phobie scolaire : aides dans l'ain?

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petitemarie
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phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar petitemarie » 12 sept. 2017, 10:39

Bonjour à tous,
je suis maman d'un ado de 13 ans qui souffre depuis depuis quelques années de phobie scolaire. Depuis le primaire cela a été un calvaire que de l'envoyer à l'école mais l'entrée en 6è a révélé un véritable malaise. Absent un jour sur deux, l'année a été très dure. L'année de 5 a été catastrophique, il n'a pu se rendre que deux mois au collège et a passé le reste de l'année à la maison. Les services sociaux ont été alertés, j'ai demandé de l'aide à un juge pour enfants et il reçoit depuis des mois des visites d'éducateurs spécialisé, de psychologues, d'assistantes d'aides aux devoirs à la maison. Cela n'a servit à rien jusqu'à présent. Mon fils prend également des anti dépresseurs qui le rendent plus calme mais aussi plus fatigué.
A la maison, il dort, regarde la télé, joue sur ordi et surfe sur internet. Comme il est désocialisé on m'a expliqué qu'il fallait le laisser faire car c'était son seul lien sur l'extérieur.
Par deux fois on a tenté de le faire hospitaliser dans un centre spécialisé dans l'Ain pour enfants dans son cas mais cela n'a pas marché. Il n'arrivait pas à s'y faire et pleurait dès qu'on venait le voir. Il était dans un tel état de détresse qu'on a du le ramener à la maison. Un médecin de garde qui ne le connaissait pas nous a dit qu'il avait besoin plutôt d'aller dans une école militaire et d'être "dressé"...
Nous avons tout essayé, la douceur, le compromis, l'autorité, la colère. Nous avons essayé de l'emmener par la force au collège et ça a été horrible. Il refuse toute aide et veut maintenant arrêter les anti dépresseurs. Même les éducateurs sont sans moyens. Je vais essayer de voir un médecin homéopathe et qui pourrait peut-être l'aider par l'hypnose. Moralement c'est très dur. Je travaille comme professeur de langue en collège et je ne peux pas m'occuper de lui uniquement. J'y perd toute mon énergie et mon moral, j'ai même été jusqu'à demander son placement. J'ai besoin d'aide et j'accepte toutes pistes pour l'en sortir. Merci de m'avoir lue et de vos conseils.
Petitemarie

comment
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar comment » 13 sept. 2017, 11:08

Je ne sais pas quoi dire pour vous aider n'ayant jamais vécu ce type de situation de manière direct ou indirect.
Avez-vous essayé de l’emmener voir un psychologue clinicien ou un pédopsychiatre hors CMP (Centre Médico-Psychologique) ?
Un professionnel hors CMP n'est pas forcément pris en charge par la sécu mais au moins vous aurez plus de choix dans les méthodes.

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Jeannette
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Jeannette » 13 sept. 2017, 12:00

Il y a un élément qui me hérisserait à sa place : que de monde autour de lui !
DES éducateurs, DES psychologues, DES assistants, DES médecins, etc
Et tout va de pire en pire...
Alors j'espère qu'un(e) professionnel(le) passera par là pour confirmer. Mais en ce qui me concerne, mon conseil serait de le lâcher un peu (au pire, il n'y a pas que les études dans la vie...), de mettre tout ce beau monde dehors et de le remplacer par UN (seul et unique) psychologue clinicien.
Si quelque chose s’oppose à toi et te déchire, laisse croître, c’est que tu prends racine et que tu mues. A. de St Exupery - Citadelle
Il y a un moment où les mots s'usent. Et le silence commence à raconter. K. Gibran

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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Rayé » 16 sept. 2017, 18:41

Ouf, je voudrais pas vous avoir comme mère...
Vous essayer pas d'en faire un peu trop ?

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Siblenn
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Siblenn » 20 sept. 2017, 22:52

Bonjour Petitemarie,

Tout d'abord, contrairement à Jeannette, je ne pense pas que vous en faites trop. Vous êtes juste dépassée par les événements, vous aimez votre fils et vous essayez de l'aider du mieux que vous pouvez en tentant toutes les solutions existantes en attendant de trouver LE bon spécialiste qui va pouvoir aider votre fils RAPIDEMENT. Et vous êtes très certainement vous-même en souffrance face à cette situation.

