Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 28 juin 2018, 04:49

JE T'AIME

N’importe qui s’occupant de psychothérapie et de psychanalyse aura pu noter que les thèmes qui expriment principalement la souffrance des êtres humains sont : l’insatisfaction amoureuse, et le vécu d’incompréhension et de délégitimation au sein de la famille.
Beaucoup de larmes sont versés lors de chaque psychanalyse lorsque les défauts sont évoqués, qui, s’ils ne sont pas liés manifestement à des dynamiques sado-masochistes, décrivent pour le moins des vécus d’incompréhension, de frustration vis-à-vis du partenaire, de refus, et de rejet.
L’amour sous ses deux aspects de sentiment et de sexualité est essentiellement l’expression du besoin de l’être humain d’atténuer sa solitude.

*** Du point de vue micro-psychanalytique, l'amour a pour but essentiel de réaliser un contact qui porte à la réalisation d’une vraie et propre fusion psychobiologique avec un autre individu.
Notre existence résulte d’une fusion, entre l’ovule maternel et le spermatozoïde paternel qui sont tous deux à l’origine d’un projet vital éphémère dont l’unique but est d’immortaliser le patrimoine génétique avec une union successive qui donne lieu à la création d’un nouvel individu.
Nous aimons pour fuir le vide d’où nous provenons, et vers lequel nous sommes inexorablement attirés.
Et nous aimons pour tenter de réédifier cette situation d’agrégation, qui défiant presque les lois de la nature, permet à l’ovule fécondé porteur de matériel génétique incompatible avec le système d’immuno-surveillance maternel, de poursuivre sa croissance.

*** Tout commence avant nous
les événements traumatiques de n’importe quelle époque de développement sont mémorisés, et déterminent des noyaux de fixation qui influenceront les structurations successives des tentatives psychobiologiques de l’être humain.
Il suffit de réfléchir sur la possibilité que tous les organismes vivants (même les unicellulaires) ont de retenir les informations concernant des événements traumatiques, informations qui sont inscrites au niveau cellulaire dans chaque district de l’organisme et non seulement dans le cortex cérébral.

*** Le choix amoureux est un choix conditionné par le terrain psychobiologique de l’individu.
Il suffirait d’étudier avec attention les centaines d’arbres généalogique pour se faire une idée à ce sujet. Par exemple :
” …Un industriel se marie deux fois.
La première femme le quitte pour épouser un homme instable qui la rend malheureuse.
Elle commence à boire et finit par se suicider.
L’industriel se remarie avec une femme dont la mère s’est également suicidée.
Le fait que la sœur de l’industriel se soit suicidée elle aussi, témoigne du caractère génotropique des deux mariages”.

*** Aimer est une entreprise titanesque.
Nous pouvons affirmer qu’au niveau microscopique, cellulaire, la recherche de l’Autre, la fusion et l’état de grossesse, se réalisent en contournant... la peur ( ! )
Les successions d’impulsions nerveuses ou les phéromones, et les autres délicates fonctions enquêtées par la psyconeuroendocrinoimmunologie (PNEI), qui apparaissent d’une manière synchrone pendant la situation amoureuse, sont seulement l’aspect somatique d’un phénomène extrêmement complexe et inextricablement connexe avec la vie psychique (affects et représentations mentales) qui se ramifient, comme dans chacun des autres aspects de l’existence, en franchissant la vie individuelle et en enfonçant leurs racines dans la phylogenèse.

*** En premier lieu, la poussée instinctuelle au contact, à la fusion, à la compénétration, doit vaincre, une autre poussée, de signe contraire, inscrite dans chaque organisme:
- la bataille avec l’Autre ( le ou la partenaire devant l’adversaire ), qui se déroule incessamment au niveau cellulaire et immunitaire. Et se manifeste dans des réactions qui tendent à maintenir l’intégrité et l’unicité de notre propre structure somato-psychique: la phagocytose et le rejet.
Cette activité de sauvegarde de la propre unicité existe, et se manifeste au niveau de notre psychisme.
L’interaction inconsciente qui existe entre les personnes, fait qu’il existe dans le “profond” de chacun de nous, la poussée à éliminer " l’adversaire ", et très souvent le partenaire assume inconsciemment les caractéristiques de cet adversaire.

*** L’hallucination amoureuse
Le rapport amoureux comme n’importe quel autre rapport psychique est essentiellement réglé par un rapport inconscient entre les facettes iconiques activées chez les sujets impliqués dans la relation amoureuse.
Nous pouvons imaginer cette dernière non comme un rapport entre A et B (les deux sujets amoureux) mais comme un rapport conditionné par l’interposition entre A et B d’une série de facettes de l’Image constituée de l’Imago entré pour faire partie du matériel iconique généalogique provenant du matériel iconique phylogénétique, qui sont actives dans leur esprit et qui agissent comme une sorte de satellite de communication entre la station A et la B.

Notre vie provient d’un mélange absolument fortuit de circonstances qui conduisent deux géniteurs à l’union sexuelle.
Si certainement d’un point de vue somatique et génétique nous sommes les enfants des deux personnes qui se sont unies sexuellement et ont mis à disposition leurs gamètes, d’un point de vue psychique de qui sommes nous les enfants ?
Nous pensons bien sûr à l’instant constitué d’un coït entre sujets potentiellement féconds. Et dans le délire social nous pouvons croire que cette union des sens est souvent sous l’empire d’un amour inconditionné. Mais, le matériel de séance ( thérapie ) nous montre d’une façon absolument incontestable que le jeu des fantaisies, qui servent de support à l’excitation érotique, est un kaléidoscope incontrôlable.

S’il nous était possible de réaliser un concentré iconique de la masse de l’activité fantasmatique synchrone de l’acte sexuel nous obtiendrions deux images bien définies:
Elle, la femme, fait réellement l’amour avec l’objet de sa fixation oedipienne : le père.
Lui, l'homme, fait réellement l'amour avec l'objet de sa fixation oedipienne : la mère.

*** “ Alors, de qui est le fils, d’un point de vue psychique, cet être humain?”
– Non de ses parents biologiques, mais plutôt des imago incestueuses qui ont été réinvesties dans le rapport consumé.
C’est-à-dire, moi, fils de mon père biologique Y, et de ma mère biologique X, je suis en réalité fils psychiquement de YY (père de X) et de XX (mère de Y) (toujours à condition que ces derniers aient été les réelles fixations incestueuses).
Parfois, le désir incestueux est tellement puissant que le fruit de la conception devient le nouveau pôle d’engagement de la fixation oedipienne-incestueuse.
On a conçu un fils-amant qui demeurera tel pour le restant de l’existence des deux sujets (il s’agit là d’un thème magistralement traité par des grands metteurs en scène comme Visconti et Pasolini).

Cette définition implique, comme le souligne Peluffo (Il persecutore, Scienza e Psicoanalisi, 2003) que les traces mnésiques des problèmes traumatiques et des noyaux de fixation, se constituent en ensembles desquels les informations se transfèrent du ça dans l’inconscient et le programment.
Un software aberrant se structure alors, basé sur des expériences traumatiques primordiales qui à partir de cet instant dictera les comportements psychiques et psychosomatiques pour le reste de l’existence.
Le stockage au niveau du Processus primaire aura comme résultat que l’on ne pourra modifier de telles instructions de comportements psychobiologiques sans une analyse très profonde (décomposition et destructuration).
Ces amours fusionnels qui se structurent dans l’utérus sont indivisibles: ils continuent à subsister pour le reste de l’existence même s’ils sont dissimulés par les superstructures et par les tentatives successives.

La triste séquelle des amours ratés trouve son origine dans le fait que les sujets incapables de couronner leur rêve d’amour sont en réalité fondus et compénétrés avec une Imago inconsciente, et ce, souvent même sans le savoir.

