnelle. J’ai trente ans, le pic de mal être était du lycée à la fac. Aujourd’hui, ça va mieux puisque je fuis les situations à problèmes.

Mon gros problème est la peur des groupes (plus de 3/4 personnes inconnues). Quand je suis confronté à cette situation, je me renferme, je n’arrive pas à interagir, je suis mal à l’aise. Je n’arrive pas à parler ou alors ce que je dis n’est pas approprié. Je suis complètement centré sur moi-même et mon malaise, pas du tout en situation d’échange. Cela se sent et les personnes sont à leur tour mal à l’aise, c’est un cercle vicieux.
Bref, ça me dérange dans ma vie personnelle : je suis seul, je voudrais aller vers les autres mais blocage dans toutes les situations de groupes. C’est d’autant plus gênant que plus j’ai d’affinités avec les personnes du groupe, plus je me sens mal. Peur de ne pas être à la hauteur.
Au boulot, les réunions, pauses cafés, repas avec les collègues sont très durs. Après ou avant, je sais que mon comportement est idiot, mais sur le moment je n’arrive pas à prendre le dessus et je reste dans cet état de mal-être paralysant.

Je ne me suis jamais résigné à cette situation, je me suis forcé à me confronter à mes angoisses (je me suis forcé à aller en colo tous les étés au lycée, à aller loin faire mes études pour ne pas rester avec mon groupe d‘amis du lycée, à aller à des soirées étudiantes (horreur !), à partir faire un long voyage en me disant que je serais bien obligé d’aller vers les autres,…).
Ca n’a jamais marché, il y a toujours quelque chose que je n’arrive pas à dépasser. Plusieurs fois, j’ai senti que j’étais proche d’y arriver, qu’il me manquait juste une sorte de déclic. Mais c’est pas venu…

L’an dernier, j’ai décidé d’essayer une thérapie comportementale. J’ai vu deux psy et je n’ai pas du tout accroché. J’ai l’impression qu’ils me disent des trucs que je sais déjà. J’ai conscience de ce qui ne va pas ; de ce qu’il faudrait faire, mais j’y arrive pas.
Je veux vraiment m’en sortir parce que ça a assez duré. J’ai cherché sans succès des groupes de parole de personnes qui ont le même genre de problème dans ma ville (Angers), pour partager les expériences, les évolutions et s’entraider.

Alors voilà, j’essaye ce forum. Vous qui aviez, ou qui avez ces problèmes, comment vous en êtes vous sortis, comment faites vous pour progresser au quotidien, par quelles étapes êtes vous passés ?
Merci pour votre retour d’expérience ! Ca sera bénéfique, parce que je sais pas trop par quel bout prendre le problème.
Et si certains habitent vers Angers, ça pourrait être sympa de se rencontrer !

Luc
Sandraben
Messages : 1
Inscription : 29 avr. 2019, 05:12

Re: Phobie sociale, comment avez vous avancé?

Message par Sandraben »

Bonsoir
J'ai lu ton passage maintenant j'ai senti que tu parle de moi,c'est grave comme situation ,je dors pas la nuit tellement me gâche ma vie
Consciente
Messages : 71
Inscription : 19 août 2017, 17:45

Re: Phobie sociale, comment avez vous avancé?

Message par Consciente »

Bonjour,

Je répond très tard après vos posts j'espère que vous repasserez dans le coin et que vous trouverez des clés peut-être dans mon partage.

De mon côté cela a été pareil que vous pendant des années. J'ai même baissé les bras pendant un temps et ne suis plus sortie de chez moi pendant 6 ans. Vous dites que ça va mieux car vous fuyez les situation angoissante.... a mes yeux ce n'est pas allé mieux mais bien fuir le problème comme vous le dîtes vous-même et qui ressortira forcément un jour... j'ai plus que fuit c'est sur que chez moi j'étais très bien mais faut bien sortir par moment et mon isolement à rendu la tâche encore plus difficile au début. Je pense qu'il faut savoir s'écouter dans nos limites et savoir se préserver quand on ne sent pas de faire quelque chose. Mais il ne faut pas confondre se préserver et fuire. Préserver c'est faire le tri de ce qu'on se sent de se confronter ou pas... pour aller à son rythme et grandir. Fuir c'est éviter toute confrontation et s'empêcher de grandir.

