Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Informations psys pour les internautes...

Messagepar Dubreuil » 29 avr. 2018, 23:38

Si vous êtes déjà en thérapie, et que vous souhaitez parler ici de votre problématique...
Le travail thérapeutique entrepris avec un psy demande que le patient s'attache à ce qui s'est dit et ce que le thérapeute lui a renvoyé.
Etre tenté d'aller exposer sa problématique sur un forum risque d'émousser la qualité de la thérapie, de noyer justement le processus de compréhension. La multiplicité des réponses éloigne la réponse de la personne elle-même.
L'éthique d'un thérapeute demande ainsi de respecter la qualité du travail effectué par son confrère et de respecter son patient, en ajoutant rien de plus de ce qu'il appréhende, afin de ne pas perturber le lien avec des réponses " arrivant trop vite ", parce que pas encore réfléchies.
Le risque des propositions d'interprétation psy sur le net, c'est de dépasser l'entendement du patient et nuire à son propre cheminement, qui lui est indispensable pour justement se dégager de sa souffrance et de ses problèmes.
Renseignements : http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:02

POURQUOI ENTREPRENDRE UNE THERAPIE ?
La première raison qui me vient à l'esprit dans le fait d'entreprendre une thérapie quand on se sent " perturbée ", ( mais aussi quand on se sent bien, alors que l'on veut devenir un Professionnel de la Psychologie ), est d'ordre vital. Il parait évident à chacun de boire et de manger pour se maintenir en vie. Il me parait évident à moi de m'occuper de mon bon fonctionnement mental pour maintenir en vie " ma vie psychique " et mon équilibre psychologique.
L'esprit et le corps font un tout qui définit la personnalité de chacun. Avant même que de désirer aider les autres, il me semble essentiel de s'occuper de soi pour en avoir la force, les potentialités et les moyens adéquats.
Dès l'enfance nous étudions des matières propres à nous faire découvrir le monde où nous vivons, la terre, les animaux, le fonctionnement de notre corps, celui des animaux, des végétaux, etc.. quoi de plus naturel que d'étendre notre connaissance à ce qui se passe dans notre esprit, à comprendre les mécanismes de nos pensées, de nos rêves ?
Avant toute nécessité d'oeuvre charistique ( ou non ) l'étude de notre psychisme et l'utilisation des moyens proposés pour l'appréhender relève d'une curiosité naturelle et légitime.
Le " moi-je " en tant qu'individualité doit être appréhendé par son propriétaire, connu, accepté, habité le plus pleinement possible, compris enfin, pour devenir réceptif à l'autre, sensible à un dialogue tendant le plus possible vers une authenticité permettant alors, et seulement, une véritable écoute, un véritable échange, une aide, si telle se présente la demande de l'interlocuteur.
Aider. La notion d'aide est très complexe. Aider pourquoi ? Aider comment ? Aider pour qui ?
Dans son livre " la technique psychanalytique " Freud conseille :
- " une analyse didactique à tout futur analyste ( psychologue ) afin d'apprendre à connaître ce qui est en lui et acquérir ainsi des " impressions, et des convictions, qu'aucun ouvrage, aucune conférence n'eussent été capables de lui donner. "
Il dit également que :
- " toute personne sachant apprécier le prix de la connaissance et de de la domination de soi ainsi acquises, continue ensuite à s'analyser et reconnait de bon gré qu'elle ne cesse jamais de découvrir en elle-même, comme en autrui, des éléments nouveaux.
Au contraire, le psychologue qui aura négligé de se faire psychanalyser en sera puni, non seulement par son incapacité à dépasser un certain niveau de connaissance en analysant ses patients, mais par le risque encore plus grave de nuire à autrui. Car il cèdera facilement à la tentation d'attribuer à ses propres particularités qu'il perçoit obscurément, une valeur scientifique générale, jetant ainsi le discrédit sur la psychanalyse et induisant ainsi les patients en erreur."
Aider donc. Mais en définissant d'abord quelle aide demande la personne. Si elle a effectivement besoin de cette aide. Ne pas induire, parler ou projeter chez elle notre propre désir de secourir, notre propre besoin d'être secouru, aidé, compris.
