Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 09 janv. 2019, 23:26

POUR LA DYSPRAXIE

Avoir des cahiers avec des lignes larges
Donner des repères spatiaux : points, gommettes
Ce qui s’écrit doit d’abord être lu et avoir une copie
Expliquer tranquillement une définition au lieu de le faire par un dessin
Laisser l’enfant bouger ou parler pendant son travail
Lui apprendre à chuchoter ce qu’il fait
En dictée épeler de suite le mot difficile
Lui donner un ordinateur aves des logiciels spécifique ( géométrie )
Favoriser l’italien, ou l’espagnol. Eviter l’anglais et l’allemand[/quote]

Messagepar licornemagique » 09 janv. 2019, 23:32
http://www.aptemploux.info/ca-m-interes ... ntDialog=1
Grossièrement c'est la facilité d'apprentissage qu'il y a dans la cohérence, entre l'écriture des mots, et la prononciation de ceux ci.
Cela est plus parlant avec les mots irréguliers que l'on trouve plus souvent en anglais par exemple.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 10 janv. 2019, 15:58

LA JALOUSIE

Rares sont ceux qui n'ont jamais ressenti une pointe de jalousie. Bien qu'elle soit loin d'être une preuve d'amour, elle a tout de même tendance à nous faire réaliser qu'on tient à l'autre.
Mais comment faire pour qu'elle ne mette pas en péril notre relation amoureuse ?
Bien que la jalousie semble « naturelle », elle est le résultat d'un manque profond de confiance en soi. C'est comme si tout autour était meilleur alors l'insécurité s'installe et la peur de perdre l'autre prend le dessus. À la base, on ne peut pas considérer la jalousie comme un sentiment malsain, c'est plutôt ce que nous en faisons qui peut le devenir.

La jalousie maladive
Pour certaines personnes, la jalousie peut devenir une obsession.
Elles perdent totalement le contrôle de leur raison et la méfiance est toujours à son maximum. Elles passent le plus clair de leur temps à s'imaginer des situations que leur partenaire vit avec d'autres personnes. Elles n'ont qu'un but, celui de chercher tous les indices possibles qui leur ferait découvrir la terrible « vérité », soit l'infidélité de l'être aimé. L'anxiété qu'engendre ce sentiment de menace leur fait imaginer le pire!
Pourtant, dans bien des cas, le partenaire n'a rien à se reprocher. Chacun de ses faits et gestes est analysé dans les moindres détails et tout devient alors une preuve tangible. Le partenaire souffre beaucoup dans cette relation. Malgré les nombreuses tentatives à rassurer, les soupçons demeurent et la relation devient très nocive.
La personne qui souffre d'une jalousie maladive voit son estime de soi diminuer au fil des crises. Elle est convaincue qu'elle ne mérite par l'amour de l'être cher et elle croira que la rupture est le seul moyen de mettre un terme à cette relation devenue intolérable. Le sentiment de trahison est devenu trop fort pour croire que le couple peut continuer.
Malheureusement, si un travail psychologique sur soi n'est pas effectué, la prochaine relation sera tout aussi néfaste.

Comme la jalousie ne devient pas névrotique du jour au lendemain, il est important d'effectuer des démarches dès les premiers signes. Le simple fait de prendre conscience qu'elle peut devenir un problème au sein du couple aide à ce qu'elle n'empoisonne pas la relation.
Regardez objectivement le comportement de votre partenaire
Si une situation vous embête et vous vous sentez menacé, prenez une grande respiration, relaxez et inversez les rôles. Dans bien des cas, vous verrez que votre crise n'a pas sa place. Mettre les choses en perspective nous aide à réaliser que nos sentiments sont peut-être exagérés...
Analysez la tristesse qui se dégage de votre jalousie
Posez-vous des questions lorsque vous ressentez la jalousie. Ai-je peur de le ou la perdre? Est-ce que je me sens rejeté, humilié? Est-ce vraiment une menace? Vous pourrez alors prendre conscience de ce qui se cache derrière ce malaise.
Parlez-en!
Discuter avec l'autre de ce que vous ressentez lui permet de mieux comprendre ce qui se passe dans votre tête. Il ou elle pourra éventuellement modifier les comportements qui vous blessent.
Apprenez à faire confiance
Arrêtez de croire à vos craintes imaginaires et oubliez vos scénarios qui vous font imaginer le pire. Baser sa relation amoureuse sur un tel malaise vous empêche de vivre pleinement tout l'amour que votre partenaire essaie de vous transmettre. Sachez que, s'il (elle) partage sa vie avec vous, c'est qu'il (elle) est heureux(se) de le faire.

LE DELIRE DE JALOUSIE

Forme majeure de la jalousie pathologique, comportant une conviction erronée, systématique et inébranlable d'être trompé, apparaissant sans motif valable, avec fréquente ou même incessante recherche de "preuves" par le ( la ) patient (e) et véritables interrogatoires policiers.
Un processus sans retour peut également être observé à partir d'éléments réels, ou que la (la ) partenaire harassé(e) en arrive à réaliser ce qui ne l'avait pas été : source de catastrophe.
Des actes médicolégaux sont possibles, avec même parfois meurtre du partenaire ou du rival supposé (comme l'Othello, de Shakespeare).
Ces états psychotiques demandent à être pris en charge par la psychiatrie. Ils peuvent conduire à l'internement.
Le délire de jalousie a été classé par G. de Clérambault (1921), avec l'érotomanie et le délire de revendication, parmi les délires passionnels ou "en secteur", que la personnalité soit paranoïaque ou non.
Un état schizophrénique est aussi observé.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 11 janv. 2019, 10:56

LE BONHEUR

Loin de moi l'idée de " ternir " cette sensation de bonheur qui nous anime plus ou moins tous un jour où l'autre, et sans justificatif particulier ( gagner au loto, être amoureux, etc... ) elle existe bien, et peut " nous prendre " parfois n'importe quand, à notre table de travail, dans un tram, ou au fin fond de l'Amazonie, elle est certes " induite " par notre subconscient, et l'environnement dans lequel nous nous trouvons dans son immédiateté, mais aussi par le bon état de nos viscères ( ! ) un " truc " qui s'est dégagé tout seul dans notre inconscient " où un moment ténu quand le stress a lâché prise un millième de seconde ( !) une pensée qui ne vient pas jusqu'à la conscience mais frappe à sa fenêtre ( ! ) ou encore par mille autres motifs tout aussi hétéroclites et personnels pour chacun d'entre nous.
C'est pourtant malheureusement dire que nous ne sommes pas tous à la même enseigne, et que si pour certains " cela peut revenir " pour d'autres il faut un réel climat de " sécurité psychique "pour en retrouver les bienfaits. N'est pas " en bonheur " qui veut, mais qui peut ! ( à part ceux qui pratiquent sa recherche spirituelle dans des techniques ancestrales ).
Mais je voudrais approfondir avec vous ce sentiment, cette sensation éclatante et bienheureuse ... qui est également en corrélation avec nos cellules, et peut tout simplement agir sur notre santé physique, autant que mentale. D'où mon intérêt pour le psychodrame de Moréno ( jeu de rôles ) etla Méthode Simonton ( scénario de santé mentale individualisé contre la survenue d'un cancer ou d'une maladie grave ).

Et cette logique implacable : que si nous ne savons pas, cela ne veut pas dire que " ça n'existe pas ". Là encore, c'est une réponse qui nous est donnée pour une question que nous n'avons sûrement pas bien posée !
Ce que toute personne vient expérimenter lors de sa thérapie, c'est : - Voilà, j'ai mal ici ou là, je suis malheureus(e) en moi avec des tas de symptômes qui me pourrissent la vie, alors je viens vous voir pour chercher avec vous la bonne question qui s'emboite avec cette mauvaises réponse ! ( D'où l'expression : mettre la charrue avant les bœufs ! )
" Mais Docteur, si d'un coup vous la savez, ne me la dites pas ! Parce que c'est moi qui doit la trouver tout(e) seul(e) pour en guérir."
C'est pour cela que c'est génial la thérapie, et les psys ( qui ont compris ! )