Vous dîtes avoir conscience du travail à faire mais ne pas y arriver. Selon moi et je crois que Mme Dubreuil ne me contredira pas... il y a la compréhension/prise de conscience cérébrale (qui revient à apprendre un poème ou une leçon par coeur) et la compréhension/prise de conscience viscérale/émotionnelle (qui elle vous fait comprendre dans votre ressenti, vos tripes, ce que les mots du poèmes veulent dire vraiment). Pour vraiment les comprendre faut déjà apprendre selon moi à redonner sens au mot... car on confond souvent plein de choses comme... fuir et considérer aller mieux à la fois. J'ai eu la même confusion donc aucun jugement mais en regardant avec un peu de recul ou voit vite que la phrase coince... que c'est contradictoire et que peut-etre les mots sont mal compris par la personne qui les utilise. Redonner sens c'est pour moi.. déjà aller voir dans un dico ce que le mot veut vraiment dire... vérifier nos aquis cérébraux pour ensuite... faire connaissance avec notre ressenti de ce mot.
Je pense aussi que de se reconnecter à soi et ses réels besoins/envies est très important. A travers des petites choses toutes bête comme prendre un bain et ressentir vraiment si ça nous plait à nous ou si on pense aimer ça par conditionnement... en gros refaire vraiment connaissance avec soi.
Moi tout ça m'a amené à comprendre bcp de chose de moi et de ma famille. J'ai fini par comprendre que malgré les apparences aimantes de ma famille... certains me rabaissaient par des petites phrases qui ne sont pas si grave si isolée mais émotionnellement épuisante si c'est un fond de fonctionnement chez la personne. Une fois de temps en temps on y survit tous... mais à la longue ces phrases rongent la confiance sans même qu'on en ait conscience vu qu'elles sont pas si méchantes que ça... mais c'est un tout... la phrase, le regard et l'attitude.
Ce que j'ai compris c'est que je venais d'une famille en souffrance narcissique (gros manque de confiance) qui au lieu de savoir se remettre en question même pour des choses insignifiantes... préfèrent toujours rejeté la faute plus loin et c'est là que l'enfant perd le sens des mots. Parce qu'il voit et sent que ça coince mais l'adulte ne peut pas le reconnaître de par sa souffrance... donc par obéissance et confiance on peut rentrer dans la confusion du sens des mots. On l'empêche aussi tout processus de grandir dans son narcissisme... vu qu'on peut pas se dire les choses et grandir à travers elles. On reste tous en stagnation dans un état de petit enfant qui ont trop peur de grandir. Donc en fait j'ai compris que j'étais comme eux... que j'ai connu que ça tout comme eux on connu que ça et nous reproduisons tous.
Sauf que moi quand j'étais rabaissante avec ma meilleure amie ou mon cousin... leur réaction me mettaient comme dans un malaise. Car en fait je reproduisais car le seul mode de communication que je connaisse mais cela me mettait en désaccord avec moi-même. Je savais pas comment faire mais j'avais aucun plaisir à provoquer ce type de réaction où l'autre se sent mal et nul. C'est par peur des autres (ma famille) et de mon propre comportement et réactions qu'il provoquait que je me suis refermée pendant 6 ans.... le temps de comprendre ma porpre nocivité et celle de ma famille... mais aussi que dans mon cas le mal ne venait pas de l'extérieur que je fuyais mais de l'intérieur et de ce que j'avais toujours connu... et vouloir la dépasser.
Tant que je comprenais pas que j'avais une part de moi nocive... pas de part ma personnalité mais de part mon conditionnement. Je n'arrivais pas à sortir dehors et encore moins quand il faisait grand beau. Les vampires ont peur de la lumière et c'est très juste comme concept. J'ai pu commencer à ressortir en prenant conscience de mon comportement et en arrêtant de vampiriser et de me laisser vampiriser par le rabaissement... la plainte et toutes ces choses qui nous prennent des forces au lieu de nous en donner. Et j'ai plus eu peur du soleil et de la lumière. Par contre mes proches qui continuent à me vampiriser... j'ai tenter de leur mettre des limites et essayer de discuter avec eux... mais ils ont tous préfèré (car trop en souffrance donc pas vraiment un choix) fuir ma lumière en ne laissant pas place à la discussion. Donc aucune discussion n'a réellement était possible pour ceux qui sont encore trop pris par leur mal être. Ce que je comprends totalement ayant été comme eux et l'étant encore par moment.
On est pour le moment en distance. Je me préserver de leur négativité involontaire pour prendre le temps de refaire connaissance avec moi et reprendre confiance. C'est aussi pas facile de ne pas retomber dans la vampirisation quand je les fréquente trop... un peu comme une personne toxicomane qui tenterai de dépasser sa dépendance. Pour moi actuellement c'est plus facile d'avancer loin de certains... pas par rejet mais parce que j'ai droit à la paix et ai bonheur... d'autant olus si je fait plein d'effort profonds pour y parvenir.

