Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

Message de l'internaute : Dire pour oublier.
Il parle du livre de Goddek(geulasse?) : LE CA !!!²
Je fournis ci-dessous le lien de téléchargement gratuit du livre au format PDF :
https://vibdoc.com/queue/groddeck-le-livre-du-ca.html
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dire.pour.oublier
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par dire.pour.oublier »

Dubreuil a écrit : 06 févr. 2021, 20:44 par dire.pour.oublier » 05 févr. 2021, 22:00
Voici un site qui propose une liste de personnalités toxiques : http://www.marre-des-manipulateurs.com/ ... -toxiques/
Le contenu de ce site a un aspect un peu racoleur qui cache sans doute quelques objectifs marketing, mais il offre du contenu gratuit et libre d'accès (section Articles).

Le lien complet vers l'article sur les personnalités toxiques : www.marre-des-manipulateurs.com/personnalites-toxiques/
Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LA THEORIE DES SOUVENIRS REFOULES ( ou amnésie traumatique dissociative )

La théorie des souvenirs refoulés soutient que les enfants victimes enfouissent dans leur inconscient des souvenirs menaçants liés à des événements traumatiques de faits graves tels que l'inceste. Il s'agit d'un mécanisme de défense qui leur permet de se comporter de manière normale tout au long de la période des abus sexuels 
Les souvenirs sont « stockés » dans un endroit inaccessible à la conscience. Ils se révèlent ensuite, à partir d'un déclencheur extérieur, souvent un événement traumatique proche de celui subi pendant l'enfance, par exemple une agression sexuelle.

La seconde théorie, la théorie du syndrome de la fausse mémoire part de l'assomption selon laquelle il n'est pas logique d'oublier des événements traumatiques 
Ces souvenirs qui semblent refoulés sont en réalité des faux souvenirs greffés par des tiers au cours de séances de psychothérapie, d'hypnose, ou lors de la lecture d'ouvrages qui portent sur la mémoire ou les abus sexuels 

I. Trois Dossiers semblables
A. L'affaire anonyme 1
10H... a 26 ans lorsqu'elle porte plainte contre son père pour viol et agression sexuelle. Pourtant, la plaignante née en 1978 avait été une enfant, puis une adolescente équilibrée, à l'exception d'une fugue durant son adolescence. Elle se rappelle avoir été une bonne élève toujours souriante et de surcroît la « préférée » de son père. Ce tableau idyllique d'une enfance et d'une adolescence apparemment sans histoire prend fin lorsqu'un ami de son père tente de la violer, alors qu'elle a 19 ans. À la suite de cette agression, H... entre dans une longue phase de dépression et souffre de comportement alimentaire compulsif. Sur les conseils d'un ami, elle se tourne vers un médium qui l'interroge sur son enfance. De cette rencontre, elle dira devant les juges  : « il (le médium) a déclenché quelque chose. Il est le premier à avoir abordé ce sujet ».
H... réalise qu'elle a totalement oublié cette période de sa vie. Au fur et à mesure, au cours de séances de psychothérapie et d'hypnose, des flashbacks puis des images de plus en plus précises surgissent à son esprit. Elle réalise progressivement qu'elle a été violée par son père de l'âge de 4 ans jusqu'à l'âge de 10 ans. L'acte d'accusation décrit ensuite les actes d'attouchements sexuels et de fellations, commis sur la plaignante alors qu'elle était âgée de 6 à 8 ans, puis une série de viols subis alors qu'elle était âgée de 8 et de 9 ans. Cet acte est présenté devant la Cour régionale Tout au long de l'enquête, puis devant les trois juges de cette instance, l'accusé nie les affirmations de sa fille. Il assure que ses souvenirs ne sont pas réels mais la conséquence directe de séances de psychothérapie et de sa rencontre avec le médium. Au terme du procès, le père est reconnu coupable de viol. Il est condamné à l'unanimité de trois juges et dépose alors un pourvoi devant la Cour suprême. Après avoir analysé les différentes problématiques de ce dossier, la Haute instance décide à l'unanimité de casser l'arrêt rendu en première instance et de relaxer l'accusé. Les preuves extérieures présentées ne suffisaient pas, en l'espèce, à établir de manière certaine la culpabilité de l'accusé
Par ailleurs, la plaignante ne présentait aucun symptôme caractérisant les victimes d'agression sexuelle ni pendant son enfance ni pendant son adolescence. Selon la Cour suprême, « considérant que dans le droit pénal le doute profite à l'accusé, l'appelant est acquitté » 

Arrêt anonyme 2
Les souvenirs de la seconde plaignante dont le Dossier est jugé en appel devant la Cour suprême, le 12 février 2013, surviennent lorsqu'elle est harcelée sexuellement par un professeur d'université : « soudainement, les rêves sur ce professeur ont commencé. Il s'agissait plus précisément de cauchemars dans lesquels il m'agressait, quand brusquement son visage s'est transformé en celui de mon père ». La plaignante est une jeune femme de trente ans, diplômée de communication et de science politique. Elle est bénévole dans une association d'aide aux victimes d'agression sexuelle. À la suite de cette agression, qu'elle qualifie elle-même de mineure, lui reviennent à l'esprit les souvenirs de viol commis par son père. Elle commence une psychothérapie, au cours de laquelle les souvenirs remontent à la surface. Elle se souvient alors de longues années d'abus sexuels quotidiens, de viols d'une violence extrême, perpétrés par son père, de l'âge de 4 ans à l'âge de 12 ans, qui n'hésitait pas à qualifier sa fille, lors de réunions familiales, « d'ingénieure du sexe ». Après s'être confrontée à son père, qui nie tout en bloc, et à sa mère qui, bien que reconnaissant une partie des faits, ne la soutient pas, elle porte plainte contre celui-ci. L'accusé est condamné par la Cour de district de Tel-Aviv 
Il dépose un pourvoi devant la Cour suprême en soutenant que les souvenirs de sa fille ne sont pas fondés sur des faits réels mais sur des souvenirs inventés au cours de séances de psychothérapie. Son pourvoi est rejeté et la sentence de 14 ans d'emprisonnement et de 75 000 shekels Environ 18 000 Euros d'amende confirmée.
C'est en se fondant sur le témoignage de la victime, sur les conclusions découlant de l'arrêt anonyme 1, mais aussi sur un faisceau de preuves externes à la mémoire de la victime que les juges de la Cour suprême décident à l'unanimité de confirmer la décision de la Cour de district.

C. L'arrêt Shmuel$
Sur cette affaire, Coscas-Williams B., « Condamné sur le…, rendu par la Cour suprême le 10 septembre 2014, fait l'objet d'une large médiatisation, qui dépassera les frontières d'Israël.
Une jeune femme de 23 ans se réveille une nuit d'un rêve dans lequel elle se voit avoir des relations sexuelles avec son père. Elle retrace son réveil de la manière suivante  : « Dès que je me suis réveillée, j'ai écrit cela sur une feuille et dès ce moment, d'un seul coup, tout m'est revenu. Je me suis rappelé que j'avais fait ce rêve depuis mes tout premiers souvenirs, ou en tout cas au moins depuis mon adolescence. Je me suis rappelé que j'avais souvent fait ces rêves à 15 ou 16 ans, mais je n'avais pas compris, je voyais cela en spectatrice. J'ai réfléchi à ces rêves et je me suis demandé pourquoi je les faisais, peut-être que j'étais attirée par lui, peut-être que quelque chose n'allait pas chez moi et j'essayais tout le temps de comprendre ce qui n'allait pas chez moi ... et ce jour-là, d'un coup, je me suis souvenue de tout ce qu'il m'avait fait ». Lui reviennent alors en mémoire de longues années de viols et d'abus sexuels subis de l'âge de 3 ans jusqu'à 11 ans. Trois ans après la résurgence de ses souvenirs, cette dernière porte plainte contre son père. Après une phase d'enquête et d'investigation, l'affaire est débattue à trois reprises devant la Cour de district de Tel-Aviv puis devant la Cour suprême. Le père affirme que sa fille a inventé ses faits afin de se venger. Il affirme aussi que les souvenirs de celle-ci ne sont pas fondés sur des faits réels mais provoqués par un simple rêve et par un comportement sexuel dépravé 
Un premier arrêt de la Cour de district de Tel-Aviv avait été… Enfin, il ajoute que ce rêve ne suffit pas à le condamner. Pourtant, au terme d'une longue procédure qui aura duré plus de dix ans, son pourvoi contre le jugement de la Cour de district de Tel-Aviv  État d'Israël, rendu le… est rejeté par la Cour qui a pris en compte le témoignage de la plaignante et une longue série de preuves extérieures. L'accusé est condamné à douze ans de prison ferme, deux ans avec sursis, et doit verser 280000 shekels Environ 66000 Euros. d'indemnités à la plaignante, sa fille.