Le cas clinique suivant peut donner au lecteur une idée de la profondeur du conditionnement ancestral.
– Le cas clinique
Voici une femme, souffrant d’une grave maladie métabolique, issue d’une famille caractérisée par une notable tendance incestueuse non mise en pratique.
La mère de la patiente en particulier vit un amour inconscient, hautement idéalisé avec le frère, médecin réputé, qui dans l’imagination familiale est considéré comme une sorte de demi-dieu.
Il est très probable que l’investissement fantasmatique sur le frère au moment de la conception et durant toute la gestation ait, pour utiliser une expression populaire et sportive, passé le témoin de la succession à la fille qui nourrit envers son oncle, sans le savoir, un amour infini, pour lequel, seulement en analyse, elle découvrira les caractéristiques sexuelles.
La santé de la petite fille est confiée aux bons soins du Professeur ( l'oncle médecin réputé ).
Il est évident que rationnellement, une telle procédure est la plus aisée! Pourquoi aller consulter à l’extérieur lorsque l’on a dans la famille un professionnel affirmé ? En réalité, accepter d’être le médecin de la famille expose les membres de la famille et le médecin lui-même à une phénoménologie fastidieuse dans laquelle les dynamiques de possession-destruction de l’Objet passent par la construction inconsciente de maladies qui se croisent avec des tentatives amoureuses de sollicitude.
Un résultat possible de cette situation peut être la création de syndromes chroniques. L’inconscient, dans sa tentative d’obtenir satisfaction, aggrave la symptomatologie de manière à créer une situation d’urgence, qui balaie les doutes déontologiques.
Dans le but d’être plus bref, je ferai référence seulement au matériel élaboré durant l’étude à l’aide de loupes d’agrandissement progressif d’une photo du mariage où l’on peut voir la jeune femme au bras de l’oncle (qui l’avait accompagnée à l’Autel à la place de son père !) relative à la déconcertante prise de conscience de la fixation incestueuse:
- “Il y a mon oncle vêtu comme un ‘marié’ et moi revêtue de la robe nuptiale. J’ai terriblement honte ! Nous ressemblons réellement à un couple qui va se marier (elle pleure intensément se montrant très affectée) et de surcroît j’étais enceinte, et j’étais sur le point de dire ” j’étais enceinte d’un autre ” (lapsus). Je voulais dire que je n’étais pas enceinte de mon oncle…. Je l’avais trahi !….
C’est comme si nous étions mariés. Mon oncle a les doigts comme s’il disait OK et mon fils également les mets de cette façon et ce depuis sa petite enfance…. j’ai honte de rester au bras de mon oncle et d’être aussi contente de m’y trouver! j’ai honte de lui qui est ainsi heureux d’être à la place de mon mari ! Depuis que j’ai commencé mon analyse il ne me cherche plus. C’est fou puisque seulement à présent je me rends compte de m’être mariée et de n’avoir jamais appartenu à mon mari ! Je me suis arrangée pour passer notre première nuit de noces dans la région de mon oncle. Je n’ai pas réussi d’une manière absolue à m’éloigner de lui, c’était un peu comme un yo-yo ! Une chose insensée ! Une vie attachée à lui sans le savoir ! Vous êtes le premier médecin que je consulte sans demander de me faire connaître son opinion: cela ne m’était jamais arrivé. Moi, durant l’adolescence je n’ai jamais été amoureuse d’un adolescent parce que j’appartenais déjà à ce salaud ! Durant une certaine période je l’ai même désiré physiquement, je le voulais ! Et j’éprouvais pourtant une grande honte ! J’ai désiré mon oncle de la même façon que je vous ai désiré Vous !” (la première phase de l’analyse avait fait l’objet entièrement d’un travail très dur de neutralisation d’une érotisation du transfert, en réalité une résistance par déplacement: le médecin pris comme l’objet incestueux).

Matériel semblable n’est pas rare dans le travail clinique du psychologue analyste.
Chaque fois que je le rencontre je ne peux que me demander ce que signifie : « Je t’aime »."

Article crit par: Quirino Zangri
http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Expert auprès des tribunaux - Rééducation psychomotrice - Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - EMDR - Thérapie comportementale de JL. Moréno - Psychologie - Psychanalyse.
PS : ATTENTION, sur ce forum je vous propose simplement des " interprétations, des pistes de réflexion ", en AUCUN CAS une psychothérapie en ligne ( qui serait alors, comme beaucoup sur internet sauf cas particulier, impersonnelle, payante, et surtout hors éthique psy ).

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 29 juin 2018, 07:42

QU'EST-CE QU'UN TRAUMATISME, ET QUE FAIRE ?

On peut parler de traumatisme émotionnel aujourd’hui après la survenue d’événements beaucoup courants : un accident de voiture, une rupture de relation, une expérience humiliante, une maladie potentiellement mortelle ou invalidante, une perte d’emploi ….

Les événements traumatisants peuvent avoir des répercussions émotionnelles graves sur certaines personnes, même si l’événement n’a pas de conséquences physiques.
1. l’événement est inattendu
2. la personne n’était pas préparé à le vivre
3. la personne ne pouvait rien faire pour l’empêcher de se produire.

Ce n’est pas la cause qui détermine si quelque chose est traumatisant, mais la façon dont la personne va vivre l’événement.
On ne peut pas prévoir comment une personne va réagir à un événement potentiellement traumatisant.

*** La particularité du traumatisme émotionnel
La conséquence immédiate du traumatisme est la perte du sentiment de sécurité avec la tenace impression d’être impuissant. La personne se sent écrasée par ce qu’elle vient de vivre.
La personne traumatisée peut avoir soit un sentiment de danger constant, soit une impression d’être déconnectée de tout sans pouvoir faire confiance à quelqu’un.

*** Il faut distinguer stress et traumatisme.
Le stress dérègle notre système nerveux mais pour une période relativement courte. On retrouve assez vite un équilibre. Le traumatisme créé une détresse qui se propage dans toutes les expériences suivantes.
Si on communique notre détresse à quelqu’un qui va réagir de manière adéquate et que nous revenons à un état d’équilibre, nous sommes dans le domaine du stress.
Si nous ne revenons pas à un état d’équilibre et que nous vivons toujours dans un état d’intensité émotionnelle active, nous sommes dans le domaine du traumatisme émotionnel.

*** Les différences entre les individus
On se demande toujours pourquoi un événement provoque une réponse émotionnellement traumatique chez une personne et pas chez une autre. On se demande aussi pourquoi le temps pour récupérer d’un traumatisme émotionnel varie d’une personne à l’autre.
Pourquoi certaines personnes rebondissent rapidement alors que d’autres sont dévastées ?
Il n’y a pas raisons objectives, même si un certain nombre de facteurs de risque rendent certaines personnes sensibles aux traumatismes émotionnels et psychologiques.
Une personne sera plus susceptible d’être traumatisée si sa charge se stress est déjà intense ou si elle a déjà subi une série d’événements négatifs.
Une personne sera plus susceptible d’être traumatisée si elle a déjà été traumatisée avant et surtout si ce traumatisme antérieur est survenu dans l’enfance et n’a pas été résolu.
N’importe qui peut devenir émotionnellement traumatisé. Ce n’est pas une question de force ou de faiblesse. Il faut juste prendre les symptômes au sérieux et ne pas hésiter à prendre des mesures pour guérir, tout comme on prend des mesures pour guérir d’une maladie physique.

*** Les symptômes du traumatisme émotionnel
Ces symptômes sont des réponses normales au traumatisme, cet événement anormal. Parfois ils peuvent être retardés pendant des mois, voire des années après l’événement. Il arrive aussi que certaines personnes ne relient pas leurs symptômes avec un traumatisme.

*** Les symptômes physiques de traumatisme
– l’insomnie ou les cauchemars,
– la fatigue
– la difficulté à se concentrer
– l’agitation ou la nervosité,
– des maux divers ou des douleurs
Les symptômes émotionnels et psychologiques du traumatisme
– le déni ou l’incrédulité
– la colère, les sautes d’humeur,
– la culpabilité, la honte
– le sentiment de tristesse ou de désespoir,
– l’anxiété ou la peur

Ces symptômes durent généralement quelques mois et s’atténue au fur et à mesure que vous traitez le traumatisme.
Mais, même ensuite, quand on se sent mieux, on peut être troublé de temps à autre par des souvenirs douloureux ou des émotions fortes, surtout en réponse à des déclencheurs tels que l’anniversaire de l’événement, une image ou un son, une situation qui rappelle l’expérience traumatisante.

*** Quand faut il chercher de l’aide auprès d’un professionnel ?
Récupérer après un traumatisme prend du temps et tout le monde guérit à son propre rythme. Mais si les mois passent sans que les symptômes diminuent, vous pourriez avoir besoin d’un professionnel.
Voici les principales raisons d’une demande d’aide (même sans traumatisme d’ailleurs)
– Une difficulté à vivre à la maison et au travail
– Des anxiétés prolongées
– Une attitude qui vous pousse à éviter les situations qui vous rappellent le traumatisme
– Un engourdissement émotionnel
– Une incapacité à former des relations satisfaisantes

*** Le traitement du traumatisme émotionnel et psychologique
Il faut prendre conscience que ce traitement, ce travail sur vous va impliquer de revivre des souvenirs même insupportables de façon à éviter qu’ils reviennent encore et encore, spontanément et de façon incontrôlable.
Il est évident qu’un tel travail, comme dans la plupart des thérapies, va vous prendre une grande énergie, source de fatigue même physique.
Mais en contrepartie, vous allez également apprendre à gérer vos émotions fortes du passé, du présent et du futur. Vous allez également construire ou reconstruire votre capacité à faire confiance aux autres.
Le traumatisme perturbe l’équilibre et le système nerveux se coince dans le surmenage. Le traitement du traumatisme doit corriger ce déséquilibre et rétablir votre sentiment de sécurité.

*** Voici deux grandes thérapies qui sont utilisées dans le traitement des traumatismes émotionnels et psychologiques :
1) La thérapie cognitive et comportementale
Elle aide à traiter et évaluer vos pensées et vos sentiments à propos du traumatisme

2) l’EMDR (la désensibilisation des mouvements oculaire et retraitement)
Elle incorpore des éléments de la thérapie cognitive et comportementale avec les mouvements oculaires ou d’autres formes de stimulation rythmique.