La réalité, c'est que les éducateurs sont eux-mêmes dépassés par le phénomène. Et mis à part envoyer les enfants voir un psychologue et proposer des cours par correspondance, l'Education Nationale n'a pour le moment pas d'autres solutions. Aucun spécialiste n'a trouvé la cause des phobies scolaires. Et le nombre d'enfants de tous âges (de la maternelle jusqu'aux études supérieures) souffrant de ce type de phobie ne cesse d'augmenter.

Il serait intéressant que vous nous donniez des éléments sur comment votre fils vit lui-même cette situation actuellement. Est-ce que lui trouve qu'il voit trop de monde ? Est-ce qu'il est révolté, résigné...

Dans tous les cas, je vous invite à tenter des séances d'EFT qui donnent de très bons résultats sur tout ce qui touche aux émotions, et les phobies en font partie. Cette technique donne de très bons résultats, y compris avec les enfants.

Je vous souhaite de trouver rapidement un spécialiste qui pourra vous aider.
Sachant que tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime, il est souhaitable de favoriser
l'expression au-delà de l'émotion et du ressenti - Jacques Salomé

L'excès en tout est un défaut - Jules Crépieux-Jamin

petitemarie
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar petitemarie » 22 sept. 2017, 20:51

Rayé a écrit :Ouf, je voudrais pas vous avoir comme mère...
Vous essayer pas d'en faire un peu trop ?


j'ai pleuré en lisant votre remarque. Vous ne nous connaissez pas et ne savez rien. Je n'ai plus de père ni de mère, et mon mari également. Nous essayons d'être les meilleurs parents possible pour notre fils.
Ne pensez vous pas qu'il faut tout essayer pour le sortir de sa détresse ou bien le laisser sombrer? Avec le temps il devient agoraphobe, passe son temps à se laver les mains et ses mains sont toutes abîmées.
Alors si vous savez ce qu'il faut faire dite le au lieu de m'accabler!

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Dubreuil
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Dubreuil » 22 sept. 2017, 21:22

La phobie est le déplacement d'une angoisse insupportable, pour que la personne puisse vivre avec ce souvenir enfoui, cette angoisse se pose dans la réalité sur tout autre chose de " connu, d'identifié et de supportable ".

Si vous tapez : phobie, à RECHERCHER, en haut et à droite de votre écran, vous aurez beaucoup de mes réponses à ce sujet, voici la plus récente, mais je sais qu'en reculant plus loin encore dans les années j'ai véritablement bien expliqué le processus.

Messagepar Dubreuil » 16 déc. 2016, 23:06
La phobie est un déplacement.
Quelque chose est advenu de traumatique dans la vie de votre petit enfant, quelque chose qui l'a " psychiquement " sidéré, terrorisé, quelque chose qui n'était pas intégrable par son psychisme.
Et comme on ne peut pas rester figé dans l'épouvante ou le drame, son inconscient s'est dépêché de lui présenter une image acceptable de ce qui s'est passé : la peur, ce qu'il en reste de la fulgurance de sa terreur. Il tente de lui faire " occulter " le drame initial. Pour lui permettre de continuer à vivre sa vie d'enfant il a déplacé l'événement, il l'a " camouflé " dans les cauchemars, les peurs supportables parce que gérées par papa et maman. Mais il n'a plus confiance, il sait que " ça peut revenir ".
L'enfant n'a pas les mêmes défenses psychiques que l'adulte, il ne s'est pas encore " bétonné ", et c'est en cela que les thérapies d'enfants donnent souvent des résultats spectaculaires.
Votre petit garçon est dans " le chaos ", il a vu papa et maman, les personnes les plus puissantes de sa vie, en danger et terrorisés. Ce qui veut dire que maintenant plus personne ne peut le protéger. Tout son monde s'est écroulé, il n'est plus en capacité d'avoir des bases solides pour se structurer
Il veut bien y croire, mais il ne le peut pas.
Un enfant peut rester ainsi, grandir ainsi mais il peut développer une névrose d'angoisse, ou une phobie, ou une tout autre moyen " symptôme acceptable " lui permettant de ne pas être engouffré dans le chaos psychique. Les enfants de la guerre sont ainsi, ils oscillent, certains s'en sortent. Et d'autre pas.
Votre petit garçon a subi un grave choc émotionnel, et c'est maintenant qu'il est urgent de lui trouver un tiers, un psychologue clinicien, ou un psychanalyste, l'un ou l'autre sensibilisés aux thérapies d'enfants ( jeux, dessins, comportement gestuel, etc.. ) chez qui il ira régulièrement ( au moins une fois par semaine durant une petite demi-heure, sans les parents, exprimer à sa façon et peu à peu son traumatisme, et s'en libérer.
Les dessins d'enfants sont très parlants pour un professionnel compétent, ils traduisent tout ce que l'enfant ne SAIT pas, ne PEUT pas dire. L'interprétation du psy se fait en respect, écoute, délicatesse, propositions... Peu à peu l'enfant " se rassemble ", retrouve " sa " propre densité émotionnelle, devient moins anxieux, retrouve peu à peu un sentiment de confiance dans l'adulte.