Au cours de ces trois arrêts, la Cour suprême a reconnu l'authenticité du témoignage de la plaignante. Pourtant cela n'a pas été suffisant dans la première de ces affaires pour condamner l'accusé. La Cour a-t-elle ainsi implicitement reconnu la possibilité que la mémoire peut être fondée sur des faits irréels ?

II. Deux théories en conflit : la théorie des souvenirs refoulés face à la théorie de la fausse mémoire ?
« Il est incontestable que des traumatismes d'ordre sexuel - mais ce sont loin d'être les seuls - puissent être refoulés de la conscience, voire déniés comme s'ils n'avaient jamais existé. C'est une forme de survie qui n'empêche pas les traumatismes enfouis de manifester leurs effets sous forme de symptômes sans que la personne puisse les associer à ce qui pourrait en être la cause. De nombreux praticiens et de victimes qui s'ignoraient ont observé que le voile peut ... Mais on sait aussi que la mémoire n'est pas une caméra de surveillance. Elle se reconstruit en permanence. Elle peut même élaborer de faux souvenirs auxquels le sujet adhère totalement. ... » Dans une chronique intitulée « Justice et Amnésie » 

La psychanalyste française, Caroline Eliacheff, revient sur la complexité de la mémoire enfouie par les victimes d'agressions sexuelles, subies pendant l'enfance, en soulignant l'existence de deux théories qui s'opposent : la première, la théorie des souvenirs refoulés, explique le phénomène de l'amnésie traumatique au cours duquel des événements traumatiques sont oubliés pour ressurgir des années plus tard. Ce mécanisme a été étudié et défini par un certain nombre de scientifiques, principalement aux États-Unis. La seconde théorie, le syndrome de la fausse mémoire, a également vu le jour aux États-Unis, au début des années 1990. Cette théorie qui s'oppose à la précédente soutient que les souvenirs traumatiques ne peuvent s'oublier et qu'une fausse mémoire peut être créée de toutes pièces.

La théorie des souvenirs refoulés n'est pas nouvelle. Déjà, à la fin du XIXe siècle, Sigmund Freud y faisait référence. Cinq leçons sur la psychanalyse (deuxième leçon),… : « La preuve était faite que les souvenirs oubliés ne sont pas perdus, qu'ils restent en la possession du malade, prêts à surgir, associés à ce qu'il sait encore. Mais il existe une force qui les empêche de devenir conscients ... J'ai appelé refoulement ce processus supposé par moi et je l'ai considéré comme prouvé par l'existence indéniable de la résistance ». Bien que revenu sur sa position, en soutenant que les souvenirs peuvent aussi représenter des fantasmes nés de pulsions refoulées 
Bert C, « Les faux souvenirs. Rêves fantasmes hallucinations »,…, la théorie des souvenirs refoulés a été reconnue comme vraie par la science depuis plus d'un siècle 
Cette théorie est documentée par des recherches dans de nombreux domaines, notamment celui des victimes de kidnapping, de torture, celui des survivants des camps de concentration, et celui des victimes d'agressions physique ou sexuelle [30]

Elie Zomer, professeur israélien en psychologique clinique et expert au cours du procès anonyme 1, décrit toute la complexité pour l'enfant blessé d'intégrer dans sa conscience des souvenirs traumatiques , « Le traumatisme de l'enfance », mai 1994, disponible… : « La violence dirigée sur un enfant par un adulte proche, ou par un membre de sa famille, est particulièrement difficile à appréhender émotionnellement, spécialement lorsque l'agresseur fonctionne à d'autres moments comme un parent aimant et responsable. Les agressions peuvent être si éloignées du quotidien normal de l'enfant qu'il en oublie toute logique. Ces événements inexplicables ne peuvent prendre une signification qui leur permettraient d'être intégrés dans la mémoire ».
Cette amnésie traumatique est une forme de dissociation. Elle fait disparaître de la conscience, de manière sélective et inconsciente, des souvenirs menaçants, liés à des événements traumatiques. Ce détachement émotionnel est en fait un mécanisme de défense de l'enfant blessé par celui ou celle qui est censé le protéger et en qui il a confiance. La mémoire est « stockée » dans un endroit inaccessible à la conscience de l'enfant-victime. Cela lui permet, au moins pour un temps, de survivre. Plus les faits d'inceste sont graves, plus il est probable que ce mécanisme de dissociation se déclenche 

L'agression sexuelle est perpétrée par une personne dont l'enfant est dépendant.
Une demande persistante de l'agresseur à l'enfant de ne pas révéler les abus (Il est par exemple menacé de mort s'il en parle).
L'agression a lieu en marge du quotidien (par exemple au milieu de la nuit).
L'enfant est isolé pendant les agressions.
Les agressions ont commencé lorsque l'enfant était jeune.
La réalité est modifiée par l'agresseur (qui nie par exemple les agressions).
L'enfant ne peut pas partager les abus subis avec un tiers.
Pourtant, si ce traumatisme est enfoui dans la mémoire, il se reflète sous d'autres formes. Ainsi, le juge Amit explique dans l'arrêt anonyme : « La jurisprudence relative aux agressions sexuelles et les différents articles sur le sujet indiquent qu'un enfant, qui a été soumis à l'inceste dans la famille, développe des symptômes comportementaux et physiques. Ces symptômes s'expriment à court terme jusqu'à environ deux ans après le début des agressions sexuelles. Il s'agit de symptômes psychologiques (peur, anxiété, confusion, culpabilité, colère, dépression...) et de symptômes physiques (énurésie, maux de tête, évanouissement, crampes, etc.). Des symptômes à long terme apparaissent environ au-delà de cette période et comprennent entre autres : des automutilations, des tentatives de suicide, des troubles alimentaires, l'utilisation de drogue et des symptômes psychosomatiques (par exemple, migraines, maux de dos, problèmes de transit intestinal, faiblesse musculaire et bourdonnements dans les oreilles)... une dépression, des troubles dissociatifs, de la peur, de l'anxiété, des phobies (entre autres des espaces clos...) ».
Ces souvenirs refoulés réapparaissent, le plus souvent à la suite d'un événement qui fait écho aux abus subis pendant l'enfance, par exemple une nouvelle agression sexuelle.
C'est souvent dans le cadre d'une psychothérapie ou de séances d'hypnoses que ces souvenirs ressurgissent d'abord par des flash-back, puis par des images concrètes. Contrairement à une mémoire « normale », cette mémoire retrouvée n'apparaît pas chronologiquement mais sous forme de bribes de souvenirs  : « Au fil des années, les abus sexuels prolongés, en particulier ceux vécus par un plaignant ou une plaignante pendant l'enfance, peuvent apparaître clairement graver dans l'esprit, alors que d'autres événements ou détails rappelés sont flous ou même oubliés, et cela sans lien avec la gravité des événements ou avec l'ordre chronologique de leur apparition ».