Comme il est impossible de " capter ", d'emprisonner, de " définir cet état fugitif de " béatitude " bienheureuse qui nous arrive d'un seul coup, sans rimes ni raison ( ! ) je vais, pour vous, benoîtement le comparer à un flux d'amour soudain libéré par les cellules de mes systèmes sensoriels. Donc… mes neurones vont alors produire une pensée très agréable qui va à son tour communiquer directement par voie nerveuse, ou indirectement par les sécrétions de certaines de mes cellules glandulaires, avec différentes cellules de mon corps... etc, et l'état de bonheur dans lequel je me trouve est le résultat de la réaction de millions de cellules, responsables chacune d'elle de telle ou telle fonction, qui sous l'intant vécu, va induire cette pensée heureuse, cet état émotionnel correspondant au bonheur. Un bonheur cellulaire !
Et très logiquement; il en va ainsi des pensées malheureuses.
Donc, si j'accepte que ce que je ressens, ou pense, est le résultat de ce que ressent et " pensent " mes milliards de cellules, alors je dois ( par ex ) admettre que cette spiritualité que je croyais si personnelle, si intime, n'est que la résultante de mes réactions biochimiques !
Et si mon esprit me donne l'impression d'être moi, c'est simplement parce que ces réactions biochimiques mettent en jeu toutes mes cellules, au point que MES CELLULES SE CONFONDENT AVEC MOI.
Idem en thérapie : quand je pointe un stress mal géré, ce sont mes propres cellules qui sont dépressives ( ! ) Et quand nous sommes tristes, ce sont nos cellules qui le sont.
Et en partant de cette " conscience des cellules " de leur souffrance, de leur " suicide ", il y a beaucoup à dire sur le suicide d'une personne, que ce soit par le cancer, ou tout autre sénario de désespoir. Mais pour l'instant, ce n'est pas notre propos.
Mais si le " bonheur " s'invite chez vous aujourd'hui, c'est que vous avez déjà acquis, par la force des choses, de par votre structure physique et/ou mentale, d'une façon inconsciente ou pas, le gôut du bonheur...
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 14 janv. 2019, 09:15

LES PSYCHOTRAUMATISMES

Sous le terme « psychotraumatismes », on entend « toutes les conséquences psychologiques de la confrontation brutale d’un individu à une agression ou à une menace pour sa vie ou celle d’autres personnes présentes lors de l’agression ». Ce sont des troubles plus fréquents qu’on ne pourrait le croire. Ils vont concerner entre 6 et 10% de la population. Et dans certains cas, ils peuvent conduire à des souffrances psychiques majeures et très invalidantes. Le psychotraumatisme est pourtant un trouble encore très méconnu et bien qu’on sache aujourd’hui qu’un pronostic favorable de l’évolution de la maladie dépend pour beaucoup de la précocité de la prise en charge, même les médecins n’ont pas toujours été formés à les reconnaître. On a tous, bien sûr, entendu parler de « cellules d’urgence médico-psychologiques » après les grandes catastrophes naturelles ou les attentats collectifs. Et les médias mettent volontiers alors l’accent sur le caractère potentiellement traumatique de ces évènements très marquants aussi pour le grand public. Mais, il existe d’autres types de violences plus quotidiennes et moins visibles pour le commun des mortels. Les violences individuelles et en particulier les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants sont aujourd’hui encore banalisées, et même quelquefois vécues comme stigmatisantes. Pourtant, les viols et violences laissent des séquelles indéniables et ont, en particulier, un retentissement sur le développement psycho-affectif des enfants.

Le psychotraumatisme
La réaction de stress immédiat qui se produit suite à un événement de grande violence que l’on aurait à subir est tout à fait « normale ». Elle est « adaptée » aux circonstances et dans la très grande majorité des cas, elle est de courte durée : on parle d’« état de stress aigu ». Parfois cependant, ces troubles vont s’installer dans la durée et de manière plus ou moins grave. Pour certains, ils peuvent être même très sévères. On va parler alors d’« Etat de Stress Post-Traumatique » (ESPT).
L’« Etat de Stress Post-Traumatique » est une pathologie psychiatrique à part entière (qui va concerner entre 6 à 10% de la population sur la durée de toute une vie). Il est deux fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes et est très souvent associé à une dépression et/ou un problème d’addiction à l’alcool ou à d’autres substances.

Au sens strict, on peut craindre un psychotraumatisme lorsque « la personne a vécu, ou a assisté à, un ou plusieurs évènements impliquant pour soi ou pour autrui, une menace, réelle ou évaluée comme telle, mettant en danger la vie ou l’intégrité physique ». La nature de l’événement traumatique constitue le premier facteur de risque d’un Etat de Stress Post-Traumatique. Très clairement, « les catastrophes d’origine humaine sous-tendues par une intention de nuire » sont davantage pourvoyeuses d’ESPT (attentats, agressions, braquages) que les catastrophes naturelles. Ainsi, le viol occasionne 60 à 80% d’ESPT contre 5 à 10% après une catastrophe naturelle et 10 à 30% après des attentats.

Face à un même évènement, chacun réagira différemment. Et même après un évènement traumatique d’une exceptionnelle gravité, tout le monde ne développera heureusement pas un Etat de Stress Post-Traumatique. Il n’y a pas de facteur de personnalité identifié qui prédisposerait à développer un ESPT. On peut même dire que toutes les victimes de violence sans exception sont susceptibles de développer de tels troubles. Tout va dépendre de la nature et des circonstances de l’événement traumatique et de la façon dont il est perçu par le sujet dans son histoire. Car certains évènements traumatiques antérieurs peuvent avoir un rôle vulnérabilisant. La notion de « support social » et « la façon dont l’événement traumatique est perçu par la société » revêtent aussi un rôle majeur. Par exemple, les combattants des deux guerres mondiales étaient considérés comme des « héros de la France » et il y eut (toutes proportions gardées) peu d’ESPT. A l’opposé, la guerre du Vietnam aura fait plus de décès par suicide aux Etats Unis que de morts au combat… C’est la « situation traumatique » qui est « anormale » et non la réaction de la personne face à cette situation. Et la majorité des personnes (75 à 80% environ, tout dépend du type de traumatisme) va réussir à surmonter l’événement traumatique.

En fonction de l’évolution des symptômes dans le temps, on va distinguer les troubles immédiats et post-immédiats (Etat de Stress Aigu) qui sont une réaction normale et adaptative face à un événement violent et grave, et les troubles chroniques (Etat de Stress Post-Traumatique) qui peuvent eux durer très longtemps, voire toute une vie en l’absence de traitement.
Dans les premières heures, différents comportements peuvent se manifester: la personne peut montrer une agitation anxieuse très expressive comme des pleurs, ou au contraire avoir un comportement hyper-contrôlé, apparemment calme et le risque alors est d’en sous-estimer la gravité. L’intensité des symptômes présentés n’est pas toujours en relation directe avec l’intensité de la violence de l’évènement traumatique ce qui peut participer à la sous-évaluation diagnostique. Cette phase de désarroi est transitoire. Mais les sentiments de peur, de culpabilité, de honte sont quasi constants même s’ils sont plus ou moins manifestes. Certaines personnes vont réussir plus facilement à surmonter le traumatisme car elles ont pu, durant l'évènement traumatique, mettre en œuvre tous leurs moyens de défenses physiques et psychologiques, par exemple crier, fuir, élaborer des stratégies. D’autres présenteront des manifestations cliniques initiales plus sévères et inquiétantes ("dissociation péritraumatique", "détresse péritraumatique").

L’Etat de Stress Post-Traumatique
Au delà d’une période d’un mois, on va parler d’Etat de Stress Post-Traumatique, et à partir de 6 mois environ, d’Etat de Stress Post-Traumatique chronique. Parfois, il arrive que l’Etat de Stress Post-Traumatique se déclenche de façon différée chez une personne qui n’avait pas présenté de signes de stress aigu.
Dans tous les cas, l’Etat de Stress Post-Traumatique associe trois grands groupes de symptômes :

1) Le « syndrome de reviviscence »
il s’agit de souvenirs intrusifs de l’événement traumatique, suscités par tout ce qui peut y être associé : un bruit, une odeur, une image… Ces souvenirs sont sources de longues ruminations (ressassements), mais également de « flashbacks », de cauchemars et de réactions de peur. C’est « comme si » l’événement traumatique allait se reproduire. Ces ressassements sont toujours vécus avec une angoisse intense qui peut envahir parfois tout le quotidien.

2) Le « syndrome d’évitement »
la personne va alors éviter toutes les situations qui réactivent l’angoisse. Il peut s’agir aussi bien d’un lieu que de circonstances qui pourraient sembler trop similaires ou même de pensées. Le patient va chercher à « éviter » ses propres pensées en se repliant sur lui-même, dans un monde imaginaire, voire dans l’amnésie de l’événement traumatique.

3) Le syndrome d’hyperréactivité neuro-végétative
ce sont des signes d’« hyper-vigilance » ou d’« état d’alerte quasi-permanent ». La personne va alors pouvoir présenter des réactions de sursaut ou une grande irritabilité, ou encore une hypersensibilité, ou bien des troubles de l’attention et de la concentration, ou enfin un sentiment de profonde fatigue physique et psychique.

A plus long terme, **l’Etat de Stress Post-Traumatique** peut entraîner de véritables modifications de la personnalité avec une attitude méfiante et hostile, un retrait social, des sentiments de vide et de perte d’espoir, de menace et d’insécurité permanente, de détachement affectif.
**Dans 75% des cas, il existe une pathologie associée** et c’est bien souvent à cette occasion qu’est fait le diagnostic : - les dépressions sont très fréquentes (50%), mais également les troubles anxieux (attaques de panique, agoraphobie, trouble anxieux généralisé), les conduites suicidaires (particulièrement chez les victimes de violence sexuelle dans l’enfance), les troubles du comportement alimentaire, troubles du sommeil et les troubles sexuels. Les addictions (alcool, drogues) vont concerner 30 à 50% des patients.
Lorsqu’ils ne sont pas pris en charge, les psychotraumatismes peuvent avoir des conséquences lourdes sur la vie affective, sexuelle, professionnelle, sociale.