On ne se sert pas de l'autre pour se guérir. Pour faire l'économie de notre propre thérapie.
Face au patient, notre propre analyse, quand elle est menée au terme de ce qui a été défini à son commencement, nous éloigne de la projection ou de nos situations conflictuelles non résolues. Elle nous apprend à faire la part du réel, de l'imaginaire, du fantasmatique, et la part qui est à " l'autre " qui ne nous appartient pas.
Aider comment ?
Par l'apprentissage de notre propre expérience en thérapie dans ce qu'elle comporte parfois de déprimant, d'exaltant, de culpabilisant, puis de pardonnant, de mortifère, de vivifiant..
C'est la compréhension de notre vécu, son acceptation, sa résolution, qui va nous permettre d'aborder celui de l'autre.
Ne plus se définir comme interlocuteur souffrant à sa place ou soucieux de lui donner des conseils, va lui restituer sa parole. Sa vraie parole, elle qui le rendait " malade " faute de ne pouvoir s'exprimer dans un lieu neutre et bienveillant.
Il pourra parler en son propre nom, se définir sans crainte d'être mêlé à des peurs ou des élans projetifs qui ne le concernent pas. Il fera sa propre guérison avec ses propres moyens, ses propres projections, son propre transfert.
Le Psy restant simplement un repère, un guide, un " recentrage."
Et si le psy n'a pas été aidé lui-même, s'il n'a pas fait sa propre thérapie auparavant, cette fonction sera impossible.
C'est également tout au long de notre propre analyse que nous prenons conscience de ce qui la constitue. D'une part dans ce " nous même " que nous lui apportons, mais aussi dans la technique du travail de l'analyste.
Au delà de sa remise en cause, le patient découvre une trame, un travail, une " connaissance " de la part de son analyste. Il perçoit peu à peu ses règles, ses impératifs, ses aspirations, ses buts. Qui sont ensuite dissociés de lui et deviennent structures de " sa " propre cure analytique.
C'est à cela, à ses connaissances psychologiques passant tout autant par la théorie que la pratique, au vécu de sa propre analyse, de ses propres " résistances ", de ses propres victoires, qu'un être peut prétendre en aider en autre dans sa mesure, sa dimension, dans son originalité, son unicité.
Aider pour qui ?
Parlant bien sûr en mon nom, je dirai que tout être qui s'interroge sur son existence, ses comportements, sa façon d'être avec lui-même et les autres, est déjà en thérapie. Son questionnement le place déjà " en auto-thérapie ".
Aller ensuite plus profondément en soi avec l'aide de techniques analytiques selon ses aspirations, ses goûts et ses besoins, démontre alors le respect que l'on se porte à soi-même. Et par truchement le respect que l'on porte à l'autre, le souci de vouloir véritablement sa propre harmonie, ainsi que l'authenticité des rapports que l'ont désire instaurer avec ceux que nous rencontrons.
Faire une thérapie, c'est d'abord s'occuper de soi, c'est nous aider en priorité, pour ensuite aider les autres pour eux-mêmes. C'est découvrir que nous sommes uniques et cependant multiples, partie intégrante de l'univers.
Pour ma part, souhaiter devenir " entier ", cohérent, conscient entre nos pensées et nos actes, c'est prendre soin de nous, de notre équilibre, et par extension, de celui de tous les autres hommes.
S'occuper de soi pour s'occuper ensuite de l'autre, c'est également s'occuper du devenir de l'humanité.
Aider l'autre, pour l'autre, sans projections, en ayant fait sa propre psychanalyse, l'aider dans ses besoins de réassurance, ou dans le marasme d'une dépression, l'enchevêtrement d'un état pathologique, c'est bien sûr savoir que nous sommes " vivant " et utile, mais surtout se sentir lié à une humanité qui avance et dont chaque membre est indispensable.
Parce qu'au delà de ce que nous sommes, de ce qui se dit, ne se dit pas, se fait ou ne se fait pas, existe une conscience universelle, un devenir qui nous dépasse, mais dont nous avons chacun en nous le début et l'aboutissement.
Et la responsabilité de mettre au monde, si nous en avons pris connaissance.[/quote]
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:04

