Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 12 mars 2019, 12:53

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 13 mars 2019, 14:24

LE TRANSFERT EN PSYCHANALYSE

Jacques Lacan a eu une grande influence sur la psychanalyse française, mais son appareil conceptuel s’est progressivement éloigné de la pensée freudienne et, même s’il garde les mêmes mots, il leur attribue un sens différent : la pulsion par exemple est coupée de tout lien avec le corporel, elle est structurée par le désir de l’autre ; l’affect inconscient n’existe pas car l’inconscient n’est constitué que de signifiants langagiers. Le désir n’est plus progressivement le désir sexuel mais le désir d’être reconnu mettant l’accent sur la dimension narcissique, le désir d’être aimé fondant la demande d’analyse (Diatkine, G., 1997). La notion de transfert a aussi connu plusieurs éclairages différents au fur et à mesure de l’évolution de sa pensée. Lacan a cependant toujours refusé de considérer le transfert comme la somme des sentiments négatifs ou positifs éprouvés par l’analysant à l’égard de son analyste. Pour lui, ces sentiments sont des effets de transfert et non le transfert lui-même.
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Messagepar Dubreuil » 13 mars 2019, 23:01

LE FANTASME

Pour la plupart d’entre nous, ce sont des scénarios, comme un scénario de film avec des variantes. Ces scénarios vont avoir une base structurée dans l’enfance, qui sera posée, mais ça va pouvoir se réélaborer, se réaménager sur cette base-là, au cours de toute la vie.

Mathieu Lacambre, psychiatre hospitalier référent, président de la Fédération Française des Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (FFCRIAVS) :
Par définition, quand vous commencez à pratiquer vos fantasmes, ce ne sont plus des fantasmes, ça devient des conduites et des comportements sexuels. Le fantasme peut tout à fait rester dans une part imaginaire de votre psyché, de votre fonctionnement psychique, et tant qu’il y reste, et tant qu’il y est bien et qu’il est bien investi, il permet de contribuer à votre équilibre, y compris sexuel.
On n’est pas responsable de ses fantasmes, on est responsable de ce qu’on en fait.
Les fantasmes ce sont des productions, des constructions, et donc vous y participez, mais un peu malgré vous. C’est lié à vos expériences, c’est lié à tout ce que vous allez pouvoir recevoir en terme de stimulation, en particulier visuelles, olfactives, sensorielles. Donc vous y contribuez, mais dans la part respective de ce que pouvez, d’une manière consciente.
Il ne s’agit pas de se culpabiliser sur nos constructions fantasmatiques, mais on a la possibilité malgré tout de les orienter, en particulier quand elles viennent nous rattraper dans nos conduites sexuelles réelles et concrètes.
Donc il y a possibilité malgré tout de pouvoir orienter la production d’excitation, dans le registre fantasmatique, pour pouvoir la réinvestir dans une sexualité réelle et concrète qui soit adaptée et harmonieuse. Donc il y a des thérapies, en particulier cognitives ou comportementales, il y a la sexologie qui permet de travailler tout cet espace entre le fantasme et la sexualité éprouvée, réelle.

Très clairement, un fantasme n’est pas une fatalité. Très clairement. En plus, un fantasme ça peut être une espèce de jardin secret, qu’on va visiter tranquillement d’un point de vue imaginaire et puis un espace très serein et sympathique. Ce n’est pas forcément un problème un fantasme. Après il peut y avoir des fantasmes qui sont des sources de souffrances, et qui peuvent vous poser problème quand ils sont investis. Mais on peut par différentes manières et différentes techniques, aider à éteindre l’incendie.
Si le fantasme est adossé à la libido, c’est-à-dire à l’excitation, on peut, par des médicaments, diminuer le niveau de libido et impacter directement la production de fantasmes. Quand il n’y a plus de libido, il n’y a plus de fantasmes, donc la souffrance diminue. Avec des médicaments, de manière efficace.
Après avec des psychothérapies, avec des techniques différentes, on peut travailler le contenu de ces fantasmes, et puis ensuite on peut travailler sur la distance entre le fantasme et la sexualité agie. Donc on a différents niveaux d’intervention, qui permettent soit de retrouver une harmonie avec ses propres fantasmes, soit de pouvoir remanier sa libido, son excitation, et réinvestir de nouveaux champs de fantasme, des jardins qui étaient restés barrés.
Par exemple lorsqu’enfant, vous avez été victimes d’abus sexuels, vos fantasmes vont s’organiser autour de cette sexualité infantile fixée.
Le fait de pouvoir ouvrir d’autres jardins en disant « finalement, je peux avoir une sexualité entre adultes consentants », et bien on va ouvrir de nouveaux espaces fantasmatiques. Et du coup ça va se déplacer et le patient va investir de nouveaux champs, avec une nouvelle production de fantasmes. Alors c’est quand même assez génial l’être humain, c’est qu’on va pouvoir produire comme ça de nouveaux espaces, on va ouvrir de nouveaux jardins, qui vont être investis. Le jardin « fantasme pédophilique » va tomber en jachère, il va être envahi par des ronces et il va être abandonné. Ce n’est pas juste une métaphore, on l’éprouve dans la prise en charge de nos patients : des patients qui découvrent de nouveaux jardins et c’est assez fantastique.

Patrick Blachère, expert psychiatre, sexologue, vice-président de l’Association Interdisciplinaire post Universitaire de Sexolologie (AIUS) :
On peut tous avoir des fantaisies sexuelles originales. On peut rencontrer des sujets qui vont avoir des fantasmes, comme par exemple avoir des relations sexuelles au sommet du mont Blanc ou sur le balcon, ou sur le capot d’une voiture américaine. On est dans une fantaisie qui, si vous la vivez, ne va pas vous exposer à de grands dangers, encore qu’au sommet du mont Blanc, sur le plan cardio-vasculaire, ça peut être problématique ! Lorsque vous avez d’autres types de fantaisies, et les patients nous en rapportent en consultation, comme par exemple des fantasmes zoophiles, des fantasmes sadiques… Certains vont pouvoir être vécus de façon symbolique, dans la relation sexuelle, comme par exemple le fait de pouvoir mettre des petites menottes ou de donner une fessée dans une relation sexuelle. Mais ça, c’est quelque chose de possible si c’est symbolisable… qui peut être, par contre, une agression sexuelle si c’est imposé à l’autre ou si c’est pratiqué sur une personne vulnérable. Donc toutes les fantaisies sexuelles que l’on peut avoir, on peut les vivre de façon symbolique. Elle n’en sont pas moins révélatrices de quelque chose qui peut mal fonctionner en nous.

Odile Verschoot, psychologue clinicienne en milieu pénitentiaire, présidente de l’Association pour la Recherche et le Traitement des Auteurs d’Agressions Sexuelles (ARTAAS) :
Nous avons tous eu envie de tordre le cou au voisin, de tuer celui qui nous fait une queue de poisson en voiture… Donc l’imagination est un espace de liberté absolue qu’on se doit de cultiver. Il serait maladroit de brider les fantasmes. Le fantasme, chez la plupart d’entre nous, permet justement, en massacrant quelqu’un dans notre imagination, de ne pas l’agir. De ne pas le faire dans la réalité, de ne pas passer à l’acte, de ne pas le mettre en actes. Donc lâchons-nous dans nos fantasmes, ça ne nuit à personne. Ça peut nous mettre, nous, mal à l’aise, bien sûr, parce qu’on sait que c’est pas bien, on sait qu’on ne devrait pas, on est gêné par ces pensées hostiles qu’on peut éprouver par moment. Néanmoins, tout est permis dans l’imagination, donc ne condamnons personne et ne rejetons personne pour ce qui lui passe à travers la tête, qu’il n’a pas choisi, que peut-être il cultive, mais qu’il n’a pas choisi. C’est-à-dire que ce qui surgit dans notre tête, on ne choisit pas que ça surgisse dans notre tête, ni du moment.
Personne n’est responsable de ses fantasmes, des idées qui nous traversent l’esprit. Après, on leur accorde beaucoup de place, ou pas. Mais le fantasme, c’est pas un problème.