*** Conseils de rétablissement après un traumatisme émotionnel et psychologique
La récupération prend du temps. Il faut donc être patient en vous laissant ressentir ce que vous sentez sans jugement, sans culpabilité et sans honte.
1. Ne pas s’isoler
Il est nécessaire de maintenir vos relations pour pouvoir parler de vos sentiments.
Tentez de faire des choses qui n’ont rien à voir avec l’expérience traumatisante.
2. S’ancrer dans le présent
Soyez attentif à votre emploi du temps pour maintenir un équilibre entre les tâches ingrates et les tâches plaisantes.
Installez des objectifs réalisables et prenant plaisir à la réalisation de ce que vous entreprenez.
Reconnaissez vos émotions et vos sentiments pour les accepter.
3. Prendre soin de soi
Essayez de viser 7 à 9 heures de sommeil par nuit.
Faites de l’exercice régulièrement
Équilibrer votre alimentation

*** Conseils pour aider une personne face à un traumatisme émotionnel et psychologique
On a toujours du mal à aider ceux que l’on aime quand l’autre traverse une épreuve qui n’est pas la notre.
Le meilleur moyen est de demander à la personne la façon dont elle voudrait être aidée.. Certaines personnes aiment les conseils, d’autres juste une écoute active. Mais quand on a subi un traumatisme, on ne parvient pas toujours à vraiment réfléchir à ce que l’on aimerait.
Aussi, voici des conseils,sachant que votre soutien peut être un facteur crucial dans le rétablissement et le recouvrement de l’équilibre :
– Soyez patient et compréhensif.
Ne jugez pas la réaction de l’autre et n’allez pas contre ses réponses. Acceptez que l’autre soit différent de vous et ne semble pas gérer comme vous vous pouvez penser que vous géreriez si vous étiez à sa place.
– Offrez un soutien pratique
Aidez l’autre à maintenir une vie régulière, routinière et « normale ». Cela peut être l’aider à faire le ménage comme s’asseoir sur le canapé pour parler.
– Soyez disponible et non demandeur
La plupart des traumatisés ont beaucoup de difficulté à parler de leur traumatisme. Il ne faut donc pas les inciter à en parler, mais rester à l’écoute s’ils le veulent.
– Soyez attentif aux sources de plaisir ordinaire
Encouragez l’autre à pratiquer un sport, à voir ses amis, à poursuivre ses loisirs ou toute autre activité source de plaisir.
– Désamorcer tous les conflits
Les personnes traumatisées ont tendance à se mettre facilement en colère, à devenir irritables ou à être émotionnellement distantes. Toutes ces réactions sont les réponses au traumatisme et non des réponses au climat de votre couple. Ne renchérissez pas, ne répondez pas.
Le mieux est encore d’avoir une discussion dans un moment calme et serein sur l’attitude que vous pourriez prendre dans ces cas là. Demandez à l’autre ce qu’il aimerait.
Puisque vous voulez l’aider, autant l’aider pour son plaisir et non le votre.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 01 juil. 2018, 07:14

LE PARDON APRES UN VIOL

Le pardon doit être exprimé pour soi et non pour le violeur.
On peut pardonner pour se libérer de la colère qui nous ronge, pour tourner la page, pour oublier, parce que le pardon correspond à nos valeurs profondes (le pardon chrétien par exemple) mais en aucun cas le pardon doit être une obligation, une injonction.

Le pardon n’est pas un du.
Le pardon n’a pas à être valorisé par les médias. En glorifiant le pardon, les médias font du pardon une étape obligatoire vers la résilience, et en cela font aussi le jeu du patriarcat.

Le viol n’est pas, par essence, pardonnable. Présenter le viol, comme un crime devant forcément être pardonné, amoindrit sa gravité, son caractère absolument impardonnable.
La victime ne doit pas le pardon au violeur.
Pas plus il lui appartient de lui pardonner pour que celui-ci puisse se reconstruire, lui aussi, tourner la page.
La victime a assez de s'occuper elle-même de sa re-construction.

En tant que victime, vous avez le droit à la colère, à la haine, à la rancœur éternelle. Vous avez le droit de hurler votre peine, votre indignation, de le faire savoir à votre violeur et au monde entier.

Et pourtant la société attend des victimes qu’elles fassent preuve de « dignité » autrement dit qu’elles se taisent ? Pourquoi ?
En exigeant des victimes qu’elles pardonnent et qu’elles soient dignes, les " bien-pensants " parlent simplement de leur propre histoire, de leur vécu, de leur silence imposé, ou qu'ils n'ont pas osé briser.

On entend cette phrase : « Si tu avais été réellement violé, tu n’en parlerai pas ». Et cette phrase reflète assez bien ce que l’on attend des victimes de viol : qu’elles n’en parlent pas.
Et si elles en parlent, pour les autres " c’est louche, elles veulent l’argent, la gloire, ou tout simplement nuire à l’homme qu’elles accusent de viol."
Ou quand un homme parle de son viol, on lui rit au nez, on lui dit qu’il est chanceux : " moi j’aimerai bien de faire sucer gratuit !" ou qu’il est juste un pédé refoulé.

Cette injonction à la dignité, au pardon et au silence n’arrange que les violeurs.
Elle détruit les victimes, elles les confinent au silence.
Pire elles les culpabilisent si elles sont incapables de pardonner.
Le choix du pardon n’appartient qu’à la victime. Et pour les raisons qui lui sont propres et personnelles.

La victime qui dénonce son violeur, qui a su se battre, la rage au ventre pour briser la loi du silence, a ainsi permis qu'il ne recommence pas. Elles n'est pas devenue sa complice.
C'est ce qui s'appelle, être un Homme.
C'est ce qui s'appelle, être une Femme.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 03 juil. 2018, 08:09

L'ANGOISSE D'AANDON

L’angoisse d’abandon est une blessure qui a de lourdes conséquences sur nos relations si elle n’est pas soignée. De nombreux adultes attirent les mauvaises personnes par peur d’être abandonnés.
L’angoisse d’abandon ne naît pas d’un véritable abandon mais de la perception à un moment donné que l’enfant – dès sa naissance – peut avoir d’une situation.

Le sentiment d’abandon peut naître d’un moment où :
la mère ne répond pas aux pleurs du bébé parce qu’elle dort,
l’enfant vit mal “la crèche”,
l’enfant est envoyé trop souvent chez les grands-parents,
la mère doit partir 3 jours se faire opérer,
les parents partent 48h en colloque, en seconde lune de miel, en We…
le parent est présent mais il semble tellement préoccupé par ses pensées qu’il n’est pas attentif à l’enfant,
le père rentre à 21h quand l’enfant dort déjà, il ne le voit que le We,
etc etc…
Freud disait que l’angoisse d’abandon devient traumatisante surtout si les situations qui génèrent l’abandon sont répétées et régulières.

Les conséquences de l’angoisse d’abandon
L’enfant va se construire avec l’idée qu’il peut être abandonné et que pour pallier à ce risque, il va devoir s’adapter en faisant tout pour ne plus vivre ces situations.
Ainsi, il va par exemple :
*** tenter de faire plaisir à tout le monde en niant ses propres besoins,
*** accepter toutes les formes d’irrespects plutôt que d’être abandonné (même la violence),
*** devenir dépendant et s’adonner à des tas d’addictions (drogue, dépendance affective, jeu, dépenses, sexe…),
*** se sentir ”nul” et croire que les autres lui sont bien supérieurs puisqu’il ne mérite pas l’attention dont il a besoin,
*** créer lui-même des situations de rupture pour éviter d’être “abandonné”,
*** refuser toute forme d’engagement durable (pas de CDI, pas de mariage, pas de crédit sur 20 ans, pas d’enfant,…).

Sortir du schéma d’abandon
Les conséquences sont sources de multiples souffrances et multiples drames.
En général, l’angoisse d’abandon induit des schémas répétitifs. L’individu va attirer toujours et encore des situations ou des relations semblables. Ce n’est que quand il va en prendre conscience et qu’il décide de consulter qu’il pourra en sortir.
Si vous passez votre temps à faire plaisir à votre conjoint, vos parents, vos amis, vos enfants et toutes formes de relations en râlant parce que personne ne vous rend la reconnaissance de vos actes, il est probable que vous ayez ce problème !
Si vous passez votre temps à changer de relations amoureuses, sociales ou professionnelles, il est peut être temps de travailler sur vous-même.

Les addictions servent souvent à masquer et combler le vide que l’on ressent quand on se croit “abandonné”. On va par exemple se “remplir” de nourriture ou d’alcool.
Parfois l’angoisse vient de situations très banales comme celle où votre ami ne répond pas dans la minute au SMS que vous lui envoyez parce que la batterie est vidée: vous allez angoisser jusqu’à lui faire une scène quand il rentre le soir. En fait, vous ne faites qu’exprimer votre peur d’être à nouveau abandonné !
Dans les cas les plus graves, on verra dans les faits divers un homme dont la femme demande le divorce, tuer ses enfants et se suicider ensuite, ne supportant pas la rupture. La rupture réveille le sentiment d’abandon vécu dans la petite enfance. Elle met le doigt là où ça fait mal.

Les gens qui souffrent de ce problème vont préférer rester toute leur vie ou des années durant dans des relations de violences psychologiques ou physiques en étant souvent dans le déni de leur angoisse d’abandon.

Soigner sa blessure d’abandon chez un psy, c’est retrouver la paix en soi, dans ses relations et dans ses projets de vie.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 04 juil. 2018, 13:50

L'amour ce n'est pas chercher chez l'autre la réparation de ses déboires, de ses souffrances morales, de ses malheurs, c'est d'avoir déjà travaillé dessus pour justement ne pas " peser " sur l'autre, pour espérer avancer ensemble vers l'avenir…
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 04 juil. 2018, 15:02

L’interdit de l’inceste
1995- in INFORMATIONS SOCIALES (CNAF), Les figures de la parenté, N°46, 1995.