J'AI PEUR D'ALLER ENCORE PLUS MAL SI JE VOIS UN PSY
Se sentir délogé de soi-même par un(e) inconnu(e) qui ne parle pas " notre langue ", se retrouver décalé(e) dans ses propres certitudes ou croyances, peut nous sembler en effet insupportable.
On a peur d'aller jusqu'à la sensation de chaos, de perdre les repères que l'on s'était construits pour survivre à notre douleur morale.
La " résistance " mise en opposition au travail thérapeutique est une façon désespérée de repousser le spectre de la perte de notre identité, la terreur que nos propres remparts bétonnés sur un sol mouvant, ne se dérobent sous nos pieds, et que plus rien ne soit là pour nous préserver de ce que nous appelons trop vite, et bien à tort, " la folie " !
Pourtant, est fou celui qui ne sait pas qu'il est fou, qui croit que ce sont les autres qui le sont.
Ainsi donc, si nous pouvons parler du pire, n'est-ce pas parce qu'il est derrière nous, et que le meilleur serait à venir ?[/quote]
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:33

SE MUTILER, SE FAIRE MAL

Se mutiler c'est se punir.
Se mutiler c'est se sentir coupable de ne pas être celle ou celui que l'on pense que les autres voudraient que l'on soit.
C'est se dire que l'on déçoit. Que si on est violenté(e), grondé(e), humilié(e) c'est qu'on le mérite et que c'est bien fait pour nous. Et on en rajoute parce que l'on s'en veut de supporter cela et d'être à la fois aussi méprisable.
Se mutiler c'est faire un temps que la douleur physique soit plus forte que la douleur morale.
Se mutiler c'est au moins faire ce que l'on veut sur soi et de soi, " on a pas décidé de notre naissance, on peut au moins décider de notre souffrance."
Se mutiler c'est jouir. D'une certaine façon, se donner du plaisir.
Se mutiler c'est se punir d'avoir l'impression de n'être rien pour l'autre, de ne pas être aimé(e), ni apprécié(e), ni entendu(e).
C'est ne pas trouver les bons mots à dire aux bonnes personnes, et de les faire sortir avec le sang. Comme faire sortir sa colère sans faire de mal à l'autre.
C'est aussi avoir des idées de meurtre, de " mauvaises " pensées sur celui ou celle qui nous empêche de vivre, de parler, d'évoluer, et d'avoir trouvé ce seul moyen pour ne pas aller encore plus mal.
Enfant, adolescent, c'est savoir que nous sommes dépendant de l'adulte, de l'autre, des autres, et qu'il faut ravaler la colère et sa haine, attendre, toujours attendre pour être libre.
C'est avoir envie de secouer l'autre en lui disant tout le mal qu'il nous fait, tout le mépris que l'on a pour lui, et tout l'amour qu'on lui voue.
Chaque fois que vous vous mutilez vous appelez à l'aide. Ce sont des tentatives de suicide pour résoudre à tout jamais ce que l'on ne sait pas exprimer, mais qui, quand on se fait du mal physiquement, cesse un temps de nous faire du mal moralement.
Si on se punit sans savoir pourquoi, c'est que dans son enfance on a cru être méchant et mériter que l'on ne soit pas aimé comme on voulait. Et comme on ne peut pas exprimer sa colère de ne pas être aimé, comme on ne peut pas en vouloir à ses parents ou autre, comme ils sont plus forts que nous, qu'ils sont tout-puissants, et que ce serait encore pire si ils savaient qu'on leur veut du mal parce qu'ils ne nous aiment pas, alors on se fait du mal à soi.
On se punit de ne pas savoir se rendre " aimable ".
Un peu comme si l'on se disait :
- C'est bien fait pour toi si on ne t'aime pas, tu ne mérites pas qu'on t'aime, allez prends ça, et encore ça !
Et bien sûr que ce n'est pas de la faute de l'enfant.
Bien sûr que ce sont les adultes qui sont violents et imposent à l'enfant leur bêtise, leur injustice, des coups ou mauvais traitements psychologiques !
Mais l'enfant croit que c'est normal, que c'est de sa faute, qu'il le mérite.
Alors il se punit d'être puni.
L'automutilation est due à beaucoup d'éléments propres à chaque personne, mais il en ressort toujours qu'elle se pratique sous le coup d'une grande souffrance morale, d'une intense culpabilité ou d'une croyance erronée basée sur des sévices psychiques ou corporels infligés par autrui et qui ont fait croire au sujet qu'il n'était pas digne d'être aimé, parfois même de vivre.
L'automutilation est également associée au masochisme extrême ou la jouissance de se faire mal, pour se punir d'une faute jugée impardonnable, est à un moment donné plus forte que la douleur physique et morale. Le sujet en éprouve alors une paix intérieure de quelque durée, jusqu'à ce qu'il se sente obligé de recommencer.
( Vous pouvez rencontrer ces symptômes psychiatriques, par exemple dans la religion catholique où des " saints " sont décrits comme se flagellant afin de se punir d'avoir eu des gestes ou des pensées impures. )
Le masochisme est très difficile à " guérir ", car il a souvent son écho avec une jouissance sadique provoquée par une autre personne, ou retournée contre le sujet lui-même, par lui-même.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:36

LA PEUR DE MOURIR

Tout réside dans votre prise de conscience, celle de comprendre que vous n'êtes pas venu(e) sur terre pour les autres, mais pour vous. Pour vous réaliser et faire de votre passage des moments de partage et de bonheur avec les bonnes personnes, et pas forcément votre entourage actuel.
Le temps semble s'être arrêté, vous voyez avec horreur la ligne de votre avenir, froid et sans éclaircies, vous pensez qu'il n'y a plus rien derrière votre horizon, que vous êtes né(e) pour vivre ce que vous vivez aujourd'hui, encore et toujours.
Mais ce que vous vivez aujourd'hui est nécessaire pour vous puisque c'est ainsi que vous vous l'infligez. En quelque sorte vous faites patienter votre mort.
On meurt chaque jour. La mort " finale " n'est que l'aboutissement de nos petites morts symboliques quotidiennes. L'enfant " meurt " du sein de sa mère pour passer à une nourriture plus solide, à autre chose que la quiétude rassurante de son corps. Il faut toujours lâcher quelque chose, mourir à quelque chose ou à quelqu'un pour trouver sa place dans la vie, pour être libre et indépendant.
Vous en êtes aux grandes questions existentielles, des milliers de personnes, de philosophes, de poètes, se sont penchés sur ce qui vous fait peur aujourd'hui.
Vous êtes intelligent(e) et sensible, vous saurez quoi lire à ce sujet, et avec qui parler et qui rencontrer. La culture, aller aux conférences, lire des bouquins, etc.. apporte une grande paix intérieure et développe prodigieusement notre vue sur le monde. Une connaissance en appelle une autre, et c'est sans fin.
Vous n'êtes pas seul(e) en vous-même si vous prenez soin de vous-même, si vous allez voir un psy quand vous vous sentirez trop tourmenté(e).
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:37