Brigitte Allain Dupré, psychologue clinicienne, psychanalyste jungienne, membre de la Société Française de Psychologie Analytique (SFPA) :
Le jour où vous avez envie, où vous avez le fantasme d’égorger votre belle-mère, vous acceptez d’être porteur de ce fantasme, mais qu’est-ce que vous allez en faire ? C’est là où, ce que nous les psys on appelle le « moi », le « moi éthique », le « moi » qui accepte de poser le oui et le non et de construire une position de compromis entre cette impulsion qui me pousserait à égorger ma belle-mère, et quand même « elle a le droit à la vie et il faut que je me débrouille autrement dans mon conflit avec elle ». Voilà, ça c’est le « moi éthique » qui fonctionne. Alors peut-être qu’on mettra un peu plus de piment dans sa soupe ou de poivre sur son bifteck mais ça c’est pas grave.
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Messagepar Dubreuil » 17 mars 2019, 19:40

LES MECANISMES DE DEFENSE

Les mécanismes de défenses seront présentés par niveau selon l’échelle de fonctionnement défensif du DSM-IV. Cette échelle représente une étape importante vers l’intégration de l’approche psychanalytique à la démarche diagnostique. Elle n’est pas le produit d’une étude empirique utilisant une méthode d’analyse factorielle : elle résulte d’un consensus entre cliniciens mettant en commun leurs connaissances et leurs expériences à la fois pour choisir les mécanismes de défenses présentés et pour les organiser hiérarchiquement en 7 niveaux défensifs. Elle propose des définitions opérationnelles, claires et concises, des mécanismes de défense. Elle permet de coter les mécanismes de défense habituellement utilisés par le sujet et de préciser le niveau de fonctionnement défensif actuel prédominant à partir d’une classification hiérarchique et de définitions opérationnelles des défenses.
Les 7 niveaux sont : le niveau adaptatif élevé représentant les défenses matures, le niveau des inhibitions mentales représentant les défenses intermédiaires névrotiques et les niveaux immatures avec les niveaux de distorsion mineure et majeure de l’image de soi et des autres, le niveau du désaveu, le niveau de l’agir et le niveau de la dysrégulation défensive.

Le niveau adaptatif élevé assure une adaptation optimale aux facteurs de stress. Les défenses habituellement impliquées autorisent la perception consciente des sentiments, des idées et de leurs conséquences. Y sont décrits l’anticipation, l’affiliation, l’affirmation de soi, l’altruisme, l’auto-observation, l’humour, la sublimation, la répression. Ce niveau inclut des mécanismes qui se rapprochent des processus de coping les plus fonctionnels.

Le niveau des inhibitions mentales ou de la formation de compromis est constitué de défenses maintenant hors de la conscience idées, sentiments, souvenirs, désirs ou craintes potentiellement menaçants (déplacement, dissociation, intellectualisation, isolation de l’affect, formation réactionnelle, refoulement, annulation).

Le niveau de distorsion mineure de l’image de soi, du corps ou des autres est représenté par des mécanismes utilisés pour réguler l’estime de soi. Ce sont les défenses narcissiques : dépréciation, idéalisation, omnipotence.

Le niveau du désaveu est constitué de défenses maintenant hors de la conscience des facteurs de stress, des impulsions, idées, affects ou des sentiments de responsabilité en les attribuant ou non à une cause extérieure (déni, projection, rationalisation).

Le niveau de distorsion majeure de l’image de soi et des autres regroupe des défenses produisant une distorsion majeure ou une confusion de l’image de soi et des autres (clivage, identification projective, rêverie autistique,).

Le niveau de l’agir est constitué de défense par l’agir ou le retrait (passage à l’acte, retrait apathique, plainte associant demande d’aide et son rejet, agression passive).

Le niveau de la dysrégulation défensive est constitué de défenses caractérisées par l’échec de la régulation défensive provoquant une rupture marquée avec la réalité objective (projection délirante, déni psychotique, distorsion psychotique).

Le niveau adaptatif élevé
Le principal « promoteur » de ce niveau adaptatif élevé, Vaillant (2000) le conçoit comme regroupant de véritables mécanismes de défense nettement distincts des modes de coping fonctionnels. Il insiste sur le fait que les mécanismes de ce niveau sont involontaires, s’activant automatiquement en dehors du contrôle du sujet : « Bien que plus près de la conscience que des mécanismes comme la projection ou le refoulement, les mécanismes matures ne peuvent être volontairement déployés. ». Il considère que ces mécanismes de défense, qualifiés de matures, sont « supérieurs aux processus de coping volontaires », arguant que ces mécanismes « peuvent réguler notre perception des réalités internes et externes que nous sommes impuissants à changer ». Il décrit dans ce groupe l’anticipation, l’altruisme, l’humour, la répression et la sublimation, tous caractérisés par une activation automatique échappant à la volonté du sujet. Le DSM-IV introduit une confusion regrettable en ajoutant à ces mécanismes adaptatifs, l’affiliation, l’auto-affirmation, et l’auto-observation, qui ne sont pas involontaires, qui ne sont pas des mécanismes de défense et qui correspondent à des stratégies de coping cognitives délibérées parmi les plus fonctionnelles et qui ne seront pas décrites ici.

L’humour
L’humour souligne « les aspects amusants ou ironiques des conflits ou des situations de stress » (DSM-IV). L’humour, qui s’applique à soi-même, s’oppose à l’ironie et au sarcasme qui s’exercent aux dépens des autres. Pour Vaillant (2000), l’humour est involontaire : « L’humour, comme l’anticipation et la suppression, est un dispositif de faire face si judicieux qu’il devrait être conscient, mais, presque par définition, l’humour nous surprend toujours ». Pour Freud (1905), l’humour « est lié à une condition, celle de rester préconscient ou automatique », car « le déplacement humoristique est… impossible sous l’éclairage de l’attention consciente » .
Freud considérait l’humour « comme la plus haute des réalisations de défense ». En effet, au contraire des autres processus de défense, « corrélats psychiques du réflexe de fuite », l’humour « dédaigne de soustraire à l’attention consciente le contenu de représentation attaché à l’affect pénible » dont il transfigure la connotation émotionnelle en lui adjoignant une composante positive, transformant partiellement ou totalement le déplaisir en plaisir.

La sublimation
La sublimation canalise « des sentiments ou des impulsions potentiellement inadaptés vers des comportements socialement acceptables (ex : les sports de contact pour canaliser des accès impulsifs de colère) » (DSM-IV). La sublimation permet aussi de transformer le déplaisir lié à l’impossibilité de décharger la pulsion en plaisir. Cette définition propose un double élargissement de la conception classique de Freud pour qui la sublimation concernait la dérivation de la pulsion sexuelle vers des buts non sexuels socialement valorisés, principalement l’activité artistique et l’investigation ou la création intellectuelle. La définition du DSM-IV étend clairement la sublimation à l’agressivité et élargit l’expression de la sublimation aux activités positives de la vie quotidienne. La sublimation permet également de lutter contre les affects dépressifs.

L’anticipation
L’anticipation est décrite dans le DSM-IV comme une réponse « aux conflits émotionnels ou aux facteurs de stress internes ou externes en éprouvant les réactions émotionnelles par avance ou en anticipant les conséquences d’un possible événement futur et en envisageant les réponses ou solutions alternatives réalistes »
L’anticipation, mécanisme adaptatif, reste réaliste et est à distinguer de l’anticipation anxieuse où le sujet éprouve une anxiété importante qui est renforcée par des pensées exagérant les difficultés. Cette anticipation anxieuse, loin de préparer le sujet à affronter la situation, peut entraîner des réponses dysfonctionnelles comme une attitude d’évitement.

La répression
La répression est une réponse aux conflits et stress « en évitant délibérément de penser à des problèmes, des désirs, des sentiments ou des expériences pénibles » (DSM-IV). Ces éléments perturbants sont écartés dans le préconscient et restent accessibles. La répression peut être assimilée à un oubli réversible et fonctionnel.