Il existe une tendance universelle vers l’inceste qui conduit, dans un premier élan d’amour, l’enfant vers ses père/mère/frère/sœur. Dans la confusion des générations qui pourrait en résulter, l’interdit de l’inceste fonde la loi du genre humain et lui donne sa spécificité : la loi, en effet, repère chaque homme à ce qui le constitue depuis les origines jusqu’à la fin. Elle lui révèle qu’il est sujet de droit.
C’est en 1968 que, dans le secret du cabinet de l’analyste, j’ai été interrogé avec le plus de violence sur le bien-fondé de l’interdit de l’inceste. Je ne m’étais jamais posé la question de savoir pourquoi cet interdit était fondamental, en quoi il était fondateur de la loi des hommes et comment en tant que tel, il avait une portée universelle. Respecté, en effet, il organise comme un principe l’action et le devenir humains, si la loi n’obéit pas à ce principe, l’espèce humaine se trouve menacée ?
J’entendais dire que l’interdit de l’inceste et la problématique oedipienne étaient une affaire de culture et qu’après tout prendre du plaisir avec sa mère ou son fils (jeu avec le sexe du père, bain avec le fils, etc.) n’était pas si catastrophique que cela. Tout ce qui mettait obstacle à l’immédiateté du plaisir était considéré comme entrave à la liberté. L’heure d’une liberté absolue indépendante de toute condition avait sonné. L’objet du plaisir prenait la place de l’Autre du désir, l’Autre comme origine du désir(1).
A l’époque, on pouvait lire : « il est interdit d’interdire », mais la voix du divan m’apprenait au même moment que s’instaurait par là la tyrannie la plus aveugle : celle du plaisir sans limite. A l’analyse des effets de la loi fondée sur l’interdit de l’inceste, nous apprenons qu’il est bien autre chose qu’un plaisir arbitraire d’interdire le plaisir. J’étais bien placé pour entendre à quel point l’absence ou la transgression de l’interdit de l’inceste entraînait dans la spirale du mutisme et dans l’enfer d’une vie déniée dans l’acte même où elle se donne : entre l’homme et la femme, en eux.
Je réalisais que l’interdit venait heurter de front la tendance à l’inceste inhérente à l’amour du premier objet : la mère.
Une tendance universelle
Il existe une tendance universelle vers l’inceste qui conduit l’enfant dans l’élan de son amour vers ses père/mère/frère/sœur/. L’enfant naît d’un père, d’une mère et de leur alliance, de la parole qui est née , et qui naît entre eux et dans laquelle nous somme fils ou fille, inscrit dans la généalogie de droit et non seulement dans une succession de fait. Les parents ne sont pas à l’origine de la vie mais ils sont la figure de son commencement. L’axe de la vie est orienté par la parole qui détourne le sujet de son engloutissement répétitif dans le même et l’ouvre à l’altérité du désir.
L’espèce humaine doit son être à la parole en acte qui spécifie l’homme de génération en génération. Or, quand personne n’interdit l’inceste, il n’y a plus filiation, mais reproduction. La filiation est le lien qui unit un individu à son père et à sa mère : tout en l’inscrivant dans la suite des générations, elle le réfère à l’origine qui n’est pas réductible à son commencement, à sa mère ni même à la combinaison de ses parents. Par son nom, il est référé à la parole originaire, et c’est elle qui, au même titre que son père et que sa mère, spécifie le fils en tant qu’homme. La perturbation de cette filiation provoque le trouble dans l’espèce humaine : elle fait de la parole et de sa promesse un mensonge. Si le don de la parole ne s’incarne plus dans la génération, l’homme perd en perdant sa qualité de fils.
Le non-interdiction de l’inceste met l’homme dans la situation périlleuse de vivre une vie qui ne serait pas la sienne en vérité. La tendance incestueuse est inhérente à l’homme qui cherche dans l’immédiateté objective la satisfaction de ses pulsions. Quand il en est ainsi, il n’y a plus d’altérité, le désir s’éteint et le Sujet avorte. L’homme ne serait plus qu’un moi-ma-mère ou un moi-mon-père ou un moi-mon-fère. Ainsi posé dans le champ primordial des objets, l’interdit a une fonction : celle d’ouvrir le besoin de l’homme. Il l’ordonne au réel, à l’au-delà de l’imaginaire, à ce au-delà du principe de plaisir que Freud, le premier, met en évidence dans la structure de l’homme.
Où commence l’inceste ?
Soumettre la génération à l’ordre du plaisir revient à nier le lien d’une filiation tissée entre le plaisir et la position du sujet parlant. Si le fait que « ça parle » inscrit, dès le commencement, le corps de l’homme dans la dimension de l’altérité et la différence – celle du désir -, tout ce qui, dans l’homme, détruit cette dimension fausse la transmission de la vie. Elle l’enferme dans une image en le rabattant sur le même, dans la confusion du réel et de l’imaginaire.
Est incestueux, en définitive, tout ce qui trouble la suite des générations et n’autorise pas la parole à se manifester dans la chair en tant que rapport du sujet à l’Autre et/ou à l’origine. A la question : où commence l’inceste, qui est fréquemment posée, on pourrait dire que cela commence quand les sensations de l’enfant ne sont référées qu’au plaisir, celui de la mère ou le sien, au lieu de l’être à ce qu’il est, à son nom. Ou si l’on veut, au nom du père. L’inceste commence à cet endroit là. Mais tout n’est pas égal et il y a des degrés de gravité quant à la répercussion de la libido au sein de la structure. De toute façon, la plus grave se situe au stade précoce quand la chair est touchée à un niveau préverbal, là où le bébé n’a pas pu crier, là où ce qu’il éprouve n’a pas été symbolisé dans un langage qui lui donne un statut de droit, un statut d’être parlant. Alors il ne peut répondre à et de son nom : il est le prisonnier d’un labyrinthe de sensations qui ne le mène jamais nulle part ailleurs que là où elles se répètent indéfiniment dans la succession des coups, des accidents, des agressions sexuelles dont il ne peut pas naître comme sujet.
La limite et l’interdit
L’interdit symbolise la limite. Il lui donne sens. En articulant la limite au désir du sujet – qu’il respecte ou qu’il transgresse – l’interdit donne à l’homme le droit de vivre à sa place, dans un corps qui est le sien. La loi qui régit l’univers donne à chacun sa place au milieu des autres et dans le monde. Quelle que soit la langue dans laquelle elle s’exprime, la loi des hommes trouve son fondement dans l’interdit de l’inceste.
On voit qu’à travers toutes les modalités culturelles qu’il peut revêtir, l’interdit de l’inceste fonde la loi spécifique de l’humanité. Avec lui le langage de chacun s’articule à la spécificité originaire de genre humain : la parole.
La limite en tant qu’elle concerne un sujet est dite marquée d’un interdit proféré par un autre. Si la limite matérialise la différence objective, l’interdit, lui, en fait le signe d’une différence subjective, le lieu de la manifestation du désir et de l’altérité. En tant que lieu d’un interdit, la limite renvoie à la loi à laquelle un homme doit obéir ou désobéir. C’est de ce fait qu’il est sujet, « parlêtre ». S’il en est ainsi, toute règle renvoie à l’interdit fondamental de l’inceste qui réfère chacun à la vérité d’une filiation, à son nom et à la place qu’il lui donne dans la génération et non à l’intensité des sensations qu’il éprouve. On peut illustrer très concrètement ce propos à partir de ce que nous vivons au Jardin Couvert(2).
Parmi les limites interdites qui le structurent, une ligne de couleur sur le sol délimite une zone que les jouets à roues sur lesquels les enfants montent n’ont pas le droit de franchir. Pour franchir cette ligne et rejoindre sa mère, par exemple dans l’autre salle, le conducteur doit se désolidariser de son véhicule pour rencontrer l’être vers lequel son élan le pousse. N’y a-t-il pas déjà, là, la symbolisation de la différence entre le sujet et l’objet, entre l’enfant et le jouet dont il jouit, et la différence subjective entre sa mère et lui. C’est la loi !
Une maman dont le petit était né d’un homme marié par ailleurs et qui aurait pu être son propre père, avait trouvé cette règle insupportable. Elle trouvait qu’il était néfaste d’imposer des limites aux enfants et prônait une liberté absolue. Elle a quitté le Jardin Couvert avec son fils, Olivier, dans l’intention de n’y revenir jamais.
Six mois après cette sortie, la mère et l’enfant reviennent : la vie est devenue infernale à la maison, Olivier touche à tout et la rend « chèvre ». Il n’y a plus de limite à son agitation. Le père laisse faire…, jusqu’à l’explosion de colères brutales. Malgré la complicité qu’elle tente d’avoir avec son fils, la violence s’est emparée des rapport familiaux et elle ne sait plus comment faire, livrés qu’ils sont tous les deux à l’alternance d’une tendresse incestueuse et d’une exaspération réciproque qui ne l’est pas moins.
Olivier, lui, a vite retrouvé son jeu favori avec une petite voiture : franchir la ligne. A chaque fois, l’un des accueillants lui rappelle l’interdit. A un moment, Olivier tente encore de le faire et sa mère, pleine de bonne volonté, lui fait remarquer qu’il n’a pas à franchir la ligne ! Mais si, rétorque Olivier, je passe la ligne et, comme ça tu le dis à Denis, et il vient parler avec nous !
Comment mieux dire ce qu’il y a au cœur de la jouissance de toute transgression : l’appel en creux du désir de l’Autre et l’espoir d’une libération de l’immédiateté de la satisfaction. Cet appel du désir et cet espoir de sortie de soi-sa-mère, le père l’autorise en tant qu’il est porteur de la loi qui régit les sujets parlants.
Le désordre dans la génération
En revenant à des propos plus théoriques, nous tenons que l’interdit de l’inceste qui fonde la loi humaine ouvre le chemin où l’entre-dit de la parole originaire se laisse entendre de génération en génération. Il évite à l’homme un enfermement dans l’image de lui-même prise pour l’origine. Le nom qu’il reçoit l’ordonne toujours à nouveau à ce qui parle en lui et à celui qui lui parle. La lumière de la parole éclaire la vérité du désir qui fonde le sujet humain hors de la représentation qu’il a de lui-même, dans l’Autre. En répondant à son nom et de son nom, l’enfant sourit à la promesse de vivre.
Ici le nom est pris dans son sens le plus fort. Il est symbolique. Avec lui, ce que nous imaginons de quelqu’un, la réalité imaginaire, est référé à ce que nous ne pouvons pas imaginer, à la réalité du sujet ouvert au « Réel de l’Histoire ». Ce qui trouble la référence à et dans la parole, à et dans la vérité qui parle, met la filiation de l’homme en porte à faux. C’est qu’il se cherche dans l’image qu’il se fait de lui-même, dont il serait lui-même l’origine. Ce faisant, il ne parle plus vraiment, il n’est plus ordonné au réel par le désir et se cherche en lui-même. Il s’invente une demeure imaginaire qu’il prend pour le réel et perd la lumière qui éclaire ses pas depuis l’origine, celle de la parole et de l’alliance où il est convoqué en tant que fils.
Délogé d’une position de fils, quels que soient ses efforts pour satisfaire à la conformité d’une image enviable, l’homme finit toujours par occuper celle d’un objet de jouissance. Il y est conduit en perdant la faculté de faire valoir son droit à vivre en tant que sujet. Il perd l’accès à la parole. C’est ce collage ou cette identification à un objet, dans la jouissance, que la parole, adressée au sujet qu’elle nomme, interdit dès le commencement. Il s’agit là, structurellement, de l’interdit à l’inceste. Dire cela, c’est entrevoir comment cet interdit est au fondement de la loi des humains, celles des « parlêtres ». Son non-respect, le collage de l’inceste, est une confiscation du on de la parole dans la chair. Avec elle, la rencontre humaine en vérité est empêchée et le désir dont elle est le lieu ne peut s’accomplir.
L’inceste fait prévaloir une connivence ou une complicité de la chair résultant toujours, même si c’est inconsciemment, de l’exclusion d’un tiers dont la parole déloge de la prison de l’image. Si rien ne vient le déloger de là, le petit d’homme ne sort jamais de la confusion : il croit être ce qu’il sent : il s’identifie à l’objet de ses sens et non plus à ce qui y échappe, au sujet de la parole.
La complicité des sens n’autorise pas à signifier une réalité de droit qui spécifie l’homme en le référent à ce qui lui donne de vivre en vérité : la parole entre trois. En la confisquant, la passion complice de l’entre-deux provoque l’exclusion du troisième avant de détruire ceux qui s’y sont laissés prendre : la mère et l’enfant contre le père, le père et l’enfant contre la mère, la mère et le père contre l’enfant. Quand l’enfant se trouve, en tant que sujet, exclu de la circulation de la parole et réduit à un objet ou à un enjeu, c’est que le rapport mère/père est lui-même incestueux. Entendons par là qu’il est la conséquence d’un complexe d’Oedipe non résolu, d’une relation homme-femme vécue sur le mode d’une jouissance passionnelle, quel qu’en soit le mode, qui n’autorise pas les partenaires à occuper une position de droit, celle du sujet parlant.