LA BOULIMIE

Le problème c'est que la boulimie fait partie des maladies mentales, et que seul un psy peut vous aider.
Quelques explications pour les internautes qui ont l'air de faire pas mal de confusion entre " compenser " et la pathologie morbide de la boulimie.
Déjà il est très important de dissocier la boulimie de la compensation.
Cela n'a absolument rien à voir. On peut n'avoir aucune volonté, se " goinfrer " par moments quand on ne sait pas quoi faire, ou si l'on est désoeuvré, ou triste, etc.. sans que cela s'appelle de la boulimie.
La boulimie est une maladie mentale
Tout comme l’anorexie ( qui est parfois son pendant ) la boulimie est une réelle maladie psychiatrique qui ne guérit pas.
La boulimie n’est pas de manger au delà de sa faim, de manger sans faim, mais d’avoir toujours faim. Et ce n’est ni de la gourmandise ni du grignotage, la boulimie est un faux appétit.
Ce faux appétit impérieux a une partie liée avec le noyau anorexique dans un rapport d’inversion : la boulimie fait son apparition comme inversion de l’anorexie et peut former un système d’alternance.
Si les processus psychiques ne sont pas les mêmes, tout comme une addiction alcoolique, anorexique ou boulimique on reste pourtant toute sa vie fragilisée par le risque d’une rechute.
Dans la boulimie il y a toujours l’existence d’une phase préalable donnant lieu à une lutte pour repousser l’acte qui n’en finit pas moins par se produire sur le mode impulsif.
- Manger très peu, tantôt énormément.
- Justifier l’ouverture de la boite
- Vivre cette impression de faim, d’angoisse, irritable ou de malaise
- Choisir la nourriture la plus riche
- Ne pas attendre, prendre tout ce qui est à sa portée
- Manger les aliments faciles de suite
- Subir une solitude pesante
- Manger très vite
Manger c’est incorporer, garder en soi, détruire, c’est du cannibalisme.
l’avidité dépasse ce que l’on veut et ce que l’on nous donne.
En s’appuyant sur la théorie des pulsions de Mélanie klein* ( théorie fin analyse ) ces dernières ne vont plus sur la dévoration du sein mais sur tout ce qui est mangeable, la nourriture n’existant pas en elle même.
Manger est un fait social avec des normes conventionnelles : petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner. Ces fonctions apparemment innées sont en fait particulièrement acquises par un apprentissage primitif qui les complètent, les organisent en sensations distinctes efficaces ou totalement anarchiques pour le bébé.
La mère répond normalement aux sensations de faim de son enfant avec une nourriture appropriée, l’enfant développe l’engramme de faim et apprend ainsi à le reconnaître et à le distinguer des ses autres tensions ou besoins.
Le boulimique n’a pas de repères physiologiques, il y a confusion dans les signaux du corps. Dans des besoins identifiés la sensation de faim est très souvent absente.
Les boulimiques sont des mangeurs sans repères physiologiques, ils mangent par accès brutaux et ne sont pas particulièrement enclins à s’asseoir à table en toute convivialité.
La façon de manger du boulimique va à l’encontre de l’idée de nutrition, il s’agit d’une affaire de désir, ce par quoi on tend a rétablir des signes liés aux premières expériences de satisfaction.
Si la mère est perdue dans ses problèmes personnels et ramène à elle tous les faits et gestes de son enfant, par ex : quand il pleure elle a mal, quand il ne mange pas il lui est hostile quand il mange c’est pour lui faire plaisir, si ses réponses ne sont pas appropriées, si elle néglige, inhibe, force ou entérine indistinctement tous les messages de l’enfant, celui-ci est dans la plus grande confusion.
Plus tard il sera incapable de faire la différence entre faim et non faim. D’où la peur de mourir de faim de l’obèse.
L’aliment est associé à l’excitation du besoin qui amène le souvenir de la satisfaction, c’est ce qu’on appelle le désir.
La satisfaction orale est une satisfaction érotisée, celle du plaisir de jouir du lait.
La suralimentation est un retournement auto-érotique lié à la perte de l’objet, une régression vers la « sexualité » orale.
Normalement perdre le sein c’est le désirer. Il y a donc une différenciation de fait entre le lait et le sein. Dans la boulimie il n’y a pas d’objet perdu ( le lait ) car le lait et la satisfaction-jouissance ne font qu’un, la fonction reste uniquement sur elle-même.
Il n’y a pas le deuil de la symbiose, il n’y a pas de séparation donc pas de désir de retrouver.
Le désir va rester sur la nourriture.
Ne pas manger ou manger trop sont toujours les signes d’une recherche de limites.
La boulimie se vit comme un refuge, un fonctionnement désespéré dans la confrontation avec la réalité chez des sujets qui se débattent avec l’incertitude des frontières entre l’intérieur et l’extérieur, entre leurs pensées et celles des autres, entre le rêve et la réalité.
Dans la normalité, ce qui est associé à l’excitation du besoin amène le souvenir de cette satisfaction et on la désire à nouveau, c’est le désir. L’aliment est associé à l’excitation du besoin, et le souvenir de la jouissance procurée ramène le désir.
Dans la boulimie il n’y a pas de vie possible quand il n’y a pas de nourriture, on ne peut que mourir. Il n’y a pas de recul entre le lien du désir créé par le manque, et la différenciation entre l’objet et la satisfaction. On ne peut donc que manger.
De même que la nourriture ne nourrit pas, qu’elle n’a pas de goût, la sexualité n’a pas de désir.
Chez la personne boulimique la suralimentation est une masturbation. Une régression à la première sexualité qui était orale
Entre ce qui se perd et n’est pas perdu, le sein érotisé qui est soi, et ce qui ne peut pas se retrouver puisque c’est là, il n’y a pas de deuil possible
Manger est la nécessité de retourner avant la parole sans avoir besoin de la parole pour exister.
Pour éviter le déplaisir la nourriture est alors considérée comme seule désirable, on tourne en rond sans l’autre, on s’auto récupère pour ne jamais se perdre.
La boulimie est entre la négation du plaisir, et la tentative du plaisir, pour ne pas aller vers la réalité.
Le boulimique jouit seul, il se donne ce souvenir érotisé, il jouit de lui.
Le corps ignoré fuit, laissé à l’abandon. Il y a une distorsion du fait de cette manipulation, les anorexiques ne se voient pas maigres, les obèses ne se voient pas maigrir.
Manger pour le boulimique c’est comme une hallucination, le passage de la bouche pleine d’aliments à une bouche pleine de mots. Mais la bouche reste vide.
Le manque est nommé par la bouche qui n’en parle pas et l’engouffre.
Manger c’est ne rien dire, le discours du plaisir est parfait, les mots y perdent leur sens, on ne cherche plus les mots, la nourriture les habitent. Tout ne devient que besoin sourd, machinal, comportementaliste, sans travail, sans objet ni désir
Manger c’est transgresser un interdit, on est gros, on ne doit pas manger, on se fait honte et on fait honte aux autres, alors on mange quand même en sachant que ce n’est pas ce que l’on désire, et on se punit de manger en mangeant
Si on mange on nie tout, donc on mange tout. Jusqu’à ce que l’on ne puisse rien retrouver, que l’on ne voit plus rien, que ça n’existe pas.