L’altruisme
L’altruisme est une réponse aux conflits et aux stresseurs, internes ou externes, « par le dévouement aux besoins des autres ; à la différence du sacrifice de soi qui est parfois caractéristique d’une formation réactionnelle, le sujet reçoit des gratifications soit directement par la réponse des autres, soit indirectement par procuration » (DSM-IV). On peut ajouter la satisfaction apportée par l’approbation du surmoi. Pour Vaillant (2000), l’altruisme est un mécanisme automatique qui ne peut être « volontairement déployé »
L’altruisme n’est pas toujours facile à distinguer du pseudo-altruisme classé dans les mécanismes névrotiques. Le pseudo-altruisme prend trois aspects principaux : 1) il peut n’être que le simulacre de l’altruisme : le sujet aide les autres ou fait semblant de les aider mais il poursuit inconsciemment un but intéressé ; 2) le pseudo-altruisme peut résulter d’une formation réactionnelle contre l’agressivité ; 3) le pseudo-altruisme peut, au travers du sacrifice de soi, exprimer un masochisme moral ; le sacrifice de soi peut-être un moyen de contrôle de l’autre par la culpabilité.

Niveau des inhibitions mentales et des formations de compromis
Ce niveau correspond au niveau névrotique ou intermédiaire constitué de défenses maintenant hors de la conscience des idées, des sentiments, des souvenirs, des désirs ou des craintes potentiellement menaçants. Ces défenses sont utilisées de façon prédominante par le sujet dit « névrotique ». La plupart d’entre elles font également partie du répertoire des mécanismes de défense utilisés par les sujets exempts de tout trouble psychopathologique significatif dits « non cliniques ». Les défenses intermédiaires/névrotiques « sont utilisées par tout le monde, en particulier aux périodes difficiles de la vie » (Bowins, 2004, p. 9).

Le refoulement
Le refoulement expulse « de la conscience des désirs, des pensées ou des expériences perturbantes. La composante affective peut rester consciente mais détachée des représentations qui lui sont associées » (DSM-IV). L’affect peut être déplacé, isolé ou refoulé.
En clinique, le refoulement peut se trahir par des vides, par l’absence des réponses auxquelles on s’attendrait comme à des réactions appropriées à la réalité : le clinicien n’observe pas les idées, sentiments, attitudes qu’il s’attendrait à retrouver. Le refoulement peut aussi se manifester par une absence de souvenirs.
Le refoulé, bien qu’il ne soit pas accessible à la conscience, reste toujours actif et nécessite une consommation incessante d’énergie psychique qui peut se manifester par de la fatigue, de l’inhibition, un appauvrissement général de la personnalité.
L’insuffisance ou la défaillance du refoulement permettent le retour du refoulé : 1) les actes manqués, lapsus, montrant des pensées, des sentiments, des intentions en contradiction avec les contenus conscients ; 2) les rêves révélant clairement des désirs, des pulsions, des sentiments, des pensées, différents de ce que le sujet éprouve dans la vie diurne ; 3) Ce qui est insuffisamment refoulé peut être déplacé ou projeté ; 4) des symptômes névrotiques.
Freud a insisté sur le caractère universel du refoulement : « Personne n’échappe au refoulement ». Le refoulement est un mécanisme essentiel du développement normal chez l’enfant et l’adolescent et de la santé mentale de l’adulte. Le refoulement n’est pas pathologique en lui-même. Il existe un refoulement normal. C’est son caractère excessif et massif qui est pathologique de même que l’insuffisance de la capacité à refouler, observée dans les états limites et les psychoses de l’enfant, l’adolescent et l’adulte.

Le déplacement
Le déplacement transfère « un sentiment ou une réaction d’un objet à un autre objet substitutif (habituellement moins menaçant) » (DSM-IV). Le déplacement est à l’origine de phobies.
Ce mécanisme a été particulièrement évoqué pour les phobies d’animaux dont le cas le plus célèbre est celui du petit Hans dont la peur du père est déplacée sur le cheval. Ce déplacement permet de circonscrire la peur à une situation évitable et de résoudre un conflit d’ambivalence : si l’enfant ne se sent plus menacé par son père, il peut éviter de le haïr ce qui diminue sa peur de la rétorsion et sa culpabilité. Le déplacement peut concerner une autre personne, un objet inanimé, ou une autre situation.

La formation réactionnelle
Une formation réactionnelle substitue « à des pensées ou à des sentiments inacceptables, d’autres comportements, pensées ou sentiments qui leur sont diamétralement opposés (ce mécanisme est habituellement associé au refoulement) » (DSM-IV). La formation réactionnelle vient renforcer le refoulement par le contre-investissement d’attitudes opposées au désir refoulé.
Les formations réactionnelles peuvent être localisées comme dans le cas de « l’inquiétude excessive que manifeste un petit garçon « quand son père doit quitter la maison le soir ou par temps de brouillard » » qui « indique à coup sûr des souhaits de mort refoulés ». Le désir de mort serait refoulé et remplacé par son contraire, la peur de la mort du père).
Les formations réactionnelles peuvent être durables mais limitées à une relation ou une catégorie de relation. Ainsi, une surprotection peut-être une formation réactionnelle contre l’agressivité à l’égard d’un enfant.
Les formations réactionnelles peuvent être généralisées et se manifester par un trait de caractère. Par exemple, l’agressivité contre le père peut conduire à un trait de personnalité réactionnel marqué par une attitude sociale générale de soumission.
Les formations réactionnelles ont un rôle important dans le développement normal, en particulier à la phase de latence où elle sont le fondement d’un grand nombre de nos vertus.
Il existe un niveau sain de formation réactionnelle. Les dysfonctionnements peuvent être liés à un excès d’usage de formation réactionnelle, mais aussi à une insuffisance des formations réactionnelles qu’on peut rencontrer, par exemple, chez certains sujets affectés d’un trouble de la personnalité limite ou antisocial.

L’annulation
L’annulation utilise « des mots ou des comportements visant à annuler ou à compenser symboliquement des pensées, des sentiments ou des actes jugés inacceptables » (DSM-IV).
L’annulation rétroactive est un mécanisme particulièrement employé dans la névrose obsessionnelle où elle est souvent liée à la pensée magique. Elle est évidente dans les rituels expiatoires succédant à des pensées agressives ou sexuelles, vécues comme inacceptables.
L’isolation
L’isolation sépare « les idées des sentiments qui leur étaient initialement associés. Le sujet perd ainsi le contact avec les sentiments associés à une idée donnée (ex : un événement traumatique) alors qu’il reste conscient des éléments cognitifs qui l’accompagnent (ex : des détails descriptifs) » (DSM-IV). L’isolation de l’affect peut être formulé comme un refoulement de l’affect sans refoulement de la représentation.
L’isolation de l’affect peut s’observer comme défense normale face à la survenue d’un événement traumatique où sa fonction adaptative est souvent évidente. Elle peut persister à distance, liée à une absence d’élaboration psychique, et s’intégrer aux symptômes d’un état de stress post-traumatique.

La dissociation
La dissociation altère « les fonctions d’intégration de la conscience, de la mémoire, de la perception de soi ou de l’environnement ou du comportement sensori-moteur » (DSM-IV). Elle permet de se détacher de la réalité interne ou externe.
Les manifestations principales de la dissociation sont l’absorption dans l’imaginaire, la dépersonnalisation et la déréalisation où le sujet a l’impression de vivre un rêve, un sentiment d’étrangeté et d’irréalité. Elle peut se manifester par une amnésie. La prévalence élevée des manifestations de la dissociation dans la population générale, en particulier des formes les plus légères suggère que la dissociation est un mécanisme de défense majeur.
La fonction adaptative de la dissociation se révèle dans les situations de stress intense où elle permet au sujet de se détacher d’une réalité insupportable.

L’intellectualisation
L’intellectualisation est une réponse aux conflits et aux stress « en s’adonnant à un usage excessif de pensées abstraites ou de généralisations pour contrôler ou minimiser des sentiments perturbants » (DSM-IV). Elle permet de maîtriser les affects en évitant au sujet de se confronter à son implication personnelle dans une situation conflictuelle. Les généralisations servent à banaliser en se référant à l’expérience collective (« C’est la vie ! »). L’abstraction permet de s’évader d’une réalité pénible en privilégiant le monde des idées et du raisonnement logique. L’intellectualisation a donc une forte composante cognitive.