Cette théorie a été contestée dans les années 1990 lorsqu'un certain nombre de personnes, clamant leur innocence, furent condamnées par les instances judiciaires américaines. Des plaignant(e)s s'étaient « rappelé(e)s », lors de séances d'hypnose, de faits irréels. Une nouvelle théorie émerge alors, celle de la fausse mémoire.

B. « Le syndrome de la fausse mémoire » ou la mémoire implantée

Est-il possible d'oublier totalement des faits traumatiques ? Ces faits peuvent-ils disparaître puis ressurgir dans leur intégralité ?
Pour la professeure Elizabeth Loftus, spécialiste de la mémoire et l'une des précurseurs de la théorie de la fausse mémoire, cela n'est pas possible. En effet, celle-ci énonce lors d'une conférence  : « La mémoire ne fonctionne pas comme une cassette vidéo, nous ne pouvons pas enregistrer quelque chose et le revoir plus tard. Nous enregistrons des bribes de nos expériences et les combinons ensemble. Nous construisons fondamentalement nos souvenirs et nous ne pouvons pas faire toujours confiance en notre mémoire ». Les souvenirs ne peuvent être refoulés puis récupérés comme un film que l'on n'oserait visionner. Ces souvenirs sont en réalité des souvenirs créés de toutes pièces, notamment lors de psychothérapies, de séances d'hypnoses ou lors de lectures qui portent sur la mémoire ou sur des abus sexuels

C'est à la suite d'un procès que la théorie de la fausse mémoire voit le jour. En 1992, la psychologue, Jennifer Freyd, poursuit ses parents devant la justice américaine pour l'avoir abusée sexuellement. Ses souvenirs avaient été refoulés puis retrouvés à l'âge adulte. Les parents, qui nient les faits, entrent en contact avec d'autres personnes accusées d'infractions similaires. Ils créent ensemble « la False Memory Syndrome Fondation ».
Cette fondation est destinée, dans un premier temps, à défendre des personnes accusées injustement devant les instances judiciaires sur la base de la théorie des souvenirs refoulés. Au fil du temps, celle-ci se dote d'une équipe de scientifiques, dont les travaux sont reconnus mondialement. Grâce aux actions de la fondation, la théorie de la fausse mémoire s'étend.
Pour ces partisans, le fait que des souvenirs puissent être faux est clair. Ainsi, dans une interview, Scott O. Lilienfeld, professeur de psychologie à l'université Emory à Atlanta, explique : « il ne fait aucun doute que pratiquement toutes les personnes qui souffrent de ces souvenirs retrouvés sont sincèrement convaincues de leur exactitude. Néanmoins, des décennies de recherche en psychologie, nous ont appris que la confiance subjective des gens dans leurs souvenirs n'est pas un baromètre fiable de leur exactitude ».
De plus, pour la professeure Elizabeth Loftus  : « Les patients qui acceptent aveuglément des suggestions et finissent par croire, sans l'ombre d'un doute, à des souvenirs imaginaires d'agressions souffrent d'un trouble iatrogène appelé : le syndrome du faux souvenir ».
Ainsi, celle-ci explique que l'on peut créer des souvenirs. C'est d'ailleurs ce qu'elle entreprend, avec l'aide de ses étudiants, lorsqu'elle « greffe » des souvenirs à des enfants âgés de 8 et 14 ans, en leur faisant croire qu'ils s'étaient perdus dans un centre commercial. D'abord inexistants, leurs souvenirs devinrent de plus en plus précis, jusqu'à décrire la couleur de la chemise de leur sauveteur.
Dans l'arrêt Shmuel, le professeur Goshen et le docteur Orly Shahaf, tous deux présentés par la défense, s'inspirent des données énoncées par Elizabeth Loftus et des scientifiques partisans de la fausse mémoire. Ils affirment qu'une mémoire reposant sur des faits réels est une mémoire immédiate et complète, alors qu'une fausse mémoire se présente sous forme de souvenirs qui apparaissent par étape. Ils ajoutent que, en l'espèce, les faux souvenirs de la plaignante étaient dus à la lecture d'un ouvrage « La force de l'inconscient » qui avait provoqué les rêves d'abus sexuel.

L'authenticité de la théorie des souvenirs refoulés est reconnue par les instances judiciaires américaines depuis les années 1970. Ainsi, dans l'arrêt Harding v. la Cour d'appel de l'État de Maryland a jugé recevable le témoignage d'une plaignante qui s'était souvenue, après des séances d'hypnose, de l'identité de l'agresseur qui avait tenté de la violer puis de la tuer quelques années auparavant. D'autres instances judiciaires ont reconnu, elles aussi, la validité des souvenirs refoulés tout en exigeant que d'autres preuves objectives et vérifiables, indépendantes des souvenirs de la victime, soient présentées 

« Recovered Memory Project »,…, rapporte cinquante-trois affaires jugées par les cours civiles et pénales américaines de 1980 jusqu'en 2010, dans lesquelles le refoulement des souvenirs a été adopté. Dans la plupart de ces arrêts, les allégations de la plaignante étaient corroborées par des preuves annexes 

Pourtant, à partir du milieu des années 1990, la théorie de la fausse mémoire est reconnue par les juges. Ainsi, en avril 1995, le juge américain Lowell Jensen (US district courts) casse le jugement du jury de la première instance qui avait condamné George Franklin à la perpétuité pour avoir assassiné, en septembre 1969, une petite fille de 8 ans. C'était sa propre fille, Eileen, qui l'avait accusé plus de vingt ans après les faits. Celle-ci avait affirmé avoir eu un flash et vu son père assassiner son amie à l'arrière de sa camionnette. Sans se référer à la théorie de la fausse mémoire, mais à l'absence de procès équitable, le juge américain Lowell Jensen a néanmoins implicitement rejeté la théorie des souvenirs refoulés ….

Dans d'autres arrêts, les juges sont explicites et rejettent la théorie des souvenirs refoulés. Ainsi, dans l'arrêt the State of New Hampshire v. Hugerford, rendu en 1997  la Cour suprême de la Caroline du Nord déclare que : « L'existence d'une scission importante dans la communauté scientifique générale empêche le tribunal de conclure que la théorie des souvenirs refoulés est généralement acceptée dans la communauté scientifique ». La Cour ajoute : « Une théorie ne peut être dans le même temps vigoureusement controversée et acceptée. Ce scepticisme des organisations professionnelles et des scientifiques de premier plan en ce qui concerne la mémoire refoulée démontre qu'il existe un différend important entre les experts qui va à l'encontre d'une constatation de l'acceptation générale » 

La position des juges de la Cour suprême israélienne s'oppose à cette jurisprudence. Ils adoptent la théorie des souvenirs refoulés, en soulignant la fiabilité des études engagées sur le sujet, et expriment leurs doutes quant à l'existence d'une fausse mémoire. Néanmoins, les juges israéliens restent prudents et refusent de condamner un accusé, uniquement sur la base de souvenirs refoulés.