Dans la première période de stress aigu (état de stress aigu), il est important de consulter auprè d’un spécialiste. Celui-ci saura donner les premiers conseils et orienter sur les démarches à suivre. Il ne va pas prescrire en principe de médicament. Quelques consultations sont cependant souhaitables pour dépister précocement l’éventuelle apparition d’un Etat de Stress Post-Traumatique. La grande difficulté, dans les moments qui vont faire suite à l’événement traumatique, tient surtout au caractère assez peu prévisible d’une évolution de l’état de stress aigu à celui d’Etat de Stress Post-Traumatique.
Il est particulièrement important de faire établir un certificat médical initial, même en l’absence de toute blessure physique. Ce certificat doit être préférentiellement établi dans une consultation spécialisée. Il sera la pièce essentielle tant dans le contexte d’une procédure judiciaire que pour la prise en charge des soins ou pour faire reconnaître un éventuel accident du travail.
La psycho-éducation peut avoir également un rôle essentiel. Le simple fait de se voir expliquer par un spécialiste que les symptômes ressentis n’ont rien d’ « anormal », le fait de s’entendre décrire par avance les différentes possibilités d’évolution peuvent soulager considérablement l’angoisse légitime de la personne et de ses proches.
Il existe également des brochures explicatives qui sont disponibles dans toutes les consultations spécialisées. S’il s’agit d’un Etat de Stress Post-Traumatique constitué : Le traitement repose d’abord sur les psychothérapies spécifiques :
*** Thérapies cognitivo-comportementales surtout, la thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, très utilisée dans cette indication. Cette technique apparue dans les années 90 permet d’aider au retraitement des informations dans le cerveau avec des résultats notables).
*** Les thérapies d’inspiration psychanalytique prenant en compte la spécificité du psychotraumatisme sont de plus longue haleine. Quelle que soit la psychothérapie utilisée, le praticien doit bien connaître les particularités du psychotraumatisme et il est préférable de s’adresser à des consultations spécialisées.
Au niveau médicamenteux : certains antidépresseurs, agissant sur la recapture de la sérotonine, sont souvent prescrits. Ils ne se substituent pas aux psychothérapies, qui sont indispensables à ce stade, mais complètent leurs résultats.

S'en sortir.
Pour les **états de stress aigus** : il s’agit d’une réaction adaptative et non d’une pathologie et l’évolution spontanée est dans 75 % des cas favorable.
Pour **l’Etat de Stress Post-Traumatique** : le taux de rémission est très variable selon les circonstances : de 8 à 89% selon le type d’événement traumatique. Plus la durée d’évolution augmente, moins bon peut être le pronostic.

A qui s’adresser ?
A l’INAVEM (Fédération nationale d’aide aux victimes et de médiation) qui peut fournir toutes les informations et coordonnées nécessaires, notamment des consultations spécialisées (sur tout le territoire national) dans la prise en charge du psychotraumatisme.

Quelques conseils à l’entourage
Laisser la victime d’un événement traumatique parler et répéter un nombre incalculable de fois la scène. Durant les premiers jours, il s’agit d’une réaction normale d’élaboration psychique, une recherche de sens. Ce « partage social » qu’offre l’expression verbale de ses émotions, même s’il est difficile pour l’entourage, contribue à une évolution positive. Autant que possible, il est important d’aider la victime à vivre normalement : les conduites d’évitement, en particulier, renforcent l’angoisse et peuvent faire le lit d’authentiques phobies.
L’information sur les suites possibles est primordiale. Si la personne victime d’un psychotraumatisme connaît les symptômes de l’ESPT, elle pourra comprendre ses réactions et oser s’exprimer dès l’apparition de certains signes cliniques. Elle ne craindra pas de paraître « faible ». Le silence ne peut qu’augmenter son niveau de détresse. Le soutien, la bienveillance vont aider la personne à mobiliser ses propres ressources.
Une hyper-protection même si elle est bienveillante n’est pas positive. Lorsque quelqu’un a « subi » dans une totale impuissance un événement traumatique, tout doit être fait par la suite pour lui permettre de reprendre le contrôle de sa vie.
Le « sentiment de culpabilité » et « la culpabilité » sont deux choses distinctes car « le sentiment de culpabilité » n'est pas rationnel. Bien que les victimes ne soient pour rien dans l’événement vécu et que le « sentiment de culpabilité » ne s’exprime pas de la même façon pour tous, ce dernier est constant et exacerbé chez toutes les personnes ayant subi des violences. Il fait partie intégrante du trauma.

Un ouvrage est mis à disposition du lecteur par l’Association « ABC des Psychotraumas », au nom du réseau français de recherche clinique et fondamentale sur les traumatismes psychiques.
Il a pour objectif de décrire les différents aspects autour du trauma, de le conceptualiser, d’en analyser les bases biologiques, d’approfondir sa clinique, d’en identifier les formes cliniques et d’explorer les stratégies thérapeutiques des troubles post- traumatiques. Il est destiné à un large public, mais plus spécifiquement aux étudiants en psychologie et en psychiatrie, et aux professionnels travaillant auprès des patients souffrant de troubles post-traumatiques (infirmiers, assistants sociaux, éducateurs, psychologues, psychiatres, etc.).
Ce livre ne comporte pas moins de 488 pages A4 et se divise en 6 grandes sections : Vers le concept de psychotrauma/ Neurobiologie du psychotrauma/Clinique du trauma/Formes cliniques du trauma/La prise en charge du trauma/Pour aller plus loin. Il ambitionne de donner une lecture complète et intégrative des connaissances sur l’histoire et la genèse des troubles jusqu’à la prise en charge thérapeutique spécifique.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 16 janv. 2019, 14:12

QUAND L'AUTRE NE VEUT PAS
Post d'un internaute à qui sa femme se refuse, et qui lui touche la nuit ses parties génitales pour se " libérer " de sa tension sexuelle
Un autre internaute lui répond que ce n'est pas " normal ", et lui avance les condamnations pour viols et attouchements .

*** Ce qui n'est pas " normal ", c'est que devant le désir sexuel et la frustration de son compagnon ( sexuel donc ) la femme reste dans le même lit que lui en sachant la torture physique et mentale qu'elle lui inflige.
C'est cela qui n'est pas normal.
Elle est là, la perversion.

Je considère qu'il est " normal " de trouver, entre personnes qui s'aiment ( ? ) un compromis urgent, pour que justement cela ne dégénère pas en drame.
D'où ma proposition ( désolante je l'accorde ) de cesser ce compromis dangereux en allant voir d'urgence des prostituées.

La loi n'est pas au cas par cas, elle est violente et faite pour l'ensemble des citoyens.
En ce moment, et heureusement, les viols et violences physiques et mentales sont sous la lumière, et vont permettre à des milliers de personnes ( hommes, femmes, enfants ) de retrouver sinon une " réparation ", du moins une dignité humaine.
Mais " cette LOI " ne fait pas, et ne fera pas l'économie des dérives occasionnées par la haine et l'obscurantisme de tout un lot d'obsédés et de malades mentaux, qui trouvent, et trouveront là plus encore pâture à leurs obsessions.

Pour moi, vous mélangez les genres.
Votre indignation vous honore, sauf qu'à mon sens il est inutile d'en rajouter au désarroi de Morisphil, qui n'a rien fait d'autre que de tenter de résoudre ses pulsions, avec le pardon ( ? ) de sa compagne, qui loin de la compréhension, et du dialogue, continue ( peut-être ? ) dangereusement, et ou, sottement, de le mettre " en faute ". Flattée peut-être de son " pouvoir séducteur ", qu'elle prend romantiquement pour de l'amour, en lui déclenchant de si belles ardeurs.
C'est quand c'est défendu que le désir s'aiguise, et c'est dans ce registre que jouit ( innocemment ou pas ) cette jeune femme ignorante.
Non, Morisphil n'est pas " coupable ". Mais parce que c'est un homme et qu'il désire sa femme il le sera malheureusement, dès lecture de ce post, s'il persiste dans ses attouchements en n'allant pas voir de prostituées.
Et cette solution est toute aussi intolérable.
De plus, nul ne sait combien de temps il s'en accommodera.

Ne pas comprendre, ne pas réfléchir, et ne pas remédier à l'intensité des pulsions sexuelles chez certains hommes, ( et quelques femmes, mais là, on dit pudiquement qu'elles sont folles ! ) c'est les conduire à la pathologie, voire au meurtre.
C'est bien autre chose que le choix des sanctions qui taraude les juges !