Niveau de distorsion mineure de l’image
Le niveau de distorsion mineure de l’image de soi, du corps et des autres regroupe la dépréciation, l’idéalisation et l’omnipotence, défenses qui visent la régulation de l’estime de soi. Ces défenses sont caractéristiques des personnalités limites et narcissiques. Elles sont également très utilisées à l’adolescence. Les adultes, exempts de tout troubles psychopathologiques, peuvent également y recourir.

L’idéalisation
L’idéalisation attribue aux autres des qualités exagérément positives.
En fait, il faut distinguer deux niveaux d’idéalisation, l’idéalisation névrotique et l’idéalisation primitive.
L’idéalisation névrotique observée typiquement chez les déprimés est une formation réactionnelle contre l’agressivité envers l’objet qui vise à réduire la culpabilité. Cette formation réactionnelle renforce le refoulement de l’agressivité : puisque la personne est idéale, le sujet n’a plus de raison de lui faire des reproches et de lui en vouloir. Dans l’idéalisation névrotique, l’image de l’objet reste réaliste.
L’idéalisation primitive crée, au contraire, une image irréaliste d’une personne perçue comme totalement bonne, toute-puissante, dépourvue des faiblesses et des défauts ordinaires. Les thérapeutes font souvent l’objet d’une idéalisation primitive de la part des personnalités limites ou narcissiques et des adolescents.

La dépréciation
La dépréciation produit des représentations injustement et exagérément inférieures de certaines personnes. Sa fonction est de protéger l’estime de soi (Si l’autre est nul, on n’a pas à se remettre en question) ou d’éviter les sentiments de perte en cas de séparation ou de menace de séparation (Si l’autre est sans valeur, s’en séparer est un soulagement).

L’omnipotence
Dans l’omnipotence (toute-puissance), le sujet répond aux conflits et aux stress « en se sentant et en agissant comme s’il possédait des capacités ou des pouvoirs exceptionnels et comme s’il était supérieur aux autres » (DSM-IV).
La personnalité narcissique est caractérisée par la prédominance de l’omnipotence manifestée par le sens grandiose de sa propre importance, de la dévalorisation des autres sauf de quelques individus protégés par l’idéalisation primitive.

Niveau du désaveu
Le niveau du désaveu regroupe le déni, la projection et la rationalisation : ces défenses empêchent la prise de conscience de facteurs de stress, d’impulsions, d’idées, d’affects désagréables ou inacceptables. Ces défenses font partie des défenses dominantes des personnalités limites mais elles peuvent être utilisés par les sujets « névrotiques » et « non-cliniques ».

Le déni
Le déni est une réponse aux conflits et aux stress « en refusant de reconnaître certains aspects douloureux de la réalité externe ou de l’expérience subjective qui seraient évidents pour les autres » (DSM-IV). Cette définition recouvre la réalité psychique et la réalité externe. Le déni est l’exclusion active et inconsciente de certaines informations hors de l’attention focale. Contrairement au déni psychotique où la distorsion de la réalité interne ou externe est majeure, sa méconnaissance dans le déni n’est qu’apparente ou incomplète et elle peut ne pas être permanente. L’entourage et le soignant peuvent avoir l’impression que le sujet sait et ne sait pas à la fois. On a parlé de « demi-savoir ».
Le déni peut être adaptatif, pourvu qu’il soit temporaire, dans les situations de stress intenses ou dans les traumatismes majeurs. Le déni est une réaction habituelle dans le deuil. « Il peut constituer la dernière ressource pour faire face à une réalité insupportable » (de Tychey, 2001, p. 55).
On a parlé de déni normal, sain ou mature pour désigner ces illusions positives qui contribuent à édulcorer les inévitables difficultés de la vie. Dans certains troubles psychologiques, cette capacité d’auto-illusion est altérée en particulier dans les dépressions.
Comme pour le refoulement, il existe un déni normal et des pathologies liées à l’excès ou au défaut du déni. L’usage excessif de déni est surtout présent chez les personnalités limites et psychopathiques. La déficience du déni peut s’observer dans les dépressions ou la mélancolie.

La projection
La projection attribue « à tort à un autre ses propres sentiments, impulsions ou pensées inacceptables ». Elle permet d’expulser de soi et de percevoir dans un autre ce que le sujet refuse de reconnaître en lui-même. Plus généralement, la projection peut concerner tout ce que notre esprit ressent comme douloureux ou déplaisant (Joan Riviere, 1937).
Dans une première forme de projection, le sujet s’est complètement débarrassé de la pulsion ou de l’affect inacceptable ou désagréable qui ne sont plus ressentis. Freud a insisté à plusieurs reprises sur le caractère normal de la projection dont Joan Riviere (1937) a pu souligner l’usage général dans la vie quotidienne, sous forme de la tendance à dénoncer chez les autres ce que la personne essaie de nier en elle-même.
Dans une autre forme de projection, la pulsion est toujours ressentie. Ainsi l’agressivité peut être projetée à l’extérieur mais être toujours éprouvée et mobilisée contre le danger perçu à l’extérieur. Joan Riviere (1937) a vu dans ce mécanisme « notre première mesure de sécurité » (p. 19) dont il est fait un usage « universel » pour se défendre des forces destructrices internes. Cette « agressivité première qui constitue un danger est expulsée et localisée ailleurs en tant que chose mauvaise » . « Ayant réussi dans notre esprit à localiser le danger à l’extérieur de nous et à le concentrer, nous procédons alors à une deuxième manœuvre projective, qui consiste à décharger les pulsions agressives en nous sous forme d’une attaque contre ce danger extérieur » .

La rationalisation
La rationalisation dissimule « les motivations réelles de ses propres pensées, actions, sentiments, derrière des explications rassurantes ou complaisantes mais erronées » (DSM-IV). La rationalisation est une justification tendancieuse recourant à la logique ou à la morale permettant au sujet de se cacher ses véritables motivations qui ne sont pas perçues par la conscience. La rationalisation, en tant que mécanisme inconscient et involontaire, est à distinguer de la falsification délibérée utilisée pour tromper, manipuler et tenter de dissimuler aux autres ses véritables intentions dont le sujet a pleinement conscience.
Niveau de distorsion majeure de l’image
Ce niveau regroupe des mécanismes de défense dont la mise en jeu provoque une distorsion majeure de l’image de soi et des autres : le clivage, l’identification projective, la rêverie autistique.

Le clivage
Le clivage compartimente « des états affectifs opposés et en échouant à intégrer les aspects positifs et négatifs de soi et des autres dans des images cohérentes. Les affects ambivalents ne pouvant être éprouvés simultanément, des représentations de soi et des autres et des attentes vis-à-vis de soi et des autres plus nuancées sont exclues de l’expérience émotionnelle. Les images de soi et d’objet tendent à alterner entre des pôles opposés : être exclusivement aimant, puissant, respectable, protecteur et bienveillant ou exclusivement mauvais, détestable, en colère, destructeur, rejetant et sans valeur » (DSM-IV). Le clivage traduit la division du soi et des objets en parties entièrement bonnes ou mauvaises et se manifeste par le renversement soudain et complet de tous les sentiments et conceptions concernant soi-même ou une personne particulière.
Le clivage est associé au déni : quand il passe d’un état à un autre, le sujet dénie l’état antérieur. Quand il est sous l’emprise d’une image de soi et d’objet, les autres images de soi et d’objet sont déniées.
Le clivage est au centre de l’organisation défensive des états limites et des psychoses comme l’est le refoulement pour les névroses. Dans l’état limite, le clivage protège le moi des conflits intrapsychiques en dissociant les représentations contradictoires de soi et des autres. Le clivage protège le sujet d’une ambivalence intense : « Aussi longtemps que ces états contradictoires du moi peuvent être maintenus séparés les uns des autres, l’angoisse liée à ces conflits est évitée ou contrôlée »