Re: Mon enfant de 4 ans ne fait pas ses nuits
Messagepar Dubreuil » 16 déc. 2016, 23:12
Et comme dans le même temps, il grandit, acquiert des forces physiques se fait des camarades garçons, sort son agressivité dans des affrontements " cordiaux ( ! ) un petit enfant de 4 ans bien suivi en thérapie, peut rapidement trouver ses marques et une belle confiance en lui !

Citer
Message non lupar Melanie41 » 18 déc. 2016, 22:03
Merci pour votre développement cela me permet de voir autrement, nous en avons parler avec la maîtresse pour qu'elle puisse également nous aider. Maintenant il nous reste plus qu'à trouver une personne. Est ce qu'une pédopsychiatre c'est bon ? Car je ne connais pas la différence entre psychologue, pédopsychiatre....


Jeannette
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Supprimer le message
Non, un pédopsychiatre n'est ni psychologue, ni un psychanalyste. Sauf lorsqu'il dispose de doubles compétences, auquel cas il le précise.
La (pédo)psychiatrie est une branche de la médecine traitant donc des troubles mentaux et des maladies mentales. L'aspect physiologique, échanges chimiques, structure, ...
Ce sont les psychologues cliniciens et les psychanalystes qui s'intéressent à tout ce qui est lié au psychisme : l'inconscient, les refoulements, l'origine des phobies, ...

Dans le cas de ton fils, un psychiatre lui fournirait un anxiolytique, pour endormir ses peurs et les enterrer profondément, sans les faire disparaître pour autant, au contraire ... et en le condamnant ainsi à en consommer à vie sous peine de les voir reprendre de plus en plus violemment le contrôle.
Une démarche analytique lui permettra au contraire d'évacuer progressivement cette peur, de s'en débarrasser en l'exprimant dans des conditions lui permettant de la dédramatiser, de l'apprivoiser et de ne plus y faire attention.

Pour trouver un professionnel compétent, tu peux t'adresser aux médecins. Ou utiliser des annuaires. Annuaires d'associations professionnelles ou tout simplement pages jaunes. Faire une première sélection basée sur des critères de ton choix, ne serait-ce que géographiques. Puis téléphoner et "finaliser" le choix en fonction de cet échange.

Une personne phobique doit éviter de prendre des médicaments, ceux-ci possèdent des composants qui exacerbent le système nerveux et amplifie l'angoisse.
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Dubreuil
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Dubreuil » 22 sept. 2017, 21:31

Jeannette dit simplement qu'il est préférable que votre enfant ne voit pas autant de professionnels. Cela le conforte dans la certitude qu'il est malade, qu'il rend sa maman malheureuse, et qu'il est responsable de tout cet acharnement thérapeutique. Ce qui a pour conséquence le risque qu'il reste " cet enfant phobique ", puisque c'est comme cela qu'il semble exister aux yeux des adultes.
Ce qui a également pour conséquence qu'il y trouve une satisfaction de victime avec les bénéfices secondaires qui s'ensuivent, et que son DOSSIER ne lui permette plus un jour de se considérer comme juste une personne normale.

Par contre la réflexion de Rayé est grossière et déplacée.
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petitemarie
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar petitemarie » 22 sept. 2017, 22:33

Bonsoir,
merci pour vos messages à tous. Voici un "petit résumé" de ce que nous vivons depuis sa petite enfance. Le fait qu'il ai vu tant de "spécialistes" n'est pas du à notre acharnement mais à une suite d'évènements induisant des recherches d'aides.

Au total, nous avons vu 3 psychologues, 2 médecins spécialisés, 2 orthophonistes et deux éducateurs spécialisés et ceci sur une période de 7 ans. Notre fils a toujours eu des problèmes pour aller à l'école, même la maternelle était problématique. Depuis son entrée en maternelle il est constipé car il refusait d'aller au pot en même temps et à côté de tous les autres. Il voulait son intimité.