Je ne parle pas des viols, tortures et violences en tout genre commises par des dégénérés ( tributaires aussi de leur éducation émotionnelle et sexuelle ) et qui doivent être lourdement sanctionnés…. non, je parle de la responsabilité des professionnels, sexologues et psychologues ( en principal ) qui vont devoir " unir " leurs connaissances pour réfléchir et informer/éduquer chacun, et chacune ( et ce depuis l'enfance, avec les mots et moyens adaptés, et thérapie de couple ) sur une sexualité épanouie, et dans tous ses états.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 17 janv. 2019, 15:54

[quote="Dubreuil"]L’interdit de l’inceste
1995- in INFORMATIONS SOCIALES (CNAF), Les figures de la parenté, N°46, 1995.
Denis Vasse, psychanalyste

C’est en 1968 que, dans le secret du cabinet de l’analyste, j’ai été interrogé avec le plus de violence sur le bien-fondé de l’interdit de l’inceste. Je ne m’étais jamais posé la question de savoir pourquoi cet interdit était fondamental, en quoi il était fondateur de la loi des hommes et comment en tant que tel, il avait une portée universelle. Respecté, en effet, il organise comme un principe l’action et le devenir humains, si la loi n’obéit pas à ce principe, l’espèce humaine se trouve menacée ?
J’entendais dire que l’interdit de l’inceste et la problématique oedipienne étaient une affaire de culture et qu’après tout prendre du plaisir avec sa mère ou son fils (jeu avec le sexe du père, bain avec le fils, etc.) n’était pas si catastrophique que cela. Tout ce qui mettait obstacle à l’immédiateté du plaisir était considéré comme entrave à la liberté. L’heure d’une liberté absolue indépendante de toute condition avait sonné. L’objet du plaisir prenait la place de l’Autre du désir, l’Autre comme origine du désir.
A l’époque, on pouvait lire : « il est interdit d’interdire », mais la voix du divan m’apprenait au même moment que s’instaurait par là la tyrannie la plus aveugle : celle du plaisir sans limite. A l’analyse des effets de la loi fondée sur l’interdit de l’inceste, nous apprenons qu’il est bien autre chose qu’un plaisir arbitraire d’interdire le plaisir. J’étais bien placé pour entendre à quel point l’absence ou la transgression de l’interdit de l’inceste entraînait dans la spirale du mutisme et dans l’enfer d’une vie déniée dans l’acte même où elle se donne : entre l’homme et la femme, en eux.
Je réalisais que l’interdit venait heurter de front la tendance à l’inceste inhérente à l’amour du premier objet : la mère.

Une tendance universelle
Il existe une tendance universelle vers l’inceste qui conduit l’enfant dans l’élan de son amour vers ses père/mère/frère/sœur/. L’enfant naît d’un père, d’une mère et de leur alliance, de la parole qui est née , et qui naît entre eux et dans laquelle nous somme fils ou fille, inscrit dans la généalogie de droit et non seulement dans une succession de fait. Les parents ne sont pas à l’origine de la vie mais ils sont la figure de son commencement. L’axe de la vie est orienté par la parole qui détourne le sujet de son engloutissement répétitif dans le même et l’ouvre à l’altérité du désir.
L’espèce humaine doit son être à la parole en acte qui spécifie l’homme de génération en génération. Or, quand personne n’interdit l’inceste, il n’y a plus filiation, mais reproduction. La filiation est le lien qui unit un individu à son père et à sa mère : tout en l’inscrivant dans la suite des générations, elle le réfère à l’origine qui n’est pas réductible à son commencement, à sa mère ni même à la combinaison de ses parents. Par son nom, il est référé à la parole originaire, et c’est elle qui, au même titre que son père et que sa mère, spécifie le fils en tant qu’homme.
La perturbation de cette filiation provoque le trouble dans l’espèce humaine : elle fait de la parole et de sa promesse un mensonge. Si le don de la parole ne s’incarne plus dans la génération, l’homme perd en perdant sa qualité de fils.

Le non-interdiction de l’inceste met l’homme dans la situation périlleuse de vivre une vie qui ne serait pas la sienne en vérité. La tendance incestueuse est inhérente à l’homme qui cherche dans l’immédiateté objective la satisfaction de ses pulsions. Quand il en est ainsi, il n’y a plus d’altérité, le désir s’éteint et le Sujet avorte. L’homme ne serait plus qu’un moi-ma-mère ou un moi-mon-père ou un moi-mon-fère. Ainsi posé dans le champ primordial des objets, l’interdit a une fonction : celle d’ouvrir le besoin de l’homme. Il l’ordonne au réel, à l’au-delà de l’imaginaire, à ce au-delà du principe de plaisir que Freud, le premier, met en évidence dans la structure de l’homme.

Où commence l’inceste ?
Soumettre la génération à l’ordre du plaisir revient à nier le lien d’une filiation tissée entre le plaisir et la position du sujet parlant. Si le fait que « ça parle » inscrit, dès le commencement, le corps de l’homme dans la dimension de l’altérité et la différence – celle du désir -, tout ce qui, dans l’homme, détruit cette dimension fausse la transmission de la vie. Elle l’enferme dans une image en le rabattant sur le même, dans la confusion du réel et de l’imaginaire.
Est incestueux, en définitive, tout ce qui trouble la suite des générations et n’autorise pas la parole à se manifester dans la chair en tant que rapport du sujet à l’Autre et/ou à l’origine.
A la question : où commence l’inceste, qui est fréquemment posée, on pourrait dire que cela commence quand les sensations de l’enfant ne sont référées qu’au plaisir, celui de la mère ou le sien, au lieu de l’être à ce qu’il est, à son nom. Ou si l’on veut, au nom du père. L’inceste commence à cet endroit là. Mais tout n’est pas égal et il y a des degrés de gravité quant à la répercussion de la libido au sein de la structure.
De toute façon, la plus grave se situe au stade précoce quand la chair est touchée à un niveau préverbal, là où le bébé n’a pas pu crier, là où ce qu’il éprouve n’a pas été symbolisé dans un langage qui lui donne un statut de droit, un statut d’être parlant. Alors il ne peut répondre à et de son nom : il est le prisonnier d’un labyrinthe de sensations qui ne le mène jamais nulle part ailleurs que là où elles se répètent indéfiniment dans la succession des coups, des accidents, des agressions sexuelles dont il ne peut pas naître comme sujet.

La limite et l’interdit
L’interdit symbolise la limite. Il lui donne sens. En articulant la limite au désir du sujet – qu’il respecte ou qu’il transgresse – l’interdit donne à l’homme le droit de vivre à sa place, dans un corps qui est le sien. La loi qui régit l’univers donne à chacun sa place au milieu des autres et dans le monde. Quelle que soit la langue dans laquelle elle s’exprime, la loi des hommes trouve son fondement dans l’interdit de l’inceste.
On voit qu’à travers toutes les modalités culturelles qu’il peut revêtir, l’interdit de l’inceste fonde la loi spécifique de l’humanité. Avec lui le langage de chacun s’articule à la spécificité originaire de genre humain : la parole.
La limite en tant qu’elle concerne un sujet est dite marquée d’un interdit proféré par un autre. Si la limite matérialise la différence objective, l’interdit, lui, en fait le signe d’une différence subjective, le lieu de la manifestation du désir et de l’altérité. En tant que lieu d’un interdit, la limite renvoie à la loi à laquelle un homme doit obéir ou désobéir. C’est de ce fait qu’il est sujet, « parlêtre ». S’il en est ainsi, toute règle renvoie à l’interdit fondamental de l’inceste qui réfère chacun à la vérité d’une filiation, à son nom et à la place qu’il lui donne dans la génération et non à l’intensité des sensations qu’il éprouve.

En référence à LA MAISON VERTE de Dolto.
Parmi les limites interdites qui le structurent, une ligne de couleur sur le sol délimite une zone que les jouets à roues sur lesquels les enfants montent n’ont pas le droit de franchir. Pour franchir cette ligne et rejoindre sa mère, par exemple dans l’autre salle, le conducteur doit se désolidariser de son véhicule pour rencontrer l’être vers lequel son élan le pousse. N’y a-t-il pas déjà, là, la symbolisation de la différence entre le sujet et l’objet, entre l’enfant et le jouet dont il jouit, et la différence subjective entre sa mère et lui. C’est la loi !
Une maman dont le petit était né d’un homme marié par ailleurs et qui aurait pu être son propre père, avait trouvé cette règle insupportable. Elle trouvait qu’il était néfaste d’imposer des limites aux enfants et prônait une liberté absolue. Elle a quitté " la Maison verte " avec son fils, Olivier, dans l’intention de n’y revenir jamais.
Six mois après cette sortie, la mère et l’enfant reviennent : la vie est devenue infernale à la maison, Olivier touche à tout et la rend « chèvre ». Il n’y a plus de limite à son agitation. Le père laisse faire…, jusqu’à l’explosion de colères brutales. Malgré la complicité qu’elle tente d’avoir avec son fils, la violence s’est emparée des rapport familiaux et elle ne sait plus comment faire, livrés qu’ils sont tous les deux à l’alternance d’une tendresse incestueuse et d’une exaspération réciproque qui ne l’est pas moins.
Olivier, lui, a vite retrouvé son jeu favori avec une petite voiture : franchir la ligne. A chaque fois, l’un des accueillants lui rappelle l’interdit. A un moment, Olivier tente encore de le faire et sa mère, pleine de bonne volonté, lui fait remarquer qu’il n’a pas à franchir la ligne ! " Mais si, rétorque Olivier, je passe la ligne et, comme ça tu le dis à Denis, et il vient parler avec nous ! "
Comment mieux dire ce qu’il y a au cœur de la jouissance de toute transgression : l’appel en creux du désir de l’Autre et l’espoir d’une libération de l’immédiateté de la satisfaction. Cet appel du désir et cet espoir de sortie de soi-sa-mère, le père l’autorise en tant qu’il est porteur de la loi qui régit les sujets parlants.