La jurisprudence israélienne
Pour la Cour suprême, l'existence de l'amnésie traumatique est de l'ordre du consensus. Ainsi, dans l'arrêt anonyme 1, pour valider la théorie des souvenirs refoulés le juge Amit s'appuie sur un certain nombre de données, parmi lesquelles les comptes-rendus des experts de l'accusation, l'opinion de scientifiques israéliens, la jurisprudence américaine et des ouvrages scientifiques portant sur ce sujet. De même, pour la juge Arbel, cette théorie a été reconnue par les instances judiciaires. Ainsi, elle énonce dans l'arrêt : « Pour des raisons évidentes, le phénomène de souvenirs refoulés ne peut être prouvé de manière empirique, le monde du droit et des sciences ne sont pas formels sur ce point. Sur le plan scientifique, la Cour ne peut décider

C'est avant tout en se fondant sur la volonté du législateur que le juge Amit explique sa préférence envers la théorie des souvenirs refoulés. En effet, le Parlement israélien, la Knesset, a décidé dans le cadre de sa législation en matière de prescriptions des abus sexuels, de prolonger de dix ans le délai de prescription pour les victimes d'inceste, mineures au moment des faits. Par ailleurs, ce délai ne commence à courir que lorsque la victime atteint les 28 ans, contrairement aux autres infractions, notamment le crime et le viol de personnes majeures, ce délai commence à courir le jour où l'infraction est commise

Pour que les juges valident l'existence de souvenirs refoulés, deux conditions doivent être remplies.
1) La première condition porte sur la fiabilité du souvenir 
Dans les trois affaires qu'elle a eu à juger, la Cour suprême a, à chaque fois, relevé la fiabilité du témoignage de la victime et la croyance en l'authenticité des souvenirs 
2) La seconde condition porte sur la fiabilité du témoignage de la victime : est-elle sincère, son témoignage est-il constant, et correspond-il aux faits avancés ? Selon le juge Amit, la fiabilité du témoignage doit être analysée en fonction des faits en l'espèce. Il utilise pour cela des paramètres établis en 1995 dans un arrêt rendu par la cour d'appel du Connecticut

Le but de la thérapie : le plaignant s'est-il tourné vers la thérapie afin de retrouver des souvenirs concernant une infraction qu'il pense avoir subie ou a-t-il commencé une thérapie pour découvrir les causes de son mal-être et être aidé ?
La suggestion : le plaignant a-t-il été influencé par la suggestion d'un thérapeute ou par un tiers ?
Le compte-rendu des thérapies : ce compte-rendu permettrait-il de vérifier la présence ou l'absence de suggestions du thérapeute sur le plaignant ?
La qualification du thérapeute : a-t-il rempli les obligations professionnelles imposées par son métier ?
La Cour suprême prend aussi en compte la valeur du témoignage et l'existence de preuves supplémentaires : ces preuves sont destinées à attester l'authenticité des souvenirs refoulés.
Aussi, même si la Cour suprême énonce clairement que la théorie de la fausse mémoire n'a pas été prouvée, elle reconnaît, paradoxalement, la nécessité de tenir compte de paramètres destinés à considérer si les souvenirs refoulés de la victime sont authentiques.

Même si, d'après la loi, le témoignage de la plaignante suffit pour condamner l'accusé, en pratique c'est tout un faisceau de preuves annexes qui doit accompagner ce témoignage. Les juges analysent l'existence des souvenirs refoulés avec une extrême prudence. Ce sont ces paramètres énoncés qui donneront à ces souvenirs réapparus une valeur juridique.

Une mémoire refoulée qui n'est pas suffisante pour condamner l'accusé
- « J'ai atteint le fond, j'ai commencé à me tirer les cheveux, je voulais peler ma peau, je voulais verser de l'acide sur moi ou quelque chose pour me purifier. Soudainement, tous mes rêves se sont précipités dans ma mémoire, je voyais toutes les photos de ma vie et j'ai su qu'il m'avait violée toute ma vie » 
dans l'arrêt Shmuel, la plaignante exprime ce qu'elle a ressenti lorsque les souvenirs ont émergé de son inconscient. Lorsque ces souvenirs étaient refoulés, la plaignante ne pouvait pas mettre des mots sur le traumatisme subi. Mais des symptômes physiques et psychologiques tels que des tentatives de suicide, des dépressions, ou divers symptômes psychosomatiques exprimaient déjà sa détresse. La preuve de l'existence de ces symptômes (notamment par des témoignages, des comptes-rendus médicaux, des journaux intimes...) renforce son témoignage qui s'appuie sur des souvenirs refoulés.

1. L'arrêt anonyme 2
Dans un premier temps, le juge Amit reconnaît l'authenticité du témoignage de la victime et admet que les souvenirs des abus ont été refoulés. Il prend en compte le fait que la plaignante a exprimé devant la cour ses sensations de peur, de dégoût et de rejet de l'accusé, son père. Enfin, à partir des témoignages des experts et des thérapeutes qui l'ont suivie, le juge reconnaît que la plaignante a souffert d'amnésie traumatique.
Dans un deuxième temps, le juge dresse la liste des preuves extérieures révélées par le témoignage de la victime, celui de l'accusé et les témoignages des autres protagonistes de cette affaire 
Anonyme 2, Il prend aussi en compte les contradictions et les mensonges de l'accusé, de la mère de la plaignante et des autres témoins ; il rappelle la réponse spontanée de la mère qui, après avoir entendu de la bouche de sa fille ce qu'elle a vécu, la supplia « juste dis-moi que ce n'est pas ton père ». Enfin, il souligne que la mère de la plaignante a caché à son mari les accusations de sa fille.
Certains faits rappelés dans les différents témoignages sont soulignés : la soeur de la plaignante souffre elle aussi de dépression. Il ressort aussi des témoignages que l'accusé avait l'habitude de dormir dans le même lit avec la plaignante, de prendre des douches communes (notamment avec sa soeur). À la sortie de la douche, l'accusé avait l'habitude de sortir avec le peignoir ouvert et d'enlacer la plaignante et sa soeur alors qu'il était nu. Plusieurs témoignages font aussi état du fait que de la vaseline se trouvait dans la plupart des chambres. Enfin, le père faisait sans cesse référence à sa fille en l'appelant « l'ingénieur du sexe ».
En dernier lieu, le juge revient sur les témoignages et les preuves écrites concernant le comportement irrationnel de la plaignante pendant son enfance et son adolescence. Elle avait ainsi l'habitude de s'arracher les cheveux, de manger de la poussière, de se blesser les doigts, et de se mordre les lèvres et la mâchoire. Son dossier médical présente aussi des données qui peuvent soutenir les abus subis. En effet, celui-ci fait référence à des douleurs aux genoux, à des infections vaginales, à des douleurs à l'anus et à des tentatives de suicide 
C'est la combinaison de la reconnaissance de la théorie des souvenirs refoulés et des preuves extérieures qui a amené les juges à confirmer la décision de la première instance et à condamner l'accusé.

L'arrêt Shmuel
Dans cet arrêt, aussi bien les juges de la première instance que la juge Arbel croient en la fiabilité de la mémoire de la plaignante. Ils considèrent authentiques la description physique des événements, les odeurs, les sensations d'étouffement et de dégoût qu'elle a ressenties 
Par ailleurs, ils font référence aux nombreux éléments extérieurs découlant des témoignages de la plaignante et de tous les protagonistes de cette affaire.
En premier lieu, la juge Arbel énumère les éléments concernant l'enfance et l'adolescence de la plaignante : la plaignante et ses soeurs dormaient sans sous-vêtements ; le père interdisait à ses filles de parler après la prière du soir ; lorsque la soeur de la plaignante avait demandé à son père si les affirmations portées contre lui étaient fondées, celui-ci lui avait répondu « ne pas être sûr à 100 % s'il avait commis ces faits ou non » 
En second lieu, à partir des différents témoignages, la juge décrit les symptômes physiques et les comportements marqués par le traumatisme propre aux victimes d'inceste durant l'adolescence de la plaignante : elle quitte l'école en classe de troisième alors qu'elle était jusqu'alors une bonne élève ; pendant plusieurs années, la plaignante ressent un mal-être général ; elle souffre de crises d'angoisse et de difficultés à l'endormissement ; elle tente à plusieurs reprises de se suicider ; elle recherche de manière obsessive à créer des liens avec des hommes ; elle souffre de nombreux symptômes physiques (par exemple : des maux de gorge) ; l'une de ses cousines décrit son comportement excessif, ses pleurs et ses tremblements face à un homme âgé qui l'avait regardée dans le métro.