L’identification projective
L’identification projective est un « mécanisme par lequel, comme au cours de la projection, le sujet répond aux conflits émotionnels et aux stress internes ou externes en attribuant à tort à une autre personne ses propres sentiments, impulsions ou pensées inacceptables. Cependant, à la différence de la projection simple, le sujet ne désavoue pas entièrement ce qui est projeté. Il reste au contraire conscient de ses affects ou impulsions mais il les ressent comme des réactions légitimes aux attitudes de l’autre personne. Il n’est pas rare que le sujet induise chez l’autre les sentiments même qu’il lui avait faussement attribué, rendant difficile de clarifier qui a fait quoi à qui le premier » (DSM-IV).
L’identification projective est difficile à repérer dans le fonctionnement relationnel du sujet à partir des informations subjectives et nécessairement biaisées qu’il en donne quels que soient ses efforts de sincérité. Elle peut être inférée des observations des interactions en thérapies familiales où on la retrouve généralement dans les familles très perturbées. En situation thérapeutique, le soignant peut en éprouver la puissance et le caractère contraignant : l’identification projective « peut se diagnostiquer grâce… à l’activation en lui-même (le thérapeute) de dispositions affectives puissantes qui reflètent ce que le patient est en train de projeter » (Kernberg, 1987, p. 150-151).
Deux types d’identification projective ont été décrits, l’identification projective concordante, où les mêmes affects sont éprouvés par le sujet et par l’autre, et l’identification projective complémentaire, où les sentiments éprouvés par le sujet et par l’autre sont opposés.
Dans l’identification projective concordante le sujet induit chez l’autre un affect semblable à celui qu’il veut désavouer. La projection de l’agressivité induit chez l’autre des sentiments agressifs et le fait ressentir comme menaçant et agressif. Le sujet se montre méfiant, dévalorisant et hostile envers le soignant et lui reproche de se conduire de façon rejetante, méprisante et agressive. Le soignant peut se sentir victime d’une attaque injuste ou d’une tentative de manipulation et éprouver des sentiments d’injustice, de colère et de révolte qui le pousse à contre-attaquer et à rejeter le patient. Le soignant peut se sentir victime d’une tentative de contrôle sadique, d’une manipulation perverse pour le contraindre à perdre la maîtrise de lui-même et à se conduire d’une manière agressive. L’identification projective concordante peut aussi concerner les parties dévaluées, dépressives de soi, les désirs sexuels refusés ou les parties idéalisées de soi.
Dans l’identification projective complémentaire, les sentiments éprouvés par le sujet et l’autre ne sont pas identiques mais opposés. Ce mode d’identification projective permet d’éviter des sentiments pénibles comme : la faiblesse, la peur, la dépendance, l’envie, et de les remplacer par les sentiments contraires. La projection des aspects dévalués du sujet lui fait éprouver un sentiment de supériorité et de triomphe sur l’autre qui se sent faible, incapable. D’autres formes d’identification projective complémentaires peuvent se produire comme la projection des aspects faibles et craintifs de soi sur l’autre qui se dévalorise et se soumet alors que s’active chez le sujet l’identification à une image parentale sadique. Ce mécanisme paraît jouer un rôle majeur dans certaines situations de harcèlement. A l’inverse, la projection des parties sadiques de soi active chez le sujet des attitudes de soumission passives et masochistes alors que l’autre est poussé à adopter un rôle sadique. Les patients masochistes peuvent ainsi induire des attitudes sadiques chez les soignants.

La rêverie autistique
La rêverie autistique substitue « une rêverie diurne excessive aux relations interpersonnelles, à une action plus efficace ou à réfléchir à la résolution du problème » (DSM-IV).
La rêverie est une activité normale chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Son absence est au contraire pathologique, témoignant d’une inhibition de la vie fantasmatique. La rêverie peut être pathologique par son caractère envahissant, par la nature des fantasmes qui la sous-tendent ou par l’importance du déni de la réalité. Elle se rencontre principalement dans les personnalités limites ou psychotiques.

Niveau de l’agir
Le niveau de l’agir regroupe des défenses par l’action ou le retrait, passage à l’acte, retrait apathique, plainte associant demande d’aide et son rejet, agression passive.

Le passage à l’acte
Le passage à l’acte est une réponse aux conflits et aux stress « par des actions plutôt que par des réflexions ou des sentiments. Les passages à l’acte défensifs ne sont pas synonymes de « mauvais comportements » car il est nécessaire de montrer qu’ils sont liés à des conflits émotionnels » (DSM-IV).
Les passages à l’acte défensifs sont une défense contre une expérience subjective intolérable et contre la prise de conscience d’un conflit intrapsychique : le sujet agit pour ne pas ou ne plus ressentir et pour ne pas savoir.
Les passages à l’acte agressifs ou dangereux ou excessifs se rencontrent dans les personnalités limites et psychopathiques mais aussi à l’adolescence. En thérapie, ces sujets opposent beaucoup de résistance à la tentative de les amener à réfléchir au sens de leur passage à l’acte et ressentent habituellement très négativement cette démarche qu’ils vivent comme intrusive ou persécutoire.

Le retrait apathique
Le retrait apathique est une réponse aux conflits et aux stress par un repli sur soi, une restriction des activités extérieures et un état d’indifférence affective (DSM-IV).
On le rencontre aussi chez les personnalités limites ou psychopathiques ou à l’adolescence où il peut s’observer par un stress ou un conflit modéré.

La plainte associant demande d’aide et son rejet
La plainte associant demande d’aide et son rejet est une réponse aux conflits et aux stress « par des plaintes ou des demandes d’aide répétées qui dissimulent une agressivité cachée ou des reproches à l’égard des autres qui s’expriment par le rejet des suggestions, des conseils ou de l’aide apportés par les autres. Les plaintes ou les demandes peuvent concerner des symptômes physiques ou psychologiques ou des problèmes de la vie » (DSM-IV).
Cette défense permet au sujet d’exprimer son agressivité tout en la niant. Cette défense doit être connue des soignants qui peuvent être décontenancés par des sujets qui à la fois réclament de l’aide et la rejette ou la font échouer. On la rencontre associée aux traits de personnalités masochistes, limites et psychopathiques.

L’agression passive
L’agression passive exprime « une agression envers les autres de façon indirecte et non combative. Une façade d’adhésion masque la résistance, le ressentiment et l’hostilité. L’agression passive peut représenter une modalité adaptative pour des sujets en position de subordonnés qui ne peuvent s’affirmer plus ouvertement par d’autres moyens » (DSM-IV). On la rencontre souvent à l’adolescence en particulier face aux contraintes scolaires ou familiales.

Niveau de la dysrégulation défensive
Le niveau de la dysrégulation défensive décrit des mécanismes caractéristiques des psychoses aiguës et chroniques, la projection délirante, le déni psychotique et la distorsion psychotique. Ces mécanismes sont caractérisés par une rupture avec la réalité objective. Ces défenses peuvent être adaptatives, à un certain degré, dans les situations extrêmes (camps de concentration…).

La projection délirante
La projection délirante est une projection avec rupture du contact avec la réalité. Elle peut être conçue comme le rejet à l’extérieur de parties d’objets clivés. La projection délirante peut rendre compte des hallucinations et des idées délirantes. Dans les hallucinations auditives pénibles, les voix extériorisent les menacent et les attaques des mauvais objets persécuteurs. Les idées de persécutions qui sont les idées délirantes les plus fréquentes résultent de la projection. Le persécuteur du sujet résulte de l’expulsion dans le monde extérieur des mauvais objets internes qui sont projetés sur une personne ou sur un groupe de personne.

Le déni et la distorsion psychotiques
Le déni psychotique est caractérisé par une altération majeure de l’appréciation de la réalité. Mais la méconnaissance de la réalité est rarement totale dans les psychoses. Deux attitudes coexistent, l’une tient compte de la réalité, l’autre, détache le moi de la réalité.
La distorsion psychotique entraîne, quant à elle, une déformation majeure de la réalité objective pour la rendre conforme aux désirs du sujet. Ces distorsions cognitives sont si importantes que leur fonction défensive peut être contrebalancée par leurs conséquences négative
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Messagepar Dubreuil » 23 mars 2019, 14:25

LA RESISTANCE EN THERAPIE

« Même la cécité de l’aveugle et sa démarche à tâtons doivent témoigner du pouvoir du soleil qu’il a vu »
-Nietzsche-
Dans le cadre d’un processus psychanalytique ou d’une thérapie psychologique, la résistance s’exprime de différentes manières: pas le temps d’assister aux séances, perte de l’intérêt pour le processus, ou critique excessive du thérapeute ou du psychanalyste.
Tout ce qui retient ou empêche les progrès constitue une résistance à la guérison.
Pourquoi quelqu’un qui souffre et qui a l’opportunité de se soigner sabote-t-il cette possibilité ?