L'apprentissage est loin d'être achevé. J'ai encore beaucoup d'angoisses quand je sors mais mnt au moins j'ose me confronter dans des voyages... de nouvelles connaissances... un cours de sport et je projette même de tenter une petite formation quand j'aurai l'argent pour la payer. Des fois je sors et je me sens tellement mal que je rentre aunolus vite chez moi annulant tous mes projets. Ce n'est plus des échecs mais mon cheniment dans lequel il est normal de tomber pour apprendre à marcher. Ça m'amène à la dernière chose que que souhaite partager : l'acceptation. Qui est encore très difficile pour moi par moment.
Pour imagé... quand on va chez le tatoueur il nous donne toujours plusieurs conseils pour vivre au mieux la douleur. L'un d'eux est d'accepter la douleur et non pas se battre contre... car en la refusant on se crispe et en fait la douleur devient encore plus intense. Tandis que si on l'accepte "Ok pas d'autre choix que de morfler pendant 3/4h" elle sera plus soutenable car on ne l'empire pas à travers notre crispation.
Dans la phobie sociale pour moi accepter c'est déjà accepter de mal vivre certains moments en contact avec les autres. Accepter qu'on en est là... Se laisser le droit de pas être parfait... d'avoir ses fragilité et les assumer... c'est que comme ça qu'on peut apprendre à les dépasser. Pour passer par là il vaut mieux aller dans des lieu et avec des gens avec qui ont se sent bien... c'est là que je différencie fuire et se préserver. Car se lancer dans se travail dans un groupe de gens vampirisant serait du suicide émotionnel. Donc trouvé des lieu où les gens se sente bien eux-même pour travailler ça. Moi jai trouvé ça dans mon cours de sport.
Accepter aussi ce qui génère se manque de confiance et se permettre d'y trouver des solutions pour se donner le droit de vivre en paix.
Et pour finir accepter la nuance de la vie... que les choses sont comme elles sont et que nos valeurs humaines et souvent utopiques ne peuvent pas changer la nature des choses... pour dire plus simplement que rien n'est soit beau et parfait... soit moche et horrible mais un mélange des deux. Tout comme nous on a tous nos par d'ombre et de lumière. Partant de là on peut faire le choix de valoriser et nourrir plus la lumière que l'ombre... en nous et autour de nous.

"Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter, du chaos naissent les étoiles"
Charlie Chaplin ou Kim McKillen (?)
Lien du texte complet
http://jarretedemetrouvernul.com/le-jou ... -vrai.html

"Quand les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté"
Confucius

" L'homme est fou. Il adore un Dieu invisible et détruit une nature visible, inconscient que la Nature qu'il détruit est le Dieu qu'il vénère. "
Hubert Reeves

Les Deux Loups
« Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit :

Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’égo.

L’autre est le Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

Lequel des deux loups gagne ?

Le vieux Cherokee répondit simplement : Celui que tu nourris. »

J'espère que mon partage peut vous parler sur certains points et je vous souhaite une bonne continuation d'apprentissage.

PS : on est tous des warriors de la vie... quand on doute où manque de confiance c'est pas que ces 2 forces ne sont plus en nous... elles existent toujours mais sont juste étouffées par le doute... trouver et comprendre se doute et la force et confiance reviennent. Souvent c'est dû à nos propres jugements ou ceux des autres... car au final on est tous tel que l'on est... beau et moche... fort et faible. Donc vaut mieux nourrir ce qui permet à nos forces et confiance de s'exprimer et s'entourer de gens qui en font tout autant.
Consciente
Messages : 71
Inscription : 19 août 2017, 17:45

Re: Phobie sociale, comment avez vous avancé?

Message par Consciente »

On est plus fort en fait quand on assume nos fragilités que celui qui les cache. Donc pas se fier aux apparences. Celui qui est en apparence parfait et en toute confiance est en fait celui qui a le plus besoin de se cacher de ses fragilités. Celui qui ose les montrer et les assumer... même si en fait au premier abord il a l'air plus faibles parce qu'il rougi ou montre tout autre signe de soi-disante fragilité... est bien le plus fort mentalement car il ose être comme il est sans s'étouffer pour rentrer dans le moule.
"Ma sensibilité est la gardienne de mon humanité".

Je reviens pour mettre en lien un site d'un monsieur qui redonne sens aux mots.
https://www.evolute.fr/connaissance-soi ... reutophobe
Tous ces articles sont réparateurs même si pas toujours faciles à lire car il nous dit les choses comme elles sont mais avec beaucoup de bienveillance... donc même si dur... au moins on peut s'y retrouver entre notre ressenti et notre conditionnement.

Un oubli important au sujet du déclic... dans mon cheminement... j'ai compris tout ça cerebralement mais le déclic et la force d'agir est venu suite à une expérience qui m'a fait prendre conscience de ma force d'une part mais aussi que je n'avais plus à me sacrifier et le droit de faire des choix pour me préserver et me laisser une chance de m'épanouir. Dans mon cas c'était une expérience douloureuse mais renforçante au final. Mais j'ai lu les écrit d'une femme qui elle a eu le même déclic à travers une expérience plusl positive et légère. Je vous mets son lien.
Autant cette femme que moi avons trouvé le déclic de par nos expériences respectives qui nous ont prouvés que nous étions plus fortes et capables que nous l'estimions jusqu'alors. Elle a travers des études et moi une opération. L'important pour elle et moi c'est de se rendre compte que nos jugements sur nous-mêmes étaient erroné. La manière importe peu.
https://etre-optimiste.fr/vivre-ou-subi ... -de-choix/

De mon expérience j'ai pas choisi le moment du déclic. Il est venu quand il a pu... j'avais trop peur de me confronter. Mais je pense qu'ont peut aussi le provoquer comme cette dame en se lançant/confrontant dans des expériences qu'on pense impossible... des fois ce sera le cas... des fois on sera surpris de voir qu'on se sous-estimait.
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