* Théorie de Mélanie Klein
( Psychanalyse )
Selon Mélanie Klein, le plaisir de la tétée est relié au stade oral, avec les principes d’intériorisation et d’intériorisation, et d’incorporation.
Intériorisation
Ce qui est en soi.

Introjection
Mettre en soi

Incorporation
L’enfant qui se trouvait alors à l’intérieur du corps de la mère la place maintenant à l’intérieur de lui. Ce sera le mécanisme psychologique inconscient d’incorporation imaginaire d’un objet.

Mélanie Klein pense que dès le début de la vie, le petit enfant a déjà un Moi archaïque livré à la peur et à l’angoisse.
De plus, il aurait déjà un surmoi lui interdisant de satisfaire ses désirs.
Elle divise cette première périodes de la vie en deux positions :
- La position paranoïde-schizoïde
- La position dépressive

*La position paranoïde-schizoïde
Se situe vers 4 mois, dans le stade oral
Elle est liée à l’instinct de vie et de l’instinct de mort de la personnalité.
D’une part les pulsions sexuelles et d’auto-conservation, d’autre part les pulsions agressives et d’auto-destruction.
Ce sont ces pulsions qui sont en œuvre dans la position paranoïde-schizoïde, ainsi qu’entre les conflits entre le moi et le surmoi.
Au stade oral le bébé ne fait pas de distinction entre lui-même et le sein nourricier. Il ne voit que les objets partiels et non l’objet entier. Le sein de la mère est un objet partiel.
Dès que le déplaisir ou la frustration se fait jour le bébé projette à l’extérieur ce qui lui est intolérable, mais cela lui revient automatiquement et l’habite entièrement.
A la fois il devient mauvais et à la fois il est mauvais. De même pour le bon ressenti, à la fois il est bon et à la fois le bon lui revient.
Dans son omnipotence il peut donc être bon et mauvais ( caractère des enfants-rois )
Il clive ainsi l’objet en deux parties : le bon et le mauvais sein.
Il est aussi la bonne et la mauvaise mère.
Quand l’objet lui semble mauvais il développe une agressivité fantasmatique et attaque le sein.
Cette agressivité lui est aussitôt rendue et peut le détruire ( fantasme ) d’où les peurs et les angoisses.
En incorporant le bon et le mauvais sein il devient identifié à ces objets.
Il en prend les attributs et la puissance, bonne ou mauvaise.
Ce qui est détruit fantasmatiquement chez l’une est détruit chez l’autre.
En ethnologie, il a été prouvé qu’à des périodes lointaines les parents dévoraient véritablement leurs enfants. Ces comportements ne pouvant qu’engendrer l’horreur, n’ont pu être assumés et ne le sont encore aujourd’hui que par le biais des contes de fées.
Cette animalité dévorante de l’homme le dépasse lui-même dans son entendement, et force lui est, pour l’expurger, de la banaliser dans un imaginaire collectif ou symbolique.
L’enfant en garde inconsciemment le souvenir et l’anticipe en dévorant symboliquement la mère potentiellement dévoreuse. ( d’où le désespoir des enfants qui veulent « réparer » les parents )
Ensuite, plus élaborée l’angoisse devient soit persécutrice, soit dépressive.
L’enfant n’arrivera à se dégager de cette position paranoïde-schizoïde qu’à la position dépressive