Le désordre dans la génération
En revenant à des propos plus théoriques, nous tenons que l’interdit de l’inceste qui fonde la loi humaine ouvre le chemin où l’entre-dit de la parole originaire se laisse entendre de génération en génération. Il évite à l’homme un enfermement dans l’image de lui-même prise pour l’origine. Le nom qu’il reçoit l’ordonne toujours à nouveau à ce qui parle en lui et à celui qui lui parle. La lumière de la parole éclaire la vérité du désir qui fonde le sujet humain hors de la représentation qu’il a de lui-même, dans l’Autre. En répondant à son nom et de son nom, l’enfant sourit à la promesse de vivre.
Ici le nom est pris dans son sens le plus fort. Il est symbolique. Avec lui, ce que nous imaginons de quelqu’un, la réalité imaginaire, est référé à ce que nous ne pouvons pas imaginer, à la réalité du sujet ouvert au « Réel de l’Histoire ».
Ce qui trouble la référence à, et dans la parole, à et dans la vérité qui parle, met la filiation de l’homme en porte à faux. C’est qu’il se cherche dans l’image qu’il se fait de lui-même, dont il serait lui-même l’origine. Ce faisant, il ne parle plus vraiment, il n’est plus ordonné au réel par le désir et se cherche en lui-même. Il s’invente une demeure imaginaire qu’il prend pour le réel et perd la lumière qui éclaire ses pas depuis l’origine, celle de la parole et de l’alliance où il est convoqué en tant que fils.
Délogé d’une position de fils, quels que soient ses efforts pour satisfaire à la conformité d’une image enviable, l’homme finit toujours par occuper celle d’un objet de jouissance. Il y est conduit en perdant la faculté de faire valoir son droit à vivre en tant que sujet. Il perd l’accès à la parole. C’est ce collage ou cette identification à un objet, dans la jouissance, que la parole, adressée au sujet qu’elle nomme, interdit dès le commencement. Il s’agit là, structurellement, de l’interdit à l’inceste.
Dire cela, c’est entrevoir comment cet interdit est au fondement de la loi des humains, celles des « parlêtres ». Son non-respect, le collage de l’inceste, est une confiscation du on de la parole dans la chair. Avec elle, la rencontre humaine en vérité est empêchée et le désir dont elle est le lieu ne peut s’accomplir.

L’inceste fait prévaloir une connivence ou une complicité de la chair résultant toujours, même si c’est inconsciemment, de l’exclusion d’un tiers dont la parole déloge de la prison de l’image. Si rien ne vient le déloger de là, le petit d’homme ne sort jamais de la confusion : il croit être ce qu’il sent : il s’identifie à l’objet de ses sens et non plus à ce qui y échappe, au sujet de la parole.
La complicité des sens n’autorise pas à signifier une réalité de droit qui spécifie l’homme en le référent à ce qui lui donne de vivre en vérité : la parole entre trois. En la confisquant, la passion complice de l’entre-deux provoque l’exclusion du troisième avant de détruire ceux qui s’y sont laissés prendre : la mère et l’enfant contre le père, le père et l’enfant contre la mère, la mère et le père contre l’enfant. Quand l’enfant se trouve, en tant que sujet, exclu de la circulation de la parole et réduit à un objet ou à un enjeu, c’est que le rapport mère/père est lui-même incestueux. Entendons par là qu’il est la conséquence d’un complexe d’Oedipe non résolu, d’une relation homme-femme vécue sur le mode d’une jouissance passionnelle, quel qu’en soit le mode, qui n’autorise pas les partenaires à occuper une position de droit, celle du sujet parlant.
Un tel trouble dans la génération introduit le désordre dans la filiation.
En faisant obstacle à la parole dont il vit, il n’autorise plus l’homme à se reconnaître dans la vérité qui parle, il l’enfonce dans les ténèbres d’un mensonge jusqu’au délire et/ou au mutisme.
« Je suis complètement étranger à mon corps surtout le visage. Je ne sais pas qui je suis et suis perdu en moi ».
Cette perte de soi en soi est aliénation absolue, elle trahit le désordre implosif d’un désir qui, au lieu d’être ordonné à l’Autre, en est détourné jusqu’à l’inversion, en faisant du sujet un étranger à lui-même.
En lui donnant un nom qui l’inscrit dans la génération humaine, le père fait de son fils un sujet de la loi des hommes. Il l’empêche de s’identifier à l’objet de satisfaction pulsionnel de ses parents et à trouver dans cette position son sens. Il n’existe pas cette référence à la position tierce de la parole – au don originaire, au don de la vie auquel se trouvent référés aussi père et mère – la mère confisque l’enfant : il ou elle le fait parler au lieu de lui donner la parole. Sans cette référence à la parole qui fonde l’alliance entre le père et la mère, sans cette référence à l’origine de tous, l’homme s’autofabrique : comme nous l’avons dit, il cherche son identité dans l’image de lui-même, c’est-à-dire dans l’activité de son imaginaire. Ainsi il supprime l’autre, le méprise, l’efface. Livré à l’esprit de mensonge, il s’annule lui-même.
« Je suis en position de guerre permanente par rapport à mon existence même. Je serais mon propre dieu… et je me déboulonnerais constamment ».
La quintessence du fantasme de toute-puissance réside dans de tels fantasmes. En eux, l’homme se prend pour sa propre origine et la preuve en est qu’il se détruit. Chez l’enfant, et parfois chez l’adulte, ce fantasme s’illustre d’une bouche (os, oris : origine) qui s’avale elle-même.

L’interdit de l’inceste qui fonde la loi brise ce fantasme de toute-puissance. Il autorise l’espace inter-subjectif du désir entre père, mère et enfant. Cet espace n’a de sens pour eux trois – comme pour la multitude -, que d’être le lieu d’un échange originel, l’unité dans la différence qui est la vie même.
L’interdit de l’inceste – inceste veut dire : qui n’est pas chaste – marque un point de non-jouissance, c’est-à-dire de chasteté, où la parole crée l’homme, sans qu’il y ait jouissance ou consommation ou destruction de l’objet. Le fils de l’homme naît de cet engendrement de la parole dans la chair, il répond à un nom qui témoigne de la rencontre de l’homme et de la femme, de leur unité d’être et de parole, d’une différence qui ne vit pas de l’opposition imaginaire de ses termes, mais de leur référence à une commune origine.

Quand, prétendant s’adresser à un semblable qu’il réduit à rien, à un objet, l’homme n’est plus, comme ce semblable, référé à l’Autre du désir, à son origine, alors l’homme et son prochain, l’homme et la femme, deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils perdent leur nom. Ou plutôt, le nom n’a plus d’importance car il n’ancre plus chacun dans la lignée des origines.
« Le nom, disait un jeune homme délirant, c’est comme un chapeau sur la tête ». Ainsi se trouve rompue ou déniée la filiation et la génération des hommes est dans l’impasse. Le nom du père est forclos : il n’a pas pu s’écrire dans la chair en temps voulu et l’enfant livré à ses sensations ou à ses sentiments ou à ceux des autres, est orgueilleusement seul ou sournoisement jaloux. Il ne peut plus désirer l’Autre et découvrir en lui la source du désir. Il n ‘a pas accès à l’altérité qui devient étrangeté.

Alors que, sur le divan, un homme fantasmait qu’il avait « l’impression que sa mère pensait à l’intérieur de lui », il ajoutait : « j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose de très compliqué pour moi. Je n’arrive pas à me situer par rapport à mes deux parents en même temps. C’est ce qui est vraiment étrange. (…) C’est à partir du moment où j’ai eu un enfant que j’ai compris combien j’avais pu faire violence à mes parents et combien j’ai pu être soumis à une violence que je ne pouvais imaginer ».
Comment mieux dire les effets symptomatiques d’une existence marquée par l’inceste. C’est la transgression de la loi dans l’effacement ou le mépris du nom du père, l’absence de pudeur et de respect de ce qui est transmis depuis l’origine.
La tendance incestueuse refuse et refoule l’Autre. Sous prétexte qu’elle ne peut le connaître – et en jouir – elle refuse de le reconnaître. A la place de l’ouverture au réel dans la reconnaissance du sujet désirant, il y a pure jouissance et retour au même ou à rien. En lieu et place du désir, il n’y a que l’exaltation répétitive d’une jouissance de connaître ou d’une toute-puissance de savoir qui est à elle-même, sans au-delà, s’inscrit dans le registre d’un narcissisme tyrannique où l’un et l’autre s’annulent. L’intensité de la jouissance narcissique trouve sa source dans le refus de tout autre et, par conséquent, de l’Autre. Sa devise est : « Moi tout seul ». L’écho – Echo est le nom de la femme de Narcisse – répond : « Il n’y a personne ici que du vide ».
« J’ai l’impression d’être la haine – ou le refus de la vie incarné. C’est une partie de moi… Et il n’y a qu’en le disant ici que je ne suis pas dedans… J’ai l’impression de me défaire… (…) Je ne suis pas en paix avec le début de ma vie, toutes ces choses-là… ne sont pas en accord avec la vie… ».
De tels symptômes marquent la perversion du désir dès le commencement. Elle le détourne de son but jusqu’à enfouir le sujet en lui-même. Son moi devient sa tombe.