Pour le juge Amit, il existe aussi en l'espèce un risque que les faits ont été suggérés à la plaignante notamment par le médium qu'elle a rencontré avant que ses souvenirs ne refassent surface. Aussi, sans reconnaître explicitement la théorie de la fausse mémoire, le juge Amit fait référence au principe de suggestion qui est un élément de l'implantation d'une fausse mémoire. Cette attitude est paradoxale, puisque la théorie des faux souvenirs a été clairement contestée.
Cette décision de relaxer le père de la plaignante a été prise malgré les doutes des juges. Ainsi, le juge Amit explique cette difficulté : « Je ne vais pas nier que cette décision a été difficile à prendre, en particulier à la lecture de la version de la plaignante. En tant que cour d'appel, nous n'avons pas écouté directement la plaignante, mais nous avons eu accès au dossier. Toute personne qui entre en contact avec cette histoire ne peut être que touchée par la conviction de la plaignante, de sa croyance profonde aux événements et aux souffrances qu'elle a subis. Cependant, cela a été insuffisant pour condamner l'accusé. Les outils du juge sont limités, il ne peut juger que sur les faits qu'on lui présente ». Le juge conclut en affirmant que les outils lui manquent pour condamner celui qui semble être pour lui coupable. Et il laisse la place à la justice divine pour sanctionner ces viols dont la seule preuve reste les souvenirs 
« Si l'appelant a bien commis les faits pour lesquels il était accusé, il recevra sa peine des mains du créateur et non de la justice des hommes ».

Conclusion
Dans la décision qu'elle rendit dans l'arrêt Shmuel, la juge Arbel retrace la difficulté que les juges doivent affronter. Ainsi, ils doivent rester objectifs face aux récits d'enfants-victimes devenus adultes qui, pour survivre à l'insoutenable, ont oublié, minute après minute, ce qu'un être supposé les protéger leur a fait subir. Comment mettre en doute ces paroles, comment douter de ces actes qui semblent si invraisemblables qu'ils ne peuvent logiquement pas avoir été inventés ? 

Arrêt Shmuel, par. 104. : « Pour nous, juges faits de chair et de sang, exposés aux erreurs, nous avons le devoir et la responsabilité de nous prononcer sur cette affaire, comme dans les autres affaires, uniquement sur le fondement de preuves qui sont présentées devant nous et non sur la base de sentiments, de suppositions ou d'émotions ». Et elle ajoute  : « il est clair qu'il nous faut examiner l'amnésie totale d'événements traumatiques et les souvenirs apparus des années plus tard, avec la plus grande prudence ».
Pourtant, malgré ces interrogations et ces précautions, les trois arrêts rendus par la Cour suprême israélienne sont loin d'avoir mis un terme aux questionnements sur la réalité de l'amnésie traumatique. Bien au contraire, l'exposition médiatique de l'affaire Shmuel a engendré une polémique qui a dépassé les frontières d'Israël. Plus de quarante- sept scientifiques israéliens, parmi eux un prix Nobel, ont sollicité l'annulation pure et simple de ce dernier arrêt 
Rovel A., « Des dizaines de scientifiques contre la…. Ils affirment que les souvenirs refoulés remontant à la surface ne reposent sur aucune théorie scientifique prouvée.
Une polémique semblable existe en France. Ainsi, l'Association… : « La SSCP est profondément troublée par la décision prise par la Cour suprême israélienne, contraire aux dernières avancées dans le domaine de la psychologie. Il n'existe pas de mécanisme psychologique connu dans lequel les souvenirs d'événements traumatiques répétés peuvent être totalement oubliés et puis tout à coup rappelés au souvenir à la suite d'un rêve... ».

« Il est probable que le désaccord entre les scientifiques, à propos du phénomène du refoulement de la mémoire et des souvenirs retrouvés, continue. Cela est une bonne chose. Toutefois, leur rôle n'est pas de décider si cette mémoire est vraie ou fausse. Ce rôle appartient à la Cour ». C'est donc en fonction de chaque cas, en cherchant la vérité, selon les règles juridiques en vigueur et en essayant à chaque fois de ne pas se perdre dans ces récits tragiques, que les juges estimeront la crédibilité de ces souvenirs refoulés.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
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Message par Dubreuil »

SECOURS AUX ADOLESCENTS

par dire.pour.oublier » 11 févr. 2021, 19:4
Je ne sais pas ce que ça vaut, mais d'après l'article que je lis, si vous êtes en France, il existe des "Maisons Des Adolescent" (MDA) et des "Points Accueil et Ecoute Jeunes" (PAEJ) auxquels vous pourriez vous adresser sans vos parents, en toute confidentialité et gratuité, et qui pourraient vous orienter.
Ces structures sont réparties un peu partout sur le territoire. Il y en a peut-être une prés de chez vous ?
https://solidarites-sante.gouv.fr/affai ... eunes-paej
https://solidarites-sante.gouv.fr/affai ... scents-mda
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Message par Dubreuil »

ANGOISSE LIEE AU MASQUE

Par Dre Jessica Gold, professeure adjointe, Département de psychiatrie, Washington University
POURQUOI CERTAINES PERSONNES SONT-ELLES ANGOISSÉES À L’IDÉE DE PORTER UN MASQUE?
Habituellement, le problème est que les gens sont angoissés au jour le jour, qu’ils associent le port du masque avec un évènement passé, ou qu’il leur est arrivé quelque chose. Ils se sont peut-être, par exemple, rétablis d’une longue maladie les obligeant à porter un masque, ou un membre de leur famille a été gravement malade et en a porté un, ou ils ont vécu un traumatisme au court duquel ils ont eu la bouche couverte. N’importe laquelle de ces expériences pourrait être un déclencheur de l’angoisse, car lorsque ces personnes enfilent le masque, cela leur rappelle ces sensations d’inquiétude ou de peur. Elles ne craignent pas le masque en lui-même, mais les sentiments associés au port du masque.

À QUEL POINT L’ANGOISSE LIÉE AU MASQUE EST-ELLE COURANTE À L’HEURE ACTUELLE?
Cette situation de pandémie est tellement nouvelle et différente. Nous n’aimons pas l’inconnu parce que ce que nous ne connaissons pas nous fait peur. Pour certains, le fait d’éviter de faire quelque chose empire les choses. Par exemple, vous avez peur de voler, donc vous ne volez jamais. Vous repoussez l’échéance, et l’anticipation augmente votre peur.

En ce qui concerne le port d’un masque, ou les phobies en général, il y a un groupe de personnes qui ressentent de l’angoisse à l’idée de porter un masque et qui pensent que c’est une tâche impossible. Ensuite, il y a un deuxième groupe de personnes qui ont essayé d’en porter un et qui n’aiment pas la sensation qui en résulte. Les personnes appartenant à ce deuxième groupe essayent probablement de surmonter la phobie, car elles savent qu’elles sont censées en porter un, mais cela reste une source d’angoisse.

Il y a probablement plus de gens aux prises avec ce problème que nous n’en parlons. Nous ne parlons pas [suffisamment] de santé mentale en général. Je peux facilement entendre les gens dire « Mets le masque et fais-toi une raison ». Toutefois il est possible de prendre certaines mesures pour permettre de se sentir plus à l’aise.