*Position dépressive
Ce clivage s’atténue par la suite, mais les pulsions destructives ont fait naître une grande culpabilité provoquant une angoisse dépressive. Là intervient alors le fantasme de réparation et de protection de l’objet détruit.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:40

VOIR UN PSYCHIATRE GRATUITEMENT OU PAYER UN PSY LIBERAL ?

Payer son psy, c’est se libérer du joug des autres, apprendre à devenir tranquille dans sa tête et ses idées, s’assumer libre et différent. A partir de là, le patient et le thérapeute conviendront d’un prix raisonnable pour les séances. Assez pour que la personne se rappelle qu’elle a un engagement envers elle-même, mais raisonnable pour que cela ne mettre pas en péril son quotidien.
Payer sa consultation, c’est se responsabiliser, ne plus se considérer comme victime, décider de prendre sa vie en main, cesser d’être infantilisé. Hors le contexte quotidien, c’est avoir le droit de se prendre en charge pour ce que l’on est et ce que l’on dit, loin du jugement de valeur et/ou de l’appréciation de son entourage.
C’est aussi un peu à cause de cela que chez un psychiatre, ou dans les CMP les parents ou patients ne sont pas satisfaits, souvent frustrés, découragés, dubitatifs. Ne rien payer c’est ne pas s’investir vraiment.

CE N'EST PAS NORMAL DE PAYER UN PSY TROP CHER

Soit. Il y a des abus. Mais la thérapie a son prix, elle nous renvoie très souvent au passé, quelque part nous donne l’impression d’être infantilisé, nous fait régresser, pour ensuite avancer en nous aidant « à comprendre » et à « réparer » le mal qui nous a été fait. Par nous-même et les autres
Cependant, quand le traumatisme récurrent apparaît, le thérapeute est pris à parti dans le transfert. Par ex : vouloir tuer l’autre qui nous a détruit, peut apparaître comme « halluciné » dans le réel à travers la personne du thérapeute, c’est lui qui nous rappelle l’agresseur. Le règlement à la fin de la séance remet les choses en place.
Renseignements : http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:44

EST-CE QU'ON PEUT FAIRE UNE THERAPIE PAR INTERNET ?

En tout premier lieu, la thérapie en ligne n'est quasi pas pratiquée par les psys.
Très peu de psychologues ou de psychiatres pratiquent cet outil souvent proposé par des professionnels au profil parfois douteux.
Alors, avant de vous laisser séduire par certains arguments chocs qui peuvent être avancés, ou une facilité évidente, prenez le temps d'une réflexion.
De plus en plus de sites vous déploient des trésors de séduction et d'imagination pour vous inviter à vous engager dans des séances de thérapie en ligne. Si des contacts en ligne peuvent se justifier dans certaines situations ( déplacement à l'étranger, impossibilité de quitter le domicile, handicap, tout premier contact pour se renseigner, etc. ), la thérapie en ligne reste injustifiée.
Il est probablement possible d'envisager des diagnostics ou pré-diagnostics médicaux par téléphone, ce qui d'ailleurs se fait déjà au niveau de certains services de garde afin de mieux dispatcher les patients (médecin de garde, urgences). Cela signifie-t-il pour autant qu'il faille se passer d'une visite chez le médecin ?
Pour faire du bon boulot avec un psychologue, il faut être motivé. Nous pourrions le paraphraser comme suit : il faut absolument se bouger. Se rendre chez un psychologue, c'est également s'exposer, prendre un risque. Là aussi se mesure la motivation au changement.
Le travail à distance n’est souvent rien moins qu'une manière de ne pas s'engager, de ne pas s'exposer, et finalement de ne pas aller mieux.
La question du cadre, essentielle, se trouve également mise à mal. Le cadre est beaucoup plus difficile à poser si vous êtes chez vous, interrompu, et qui sait aussi, ce cadre n'intéresse peut-être tout simplement pas le "professionnel" qui vous répond.
Toute personne ayant des connaissances minimales en communication vous le dira: un aspect essentiel du contact entre deux personnes est lié à la communication non verbale. ( présence de l’interlocuteur, émotions, etc… ) Toutes ces informations, webcam ou pas webcam, sont beaucoup moins disponibles, dans un sens comme dans l'autre (patient psy et psy patient).
La thérapie à distance n’existe pas, ce sont des entretiens, rien de plus.
Vérifiez qui se trouve au bout du fil ou derrière l'ordinateur. Quelle est sa formation? Appelez-vous une personne spécifique au profil et à la formation bien définie, ou un numéro d'appel général vous parlant, par exemple, de professionnels certifiés ( ce qui ne veut, soyons très clairs, absolument rien dire ) vous répondant anonymement ?
Un cadre clair est-il fixé? Des durées précises envisagées? Une ponctualité respectée? Comment saurez-vous si votre interlocuteur semble 100% présent dans l'entretien? Si quelqu’un n’est pas à côté de lui et fait des recherches sur vous ? Si on ne se moque pas de vous en profitant des détails que vous donnez, etc, etc…
Prudence ! Méfiance ! Intelligence !
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:45