Une présence faite d’absence
La nomination laisse une trace qui articule l’absence de l’objet – ou sa disparition – à la présence de l’esprit qui le conçoit. Le nom est une présence faite d’absence puisqu’il désigne un sujet « absent » de la représentation objective. Il désigne l’invisible. Il rend présent ce qui n’est pas là dans l’image. La présence dans l’absence symbolise l’activité de l’esprit. Si l’acte de nomination fait défaut, le sujet n’est pas inscrit dans une filiation charnelle selon l’acte de la parole. Avec la forclusion du nom-du-père, les sensations du corps propre sont ressenties comme absurdes, non reliées entre elles, et le tissu du langage se morcelle dans la tête. Les mots s’y télescopent ou s’éparpillent : ils ne veulent rien dire.

« Je pense comme mon père, et mon père ne pense rien puisqu’il pense comme ma mère ! Il a un raisonnement double de telle façon que, dans n’importe quelle position, il a toujours raison. Je ne vis pas pour moi mais par rapport aux autres… J’ai l’impression que tout a été fait en mon absence, comme si j’étais étranger à la chose (sa naissance) ».
Après avoir constaté qu’il se trouvait toujours dans une situation de porte à faux et s’être étendu longuement sur ce qu’il appelait les mensonges familiaux, le patient poursuivait : « J’ai l’impression que ma mère a voulu me fabriquer à son image : on m’a forcé, c’est tout planifié, c’est pour cela que je n’ai pas l’impression d’être moi. C’est une existence larvaire… Je suis comme une éponge sur le bord d’une baignoire. Mes parents ne m’ont donné que la vie ! »
Le sujet trouve refuge, pour ainsi dire, derrière un rempart dérisoire, à l’abri de mots qui ne le concernent pas puisque le langage ne le met pas en relation avec la vérité qui, dès le commencement, parle en lui de l’origine. Tout se passe alors comme si le déni d’une filiation mensongère, inconséquente ou dangereuse, était la seule manière de tenter de vivre par soi-même, d’échapper à la réduction objectable pour se faire naître.

La parole autorise la rencontre
Quand la loi du langage, en effet, est ordonné par et à la nomination, l’être humain demeure dans la parole qui le spécifie et lui donne un visage. Il arrive que, sortant de l’étau de la psychose, une homme naisse à nouveau – à moins que ce ne soit pour la première fois ? – dans le mouvement qui associe son nom au droit, jadis – ou originellement – perdu, de vivre et de parler.
« La seule chose à quoi je peux penser, c’est mon nom… (à mi-voix). C’est pas possible ça… (il est agité et se plaint en se tenant le visage, puis en mettant les mains sur sa tête.) Qu’est-ce qu’elle m’a fait ? Ce n’est pas vrai !
(Pendant le long silence qui suit, je pense – en relation avec ce qu’il a pu me dire – que sa mère devait avoir peur qu’il bouge dans son ventre, avant la naissance).
C’est drôle j’ai l’impression que je peux bouger.
(Il pleure longtemps puis s’apaise)
Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’arrive ? (Soupirs répétés avant une ample respiration). C’est comme si j’avais le droit… (Il pleure, parcouru de sanglots qui viennent de loin.) Je crois que je vais pouvoir vous parler. »
La loi dont le père est porteur régit le rapport de deux (au moins) – la mère et l’enfant – à un tiers. Elle dit que la relation de deux, dans l’espèce humaine, n’est jamais exclusivement duelle. Une telle loi ouvre le rapport mère-enfant à un autre que l’autre (l’Autre) pour que chacun vive selon son espèce : à un autre que la mère pour l’enfant, à un autre que l’enfant pour la mère. Et, de la même façon, à un autre que le père pour l’enfant ou à un autre que le père pour la mère. Cette ouverture à l’Autre est là dès le commencement. Elle réfère chacun des termes de la relation à une origine unique, l’origine de tous et de tout. Hors de cette ouverture, il ne saurait y avoir d’homme, d’être parlant. Lorsqu’elle est occultée dès le départ, il y a le comme si – le comme si nous n’étions pas nés ou qu’il n’y avait pas eu de témoin -, le comme si d’un mensonge ou d’une torsion qui fausse l’accès à la parole, qui reprend à l’homme son droit à vivre. C’est bien ce que l’analyste peut entendre lorsque l’analysant lui dit : « Comme si du départ, y avait eu du mensonge et que j’avais pas pu faire autrement que de vouloir m’approprier les choses…, comme si à ce départ, y avait pas eu de trace, un témoin, quelque chose pour m’y accrocher, une amarre…, un endroit où ça puisse être et où je puisse me référer ».

Un interdit structurant
A envisager ainsi les choses, l’interdiction de l’inceste, on le voit, ne saurait être justifiée par l’extériorité d’un principe moral qui voudrait que soit condamné le plaisir entre la mère et l’enfant, entre les proches. Elle dégage plutôt le sujet de son engloutissement dans la sensation qui le réduirait à un objet de plaisir. Sans elle, le sujet ne peut surgir dans la lumière de la parole et la filiation humaine s’interrompt dans l’impasse d’une intensité aveuglante de la sensation. La recherche de la jouissance se substitue au respect des relations élémentaires de la parenté. Par là même, l’individu est entraîné dans la spirale dégénératrice de toute origine et, nous l’avons vu, de toute altérité. Cet aveuglement interrompt la filiation en privant chacun des hommes de son rapport à la parole originaire. Cette privation fait perdre à l’homme son identité d’être de parole.

Les familles incestueuses, en effet, sont muettes, noyautées, sans même le savoir, par une peur de parler, qui verrouille toutes les portes et qui rend fou. La peur enferme en soi-même ou, plus exactement dans l’image, dans le regard, dans la dualité spéculaire vide de parole. Elle empêche de sortir à la rencontre de celui qui vient ou qui appelle. Elle prive du droit de vivre et de parler. Elle coupe de la Parole originiaire qui donne à l’homme le droit de vivre en fils d’un Père.
S’il en est bien ainsi, on devine l’importance structurante de l’interdiction de l’inceste. Dans tous les cas de figure familiale mais, en particulier, dans celui des familles dites « recomposées ».
La loi des hommes ne saurait être transgressée, sous le prétexte que les membres de la famille de droit ne sont pas de la même chair. S’il en était ainsi, l’adoption livrerait à l’éparpillement sans fin le corps d’enfants qui, de ne pouvoir être fils ou filles, s’enfonceraient dans les ténèbres d’une insoutenable inhumanité, privés qu’ils seraient de la réalité de droit qui soutient, en eux comme en tous, la dimension de l’humanité.

Denis Vasse
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 17 janv. 2019, 16:42

TEMOIGNAGES EMDR

C’est par hasard, lors d’une promenade en mai 1987, que la psychologue américaine Francine Shapiro découvrit que ses « petites pensées négatives obsédantes » disparaissaient quand elle faisait aller et venir rapidement ses yeux de gauche à droite. Il ne lui en fallut pas davantage pour proposer l’exercice à ses collègues, l’expérimenter auprès de ses patients et créer l’EMDR, avec des résultats éclatants – notamment pour les états de stress post-traumatique (ESPT) subis par les victimes de conflits, d’attentats, de violences sexuelles ou de catastrophes naturelles.
Devenue chercheuse au Mental Research Institute de Palo Alto, le docteur Shapiro a reçu en 2002 le prix Sigmund Freud, plus haute distinction mondiale en psychothérapie. Entre-temps, soixante mille praticiens avaient été formés à l’EMDR dans plus de quatre-vingts pays, une association humanitaire était née pour intervenir après les grandes catastrophes. Les études, dont celles sur les ESPT menées par l’administration américaine chargée des anciens combattants, ont confirmé l’efficacité de l’EMDR. Les personnes traitées se comptent aujourd’hui par centaines de milliers, avance Francine Shapiro (aux Etats-Unis, chaque victime directe ou indirecte d’une catastrophe -attentat, accident d’avion… - à la possibilité d’être traitée rapidement par EMDR).