QUE PEUT-ON FAIRE POUR ATTÉNUER LA PEUR DE PORTER UN MASQUE?
La première chose qu’il faut comprendre, c’est que notre cerveau nous induit en erreur et que lorsque nous couvrons notre bouche avec un masque, il est normal de se sentir incapable de respirer et de vouloir l’enlever. Vous devez apprendre à votre cerveau que c’est une situation sécuritaire et que vous POUVEZ respirer.

Pour ceux qui ont subi un traumatisme, nous offrons une thérapie d’exposition. Pour commencer, allez dans un lieu où vous vous sentez très en sécurité, habituellement la maison, seul ou avec quelqu’un en qui vous avez confiance, et commencez tout simplement à essayer de porter le masque. Vous ne pourrez peut-être pas encore le mettre, il vous suffit de le tenir dans la main, puis à hauteur du visage. Nous appelons souvent cette méthode une « hiérarchie d’exposition ». Vous pouvez maintenant attribuer à votre angoisse une cote entre 1 et 10, 10 étant une angoisse très importante et 1 une angoisse minime. Votre objectif pour cette première étape est de donner un 3 à l’angoisse. Il y a toujours une réaction de stress, mais vous l’avez fait, et tout va bien. Commencez par vous dire que vous porterez le masque pendant 2 secondes, puis la prochaine fois pendant 20 secondes jusqu’à ce que vous ayez atteint plusieurs minutes ou la durée requise.

Ensuite, changez de cadre, sortez. N’allez pas à l’épicerie tout de suite, mais faites plutôt une promenade jusqu’au parc ou un endroit où il y a peu de gens, faites peut-être une balade rapide. En allant crescendo, vous vous rendrez compte de plusieurs choses : 1) vous ne mourrez pas en portant un masque ou à cause de l’angoisse, 2) vous pouvez tolérer le masque, 3) ce que vous faites est en fait plutôt ennuyeux! Renforcez votre aptitude jusqu’à ce que vous soyez à l’aise.

Si vous n’avez pas besoin du processus de renforcement et que vous ressentez simplement de l’angoisse pendant que vous portez un masque, vous pouvez essayer de contrôler les endroits et le moment où vous en portez un. Peut-être qu’une période achalandée à l’épicerie vous angoisse au point de respirer très fort et d’avoir l’impression de ne pas pouvoir respirer. Essayez d’y aller à une heure moins achalandée de la journée.

Il est également bon de se rappeler que les masques ne sont pas universels. Il existe différents tissus, différentes tailles. Vous pourriez vous sentir plus à l’aise en portant un autre type de masque. De plus, en choisissant ou en concevant votre propre masque, vous reprenez le contrôle et cela peut être en soi une guérison.

ET SI ON DOIT PORTER UN MASQUE AU TRAVAIL ET QU’ON N’A PAS LE TEMPS DE S’Y PRÉPARER?
Reconnaissez l’angoisse
1) Faites preuve d’indulgence envers vous-même, c’est difficile, c’est normal que ce soit difficile, je m’y habitue, je suis angoissé.

Respirez
2) Il peut être utile de pratiquer des exercices de respiration au moyen d’une application comme Breathe2Relax. C’est là que vous pratiquez la respiration diaphragmatique comme dans le yoga. Si vous apprenez à mieux contrôler votre respiration, vous respirerez moins fortement, vous contrôlerez votre respiration et vous pourrez dire « je suis en sécurité, je vais bien ». Vous pouvez vous exercer à la maison avant le travail, ou même au travail pendant une pause si vous ressentez de l’inquiétude.

Soyez attentif
3) La pleine conscience peut aussi être utile et cette technique vous permet de prendre physiquement conscience de l’instant présent. Pendant une crise d’angoisse à votre bureau, par exemple, vous pouvez vous dire « je suis sur ma chaise, mes pieds touchent le sol ». Vous pouvez aussi commencer à nommer les choses que vous voyez autour de vous. Certaines personnes aiment utiliser des applications comme Headspace et Calm, mais vous pouvez le faire seul, n’importe où. C’est une compétence en adaptation rapide pour les moments angoissants. Cela n’attire pas l’attention sur ce que vous faites au bureau ou au travail. Vous ne faites qu’accroître votre sentiment de sécurité sur le moment. Apprenez à le faire les fins de semaine.

Faites des pauses
4) Si possible, intégrez plus de pauses dans votre journée. Il peut s’agir simplement de sortir, d’aller aux toilettes, ou à n’importe quel endroit où vous pouvez retirer votre masque en toute sécurité. Certaines personnes peuvent s’accommoder d’un masque dans un bureau, d’autres non. Elles peuvent devoir sortir pendant les pauses, aller aux toilettes et être seules, ou dans tout autre endroit où elles peuvent aller et enlever le masque en toute sécurité. Il y a surement des endroits où c’est acceptable et où vous pouvez intégrer des pauses-masque dans votre journée.

EN TANT QUE GÉRANT DANS UN MILIEU DE TRAVAIL, COMMENT PEUT-ON RELEVER CE DÉFI EN TOUTE SÉCURITÉ AVEC SON ÉQUIPE?
Les patrons doivent faire preuve d’une plus grande souplesse pour comprendre que le milieu de travail n’est plus le même et que pour la plupart des gens, ce changement n’était pas dans le contrat. Il n’est pas juste de supposer que personne ne rencontrera de problèmes avec le fait de porter un masque. Afficher une certaine vulnérabilité en tant que leader est une force et permet aux employés de se sentir plus en sécurité. En tant que leader, vous n’avez pas à dire que vous ressentez vous-même de l’angoisse, mais vous pouvez montrer de l’empathie ou dire quelques mots qui valident les sentiments de vos employés. Il peut s’agir d’admettre que vous aussi avez eu de la difficulté à vous adapter à x, y et z, que vous comprenez qu’il peut être difficile de porter un masque, et que vous êtes là pour prêter l’oreille. En réduisant l’écart hiérarchique, vous faites sentir aux autres qu’il est normal d’avoir des difficultés.

Vous pouvez aussi diriger les gens vers leur programme d’avantages sociaux en leur rappelant qu’ils peuvent en profiter s’ils ont besoin de soutien supplémentaire.

L’ANGOISSE LIÉE AU PORT DU MASQUE SE MANIFESTE-T-ELLE DIFFÉREMMENT CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES ADULTES?
Je pense que les enfants expriment leur inquiétude de la même façon que les adultes, mais ils ne connaissent tout simplement pas les mots pour l’exprimer. Les enfants peuvent sembler irritables et effrayés, mais plutôt que de dire qu’ils ont peur, ils peuvent pleurer, présenter des problèmes de comportement ou s’enfuir. Ils peuvent ne pas tenir en place et l’enlever plus souvent, ce qui peut ressembler à une rébellion active. Les enfants sont moins susceptibles de dire « je n’aime pas la sensation » ou « je suis inquiet ».

EN TANT QUE PARENT, COMMENT PEUT-ON SOUTENIR AU MIEUX SON ENFANT QUAND IL PORTE UN MASQUE?
Les parents peuvent en faire un jeu amusant et non pas une punition, car le monde fait peur. Il peut être utile de trouver des façons d’intégrer le port d’un masque dans un jeu. Demandez à votre enfant de choisir son propre masque. Il existe également de nombreux motifs plaisants pour les enfants. Vous pouvez trouver des masques à thème, comme Star Wars s’ils aiment cette saga, ou des masques farfelus avec des visages. Il est important de les laisser faire preuve de créativité et de s’amuser, et les laisser choisir, car cela leur donne un sentiment d’appropriation.