C'est en CE1 que les choses ont empirées lorsqu'il est tombé sur une institutrice épouvantable qui lui donnait sans cesse des punitions et points rouges et pour n'importe quelle raison (à titre d'exemple sur 35 semaines de classes il a eu 33 points rouges) C'était aussi aussi le cas pour les autres enfants de la classe. Ses copains me disaient qu'avec elle il suffisait d'éternuer pour avoir un point rouge. A plusieurs reprises nous avons été convoqués et elle nous a affirmé que notre fils avait un handicap et qu'il fallait le faire tester. Ce que nous avons fait, et la jeune orthophoniste que nous avons vu l'a diagnostiqué dyspraxique car il écrivait très mal. Je pense que sa phobie scolaire a commencé à cette époque. Il avait également des problèmes avec des garçons plus âgés de l'école qui l’embêtaient et nous avons été en parler au directeur de l'école.

Les années suivantes ont été plutôt calmes et il a eu besoin de lunettes et a beaucoup mieux écrit mais il avait un cheveu sur la langue et refusait d'apprendre ses poésies pour ne pas avoir à les réciter devant la classe car on se moquait de lui. Quand j'ai compris cela, j'ai pris RV chez une orthophoniste qui l'a bien aidé mais au contraire de l'autre n'a pas décelé de dispraxie du tout.

Le CM2 s'est plutôt bien passé sur le point scolaire mais sur le point personnel, son seul et unique grand-père est décédé d'une longue maladie. Notre fils a vécu la maladie et le décès de près car il habitait près de chez nous. Toute la famille en a souffert, particulièrement mon fils qui aimait beaucoup son papy.
.
A l'entrée en 6 ème, il n'a pas retrouvé ses copains car tous les enfants ont été mélangés sur 7 classes de 6èmes. A nouveau il s'est retrouvé harcelé au collège. On lui versait de l'eau dans son plat à la cantine. Il retrouvait son sac de cours avec tous ses livres trempés dans les toilettes du collège et ce n'est que ce qu'il a bien voulu me dire... J'ai signalé cela au CPE, demandé qu'on surveille, qu'on l'aide, malgré tout son malaise a empiré. A cause de sa constipation chronique il refusait d'aller au cours de sport et manquait un jour sur deux.
Il n'est bien que pendant les vacances quand il reste à la maison. Nous ne pouvons même par partir en vacances où que ce soit car il refuse net de quitter la maison.

A ce jour il ne sort plus, même pour promener son chien, il ne suit aucun cours et fait ce qu'il veut de sa journée (télé, ordi, ds). Il ne voit plus aucun copain, alors qu'ils venaient avant régulièrement à la maison. Il est inscrit à un groupe de jeunes en phobie scolaire pour une heure par semaine mais ne veut pas y aller. Pour le CNED, l'éducateur nous le déconseille car cela l'isolerai encore plus et il n'aurait plus aucune chance de retourner au collège car il serait désinscrit d'office.
Nous avons bien compris qu'il faut le laisser tranquille avec sa scolarité mais il faut au moins le sortir de son isolement, l’intéresser à quelque chose. Aucun loisir, Il ne veut plus rien faire, pas d'activité sportive, même pas aller au cinéma. Il n'y a rien qui l’intéresse à part l'ordi. Dans l'ensemble il est gentil avec nous, devient agressif si on lui en restreint l'accès mais se calme rapidement. Nous réussissons plus souvent à discuter , même à jouer mais il refuse de parler collège et se bloque. A la rentrée il a essayé d'y retourner à deux reprises mais n'a pas pu descendre de la voiture. Maintenant, il ne se lève même plus le matin.


Nous souhaitons aussi qu'il ne voit qu'un seul et unique Psy mais c'est difficile de trouver le bon, d'avoir un Rv car ils sont surchargés et surtout de l'y faire venir. Le cas de notre fils a été signalé comme inquiétant par l'assistante sociale du collège mais tous sont démunis, personne ne peut nous aider. Moi et mon mari avons chaque semaine des réunions pour "réfléchir" avec ceux qui sont en charge de notre cas mais sans trouver de solutions. Alors que faire?

Merci à tous pour vos remarques,

Petitemarie

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Dubreuil
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Re: phobie scolaire : aides dans l'ain?

Messagepar Dubreuil » 23 sept. 2017, 09:07

[quote="petitemarie"] Depuis son entrée en maternelle il est constipé car il refusait d'aller au pot en même temps et à côté de tous les autres. Il voulait son intimité.