La méthode ne s’applique pas qu’aux grands chocs, mais aussi aux plus petits traumatismes, comme les expériences pénibles laissant un souvenir trop empreint de souffrance. « Venue consulter pour des angoisses et des paniques auxquelles je ne trouvais aucune cause, raconte Cécile, la quarantaine, en réponse à notre appel à témoins sur Psychologies.com, j’ai choisi un souvenir pénible où j’avais pris la fuite. Après une série de “balayages”, j’ai senti une douleur très forte dans mes jambes. Mon thérapeute m’a alors demandé de regarder ses doigts et a répondu : “OK, on va faire partir ça !” La douleur et l’émotion liées au souvenir ont disparu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais scotchée ! Puis, nous avons installé une croyance positive à la place de la croyance négative en rapport avec cette émotion. “Je suis nulle” devait être remplacé par “Je suis quelqu’un de bien”. Soudainement très calme, je me suis sentie respirer comme jamais. »
L’EMDR peut aussi se révéler efficace dans d’autres types d’affections, comme la toxicomanie, l’anorexie ou la dépression. « Cette méthode voit s’ouvrir sans cesse de nouvelles perspectives, telles la dépression sans cause traumatique ou la schizophrénie à ses débuts », explique Jacques Roques, psychologue, psychanalyste et vice-président d’ EMDR-France. Seuls les cas de psychose, les états suicidaires et les troubles cardiaques récents figurent parmi les contre-indications.

Dissocier émotion et souvenir
Souvenir et émotion négative contre croyance positive. Le secret serait-il dans la tension entre ces représentations contradictoires, dans leur évaluation plusieurs fois par séance, ou réside-t-il dans les mystérieux balayages des yeux ? Marie, institutrice trentenaire, en livre les détails : « Je devais, en restant dans mon souvenir et dans l’émotion qu’il suscitait, fixer les mouvements que la thérapeute faisait avec sa main, de gauche à droite. Une quinzaine d’allers-retours cadencés, amples et précis, larges de un mètre environ. Ensuite, nous avons fait une pause en reparlant de la scène et de mon émotion. J’avais le sentiment qu’elle cherchait à m’y faire rentrer tout à fait. Après la deuxième séquence de mouvements, je me sentais différente, plus calme. Nous avons recommencé encore deux fois, avec des pauses où l’on évaluait le degré de l’émotion. A la fin, j’étais apaisée. »

« Il y a de l’hypnose là-dedans, et beaucoup d’autres choses inspirées de la sophrologie, du comportementalisme ou des sciences cognitives », reconnaît Francine Shapiro. Mais le souvenir traumatique ne s’évanouit pas, aucun claquement de doigts ne vient effacer une portion de temps. Le réconfort ne vient pas non plus par suggestion ou relaxation, et encore moins par immersion avec « visite » des lieux du drame. Il ne repose pas sur des mots, des images ou des sons, comme dans la majorité des thérapies. « C’est différent, explique Marie. On est au cœur d’une émotion qui nous emporte, et petit à petit elle nous quitte, ou du moins va se blottir quelque part où elle ne fait plus mal. On sait qu’elle est là, qu’on l’a vécue, mais c’est un souvenir. » « Je regarde le passé autrement, précise Claire, 50 ans, consultante. Au lieu de subir, je me sens protégée et plus dynamique. »

Désactiver l’émotion
Même si l’EMDR pose en postulat que l’esprit possède, comme le corps, une capacité à s’autoguérir, on peut s’interroger sur une telle simplicité. La réponse réside dans une conception nouvelle du traumatisme, qui fait appel à la neurologie. « Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau, précise le psychiatre David Servan-Schreiber, qui a introduit la méthode dans l’Hexagone, et qui préside l’association EMDR-France. Celui-ci effectue alors un travail de “digestion” permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions vulnérables. Dans ce cas, les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l’EMDR, le mouvement oculaire “débloque” l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète son travail. »
Sans afficher de certitudes, Francine Shapiro propose un rapprochement entre l’EMDR et le sommeil à mouvements oculaires rapides, ce moment où l’on rêve mais où s’effectue également la répartition mémorielle. Car évidemment, tout repose sur la mémoire, sur l’encodage du souvenir et des émotions qui l’accompagnent. Ce qui soignerait, dans l’EMDR, c’est de « reformater » cet encodage. Replongé dans son passé afin d’être au plus près des perceptions sensorielles éprouvées au moment de l’événement, le patient est conduit, grâce à une stimulation sensorielle, à concentrer son activité cérébrale sur le présent. De cette polarisation naîtrait la possibilité de retraiter le traumatisme par dissociation de l’émotion et du souvenir. D’où le fait que celui-ci ne disparaisse pas. Il se délivre de sa charge émotionnelle, comme après un deuil.

Choisir un thérapeute agréé
Cette réactivation traumatique n’est pas sans risque. « Beaucoup de choses remontent entre les séances, raconte Cécile. J’ai eu par exemple un flash concernant un gros traumatisme subi dans ma petite enfance, dont j’avais complètement oublié l’existence. » Un traumatisme pouvant en cacher un autre, il est indispensable de pratiquer l’EMDR avec un psychiatre ou un psychologue dûment formé. Ils sont actuellement plus d’une centaine en France.

EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires.
LE PRINCIPE : « Si un événement douloureux a été mal “digéré” parce que trop violent, explique le psychiatre David Servan-Schreiber, les images, les sons et les sensations liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Le mouvement oculaire débloque l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète le travail. »
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Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 18 janv. 2019, 11:43

LES DIFFERENTES PHASES DE LA THERAPIE DU STRESS POST-TRAUMATIQUE.
( hors EMDR, avec cependant les " mêmes premiers secours " )

Lorsque l’on a été victime d’un traumatisme psychique, il est important d’être pris en charge le plus vite possible pour souffrir moins, moins longtemps, et prévenir l’apparition de séquelles.

LES SOINS IMMEDIATS : LE DEFUSING
Immédiatement après l’événement traumatisant, et surtout quand un grand nombre de personnes sont touchées ( Hold-up, accident de train, explosion d’un immeuble à cause d’une fuite de gaz, suicide en public par exemple), une cellule d’urgence médico-psychologique est déclenchée par le SAMU et les personnes impliquées ( non blessées physiquement) sont réunies dans un coin tranquille sur le lieu de la catastrophe, ou au service des urgences de l’hôpital pour les victimes blessées physiquement.
La cellule d’urgence médico-psychologique ( CUMP) est formée d’un psychiatre, et d’un psychologue ou d’un infirmier spécialisé en psychiatrie.
Alors que bien souvent les victimes sont encore en plein choc, ils sont là, offre une présence, s’assurent que la personne peut être soutenue, que l’on répond bien à leurs besoins vitaux.
Cette attitude relevant du bon sens est cependant « technique » car il faut agir sur le stress, sur l’angoisse, que les victimes soient agitées ou prostrées, les « ramener doucement dans le monde des vivants », restaurer la parole si nécessaire car « personne ne peut comprendre, il n’y a pas de mots pour raconter ça », calmer la douleur psychique, tenter de donner un sens à ce qui est arrivé. Le lien qui se crée entre la victime et le psychiatre est souvent très fort et a une grande influence sur l’évolution psychique de la victime.
Le psychiatre explique les symptômes que la victime peut possiblement ressentir dans les heures ou les jours suivants et l’invite à venir à une consultation spécialisée à l’hôpital dans les quelques jours qui suivent.
Malheureusement, quand il s’agit d’un événement catastrophique individuel, sans déclenchement de la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), en cas d’accident de voiture quand la victime est peu blessée ou quand elle découvre un proche mort de façon subite ou violente (suicide) par exemple, ce soutien psychologique et l’information qui l’accompagne font défaut et la victime est laissée seule ou avec des personnes qui en pensant « bien faire » peuvent la culpabiliser, ou enfermer le traumatisme au plus profond de la personnalité de la victime…

LES SOINS POST-IMMEDIATS : LE DEBRIEFING
Il a lieu quelques jours plus tard, quand le choc est « passé ».
S’il s’agit d’une catastrophe de grande ampleur les psychiatres, psychologues ont « trié » les personnes impliquées, pour en faire des groupes homogènes : victimes primaires ( celles qui ont été touchées directement : les gens qui étaient dans le hall de la banque où a eu lieu le hold-up par exemple), victimes secondaires ( ceux qui n’ont pas été menacées par les gangsters mais qui ont entendu les coups de feu dans les bureaux d’à côté, ou familles de personnes décédées par exemple).
Chaque victime est invitée à exprimer ses émotions, ses pensées lors de la catastrophe et à raconter en détail comment cette chose horrible s’est passée, à partager cela avec les autres.
Mettre en mots le trauma, l’horreur, c’est permettre de le ramener à la réalité, de se libérer de ce qui était impossible à imaginer « avant ».
Des consultations individuelles sont proposées ultérieurement par les psychiatres.