Il faut aussi tenir compte du fait que les enfants apprennent beaucoup des expressions faciales. Exercez-vous à interpréter les émotions quand vous portez un masque : suis-je triste, en colère, heureux?

COMMENT PEUT-ON SOUTENIR UNE PERSONNE CHÈRE À SON CŒUR QUI ÉPROUVE DE L’ANGOISSE À L’IDÉE DE PORTER UN MASQUE?
En validant ses sentiments et en lui assurant qu’elle ne le fait pas simplement sans raison ou juste pour elle-même. Si vous invalidez ses sentiments, cela peut mener à des sentiments de honte et de culpabilité.

La plupart des gens qui éprouvent de l’angoisse portent leur masque de toute façon, mais je pense qu’il est important de se rappeler que les gens qui éprouvent des difficultés ont des raisons valables. Lorsque nous faisons honte aux gens et que nous nous mettons en colère, nous devrions prendre du recul. Il existe des raisons pour lesquelles cela peut être difficile pour une personne, c’est pourquoi avant de nous mettre en colère [lorsque quelqu’un que nous connaissons ou que nous voyons ne porte pas de masque], nous ne devons pas oublier que certaines personnes qui luttent se sentent concernées et prennent souvent ces critiques très à coeur. Elles font des efforts et des encouragements seraient un signe très fort à leur égard au contraire de paroles telles que « qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez vous ». Il faut se rendre compte que les gens qui s’inquiètent ont peut-être des raisons valables de le faire. Certains reçoivent des notes d’excuse, ce qui n’a aucun sens.

N’importe qui peut porter un masque si le travail de préparation adéquat est fait en amont. Ils ont simplement besoin d’être encouragés, d’être rassurés au moyen de phrases comme « je sais que vous pouvez le faire et je vais vous aider à le faire ».

Jessica Gold, M.D., M.Sc., est professeure adjointe au Département de psychiatrie à la St Louis School of Medicine de la Washington University. Elle se spécialise dans les domaines de la santé mentale en milieu postsecondaire, de la formation médicale et du mieux-être du corps médical. Elle écrit régulièrement pour la presse populaire au sujet de la santé mentale, des préjugés et de la formation médicale.

Anxiété, COVID-19, masque, pandémie, Stress
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Message par Dubreuil »

LA COULROPHOBIE

Quand la gêne du masque devient une phobie, on peut la relier à la COULROPHOBIE ( qui n'est pas cool ! )
C'est la peur des clowns, car eux aussi sont " masqués " ont ne voit pas leurs visages.
Depuis la sortie du film d’horreur "Ça" nous sommes de plus en plus nombreux à trouver les clowns terrorisants.
Si ce mot n’est pas encore présent dans les dictionnaires français, "la coulrophobie est le terme médical qui désigne la phobie des clowns", définit Jeröme Palazzolo. “on peut développer une phobie sur n’importe quel sujet, les pigeons, les légumes… Tout dépend des expériences désagréables

Cette pathologie, en règle générale, possède trois origines".
1) La première, biologique, se traduit par un manque de sérotonine, un neurotransmetteur, qui déclenche des troubles anxieux.
2) La seconde, psychologique, désigne la manière de fonctionner et la réaction que l’on adopte face à notre environnement.
3) La troisième concerne l’environnement qui nous entoure où une situation peut favoriser l’apparition d’une phobie.

Comment soigne-t-on une coulrophobie ?
Que ce soit pour un enfant ou un adulte, "nous allons proposer des traitements complémentaires.
Pour l’aspect biologique, nous proposons une prise, non pas d’anxiolytiques, mais d’antidépresseurs sur une période d’environ 6 mois. Car même si le patients n’est pas dépressif, ce médicament traitera le manque de sérotonine.
L’aspect psychologique est pris en charge grâce à une thérapie comportementale et cognitive. Pour ce faire, on aide l’individu à modifier son comportement face à l’objet de sa phobie et sa manière de penser. Sa pensée étant automatique et non réfléchie, le but est d’amener le patient à adopter des réflexions alternatives.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

ABSENCE DE LIBIDO
Message par Antony » 06 mars 2021, 12:13

Bonjour,
Je vous invite à étudier le circuit de la récompense :

https://youtu.be/o2kru13qC6g

https://youtu.be/8IBnn0MV4Z4
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

DIFFERENCE ENTRE PSYCHOLOGIE ET PHILOSOPHIE

On cherche tous quelque chose. Bien souvent le pouvoir, l’amour, l’argent, le succès, en se disant que ça nous rendra heureux. Mais, il y a une chose que l’on cherche et que l’on a du mal à nommer : c’est la paix. Être en paix avec notre passé, notre futur, nos peurs et nos angoisses. Voilà ce qu’on veut réellement : être en paix avec nous-même.

Face à cette quête de paix intérieure, il y a deux types de comportements : il y a ceux qui se laissent aller, qui ne se posent pas vraiment de questions sur leur condition, leurs problèmes. Ils se contentent de combler leurs désirs pour ne plus penser à ce qui les torturent.
Et il y a ceux qui réfléchissent. Ceux qui se posent des questions sur eux-mêmes, ceux qui veulent savoir comment ils fonctionnent pour comprendre leurs émotions, leurs peurs pour les apprivoiser et les maitriser.
La philosophie et la psychologie sont des remèdes pour apprendre à mieux se connaître et exterminer nos démons intérieurs.

Psychologie : signifie littéralement : « la science de l’âme ». Il s’agit donc de l’étude des comportements et des pensées. Elle permet de comprendre les idées, sentiments, la manière d’agir et de penser d’un individu.

Philosophie : signifie littéralement : « l’amour de la sagesse ». Il s’agit d’une discipline qui questionne et qui interroge le monde et l’existence humaine.

Dès l’Antiquité, les philosophes se sont penchés sur la connaissance du monde, amenant réflexions sur la morale, l’existence humaine, le désir, la quête du bonheur et la sagesse.
La psychologie a longtemps été considérée comme une branche de la philosophie. Il faudra attendre le XVIIIe siècle, pour que la psychologie devienne autonome, grâce à l’université et à Wolff qui, en 1732, distingue la psychologie empirique de la psychologie rationnelle .
Elle sera ensuite reconnue comme science à part entière dans les années 1870, avec les premières publications scientifiques.

L’histoire de la psychologie s’inscrit dans l’histoire de la philosophie, et en cela, la psychologie va reprendre les grandes questions des philosophes et y répondre de manière scientifique. Mais elle va surtout se concentrer sur le rapport fondamental de l’homme à soi.

LA PSYCHO
On vous dira d’aller voir un psychologue si :
Vous avez des difficultés dans vos relations personnelles
Vous avez un mal-être, des peurs, des angoisses, du stress, un coup de déprime, ou une mauvaise estime de vous-même
Vous êtes dans une situation douloureuse (deuil, séparation, maladie, traumatisme ancien ou plus récent, échec…)
Vous voulez faire le point sur votre vie, accroître vos potentialités, apprendre à mieux vous connaître (dev perso)

LA PHILO
On ne vous dira que la philosophie ne soigne pas les traumatismes ou les troubles psychiques. Elle apaise. Voilà tout.
Elle apaise car elle sert à comprendre le monde. Elle fait réfléchir, et répond aux grandes questions que l’on se pose tous sur l’existence (le sens de la vie, le monde, l’amour, le bonheur, les relations humaines, nos faiblesses, nos peurs, et j’en passe). Car ces questions, des philosophes y ont déjà pensé bien avant nous. Il y a 2 500 ans. Et en lisant leurs expériences, leurs réflexions, leurs pensées, eh bien, on comprend ce qui nous arrive et on a moins peur.

Alors, c’est quoi leurs différences en vrai ?
1) D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient.
La psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé.