La résistance laisse entrevoir une lutte entre le désir conscient de changer et les forces inconscientes qui font obstacle à ce but. Dans ces forces inconscientes se trouve aussi la racine de cette souffrance.
A ce moment-là, une réalité paradoxale se créé : se soigner peut être un grand problème pour les gens. C’est la raison pour laquelle nous résistons presque tous à mener à bien ce processus qui nous sort véritablement des grandes souffrances.

Se soigner est problématique pour beaucoup de raisons, mais nous allons en citer seulement trois :
La peur de ne pas être capable d’affronter la douleur.
En soulageant une grande souffrance, on perd également quelques bienfaits.
On porte une culpabilité tellement grande et irrationnelle qu’aller mieux n’est pas une option.

La peur de souffrir davantage
Si l’on vous demande quels sont vos problèmes et vos conflits, vous ferez certainement une liste de situations globales qui vous provoquent un mal-être : vous n’êtes pas bien dans votre couple ou dans votre travail, vous n’avez pas de bonnes relations familiales, vous avez peur de l’opinion des autres, etc.
En approfondissant un peu plus ce genre de situations, nous nous rendons compte qu’en réalité, ce n’est que « la face visible de l’iceberg » qui cache d’autres réalités plus complexes.

Par exemple, ce n’est pas vraiment que vous êtes mal dans votre couple, c’est plutôt que vous avez une peur bleue de l’abandon et que cela fait de vous une personne dominatrice. Ce n’est pas que vous êtes mal dans votre travail mais que vous avez peur de votre chef et qu’il vous est impossible de réclamer ce qui vous revient de droit.
Bien que nous ne soyons pas conscients de cela, nous savons tous que derrière nos principaux problèmes se cachent d’autres choses. Ce sont généralement des peurs, de la culpabilité ou des désirs que nous n’accepterions pas consciemment.
Ceci nous amène à faire de la résistance, si l’on parle de guérison. Nous ne voulons pas nous confronter à ces réalités douloureuses et déconcertantes, car nous pensons que nous ne serons pas capables de les gérer.

Les bienfaits secondaires
Malgré toutes les complications que cela entraîne, souffrir a également ses avantages. En réalité, il est plus simple de répéter le scénario quotidien de nos problèmes plutôt que d’investir tous nos efforts pour les analyser et trouver des solutions. Ainsi, se conforter dans la souffrance permet d’économiser de l’énergie.
A partir de nos souffrances, nous prenons également une certaine position face à la vie qui justifie nos problèmes. Par exemple, « Je ne pourrai pas trouver un meilleur travail car l’économie est en crise et que je dois faire avec ce qu’il y a. »
Ceci étant dit, ce n’est plus de notre responsabilité et par conséquent, nous sommes victimes des circonstances. Jusqu’à ce qu’on parvienne à entendre des « pauvre homme » ou « pauvre femme » et que l’on se sente confortés dans notre idée.
Enfin, et bien que cela vous paraisse étrange, on finit par s’attacher à ses problèmes jusqu’à les apprécier. En effet, en résolvant un problème, quelques symptômes de douleur apparaissent.

La culpabilité et la punition
Bien qu’elles ne l’admettent jamais consciemment, certaines personnes sont convaincues qu’elles méritent leur souffrance. Ce n’est pas qu’elles veulent souffrir, mais qu’elles évitent au maximum de sortir de cette souffrance, alors qu’elles ont la possibilité de le faire.
Aucune thérapie ne fonctionne, aucun psychologue, aucun psychanalyste. Aucun changement. La seule chose qui fonctionne, c’est leur propre souffrance.
En réalité, il s’agit de personnes qui sentent inconsciemment qu’elles doivent être punies. Pourquoi ? La plupart du temps, à cause de conflits sexuels de l’enfance, de pères ou mères ayant inculqué une demande impossible ou des situations de ce genre.
Ce qui est sûr, c’est qu’elles ont adopté des idées et attitudes qui les empêchent de recevoir l’aide nécessaire. Ainsi, elles peuvent exercer cette punition sur elles-mêmes car elles pensent la mériter dans le fond et sans raisons valables.
Nous avons tous plus ou moins un ensemble de résistances qui nous empêchent de guérir nos émotions. Celles-ci sont rendues visibles lors d’une séance chez le psychologue ou le psychanalyste, mais elles sont également présentes dans la vie quotidienne.
Surmonter ces résistances est un travail difficile, mais qui représente en même temps le début de la fin de nos grandes souffrances.
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Messagepar Dubreuil » 03 avr. 2019, 11:05

ON EST PAS " L'ENFANT " DE SES PARENTS

Je crois que n’importe qui s’occupant de psychothérapie et de psychanalyse aura pu noter que les thèmes qui expriment principalement la souffrance des êtres humains sont: l’insatisfaction amoureuse et le vécu d’incompréhension et de délégitimation au sein de la famille. Les deux sont naturellement interconnexes.

Des fleuves de larmes sont versés lors de chaque psychanalyse lorsque les défauts sont évoqués, qui, s’ils ne sont pas liés manifestement à des dynamiques sado-masochistes, décrivent pour le moins des vécus d’incompréhension, de frustration vis-à-vis du partenaire, de refus, et de rejet.

“L’amour sous ses deux aspects de sentiment et de sexualité est essentiellement l’expression du besoin de l’être humain d’atténuer sa solitude. Du point de vue micropsychanalytique son but essentiel est de réaliser un contact qui porte à la réalisation d’une vraie et propre fusion psychobiologique avec un autre individu. Notre existence résulte, il ne faut pas l’oublier, d’une fusion au début, entre l’ovule maternel et le spermatozoïde paternel qui sont tous deux à l’origine d’un projet vital éphémère dont l’unique but est d’immortaliser le patrimoine génétique avec une union successive qui donne lieu à la création d’un nouvel individu.
Nous aimons pour fuir le vide d’où nous provenons et vers lequel nous sommes inexorablement attirés.
Et nous aimons pour tenter de réédifier cette situation d’agrégation qui défiant presque les lois de la nature, permet à l’ovule fécondé porteur de matériel génétique incompatible avec le système d’immuno-surveillance maternel de poursuivre sa croissance (la grossesse est la seule exception existante en nature à la règle de la bio-individualité qui comporte l’immédiate réaction d’un organisme au cas où du matériel génétique incompatible viendrait à être transplanté)”.1

Le choix amoureux est un choix conditionné par le terrain psychobiologique de l’individu.
Il suffirait d’étudier avec attention les centaines d’arbres généalogiques réalisés par L. Szondi 4 et ses collaborateurs pour se faire une idée à ce sujet. Je ne citerai qu’à pur titre d’exemple le plus simple à visualiser graphiquement:
” …Un industriel (1) se marie deux fois. La première femme (2) le quitte pour épouser un homme instable qui la rend malheureuse. Elle commence à boire et finit par se suicider. L’industriel se remarie avec une femme (3) dont la mère s’est également suicidée. Le fait que la sœur de l’industriel (4) se soit suicidée elle aussi témoigne du caractère génotropique des deux mariages”. 5
– Aimer: entreprise titanesque