Le debriefing n’est pas un acte magique qui permet de « tout évacuer » et de revenir à « avant », « On parle et on oublie tout », « Les psy sont venus, tout va bien ».
Il permet simplement de faire prendre conscience à la victime que le choc a bien existé, qu’il n’est pas effaçable, qu’il peut devenir éventuellement un poids trop douloureux, que des symptômes handicapants peuvent survenir mais qu’une psychothérapie adaptée au psychotraumatisme permettra d’en guérir et de rendre la vie possible.
Le debriefing est une condition certes nécessaire à une évolution positive des victimes mais pas suffisante, il ne peut avoir d’intérêt que s’il est accompagné d’un suivi à long terme.
Il doit permettre aussi à la famille et aux proches d’être informés par la remise d’un document sur les effets et conséquences du psychotraumatisme afin de ne pas isoler la victime dans son trauma.

QUE SE PASSE-T-IL POUR LES VICTIMES D’UN EVENEMENT TRAUMATIQUE INDIVIDUEL ?
La méthode du debriefing est identique dans l’absolu. Narrer en détail ce qui est arrivé, se remémorer et raconter les pensées qui étaient présentes à « ce moment-là », exprimer les différentes émotions ressenties avant, pendant, après. Tenter de comprendre, de donner un sens.
Encore faut-il que la victime seule fasse la démarche d’aller voir un service de consultation ou un psychiatre compétent en psychotraumatisme... Que sa famille et ses proches la soutiennent, et même ... qu’ils soient au courant de ce qui est arrivé...

LES SOINS A LONG TERME
Il s’agit de consultations psychothérapeutiques qui ont lieu de manière régulière.
Parfois viennent des patients qui n’ont eu ni defusing, ni debriefing, et souffrant des symptômes de stress post-traumatique.
Les thérapies comportementaliste et cognitiviste peuvent être schématisées de la façon suivante :
Le psychiatre, psychologue comportementaliste expose le patient à des situations ( par la parole, la suggestion) qui lui sont douloureuses et qui ont un rapport au trauma, en l’ayant au préalable mis en condition relaxante. C’est un peu de la désensibilisation.
Le patient apprend peu à peu à faire face à son événement traumatique, à l’évaluer et à modifier son comportement.
Le psychiatre,psychologue cognitiviste amène le patient à restructurer sa vision de l’événement traumatique, à retrouver sa place dans son déroulement, à l’objectiver afin de le comprendre, de le contrôler, de perdre la culpabilité qu’il ressent éventuellement.
Le patient peu à peu apprend à faire face, à quitter son statut de victime.
Dans les deux cas, le but est que le patient puisse vivre normalement avec son trauma, qu’il utilise les différentes stratégies proposées pour faire face à des séquelles de symptômes.
D’autres thérapies telles que l’hypnose ou l’ EMDR pratiquées par des psychiatres, psychologues peuvent également être une technique utilisée pour parvenir aux mêmes fins.
LA PHARMACOTHERAPIE
En association avec la psychothérapie, elle est faite pour aider le patient à surmonter son angoisse, ou à limiter voire éliminer complètement certains symptômes douloureux, tels les cauchemars, ou les flash-backs.
Les molécules sont différentes selon le moment où l’on se trouve par rapport à l’événement.
En soins immédiats, sont parfois proposés aux victimes non blessées des anxiolytiques ( pour calmer l’angoisse), mais pour un temps très limité en raison du risque important d’accoutumance.
Par la suite, en cas de stress post-traumatique avéré, des molécules spécifiques et adaptées à chaque cas sont proposées : aucune molécule en France n’a reçu un « label » stress post-traumatique, mais certaines l’ont été aux USA ou dans d’autres pays d’Europe.
Ces molécules ont des effets sur la chimie des neurotransmetteurs, notamment sur la sérotonine et la dopamine qui sont impliqués dans l’humeur.
Seuls les psychiatres qui sont des médecins spécialisés en psychiatrie sont autorisés à prescrire des médicaments.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 21 janv. 2019, 09:45

PROUVER UN HARCELEMENT MORAL AU TRAVAIL

Ce n'est donc pas une seule plainte qu'il faut produire mais également toutes les preuves de harcèlement que vous pouvez. Des preuves concrètes, et des témoignages de votre entourage.
Ce sont également les mails d'insultes, les copies de une, ou des lettres adressées à votre Direction pour signaler les abus à votre encontre, l'attestation des rendez-vous pris avec votre chef de service ( par ex ) pour lui demander conseil, l'appui de votre syndicat, vos arrêts de travail donnés par le médecin, le traitement éventuel contre votre état " dépressif ", un suivi psychiatrique, une proposition de travail en mi-temps thérapeutique pour raisons de fatigue nerveuse, etc... qui feront que votre plainte aux prudhommes aura plus de chance d'être prise en considération.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 23 janv. 2019, 23:26

LA DETTE

*** ( extrait d'un récit )
Elle garde le silence.
- And the price ?
- Concernant le prix, la liberté d’être ce que l’on est, et celle de dire ce que l’on pense, n'a pas de prix, donc pas de valeur marchande.
- En ce moment je ne travaille pas, je suis intermittent du spectacle.
- Je vous propose de payer assez pour vous rappeler votre engagement, mais adapté à vos moyens pour ne pas mettre votre quotidien en péril.
- Je ne touche que le minimum vital !
- Mes honoraires s’élèveront au double de ce que vous pensiez me donner.
Il respire fort :
- J'entends bien, mais j'ai des achats à faire, moi ! j'ai serré trop fort la première corde du violoncelle, avec les autres enfiévrées ça va monter haut !
- En échange de votre parole, vous déposerez l'argent sur la petite table, continue-t-elle imperturbable.
- Je ne voudrais pas être grossier, mais là vous me prenez vraiment pour un abruti !
- Pourtant, dites-vous, c'est le violoncelle qui vous abrutit.
- Ce n'est pas parce qu'il est à ma place que vous devez me compter double !
- Et si vous souhaitez entreprendre cette thérapie, vous me réglerez à la fin de chaque séance, ceci pour ne pas créer de dépendance.
- Un petit acompte alors ! renonce-t-il ulcéré. Dix euros par séance, je ne peux pas faire plus !
Elle ne répond pas.
- Quinze euros ! Non, vingt euros pour les deux, et le complément à la fin de la thérapie, c’est le maximum que je puisse donner !
- Quarante euros.
- C’est d’accord, dit-il sans sourciller.
Mais plus tard :
- C’est trop cher, je ne sais pas si je reviendrai.
Elle avait ouvert la porte en souriant :
- C'est vous qui savez.


La question de l’argent est l’un des éléments primordiaux de la démarche qui nous pousse à aller consulter, qu’il s’agisse d’un psychanalyste ou d’un psychothérapeute. On hésite souvent devant le coût, d’autant plus en période de crise ou de chômage. Payer – parfois cher – la personne qui va nous écouter nous assure pourtant un rapport sain, non assujetti à elle.
Nous payons pour parler à quelqu’un de compétent, qui ne portera pas de jugement, dans un lieu où rien de ce que nous dirons ne sera répété.
Donner de l’argent, c’est une barrière contre la toute-puissance du thérapeute.
Cela signe l’engagement du patient vis-à-vis de son psy, donc de sa cure. Il s’agit là de ce que l’on appelle “l’alliance thérapeutique”. »
Le paiement de la séance évite également au patient de se sentir symboliquement débiteur à l’égard du thérapeute.
L’argent, c’est l’irruption du principe de réalité dans un espace où se dit l’inconscient, donc le fantasme.
D'autre part, dans la vie courante, quiconque fait du bien à autrui lui crée paradoxalement une dette.
La personne en est reconnaissante mais peut en vouloir à son bienfaiteur. En effet, en l’aidant il lui aura en quelque sorte prouvé qu’elle n’était pas en capacité de se prendre en charge.
De plus, sortie d’affaire, elle ne pourra plus " briller " devant lui, un peu comme s’il était un reproche de sa conscience, elle sera gênée de ce qui s’est passé, elle lui en voudra d’avoir été obligée d’avoir eu recours à lui, elle l’évitera.
Et s’il lui a rendu un service d’argent, une fois sur deux, il ne sera pas remboursé. Inconsciemment il gardera cet argent comme le remboursement du préjudice qu’il lui a causé en l’aidant. Beaucoup " d’ami(e)s " se sont fâché(e)s à vie pour avoir ignoré ce phénomène.
Autre versant : la personne ne vous lâche plus et devient dépendante des bénéfices secondaires que vous lui apportez.
Venir en " aide " à l'autre, certes, mais en acceptant, ou en lui en demandant de suite la réciprocité.
Et vous l'avez compris, quand on vous remercie, ne plus répondre " de rien.. " ou encore : " à votre service ". Le sentiment d'avoir été humain vous appartient. Vous l'avez fait parce que vous le vouliez, tant mieux, c'est à vous que vous avez fait du bien.
A plus forte raison si cela vous en a coûté, en temps, en dérangement, ou en réflexion, ce n'est pas rien !
Vous êtes libre de vos décisions, et vous n'êtes au service de personne !
Venir en aide à l'autre, c'est la plupart du temps créer une dette loin de la " reconnaissance " que certains aurait la naïveté, ou le narcissisme, d'attendre.
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