QUAND ON EST PAS D'ACCORD AVEC CE QU'A ECRIT LE PSY ?

- Savoir que si ce qu'a écrit le psy vous interpelle c'est que vous l'avez pris pour vous, sur un point ou un autre.Il vous a nécessairement touché là où vous aviez quelque chose à régler avec vous-même ou quelqu'un d'autre. Sinon cela serait resté dans l'état.
- Savoir que les mots d'un professionnel sont ceux d'une expérience clinique, et s'ils vous paraissent insupportables pour l'autre, c'est vous qui devez alors vous demander où cela vous fait mal. Vous ne pouvez parler que de vous, qu'en votre nom, puisque c'est de vous dont viennent vos émotions.
- Savoir que les propos et termes choisis par le psy sont issus d'une expérience clinique, et que si le " raccourci " est trop abrupte, il vous appartient de demander la signification d'un mot, ou le sens général de la phrase en question.
- Savoir que la plupart du temps, les psys ont poursuivi d'autres études après leur diplôme basique de fac. Ils ont souvent des spécialisations, des qualifications autres. Quand ils parlent de techniques, c'est qu'ils les ont la plupart du temps expérimentées sur eux-mêmes.
- Savoir que vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord avec ce qui se dit, mais que la langue française possède des milliers de mots pour rester poli et courtois.
- Savoir que parce que vous pensez que l'autre a tort, vous n'avez pas nécessairement raison.
- Savoir que les mots " psys " écrits par un psy ne correspondent pas toujours à ce que l'on a l'habitude de lire, ou d'interpréter. D'où la nécessité de ne pas hésiter à demander au professionnel ce qu'il a voulu dire.
- Savoir qu'il faut laisser à la personne à laquelle vous donnez votre point de vue, ( et surtout pas votre conseil ! ) la possibilité de réfléchir à sa propre réponse. Sinon, si vous écrivez à sa place, vous lui créez une dette symbolique, vous l'infantilisez en quelque sorte, lui faisant valoir qu'il, ou elle, n'est pas en capacité de trouver tout(e) seul(e) ses propres arguments.
- Savoir que sa façon de s'exprimer, de riposter va lui permettre d'extérioriser des émotions enfouies qu'elle seule est en capacité de connaître et ressentir. Ecrire en son nom c'est en quelque sorte lui " ôter " sa parole.
- Savoir que ce n'est pas en quelques lignes qu'un psy peut accompagner un questionnement. Vous ne pouvez non plus, lui donner en quelques phrases toutes les émotions et les explications nécessaires à son entendement. Donc soyez compréhensif. Et si sa réponse ne vous semble pas adaptée, Il suffit de mieux vous exposer, et il réorientera ses propositions.
- Savoir que quand un psy répond il ne donne pas des ordres. Il propose une, ou des solutions. Vous avez toute latitude de prendre ce qu'il vous convient dans ses réponses.
- Savoir qu'un psy est en capacité de vraiment tout lire. Rien ne le blesse venant de son patient. Il sait qu'il n'est pas concerné. Il est le " révélateur " d'une souffrance qui s'exprime parfois contre lui mais dont il n'est pas l'artisan ( cela s'appelle le transfert )
- Savoir que l'expérience de l'analyse permet à un psy de vraiment se différencier professionnellement de son interlocuteur. Il a appris à rester neutre et ne pas se sentir " entamé " par la souffrance de l'autre.
- Savoir que le psy n'est en aucun cas un sorcier ou un devin. Il ne sait de vous que ce que vous allez lui dire. C'est à partir de ce que vous lui direz que ses connaissances et son expérience clinique lui permettront de vous donner un éclairage différent sur vos problèmes. Des propositions d'interprétation différentes de celles que vous aviez jusque là l'habitude d'entendre, ou d'élaborer.
- Savoir qu'un psy reçoit autant de ses patients que ce qu'il leur donne. La façon dont réagit un patient peut lui permettre de se remettre en question, tout autant que d'aborder un autre patient d'une façon différente.
- Savoir qu'un psy a un superviseur qu'il va voir régulièrement pour parler de sa pratique, et justement ne pas " rentrer " dans l'histoire de l'autre. Ce qui ne lui permettrait plus de l'accompagner dans la prise de conscience de son propre désir d'évolution.
- Savoir que dans un forum le " psy " reste un professionnel quand il intervient dans un post, il est en son lieu et place, et doit être respecté en tant que tel.
- Savoir qu'il est évident et logique que le psy supervise les écrits des internautes, et qu'il efface tout écrit glorifiant des comportements ou des pensées contraires au respect des valeurs de la morale, et de la psychologie.
- Et le plus important, savoir qu'il n'intervient pas sur ce forum pour se faire dénigrer ou insulter,... sans être payé !
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2018, 09:47