Nous pouvons affirmer qu’au niveau microscopique, cellulaire, la recherche de l’Autre, la fusion et l’état de grossesse, se réalisent contournant une défense – et donc la peur. Je ne pense pas que l’amour soit réduit au simple aspect biologique comme par exemple la récente biochimie de l’éros semble l’affirmer.
Les successions d’impulsions nerveuses ou les phéromones et les autres délicates fonctions enquêtées par la psyconeuroendocrinoimmunologie (PNEI) qui apparaissent d’une manière synchrone à la situation amoureuse, sont seulement l’aspect somatique d’un phénomène extrêmement complexe et inextricablement connexe avec la vie psychique (affects et représentations mentales) qui se ramifient comme dans chacun des autres aspects de l’existence, franchissant la vie individuelle et enfonçant leurs racines dans la phylogenèse.
Si donc l’amour est au service du projet vital, l’idée que l’expression d’une fonction tellement primaire puisse être continuellement dérangée par une concomitance conflictuelle interne, peut nous paraître nébuleuse.
En premier lieu, la poussée instinctuelle au contact, à la fusion, à la compénétration doit vaincre, une autre poussée, de signe contraire, inscrite dans chaque organisme: la bataille avec l’Autre où l’adversaire qui se déroule incessamment au niveau cellulaire et immunitaire, c’est-à-dire qu’elle se manifeste dans les réactions qui tendent à maintenir l’intégrité et l’unicité de la structure somato-psychique: la phagocytose et le rejet (Peluffo, 1973). Cette activité de sauvegarde de la propre unicité existe et se manifeste même au niveau psychique et l’interaction inconsciente qui existe entre les personnes fait qu’il existe dans le “profond” de chacun de nous la poussée à l’élimination de l’adversaire et très souvent le partenaire assume inconsciemment les caractéristiques de l’adversaire.

Le rapport amoureux comme n’importe quel autre rapport psychique est essentiellement réglé par un rapport inconscient entre facettes iconiques activées chez les sujets impliqués dans la relation amoureuse. Nous pouvons imaginer cette dernière non comme un rapport entre A et B (les deux sujets amoureux) mais comme un rapport conditionné par l’interposition entre A et B d’une série de facettes de l’Image constituée de l’Imago entré pour faire partie du matériel iconique généalogique provenant du matériel iconique phylogénétique, qui sont actives dans leur esprit et qui agissent comme une sorte de satellite de communication entre la station A et la B.

Notre vie provient d’un mélange absolument fortuit de circonstances qui conduisent les deux géniteurs à l’union sexuelle. Si certainement d’un point de vue somatique et génétique nous sommes les enfants des deux personnes qui se sont unies sexuellement et ont mis à disposition leurs gamètes, d’un point de vue psychique de qui sommes nous les enfants ?
Nous pensons à l’instant constitué d’un coït entre sujets potentiellement féconds. Dans le délire social nous pouvons croire que cette union des sens est souvent sous l’empire d’un amour inconditionné.
Le matériel de séance nous montre d’une façon absolument incontestable que le jeu des fantaisies, qui servent de support à l’excitation érotique est un kaléidoscope incontrôlable.
Mais, s’il nous était possible de réaliser un concentré iconique de la masse de l’activité fantasmatique synchrone de l’acte sexuel nous obtiendrions deux images bien définies: Elle, fait réellement l’amour avec l’objet de sa fixation oedipienne, Lui de même.

Quelquefois je m’amuse (façon de parler) à réfléchir en séance: “de qui est-il le fils d’un point de vue psychique cet être humain?” – non de ses parents biologiques certainement, mais plutôt des imago incestueuses qui ont été réinvesties dans le rapport consumé.
C’est-à-dire, moi, fils de mon père biologique Y et de ma mère biologique X, je suis en réalité fils psychiquement de YY (père de X) et de XX (mère de Y) (toujours à condition que ces derniers aient été les réelles fixations incestueuses).

Prenez quelques instants pour relire plusieurs fois la phrase précédente: elle en vaut la peine.

Parfois, le désir incestueux est tellement puissant que le fruit de la conception devient le nouveau pôle d’engagement de la fixation oedipienne-incestueuse.
On a conçu un fils-amant qui demeurera tel pour le restant de l’existence des deux sujets (il s’agit là d’un thème magistralement traité par des grands metteurs en scène comme Visconti et Pasolini).

Dans la définition de S. Fanti, l’Image est “L’ensemble génétiquement organisé des représentations et des affects structurant l’inconscient à partir du ça”.
Cette définition implique, comme le souligne Peluffo (Il persecutore, Scienza e Psicoanalisi, 2003) que les traces mnésiques des problèmes traumatiques et des noyaux de fixation, se constituent en ensembles desquels les informations se transfèrent du ça dans l’inconscient et le programment. Un software aberrant se structure alors, basé sur des expériences traumatiques primordiales qui à partir de cet instant dictera les comportements psychiques et psychosomatiques pour le reste de l’existence. Le stockage au niveau du Processus primaire aura comme résultat que l’on ne pourra modifier de telles instructions de comportements psychobiologiques sans une analyse très profonde (décomposition et destructuration).
Ces amours fusionnels qui se structurent dans l’utérus sont indivisibles: ils continuent à subsister pour le reste de l’existence même s’ils sont dissimulés par les superstructures et par les tentatives successives.
La triste séquelle des amours ratés trouve son origine dans le fait que les sujets incapables de couronner leur rêve d’amour sont en réalité fondus et compénétrés avec une Imago inconsciente, et ce, souvent même sans le savoir.

Le cas clinique suivant, le dernier seulement parmi tant d’autres, peut donner au lecteur une idée de la profondeur du conditionnement ancestral.
– Le cas clinique
Jeune femme, souffrant d’une grave maladie métabolique, issue d’une famille (comme le sont la majeure partie) caractérisée par une notable tendance incestueuse non mise en pratique. La mère de la patiente en particulier vit un amour inconscient, hautement idéalisé avec le frère, médecin réputé, qui dans l’imagination familiale est considéré comme une sorte de demi-dieu.
Il est très probable que l’investissement fantasmatique sur le frère au moment de la conception et durant toute la gestation ait, pour utiliser une expression populaire et sportive, passé le témoin de la succession à la fille qui nourrit envers son oncle, sans le savoir, un amour infini, pour lequel, seulement en analyse, elle découvrira les caractéristiques sexuelles.
La santé de la petite fille est confiée aux bons soins du Professeur. Il est évident que rationnellement, une telle procédure est la plus aisée! Pourquoi aller consulter à l’extérieur lorsque l’on a dans la famille un professionnel affirmé ? En réalité, et mon expérience me le confirme ponctuellement, accepter d’être le médecin de la famille expose les membres de la famille et le médecin lui-même à une phénoménologie fastidieuse dans laquelle les dynamiques de possession-destruction de l’Objet passent par la construction inconsciente de maladies qui se croisent avec des tentatives amoureuses de sollicitude. Un résultat possible de cette situation peut être la création de syndromes chroniques. L’inconscient, dans sa tentative d’obtenir satisfaction, aggrave la symptomatologie de manière à créer une situation d’urgence, qui balaie les doutes déontologiques.
Dans le but d’être plus bref, je ferai référence seulement au matériel élaboré durant l’étude à l’aide de loupes d’agrandissement progressif d’une photo du mariage où l’on peut voir la jeune femme au bras de l’oncle (qui l’avait accompagnée à l’Autel à la place de son père !) relative à la déconcertante prise de conscience de la fixation incestueuse:
“Il y a mon oncle vêtu comme un ‘marié’ et moi revêtue de la robe nuptiale. J’ai terriblement honte ! Nous ressemblons réellement à un couple qui va se marier (elle pleure intensément se montrant très affectée) et de surcroît j’étais enceinte, et j’étais sur le point de dire ” j’étais enceinte d’un autre ” (LAPSUS). Je voulais dire que je n’étais pas enceinte de mon oncle…. Je l’avais trahi !….
C’est comme si nous étions mariés. Mon oncle a les doigts comme s’il disait OK et mon fils également les mets de cette façon et ce depuis sa petite enfance…. j’ai honte de rester au bras de mon oncle et d’être aussi contente de m’y trouver! j’ai honte de lui qui est ainsi heureux d’être à la place de mon mari ! Depuis que j’ai commencé mon analyse il ne me cherche plus. C’est fou puisque seulement à présent je me rends compte de m’être mariée et de n’avoir jamais appartenu à mon mari ! Je me suis arrangée pour passer notre première nuit de noces dans la région de mon oncle. Je n’ai pas réussi d’une manière absolue à m’éloigner de lui, c’était un peu comme un yo-yo ! Une chose insensée ! Une vie attachée à lui sans le savoir ! Vous êtes le premier médecin que je consulte sans demander de me faire connaître son opinion: cela ne m’était jamais arrivé. Moi, durant l’adolescence je n’ai jamais été amoureuse d’un adolescent parce que j’appartenais déjà à ce salaud ! Durant une certaine période je l’ai même désiré physiquement, je le voulais ! Et j’éprouvais pourtant une grande honte ! J’ai désiré mon oncle de la même façon que je vous ai désiré Vous !” (la première phase de l’analyse avait fait l’objet entièrement d’un travail très dur de neutralisation d’une érotisation du transfert, en réalité une résistance par déplacement: le médecin pris comme l’objet incestueux).
Matériel semblable n’est pas rare dans la psychothérapie analytique.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 07 avr. 2019, 09:18

TRES IMPORTANT
Si vous souhaitez " comprendre la psychanalyse ".....