Un tel trouble dans la génération introduit le désordre dans la filiation. En faisant obstacle à la parole dont il vit, il n’autorise plus l’homme à se reconnaître dans la vérité qui parle, il l’enfonce dans les ténèbres d’un mensonge jusqu’au délire et/ou au mutisme.
« Je suis complètement étranger à mon corps surtout le visage. Je ne sais pas qui je suis et suis perdu en moi ».
Cette perte de soi en soi est aliénation absolue, elle trahit le désordre implosif d’un désir qui, au lieu d’être ordonné à l’Autre, en est détourné jusqu’à l’inversion, en faisant du sujet un étranger à lui-même.
En lui donnant un nom qui l’inscrit dans la génération humaine, le père fait de son fils un sujet de la loi des hommes. Il l’empêche de s’identifier à l’objet de satisfaction pulsionnel de ses parents et à trouver dans cette position son sens. Il n’existe pas cette référence à la position tierce de la parole – au don originaire, au don de la vie auquel se trouvent référés aussi père et mère – la mère confisque l’enfant : il ou elle le fait parler au lieu de lui donner la parole. Sans cette référence à la parole qui fonde l’alliance entre le père et la mère, sans cette référence à l’origine de tous, l’homme s’autofabrique : comme nous l’avons dit, il cherche son identité dans l’image de lui-même, c’est-à-dire dans l’activité de son imaginaire. Ainsi il supprime l’autre, le méprise, l’efface. Livré à l’esprit de mensonge, il s’annule lui-même.
« Je suis en position de guerre permanente par rapport à mon existence même. Je serais mon propre dieu… et je me déboulonnerais constamment ».
La quintessence du fantasme de toute-puissance réside dans de tels fantasmes. En eux, l’homme se prend pour sa propre origine et la preuve en est qu’il se détruit. Chez l’enfant, et parfois chez l’adulte, ce fantasme s’illustre d’une bouche (os, oris : origine) qui s’avale elle-même.
L’interdit de l’inceste qui fonde la loi brise ce fantasme de toute-puissance. Il autorise l’espace inter-subjectif du désir entre père, mère et enfant. Cet espace n’a de sens pour eux trois – comme pour la multitude -, que d’être le lieu d’un échange originel, l’unité dans la différence qui est la vie même. L’interdit de l’inceste – inceste veut dire : qui n’est pas chaste – marque un point de non-jouissance, c’est-à-dire de chasteté, où la parole crée l’homme, sans qu’il y ait jouissance ou consommation ou destruction de l’objet. Le fils de l’homme naît de cet engendrement de la parole dans la chair, il répond à un nom qui témoigne de la rencontre de l’homme et de la femme, de leur unité d’être et de parole, d’une différence qui ne vit pas de l’opposition imaginaire de ses termes, mais de leur référence à une commune origine.
Quand, prétendant s’adresser à un semblable qu’il réduit à rien, à un objet, l’homme n’est plus, comme ce semblable, référé à l’Autre du désir, à son origine, alors l’homme et son prochain, l’homme et la femme, deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils perdent leur nom. Ou plutôt, le nom n’a plus d’importance car il n’ancre plus chacun dans la lignée des origines. « Le nom, disait un jeune homme délirant, c’est comme un chapeau sur la tête ». Ainsi se trouve rompue ou déniée la filiation et la génération des hommes est dans l’impasse. Le nom du père est forclos : il n’a pas pu s’écrire dans la chair en temps voulu et l’enfant livré à ses sensations ou à ses sentiments ou à ceux des autres, est orgueilleusement seul ou sournoisement jaloux. Il ne peut plus désirer l’Autre et découvrir en lui la source du désir. Il n ‘a pas accès à l’altérité qui devient étrangeté.
Alors que, sur le divan, un homme fantasmait qu’il avait « l’impression que sa mère pensait à l’intérieur de lui », il ajoutait : « j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose de très compliqué pour moi. Je n’arrive pas à me situer par rapport à mes deux parents en même temps. C’est ce qui est vraiment étrange. (…) C’est à partir du moment où j’ai eu un enfant que j’ai compris combien j’avais pu faire violence à mes parents et combien j’ai pu être soumis à une violence que je ne pouvais imaginer ».
Comment mieux dire les effets symptomatiques d’une existence marquée par l’inceste. C’est la transgression de la loi dans l’effacement ou le mépris du nom du père, l’absence de pudeur et de respect de ce qui est transmis depuis l’origine. La tendance incestueuse refuse et refoule l’Autre. Sous prétexte qu’elle ne peut le connaître – et en jouir – elle refuse de le reconnaître. A la place de l’ouverture au réel dans la reconnaissance du sujet désirant, il y a pure jouissance et retour au même ou à rien. En lieu et place du désir, il n’y a que l’exaltation répétitive d’une jouissance de connaître ou d’une toute-puissance de savoir qui est à elle-même, sans au-delà, s’inscrit dans le registre d’un narcissisme tyrannique où l’un et l’autre s’annulent. L’intensité de la jouissance narcissique trouve sa source dans le refus de tout autre et, par conséquent, de l’Autre. Sa devise est : « Moi tout seul ». L’écho – Echo est le nom de la femme de Narcisse – répond : « Il n’y a personne ici que du vide ».
« J’ai l’impression d’être la haine – ou le refus de la vie incarné. C’est une partie de moi… Et il n’y a qu’en le disant ici que je ne suis pas dedans… J’ai l’impression de me défaire… (…) Je ne suis pas en paix avec le début de ma vie, toutes ces choses-là… ne sont pas en accord avec la vie… ».
De tels symptômes marquent la perversion du désir dès le commencement. Elle le détourne de son but jusqu’à enfouir le sujet en lui-même. Son moi devient sa tombe.
Une présence faite d’absence
La nomination laisse une trace qui articule l’absence de l’objet – ou sa disparition – à la présence de l’esprit qui le conçoit. Le nom est une présence faite d’absence puisqu’il désigne un sujet « absent » de la représentation objective. Il désigne l’invisible. Il rend présent ce qui n’est pas là dans l’image. La présence dans l’absence symbolise l’activité de l’esprit. Si l’acte de nomination fait défaut, le sujet n’est pas inscrit dans une filiation charnelle selon l’acte de la parole. Avec la forclusion du nom-du-père, les sensations du corps propre sont ressenties comme absurdes, non reliées entre elles, et le tissu du langage se morcelle dans la tête. Les mots s’y télescopent ou s’éparpillent : ils ne veulent rien dire.
« Je pense comme mon père, et mon père ne pense rien puisqu’il pense comme ma mère ! Il a un raisonnement double de telle façon que, dans n’importe quelle position, il a toujours raison. Je ne vis pas pour moi mais par rapport aux autres… J’ai l’impression que tout a été fait en mon absence, comme si j’étais étranger à la chose (sa naissance) ».
Après avoir constaté qu’il se trouvait toujours dans une situation de porte à faux et s’être étendu longuement sur ce qu’il appelait les mensonges familiaux, il poursuivait : « J’ai l’impression que ma mère a voulu me fabriquer à son image : on m’a forcé, c’est tout planifié, c’est pour cela que je n’ai pas l’impression d’être moi. C’est une existence larvaire… Je suis comme une éponge sur le bord d’une baignoire. Mes parents ne m’ont donné que la vie ! »
Le sujet trouve refuge, pour ainsi dire, derrière un rempart dérisoire, à l’abri de mots qui ne le concernent pas puisque le langage ne le met pas en relation avec la vérité qui, dès le commencement, parle en lui de l’origine. Tout se passe alors comme si le déni d’une filiation mensongère, inconséquente ou dangereuse, était la seule manière de tenter de vivre par soi-même, d’échapper à la réduction objectable pour se faire naître.
La parole autorise la rencontre
Quand la loi du langage, en effet, est ordonné par et à la nomination, l’être humain demeure dans la parole qui le spécifie et lui donne un visage. Il arrive que, sortant de l’étau de la psychose, une homme naisse à nouveau – à moins que ce ne soit pour la première fois ? – dans le mouvement qui associe son nom au droit, jadis – ou originellement – perdu, de vivre et de parler.
« La seule chose à quoi je peux penser, c’est mon nom… (à mi-voix). C’est pas possible ça… (il est agité et se plaint en se tenant le visage, puis en mettant les mains sur sa tête.) Qu’est-ce qu’elle m’a fait ? Ce n’est pas vrai !
(Pendant le long silence qui suit, je pense – en relation avec ce qu’il a pu me dire – que sa mère devait avoir peur qu’il bouge dans son ventre, avant la naissance).
C’est drôle j’ai l’impression que je peux bouger.
(Il pleure longtemps puis s’apaise)
Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’arrive ? (Soupirs répétés avant une ample respiration). C’est comme si j’avais le droit… (Il pleure, parcouru de sanglots qui viennent de loin.) Je crois que je vais pouvoir vous parler. »
La loi dont le père est porteur régit le rapport de deux (au moins) – la mère et l’enfant – à un tiers. Elle dit que la relation de deux, dans l’espèce humaine, n’est jamais exclusivement duelle. Une telle loi ouvre le rapport mère-enfant à un autre que l’autre (l’Autre) pour que chacun vive selon son espèce : à un autre que la mère pour l’enfant, à un autre que l’enfant pour la mère. Et, de la même façon, à un autre que le père pour l’enfant ou à un autre que le père pour la mère. Cette ouverture à l’Autre est là dès le commencement. Elle réfère chacun des termes de la relation à une origine unique, l’origine de tous et de tout. Hors de cette ouverture, il ne saurait y avoir d’homme, d’être parlant. Lorsqu’elle est occultée dès le départ, il y a le comme si – le comme si nous n’étions pas nés ou qu’il n’y avait pas eu de témoin -, le comme si d’un mensonge ou d’une torsion qui fausse l’accès à la parole, qui reprend à l’homme son droit à vivre. C’est bien ce que l’analyste peut entendre lorsque l’analysant lui dit : « Comme si du départ, y avait eu du mensonge et que j’avais pas pu faire autrement que de vouloir m’approprier les choses…, comme si à ce départ, y avait pas eu de trace, un témoin, quelque chose pour m’y accrocher, une amarre…, un endroit où ça puisse être et où je puisse me référer ».
Un interdit structurant
A envisager ainsi les choses, l’interdiction de l’inceste, on le voit, ne saurait être justifiée par l’extériorité d’un principe moral qui voudrait que soit condamné le plaisir entre la mère et l’enfant, entre les proches. Elle dégage plutôt le sujet de son engloutissement dans la sensation qui le réduirait à un objet de plaisir. Sans elle, le sujet ne peut surgir dans la lumière de la parole et la filiation humaine s’interrompt dans l’impasse d’une intensité aveuglante de la sensation. La recherche de la jouissance se substitue au respect des relations élémentaires de la parenté. Par là même, l’individu est entraîné dans la spirale dégénératrice de toute origine et, nous l’avons vu, de toute altérité. Cet aveuglement interrompt la filiation en privant chacun des hommes de son rapport à la parole originaire. Cette privation fait perdre à l’homme son identité d’être de parole.
Les familles incestueuses, en effet, sont muettes, noyautées, sans même le savoir, par une peur de parler, qui verrouille toutes les portes et qui rend fou. La peur enferme en soi-même ou, plus exactement dans l’image, dans le regard, dans la dualité spéculaire vide de parole. Elle empêche de sortir à la rencontre de celui qui vient ou qui appelle. Elle prive du droit de vivre et de parler. Elle coupe de la Parole originiaire qui donne à l’homme le droit de vivre en fils d’un Père.
S’il en est bien ainsi, on devine l’importance structurante de l’interdiction de l’inceste. Dans tous les cas de figure familiale mais, en particulier, dans celui des familles dites « recomposées ». La loi des hommes ne saurait être transgressée, sous le prétexte que les membres de la famille de droit ne sont pas de la même chair. S’il en était ainsi, l’adoption livrerait à l’éparpillement sans fin le corps d’enfants qui, de ne pouvoir être fils ou filles, s’enfonceraient dans les ténèbres d’une insoutenable inhumanité, privés qu’ils seraient de la réalité de droit qui soutient, en eux comme en tous, la dimension de l’humanité(3).
Denis Vasse
http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Expert auprès des tribunaux - Rééducation psychomotrice - Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - EMDR - Thérapie comportementale de JL. Moréno - Psychologie - Psychanalyse.
PS : ATTENTION, sur ce forum je vous propose simplement des " interprétations, des pistes de réflexion ", en AUCUN CAS une psychothérapie en ligne ( qui serait alors, comme beaucoup sur internet sauf cas particulier, impersonnelle, payante, et surtout hors éthique psy ).