***Ce qui bien sûr est la moindre des choses, et à la fois la prise de conscience de sa propre identité ( dire non à l'autre, y trouver ses limites ) ainsi que d'apprendre la notion de respect de son propre corps, et la sociabilité

C'est en CE1 que les choses ont empirées lorsqu'il est tombé sur une institutrice épouvantable qui lui donnait sans cesse des punitions et points rouges et pour n'importe quelle raison (à titre d'exemple sur 35 semaines de classes il a eu 33 points rouges) C'était aussi aussi le cas pour les autres enfants de la classe. Ses copains me disaient qu'avec elle il suffisait d'éternuer pour avoir un point rouge. A plusieurs reprises nous avons été convoqués et elle nous a affirmé que notre fils avait un handicap et qu'il fallait le faire tester. Ce que nous avons fait, et la jeune orthophoniste que nous avons vu l'a diagnostiqué dyspraxique car il écrivait très mal. Je pense que sa phobie scolaire a commencé à cette époque. Il avait également des problèmes avec des garçons plus âgés de l'école qui l’embêtaient et nous avons été en parler au directeur de l'école.

***La dyspraxie est un trouble psychomoteur. Je pense que vous avez lu en quoi et comment il se manifeste. C'est aussi " une façon d'appréhender le monde ", la constitution d'une personnalité qui ne changera pas au cours des année, mais reste toujours sensible et perceptive aux interventions thérapeutiques adaptées.
La dyspraxie est un dysfonctionnement cérébral touchant les gestes intentionnels.
Non décelée la dyspraxie est un trouble instrumental ( problème d’outil ) dans la planification des gestes, de l’espace, et de l’oculomotricité. L’enfant n’a pas de gestes efficaces car il ne mémorise pas les gestes de façon automatique. Toute la journée il doit faire des gestes intentionnels et la fatigue s’accroît parce que c’est difficile de constamment faire les choses comme si c’était la première fois.
La dyspraxie est liée la plupart du temps à des troubles visuels, allant de la simple myopie à la nécessité d'un bilan orthoptiste ( saccades imperceptible de la vision pénalisant l'ensemble des apprentissages scolaires d'un enfant ).
Notre vision permet d’explorer le monde qui nous entoure, d’évoluer dans l’espace, d’apprendre à lire et à écrire, et d’obtenir la bonne intégration des images envoyées à notre cerveau, pour utiliser sans encombre ses acquisitions scolaires et psychomotrices.
Un déficit de la stratégie de l’exploration visuelle peut détourner et accaparer la vigilance de l'enfant, diminuant ainsi ses capacités à écouter les informations ciblées pour comprendre une consigne ou un discours.
Normalement notre regard a une stratégie pour lire, trouver des informations. Nos yeux balayent en glissant sur une ligne dans le sens de la lecture, la ligne terminée ils vont automatiquement à la ligne suivante.
Nos yeux bougent pour voir l’information qui va suivre, ils font des saccades, autrement dit des sortes de petits bonds. Entre chaque bond nos yeux se reposent au bon endroit afin de continuer à lire.
La stratégie du regard dépend de la motricité conjuguée comportant les saccades oculaires, la fixation, et les poursuites oculaires.
Les fixations sont alors des arrêts qui permettent de séparer la vision du mot, ou du graphème ( la lettre écrite en plus petit). Leur durée varie selon la longueur du mot et suivant le nombre de fois où il a été vu ( plus il est vu et plus il sera reconnu rapidement ).
Les saccades permettent de séparer les mots ou les graphèmes entre les fixations, mais ne servent pas à analyser ce qui est vu.
Il y a plusieurs types de saccades :
Les saccades horizontales qui vont dans le sens de la lecture
Les saccades obliques qui permettent de retourner à la ligne
Les saccades de retour en arrière qui permettent de reprendre une bonne information.
Par ex, chez l’enfant présentant une dysgraphie, il n’y a pas de stratégie du regard, les saccades ne sont pas efficientes et il ne fixe pas correctement, l’enfant peut alors :
Sauter des mots
Sauter une ou des lignes
Se perdre dans la ligne
Relire le même mot
Répéter un morceau du mot
Commencer une ligne et finir sur une autre
Faire des confusions ou des inversions de sons ( dyslexie)

D'autre part, si présentant ce genre de symptômes votre petit garçon a été traumatisé par le comportement de son enseignante, cela a largement contribué à son désarroi, sa légitime certitude que personne ne pouvait le comprendre, malgré ses efforts désespéré à vouloir contenter les personnes qu'il aimait.