2) Les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…
La philosophie ne guérit pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.
Etre philosophe, c’est vivre et agir d’une certaine façon, celle qui nous convient pour tendre vers le bonheur et la sagesse.
La philosophie doit avant tout être un véritable art de vivre.

Le psychologue est celui qui étudie l’âme, pour soigner les traumatismes psychiques
Le philosophe est celui qui, à travers la connaissance, cherche la sagesse.
Les deux disciplines peuvent aider considérablement au quotidien.
Quoi qu’on en dise, elles semblent répondre au fameux : “connais-toi, toi-même” socratique. Apprendre à se connaître, pour maitriser nos failles, nos peurs, nos émotions et nos réactions. Mais aussi, pour être heureux avec les autres.

MAIS IL FAUT ETRE REALISTE
Il existe deux genres de troubles :
1) les traumatismes, qui relèvent de la médecine/science/psychologie pour être réellement guéris
2) et les petites inquiétudes qui nous touchent tous. Ces petites inquiétudes là, la philosophie peut les soigner. Mais son pouvoir s’arrête là.
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Message par Dubreuil »

PATRIARCAT / MYSOGINIE
Par Marianne Dalmans

Au début de l’existence humaine, nous dit la sociologue et anthropologue marxisante iranienne, nos ancêtres n’avaient pas conscience du lien entre copulation et enfantement. Celui-ci était divin. Les femmes étaient fécondées par la déesse mère. Les femmes vivaient en clan avec leurs frères, sœurs, oncles et s’occupaient de la survie des enfants. Dès lors, elles s’organisaient pour engranger de la nourriture et veillaient à sa redistribution de façon équitable. Nous étions dans une transmission matrilinéaire.
C’est 6ooo ans avant Jésus christ que les communautés d’agriculteurs, en observant les animaux domestiqués, ont pour la première fois fait un lien entre acte sexuel et grossesse. Ils découvrent ainsi le rôle biologique de l’homme dans la procréation, dans la continuité de l’espèce.
Cette découverte a signifié la fin de l’âge de pierre et établit un évènement historique. Car, lorsque les humains réalisèrent qu’il y avait un lien entre sexualité et procréation et que c’étaient les hommes et non les divinités qui fécondaient les femmes, l’organisation sociale prit un tout autre sens.
La découverte de la paternité biologique mit aussi à jour des frustrations : appropriation par les femmes de la semence des hommes, incertitude quant à la paternité biologique, perte de contrôle sur l’être qui va grandir auprès de sa mère…

La découverte de la paternité aurait été un des facteurs déterminant du développement de la vie économique d’après l’âge de pierre. Le désir et l’intérêt de l’ensemble du sexe masculin à créer et à maintenir une paternité sociale les a incités à travailler et à accumuler des richesses pour subvenir aux besoins et au bien être des enfants. C'est-à-dire matérialiser le principe de puissance paternelle (il est très intéressant de constater que la puissance paternelle s’appuie depuis toujours sur le développement économique).

Ayant les mêmes intérêts quant à la continuité de l’espèce, les hommes des communautés claniques à la fin de l’âge de pierre se sont associés et ont créés des alliances à l’intérieur de sociétés secrètes dans le but d’implanter la paternité sociale.
Pour atteindre ces objectifs ils ont appliqués différentes mesures :
Des mesures magiques et rituelles.
La mise en place du culte du phallus qui affirme l’inclusion des hommes dans le processus de procréation. Avec un mécanisme de surcompensation : après avoir compté pour rien pendant tant d’années, les hommes voulaient maintenant être tout !
En somme, il y avait d’un coté le phallus et de l’autre le pouvoir de donner la vie. Dans la tentative de créer la paternité sociale, c’est le phallus qui l’emporta. Désormais, c’étaient les femmes qui n’avaient plus rien dans le ventre.
Bientôt, le contrôle de l’agriculture, de l’artisanat, du commerce se trouve entre les mains des hommes. Cela n’allège pas la lourdeur et la multiplicité des travaux féminins. Et n’aboutit pas non plus à l’exclusion des femmes, mais les confine à des rôles économiques toujours secondaires et subalternes.

Dès la révolution de l’âge de cuivre, les femmes se voient refuser la possibilité d’utiliser des outils complexes qui augmenteraient le rendement de leur travail.
Ainsi les hommes deviennent économiquement indispensables !
Dès lors, petit à petit, la révolution patriarcale remplace les rites de magie et de mystères avec l’émergence des religions monothéistes patriarcales universelles.

La femme peut, à l’heure actuelle, décider d’avoir des enfants :
Quand elle veut, grâce à la contraception.
Avec qui elle veut, grâce à l’évolution des mœurs.
L’assumer seule, grâce à son salaire.
Certaines femmes désirent sortir de leur rôle biologique et réfléchissent à procréer ou pas. Les méthodes de procréations assistées permettent de se passer de l’acte sexuel pour engendrer. Ce qui pourrait réduire l’homme à un pourvoyeur de sperme et lui ôterait ainsi le rôle de père social. Face à cet état de fait, il est plus que légitime que les hommes s’interrogent et soient en crise… Il est moins légitime qu’ils attaquent les femmes et désirent reprendre le pouvoir sur elles !

Nous allons vers une société qui doit repenser la parentalité. Et il nous faut réfléchir ensemble à recréer des liens humains différents et je l’espère égalitaires. Je reconnais qu’un acteur prend place dans certaines familles et complique la donne : c’est la justice, la loi. Quand un couple, une famille se retrouve face à la « justice » pour des problèmes familiaux, c’est terrible ! Chacun attend d’être entendu et reconnu dans sa douleur, si profonde, si intense que la justice ne peut satisfaire, elle ne peut que blesser…
Ces blessures pourraient grâce à des masculinistes faire naître des guerres absurdes entre les hommes et les femmes. Dès lors, soyons attentifs et attentives à ne pas tomber dans ce piège.

Ne sommes-nous pas en train de vivre une radicalisation des religions ? Avec la crise identitaire qui en découle.
Je vais à nouveau faire référence à la chercheuse Castelain Meunier qui souligne l’utilisation de l’islam comme recours identitaire pour certains hommes.
La religion musulmane, dit elle, apparaît comme un système de protection des hommes, par le pouvoir traditionnel qu’elle est censée leur accorder. La libération des femmes y est présentée comme la cause de la dénatalité, du déclin de la famille et d’une atteinte à la propriété. La loi coranique prend sa valeur du fait qu’elle restaure la dignité de l’homme, du chef de famille, du détenteur de l’autorité !
Ainsi l’islam vient-t-il au secours du malaise identitaire masculin.

Alors, si les masculinistes tentent de réaffirmer le pouvoir patriarcal, il est important que des hommes et des femmes s'unissent pour défendre un modèle égalitaire et épanouissant de vivre ensemble, en lien avec les besoins des hommes, des femmes et des petits d'hommes.

Comme le concluait fortement en 1985 Azâdée Azâd,
« En somme l'intégration des femmes sur un plan égalitaire dans le procès de production est une condition nécessaire, mais non suffisante de leur libération. Celle-ci dépend aussi et surtout de l'abolition de la paternité sociale et de la réintégration des hommes sur un plan égalitaire dans le procès de production domestique, c'est-à-dire dans les travaux domestiques de la reproduction quotidienne et de l'éducation-soin des enfants et ce, à titre de parent maternel, d'ami ou de gardien, et non à titre de père usurpateur»
[/quote]
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

VAGINISME
par Antony » 11 mars 2021, 20:53

essayer le kit velvi ou équivalent disponible sur Amazon (je n'ai aucune action chez Velvi ni chez Amazon)
https://www.velvi.fr/Kit-Velvi-Complet
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