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 05 juil. 2018, 09:20

CE QUE PENSE UN PSY DEVANT LA DOULEUR DE SON PATIENT

Extrait de mon livre : " La pointe aux âmes ".
" - Je prends en charge votre souffrance, je mets en réalité ce que vous ne pouvez nommer, et qui doit être formulé. Pour vous, je reconnais votre douleur et je la parle. Je la parle pour qu'elle sorte de vous, pour que vous l'entendiez hors de vous. Cette parole est trop lourde pour vous, il vous semble qu'elle est si violente dans sa souffrance et sa haine, qu'à travers vous elle détruit l'autre.
Il rassemble son souffle, force sa voix :
- Oui.
Elle se met devant lui :
- Mais vous ne me faites aucun mal, je suis vivante et nous sommes unis, parce que séparés."

*** Autre passage…

- En séance, qu'est-ce qui se passe dans l’esprit du thérapeute quand son patient lui parle de ses peurs, de ce qu'il ressent ?
- Il continue à repérer ses propres réactions et sentiments pour éviter de perturber le travail de son patient. Il reste en disposition d’écoute et de neutralité pour être en mesure de ressentir des affects, visualiser des images, prononcer des paroles qui ne sont pas les siennes, mais en lien avec le ressenti, les fantasmes, ou les pensées irreprésentables du patient.
- Irreprésentables, parce que le patient ne peut pas se les représenter en mots ou en images, tellement ça été violent.
- Oui.
- C’est pour ça que vous m’avez dit que nous étions unis parce que séparés. Sans en être atteinte vous pouvez dire et traduire à ma place les images et les mots terribles que j’ai en moi.
- Tenter de dire, ou de traduire. Et vous le proposer.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 07 juil. 2018, 23:27