Les années suivantes ont été plutôt calmes et il a eu besoin de lunettes et a beaucoup mieux écrit mais il avait un cheveu sur la langue et refusait d'apprendre ses poésies pour ne pas avoir à les réciter devant la classe car on se moquait de lui. Quand j'ai compris cela, j'ai pris RV chez une orthophoniste qui l'a bien aidé mais au contraire de l'autre n'a pas décelé de dispraxie du tout.
***Si le bilan psychomoteur avait décelé une dyspraxie, conforté par le bilan orthoptique, l'évidence était là. Et cette professionnelle n'était pas habilitée à cette éventuelle prise de pouvoir sur un diagnostic

Le CM2 s'est plutôt bien passé sur le point scolaire mais sur le point personnel, son seul et unique grand-père est décédé d'une longue maladie. Notre fils a vécu la maladie et le décès de près car il habitait près de chez nous. Toute la famille en a souffert, particulièrement mon fils qui aimait beaucoup son papy.
*** La mort d'un proche est un traumatisme pour chacun d'entre nous. En toute neutralité, pour ne pas être freinés, impactés par la douleur de l'autre, les enfant ont aussi besoin d'être écoutés et aidés dans leur propre raisonnement

A l'entrée en 6 ème, il n'a pas retrouvé ses copains car tous les enfants ont été mélangés sur 7 classes de 6èmes. A nouveau il s'est retrouvé harcelé au collège. On lui versait de l'eau dans son plat à la cantine. Il retrouvait son sac de cours avec tous ses livres trempés dans les toilettes du collège et ce n'est que ce qu'il a bien voulu me dire... J'ai signalé cela au CPE, demandé qu'on surveille, qu'on l'aide, malgré tout son malaise a empiré. A cause de sa constipation chronique il refusait d'aller au cours de sport et manquait un jour sur deux.
*** Les responsables de cet harcèlement ont-ils été punis ?

Il n'est bien que pendant les vacances quand il reste à la maison. Nous ne pouvons même par partir en vacances où que ce soit car il refuse net de quitter la maison.
*** Ce dernier point est alarmant, en ce sens qu'il a peut-être gardé en lui des sévices physiques dont il n'a jamais osé parler.

A ce jour il ne sort plus, même pour promener son chien, il ne suit aucun cours et fait ce qu'il veut de sa journée (télé, ordi, ds). Il ne voit plus aucun copain, alors qu'ils venaient avant régulièrement à la maison. Il est inscrit à un groupe de jeunes en phobie scolaire pour une heure par semaine mais ne veut pas y aller. Pour le CNED, l'éducateur nous le déconseille car cela l'isolerai encore plus et il n'aurait plus aucune chance de retourner au collège car il serait désinscrit d'office.
*** Au vu de vos nouveaux éléments et l'accumulation des chocs émotionnels, je ne parlerai pas de phobie comme premier élément déclencheur de son mal-être, en ce sens que la phobie se déclare sur un fait, une image, etc... ensuite TOTALEMENT occultés, mais d'un état post traumatique où votre enfant sait EXACTEMENT pourquoi il vit ce mal-être.
Il a des souvenir très précis dans une réalité insupportable, avec des symptômes tels que des troubles d’hyperactivation neurovégétative, troubles anxieux, épuisement physique, déni de reconnaissance, lutte contre une menace d’atteinte à son intégrité psychique, nécessité de distanciation des affects, froideur pathogène, hypervigilance / état de « qui vive », peur d’être agressé sans raison par autrui...

Que faire ?
En effet, privilégier un seul interlocuteur dans des entretiens plus axés sur l'atténuation des symptômes que sur leur survenue traumatique.
Parce que sur un fond de doute et de sensibilité personnelle ( croire depuis l'école ne pas correspondre à ce que les adultes attendent de lui ) il peut ressentir le retour logique de cette insuffisance comme une extrême culpabilité ( penser qu'il mérite finalement ce qui lui arrive et n'avoir plus ni goût ni désir d'aller mieux ) et n'accorder maintenant plus aucune confiance en l'autre ( professionnels et bonne volonté de l'entourage ).

Thérapie comportementaliste
EMDR
Commencer par lui trouver sur internet un site psy parlant de la valeur et la confiance en soi.
http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr


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