LES VIOLENCES SEXUELLES

Mon père est furieux parce que j'ai couché avec mon copain, il le cherche pour le tuer !
Aussi choquant que cela puisse être, chez certains parents ( pères et mères ) la transformation corporelle de leur enfant devient très vite une provocation sexuelle, voire une invite. Ils doivent lutter contre l'inceste.
Certains hommes, qui sont par ailleurs de bons pères, seront plus que d'autres sensibles aux transformations sexuelles de leurs enfants, filles ou garçons. L'inceste leur traversera l'esprit et c'est normal. Il sera refoulé aussitôt et ne posera pas de problèmes.
Mais pour d'autres, si le copain " commet " ce que ce père s'interdit, les réactions peuvent être multiples : colère contre sa fille qui n'a pas su se défendre et devient la tentatrice, " la vicieuse " ( ! ), pulsion de vengeance contre le rival qui " a fait " ce qu'il s'est lui-même interdit de faire depuis si longtemps !
Et du côté pathologique, sadisme et jouissance, comme si le passage à l'acte du copain devenait également le sien, par " violeur " interposé.
Lors du processus de victimisation qui se met en place après une agression, la personne voit sa vie radicalement changer. Et l'attitude de son entourage aussi.
Alors que certaines victimes sont cruellement jugées et délaissées, votre amie s'est vue au contraire plus entourée, plus écoutée. Elle sent de la compassion autour d'elle, de la sympathie, de l'intérêt. Et c'est réconfortant. Et cela devrait toujours être ainsi.
Mais si cet ensemble de " regain " d'intérêt de la part des autres peut un temps lui être indispensable, il est également à double tranchant.
Ce qu'elle vit alors après son drame est un " bénéfice secondaire ". C'est à dire que c'est " grâce à ce drame " que soudain elle reçoit des gratifications et du réconfort.
C'est une situation qui peut, sans qu'elle s'en rende compte, devenir plus importante que le drame lui-même.
Elle peut alors " oublier " qu'elle a été traumatisée, ne plus vouloir " y toucher ", en parler, laisser " courir " pour ne pas perdre l'affection qu'on lui témoigne maintenant. Elle peut penser que cela va " réparer " ce qui s'est passé.
Le fait qu'on la plaigne et qu'elle soit devenue " quelqu'un " grâce à ce qu'elle a vécu lui donne " une importance " qu'elle n'avait pas auparavant, et peut lui faire croire que maintenant tout va bien.
Ce " bénéfice secondaire " est très dangereux, car il fausse la perception des choses et de sa propre morale, il donne l'illusion que ce n'était pas grave, que tout passera avec le temps.
C'est oublier que l'inconscient a été profondément ébranlé et qu'un jour ou l'autre il va vouloir " se débarrasser " de cet impact traumatique en déclenchant une impression de mal-être diffus, des troubles psychosomatiques, une dépression nerveuse, des troubles sexuels...
Chaque personne est différente. Pour certaines c'est un état de souffrance permanent, des comportements comme si l'événement allait se reproduire, des cauchemars, des phobies, le dégoût des sentiments et de la vie. Certaines peuvent occulter totalement le moment traumatique, et vivre comme si jamais rien ne s'était passé, mais avec des comportements auto-destructeurs, des mutilations, des troubles de l'attention et de la mémoire, l'impression d'être dissocié, de se regarder vivre. D'autres peuvent idéaliser leur agresseur, rechercher la dépendance, la soumission, faire partie d'une secte. Aussi des moments d'intense tristesse, ou des revendications délirantes, de la paranoïa, un grand défaitisme. Mais également une " jouissance pathologique " de se dire que l'on est victime, seule, incomprise et rejetée par tous.
Tout est à craindre, la personne peut porter atteinte à sa vie, ou devenir ingérable pour la société.

chez le petit enfant il y a un changement brutal de comportement, il a peur de tout, il ne joue plus, il ne veut plus rester seul, il refuse d'aller à l'école, il a mal au ventre, à la tête, il dit qu'il veut vomir. En général il ne peut plus supporter d'aller aux toilettes, il devient soudain excessivement méticuleux, veut toujours se laver, refait les mêmes gestes, les mêmes dessins reproduisant de la violence. Il peut reprendre son pouce, se balancer sur lui-même, perdre son autonomie, régresser, comme vouloir être porté, avoir des troubles du langage, refaire pipi et caca dans la culotte...
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