RAPPEL

Pour une question précise concernant un sujet grave, ce forum n’est pas un bureau des plaintes, il n’a pas vocation d’alimenter les bénéfices secondaires de votre mal-être, ni d’abonder dans le ressassement de vos malheurs en vous complaisant dans la sympathie ou la pitié occasionnés par votre situation dramatique.
Ce forum est au contraire géré par un Administrateur et des Professionnels de la Santé mentale, tous diplômés, soucieux de la qualité de leurs interventions, et qui prennent de leur temps pour se mettre à l’écoute et à la disposition des internautes véritablement disposés à comprendre leur problématique pour aller mieux et évoluer dans leur vie personnelle.
Il suffit parfois d’un seul post avec l’un d’eux pour débloquer une situation qui paraissait inextricable.
D’autre part, si chaque personne est différente, et chaque cas unique, il n’en demeure pas moins que des explications psychologiques sont déjà données à d’autres internautes, dans différentes rubriques regroupées sous, ex : perversion, inceste, mutilation, boulimie, anorexie, troubles sexuels, troubles du comportement chez l’enfant, etc… Ces explications vous aideront de suite, sinon à trouver la réponse que vous attendiez, du moins à disposer d’une base vous permettant de mieux exposer votre situation au professionnel que vous choisirez d’interpeller pour vous accompagner dans vos questionnements.
Ne perdez pas votre temps avec certaines réponses des internautes qui abondent trop longtemps dans votre sens, ne vous apportent aucun éclaircissement professionnel, ne sont que leurs propres projections intimes, ou risquent de vous mettre sur une fausse route en aggravant votre mal-être.
Adressez-vous intelligemment auprès d’un professionnel de visu, et dans votre région. Plus vite vous serez en mesure de vivre en harmonie avec vous-même, plus vite la vie qui vous attend sera meilleure.
Le pire est derrière vous.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 08 juil. 2018, 19:56

UN PEU D'HYSTERIE

La névrose hystérique se caractérise par des troubles somatiques transitoires ou durables, sans lésion organique. On retrouve également des symptômes psychiques intermittents. Les premiers symptômes de l’hystérie débuteraient à l’adolescence, cette pathologie étant assez rare chez l’enfant.
Selon FREUD, l’hystérique aurait subie une « séduction » de la part d’un adulte, le plus souvent le père. Cette séduction causerait un traumatisme pendant l’enfance qui ne prendrait effet qu’après coup, suite à un évènement mineur ; il y aurait alors déclaration de la symptomatologie.
Autrement dit, la névrose hystérique traduirait la résolution pathologique d’une sexualité conflictuelle.
La névrose hystérique est également appelée « névrose de conversion », le symptôme le plus prépondérant étant, pour le courant psychanalytique, les troubles de conversion faisant suite à la mise en place du mécanisme de défense de la conversion (la représentation inacceptable génératrice d’angoisse est transposée à une perturbation physique comportant une signification symbolique inconsciente).

Les symptômes de conversion
Les symptômes somatiques, ( maladies psychosomatiques, troubles divers sans atteinte organique ) sont réversibles même s’ils se montrent rebelles ou durables aux soins.

Troubles de la motricité et du tonus
Crises pseudo-convulsives, généralement spectaculaires: elles ont été décrites initialement par Charcot avec des douleurs dans le ventre, des douleurs ovariennes, des troubles visuels, une perte de connaissance, une raideur du corps. C’est ce que l’on nomme « la grande crise hystérique » ; elles sont aujourd’hui très rares, mais plus présentent dans les sociétés traditionnelles. De nos jours, ces crises sont plus dégradées, l’agitation étant plus discrète, comprenant des crises de larmes, des tremblements de plusieurs membres, de la tête, des hoquets répétés, des toux spasmodiques, une sensation de boule à la gorge (dysphagie), une somnolence diurne, un pseudo-coma (pouvant durer plusieurs minutes à plusieurs jours), de l’asthénie, de l’astasie abasique (incoordination des membres inférieurs et supérieurs), une « crampe de l’écrivain » (plus de sensation dans la main avec laquelle on écrit), une pseudo-paralysie hystérique qui peut affecter n’importe quel membre (souvent le membre paralysé est significatif), une aphonie qui peut aller jusqu’au mutisme, des spasmes des sphincters.

Les troubles sensitifs
Anesthésie, frigidité chez la femme hystérique, des maux de ventre, les organes des sens peuvent être le siège de manifestations de conversion comme la pseudo-surdité, la pseudo-cécité, des troubles neurovégétatifs, des symptômes gastro-intestinaux, des symptômes gynécologiques (aménorrhée : absence des règles, règles irrégulières, abondantes…)

Les symptômes psychiques intermittents
Il existe quatre grands symptômes :
L’amnésie psychogène : incapacité soudaine à évoquer des souvenirs personnels importants. Il n’est pas nécessaire que l’évènement oublié soit traumatique, le caractère conflictuel de sa signification affective peut suffire pour le faire tomber sous le coup de la censure.
Les fugues psychogènes : les personnes partent du domicile, du travail avec l’impossibilité de se souvenir du passé. Il y a parfois, mais très rarement, l’adoption d’une autre identité.
Le somnambulisme : il serait du au clivage de la conscience. Les sujets vont reproduire des scènes dramatiques imaginaires ou des évènements vécus avec une amnésie totale de l’épisode au réveil.
Etats crépusculaires et troubles dissociatifs atypiques : perte de la réalité, état de transe.

Contexte clinique des symptômes
Les hystériques présentent une grande sensibilité à la suggestion. Cette suggestibilité peut avoir un pouvoir de renforcement dans la psychothérapie mais le désir de plaire à l’interlocuteur peut par contre contribuer à la persistance du symptôme. Les symptômes sont donc labiles et fluctuants ; ils apparaissent et disparaissent au gré des contrariétés de la personne.
L’hystérique est dans un mode relationnel de séduction, notamment avec les soignants, avec une érotisation des relations interpersonnelles mais un évitement de la sexualité.
L’hystérique va présenter une plasticité à l’égard des manifestions psychopathologiques ; elle va reproduire ce qu’elle a pu voir chez quelqu’un d’autre ; il s’agit d’une identification inconsciente à la pathologie de l’autre.

Les bénéfices secondaires de cette pathologie sont importants. Ces troubles vont entrainer un grand intérêt de l’entourage pour le patient. Il est préconiser d’isoler la patient hystérique quand celle-ci est en crise. En effet, l’attention d’autrui va contribuer à l’augmentation de ces scènes spectaculaires.

Ces troubles ont une valeur de refuge : la conversion est un mécanisme de défense qui comporte un bénéfice primaire ; refouler la représentation mentale inacceptable et effacer la charge affective trop douloureuse pour le moi conscient.

Hystérie et théorie de la conversion et du refoulement
FREUD se base sur la méthode cathartique pour créer le terme d’hystérie de conversion ; il s’agit de la conversion d’un affect lié à une expérience traumatique. L’affect (colère, haine, humiliation, douleur) n’a pu être exprimé au moment de l’expérience traumatique et il est converti en une innervation corporelle (trouble de conversion). La représentation liée à l’évènement est refoulée, chassée de la conscience.
Refoulement : mécanisme de défense qui permet de garder hors de la conscience l’affect pénible.

Hystérie et théorie de la séduction sexuelle
L’enfant, d’un point de vue économique est incapable d’intégrer l’expérience traumatisante. Il y a un trop plein d’excitation (peur…). FREUD dit que l’enfant ne refoule pas cet évènement mais qu’il n’a pas d’importance pour lui ; l’enfant ne réagit pas tout de suite.
Rapidement dans ses travaux, FREUD met l’accent sur la nature sexuelle de la scène traumatique déclenchante. Il s’agit d’une séduction sexuelle subie dans l’enfance qui n’a d’effet pathogène que dans un deuxième temps (théorie de l’après coup), lors d’un deuxième évènement traumatique venant rappeler par des éléments associatifs le premier. Ce deuxième traumatisme n’est pas nécessairement sexuel mais va faire ressortir toutes les excitations traumatiques qui n’ont pas été élaborées et liquidées.
http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Expert auprès des tribunaux - Rééducation psychomotrice - Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - EMDR - Thérapie comportementale de JL. Moréno - Psychologie - Psychanalyse.
PS : ATTENTION, sur ce forum je vous propose simplement des " interprétations, des pistes de réflexion ", en AUCUN CAS une psychothérapie en ligne ( qui serait alors, comme beaucoup sur internet sauf cas particulier, impersonnelle, payante, et surtout hors éthique psy ).

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 09 juil. 2018, 23:58

DECOUVERTE DE EMDR
a été découverte en 1987 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, membre du Mental Research Institute de Palo Alto. L’EMDR permet la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente. Le traitement de l’information est un phénomène naturel de « digestion » des évènements de vie ou de souffrances existentielles parce qu’il articule : • Une baisse et donc une remise à niveau des émotions. • Une résolution des déséquilibres psychocorporels. • Une intégration de « souvenirs » pathogènes dans la mémoire, qui cessent ainsi d’être douloureux. L’EMDR ne peut ni effacer, ni changer le passé, mais permet qu’il ne fasse plus mal. • Une restauration de l’estime de soi. Ce modèle guide la pratique de l’EMDR

LE PRINCIPE
Quand des expériences inquiétantes se produisent, elles sont stockées dans le cerveau avec toutes les images, bruits, pensées et sentiments qui l’accompagnent au moment de l’événement. Quand une personne a été traumatisée, le cerveau semble ne pas pouvoir traiter l’expérience comme il devrait le faire normalement. Par conséquent, les pensées et les sentiments négatifs de l’événement traumatique sont « emprisonnés » dans le système nerveux. Puisque le cerveau ne peut pas traiter ces émotions, l’expérience et/ou les sentiments qui l’accompagnent sont souvent supprimés de la conscience. Cependant, la détresse continue de se manifester dans le système nerveux où elle cause des perturbations dans le fonctionnement émotif de la personne…

LES SOINS
La thérapie EMDR est indiquée principalement pour la résolution de symptômes liés à un ou des événements traumatiques. Certaines phobies ou pertes de l’estime de soi sont liées à un ou des événements traumatiques. Les symptômes peuvent alors très bien répondre à la thérapie EMDR. Par exemple, Brown, McGoldrick et Buchanan (1997) ont observé des rémissions réussies dans cinq des sept cas consécutifs de personnes ayant une image très anormale de leur corps (se considérant comme obèse, nez trop gros…) après une à trois séances d’EMDR traitant des souvenirs traumatiques reliés au problème…