Tapez : mardinoir

et RE-JOUISSEZ-VOUS...
" mardinoir " ce sont les vidéos d'une jeune femme qui parle de la psychanalyse qu'elle a faite ( par ex, regardez et écoutez : Mon expérience de la cure ), et qui explique ce qu'elle en a compris...
Ne vous privez pas de ses vidéos, c'est une mine d'or ( gratuite ) sur internet, profitez-en !
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 08 avr. 2019, 21:03

Messagepar Dubreuil » 03 août 2018, 00:03
" À noter que j'ai déjà vu un psychologue mais ca n'a pas donné de résultats."
*** A noter qu'un psychologue ce n'est pas comme un cachet d'aspirine que l'on prend quand on a mal à la tête… et de plus, manque de chance, ça ne fait souvent pas effet du tout les premiers temps. Il faut au moins acheter plusieurs tubes avant de voir les résultats.
Je conseillerais plutôt les effervescents, ça se dilue plus vite dans le cerveau, pour peu qu'on fasse attention au bruit que ça fait…
Boff, les laxatifs aussi, c'est pas mal, ils expédient tout ça, vite fait, bien fait, mais il faut souvent y revenir … Tout est une question de choix, voyez-vous.... personnellement quand j'ai commencé mes études, c'était obligatoire de se soigner, j'ai commencé par un soporifique… après plusieurs essais j'ai opté pour un traitement au long cours, style "effet- retard ", c'est pas mal… Il faut en essayer souvent plusieurs si on veut guérir.
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Messagepar Dubreuil » 30 avr. 2019, 09:32

L'HYPNOSE HUMANISTE

En l'espace de quelques années seulement, l'hypnose thérapeutique a gagné ses lettres de noblesse. Désormais bienvenue dans les hôpitaux et les maternités (où on l'utilise pour lutter contre la douleur, par exemple), les patients font également appel à elle en complément de traitements allopathiques, dans le cadre de certaines pathologies : fibromyalgies, cancer, sclérose en plaques...
Si l'hypnose thérapeutique la plus connue reste l'hypnose ericksonienne (du nom de son fondateur, Milton H. Erickson), des « variantes » existent : c'est le cas de l'hypnose humaniste.

1-Pendant une séance, on est 100 % réveillé
C'est « la » différence principale qui existe entre l'hypnose ericksonienne et l'hypnose humaniste : pendant une séance d'hypnose humaniste, la personne reste 100 % consciente. On parle même de « conscience augmentée » !
« Les fondateurs de l'hypnose humaniste ont fait une expérience très simple, raconte Louis Monnier. Ils ont essayé de « réveiller » une personne se trouvant déjà dans un état « normal » (ou « état ordinaire de conscience »), en utilisant les techniques habituellement employées en hypnose ericksonienne. » Surprise : la personne est entrée dans un état de transe un peu différent, caractérisé par une conscience d'elle-même plus importante.
« Concrètement, alors que pendant la transe ericksonienne, on se sent un peu pâteux, un peu engourdi, pendant une transe humaniste, on se sent au contraire en pleine forme. Comme si on venait de se réveiller ! »

2 - On peut travailler sur tous les problèmes... ou presque
« L'objectif de l'hypnose humaniste, c'est surtout de stimuler les mécanismes d'auto-guérison du corps, de l'âme et de l'esprit. De comprendre tous les « nœuds » qui nous empêchent de fonctionner correctement, puis de les démêler »
Bien sûr, l'hypnose humaniste ne traite pas les problèmes mécaniques (fractures, arthrose, ostéoporose, tendinite, maladie virale...). En revanche, elle peut soulager la douleur et même aider à renforcer les défenses immunitaires de l'organisme pour favoriser la guérison. « On utilise aussi l'hypnose humaniste pour le développement personnel et le coaching professionnel : c'est une approche thérapeutique qui permet de mieux gérer ses émotions et son comportement. » Ou encore de trouver l'amour, de réussir sa carrière, de résoudre un conflit familial...
Cependant, l'hypnothérapeute précise quand même que « l'hypnose ne se substitue à aucun avis ni traitement médical. Les traitements en cours ne peuvent et ne doivent être suspendus que sur recommandation expresse du corps médical, même si vous constatez une amélioration au cours ou après vos séances d'hypnose. Les troubles psychologiques graves relèvent du domaine de la psychiatrie et ne peuvent, en aucun cas, être traités par l'hypnose. »

3 - « Les symboles, c'est le langage de notre inconscient ». C'est là qu'intervient l'anamnèse : cette longue discussion préliminaire permet à la personne de bien comprendre le contexte de sa problématique, afin de pouvoir se la représenter de façon symbolique pendant la phase d'hypnose. En clair, il s'agit de répondre à la question : « votre mal-être, vous le décririez comment ? » Ça peut être une boule noire, des piquants, une flamme brûlante... « C'est exactement la même chose que dans les contes de fées : le loup représente le masculin sauvage, par exemple. En langage symbolique, cela traduit une peur, une blessure... »
Ensuite, l'hypnothérapeute réutilise ces symboles pour nous permettre de communiquer avec notre « moi intérieur » : il s'agit alors de modifier (de « soigner ») ces représentations intérieures pour aller mieux... en profondeur !

4 - C'est le patient qui fait tout le travail
« Lorsque vous faites une séance d'hypnose ericksonienne, vous laissez les clés de votre inconscient à l'hypnothérapeute : vous êtes plutôt passif.
En hypnose humaniste, c'est l'inverse : c'est vous qui agissez. L'hypnothérapeute n'est qu'un guide, chargé de vous ouvrir les portes de votre esprit. »
Concrètement, c'est un peu comme un voyage intérieur : par la parole, l'hypnothérapeute guide la personne dans différents environnements imaginaires et symboliques, mais c'est cette dernière qui va réaliser mentalement certaines actions pour résoudre son problème.
Mieux encore : après 1 ou 2 séances, la personne peut réutiliser ce qu'elle a appris pour continuer à changer par elle-même. C'est l'autohypnose !

5 - Ça se rapproche de la méditation de pleine conscience
« L'état de conscience augmentée que l'on atteint lors d'une séance d'hypnose humaniste est proche de celui que l'on expérimente pendant une séance de méditation de pleine conscience ».
L'objectif n°1 de l'hypnose humaniste est d'amener la personne à prendre conscience d'elle-même, en lui permettant de communiquer avec son inconscient et sa conscience supérieure (ou conscience majuscule)
D'après Louis Monnier, « notre esprit, notre corps est comparable à une maison. Quand on ne la regarde pas, le temps fait son œuvre : elle se fissure, se ternit. En revanche, il suffit de porter son attention sur cette maison, en conscience, pour qu'elle commence à s'auto-réparer ».
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 14 mai 2019, 00:18

TRES IMPORTANT
Si vous souhaitez " comprendre la psychanalyse ".....

Tapez : mardinoir

et RE-JOUISSEZ-VOUS...
" mardinoir " ce sont les vidéos d'une jeune femme qui parle de la psychanalyse qu'elle a faite ( par ex, regardez et écoutez : Mon expérience de la cure ), et qui explique ce qu'elle en a compris...
Ne vous privez pas de ses vidéos, c'est une mine d'or ( gratuite ) sur internet, profitez-en !
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre le cancer et la maladie grave )


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