SI CA FONCTIONNE
Il y existe de nombreux facteurs permettant de voir si la thérapie EMDR peut être utile dans la situation particulière et l’histoire d’un patient. Pendant votre consultation initiale avec un praticien EMDR, tous ces facteurs appropriés devraient être évoqués de manière approfondie afin que vous décidiez ensemble d’utiliser ou non l’EMDR. En général cependant, vous êtes un excellent candidat pour la technique d’EMDR si vous avez… des peurs fortes et inexplicables, subi des abus sexuels, été la victime ou le témoin d’un crime ou d’un grave accident, survécu à une catastrophe naturelle, vécu un événement traumatisant, des difficultés pour faire confiance aux autres, peur de rester seul(e), fréquemment le sentiment d’être coupable, des crises de colère irrationnelles, une mauvaise image de vous-même…

LES ENFANTS ET ADOLESCENTS
Bien sûr, la thérapie EMDR peut être utilisée avec l’enfant, et ceci dés son plus jeune âge (deux ou trois ans). Elle s’adapte alors à ses besoins et son niveau de fonctionnement. La collaboration du ou des parents est essentielle. Il en est de même pour l’adolescent. Comme pour l’adulte, le nombre de séances peut varier de quelques unes à une ou plusieurs dizaines en fonction de la difficulté présentée.

DEROULEMENT
De la même façon que la thérapie EMDR aide le cerveau dans son traitement naturel de l’information émotionnelle, le praticien EMDR aide le patient dans son processus de guérison en devenant son partenaire pour un voyage destiné à éliminer le traumatisme passé, bloqué dans son système nerveux. Au début d’une séance ordinaire de thérapie EMDR, le praticien aide le patient à repérer exactement le problème ou l’événement qui sera la cible du traitement. Pendant que les pensées et les sentiments remontent à la surface, le praticien et le patient travaillent ensemble pour stimuler les mouvements des yeux qui accompagnent l’expérience brièvement rappelée. Pendant que les mouvements des yeux sont stimulés, les émotions sont libérées. Les séries successives et assez brèves de mouvements des yeux (30 secondes à quelques minutes) continuent jusqu’à ce que les émotions soient neutralisées et que l’événement passé devienne associé par le patient à des pensées et des sentiments positifs sur lui-même, comme « Je réalise maintenant que ce n’était pas ma faute ».

COMBIEN DE SEANCES
Cela dépend de la complexité de l’histoire du patient, de sa capacité à « s’auto-apaiser » et à utiliser les différentes techniques de contrôle de soi pour diminuer la perturbation potentielle qui peut survenir pendant le traitement. Le praticien doit enseigner au patient ces techniques pendant la phase de préparation. La durée requise pour cette phase sera différente pour chaque client. Dans la majorité des cas, le traitement actif devrait commencer après une à trois séances.

LA DUREE
La durée du traitement et le nombre de séances dépendent essentiellement du trouble ou de la pathologie dont souffre le patient. D’une manière générale, le praticien ne commence vraiment la thérapie qu’après quelques entretiens consacrés à : – l’évaluation clinique des troubles, des indications et contre-indications d’une telle thérapie, – l’anamnèse, c’est-à-dire la prise de l’histoire de vie, la plus complète possible, – une préparation du patient : explication de la thérapie et mise en place obligatoire de quelques techniques de relaxation. Plusieurs séances de stabilisation sont souvent nécessaires dans les cas de traumatismes psychologiques graves ou complexes. D’une manière générale, et purement indicative, le nombre de séances peut varier de quelques unités pour les psychotraumatismes simples (ex : accident unique ou agression, à l’âge adulte…), à plusieurs dizaines de séances pour les expériences traumatiques anciennes ou répétées, altérant l’identité même du patient (ex : abus sexuels répétés dans l’enfance…) La fréquence des séances est variable : de une à trois séances par semaine, à une séance tous les quinze jours. Insistons sur le fait que toutes ces données sont purement indicatives, sans caractère absolu, liées surtout à la spécificité propre de chaque cas. C’est dire l’importance des tout premiers entretiens, tant sur le plan technique qu’humain, quand se tisse l’alliance thérapeutique… Le praticien pourra alors proposer des réponses bien adaptées aux inévitables questionnements du patient.

LES HONORAIRES
Comme pour la plupart des thérapies, les honoraires des praticiens EMDR sont libres. Ils sont généralement en accord avec les recommandations récentes du Conseil National de l’Ordre des médecins concernant l’ensemble des praticiens en honoraires libres. En effet, le Conseil rappelle que les honoraires sont fixés librement, mais avec « tact et mesure », en tenant compte de la durée, de la nature, de l’importance de l’acte, mais aussi des possibilités économiques du patient. Bien que l’établissement d’une fourchette précise soit difficile à établir on peut dire qu’ils dépendent de plusieurs facteurs, comme par exemple : 1) De la durée des séances : généralement pour ce qui est des thérapies des adultes, elle est de 60 min à 1 h 30, voire 2 heures ou davantage dans quelques cas. Elle peut être bien inférieure à 60 minutes pour ce qui est de l’analyse des enfants et des jeunes adolescents. 2) Du statut professionnel des thérapeutes : psychologues cliniciens, psychothérapeutes, psychiatres conventionnés (secteur I) ou conventionnés en honoraires libres (secteur II). Les médecins font généralement des feuilles de soins, notamment si les troubles à traiter sont répertoriés comme d’ordre psychopathologiques (ex : trouble dépressif, attaques de panique…), permettant un remboursement partiel de la part des caisses d’assurances maladie ; le reste, tout ou partie, étant éventuellement pris en charge par les mutuelles. 3) L’expérience, l’ancienneté et le professionnalisme des praticiens. 4) Le lieu d’exercice peut aussi avoir une influence : par exemple, le coût de la vie (loyers surtout), plus élevé à Paris qu’en province.

LES EFFETS NEGATIFS
Comme avec toute forme de psychothérapie, il peut y avoir une augmentation provisoire de la détresse. Des souvenirs douloureux non-résolus peuvent émerger. Certains patients peuvent éprouver des réactions pendant une séance de traitement que ni eux ni le praticien n’aurait pu prévoir, comme un niveau élevé d’émotion ou de sensations physiques. Après la fin de la séance, le re-traitement de l’information émotionnelle liée à l’incident ou au matériel qui a été évoqué peut continuer de se faire par lui-même. Des rêves, d’autres souvenirs, d’autres émotions inhabituelles peuvent se manifester. C’est généralement un signe qu’un travail en profondeur est en train de se faire.

REVIVRE AUSSI FORT E TRAUMATISME
La plupart des patients ne sont conscients que d’une ombre de l’expérience traumatique initiale, alors que d’autres la sentent à un degré plus fort. À la différence de nombreuses autres thérapies, les patients traités avec l’EMDR ne sont pas invités à revivre le trauma intensément ni pendant des périodes prolongées. Avec la thérapie EMDR, quand il y a un niveau élevé d’intensité, il dure seulement pendant quelques instants et diminue ensuite rapidement. S’il ne diminue pas rapidement de lui-même, le praticien a été formé pour aider à le faire descendre. Le patient a aussi été formé, avant de commencer la thérapie EMDR, à des techniques permettant de soulager immédiatement une détresse qui s’avèrerait trop intense.

IDENTIFICATION DU SOUVENIR
En EMDR, le plus important est de pouvoir accéder aux sensations physiques qui accompagnent le trouble émotionnel, que ce soit l’anxiété ou la dépression. Il est préférable, mais pas indispensable, de partir d’un souvenir parfaitement identifié. Il est possible de commencer le traitement à partir d’une situation difficile dans le présent, et de procéder au retraitement de cette information sans jamais avoir accès à un souvenir « originel ».

ET SI LE PATIENT NE SE SOUVIENT PAS
La thérapie EMDR part du principe que tous les souvenirs dans le cerveau sont connectés les uns aux autres. Un souvenir traumatique qui se manifeste dans le présent (par des pensées négatives sur soi, des émotions inappropriées, des sensations physiques désagréables) est connecté aux souvenirs et aux expériences du passé. Par contre, ces connexions ne sont pas nécessairement ni conscientes, ni verbales. Il est donc possible d’accéder, au cours du traitement, à des souvenirs du passé qui sont principalement représentés par des sensations physiques du corps, et non par une « histoire » qui pourrait être racontée avec des mots.

PLUS RAPIDE QU'UNE PSYCHOTHERAPIE
C’est exactement le cas. La thérapie EMDR semble effectivement offrir un « raccourci » pour éliminer les symptômes qui viennent d’événements du passé qui n’ont pas été « digérés » par le système nerveux. Par contre, la thérapie EMDR ne remplace pas le travail psychanalytique pour ce qui a trait à une plus grande connaissance de soi sur le long terme. Les deux formes de thérapies sont d’ailleurs souvent utilisées conjointement avec profit.

REMBOURSEMENTS
Les séances réalisées avec des psychiatres ou des psychologues cliniciens exerçant en structure hospitalière peuvent être remboursées. De plus, certaines assurances complémentaires peuvent prendre en charge le psychothérapie EMDR.
Nous vous conseillons de vérifier en prenant un rendez vous.
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