Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 04 juil. 2018, 13:50

L'amour ce n'est pas chercher chez l'autre la réparation de ses déboires, de ses souffrances morales, de ses malheurs, c'est d'avoir déjà travaillé dessus pour justement ne pas " peser " sur l'autre, pour espérer avancer ensemble vers l'avenir…
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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*** « l’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre » Jacques Lacan. ( Séminaire 24 )
C'est à dire : L'amour, c'est donner quelque chose que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 04 juil. 2018, 15:02

L’interdit de l’inceste
1995- in INFORMATIONS SOCIALES (CNAF), Les figures de la parenté, N°46, 1995.

Il existe une tendance universelle vers l’inceste qui conduit, dans un premier élan d’amour, l’enfant vers ses père/mère/frère/sœur. Dans la confusion des générations qui pourrait en résulter, l’interdit de l’inceste fonde la loi du genre humain et lui donne sa spécificité : la loi, en effet, repère chaque homme à ce qui le constitue depuis les origines jusqu’à la fin. Elle lui révèle qu’il est sujet de droit.
C’est en 1968 que, dans le secret du cabinet de l’analyste, j’ai été interrogé avec le plus de violence sur le bien-fondé de l’interdit de l’inceste. Je ne m’étais jamais posé la question de savoir pourquoi cet interdit était fondamental, en quoi il était fondateur de la loi des hommes et comment en tant que tel, il avait une portée universelle. Respecté, en effet, il organise comme un principe l’action et le devenir humains, si la loi n’obéit pas à ce principe, l’espèce humaine se trouve menacée ?
J’entendais dire que l’interdit de l’inceste et la problématique oedipienne étaient une affaire de culture et qu’après tout prendre du plaisir avec sa mère ou son fils (jeu avec le sexe du père, bain avec le fils, etc.) n’était pas si catastrophique que cela. Tout ce qui mettait obstacle à l’immédiateté du plaisir était considéré comme entrave à la liberté. L’heure d’une liberté absolue indépendante de toute condition avait sonné. L’objet du plaisir prenait la place de l’Autre du désir, l’Autre comme origine du désir(1).
A l’époque, on pouvait lire : « il est interdit d’interdire », mais la voix du divan m’apprenait au même moment que s’instaurait par là la tyrannie la plus aveugle : celle du plaisir sans limite. A l’analyse des effets de la loi fondée sur l’interdit de l’inceste, nous apprenons qu’il est bien autre chose qu’un plaisir arbitraire d’interdire le plaisir. J’étais bien placé pour entendre à quel point l’absence ou la transgression de l’interdit de l’inceste entraînait dans la spirale du mutisme et dans l’enfer d’une vie déniée dans l’acte même où elle se donne : entre l’homme et la femme, en eux.
Je réalisais que l’interdit venait heurter de front la tendance à l’inceste inhérente à l’amour du premier objet : la mère.
Une tendance universelle
Il existe une tendance universelle vers l’inceste qui conduit l’enfant dans l’élan de son amour vers ses père/mère/frère/sœur/. L’enfant naît d’un père, d’une mère et de leur alliance, de la parole qui est née , et qui naît entre eux et dans laquelle nous somme fils ou fille, inscrit dans la généalogie de droit et non seulement dans une succession de fait. Les parents ne sont pas à l’origine de la vie mais ils sont la figure de son commencement. L’axe de la vie est orienté par la parole qui détourne le sujet de son engloutissement répétitif dans le même et l’ouvre à l’altérité du désir.
L’espèce humaine doit son être à la parole en acte qui spécifie l’homme de génération en génération. Or, quand personne n’interdit l’inceste, il n’y a plus filiation, mais reproduction. La filiation est le lien qui unit un individu à son père et à sa mère : tout en l’inscrivant dans la suite des générations, elle le réfère à l’origine qui n’est pas réductible à son commencement, à sa mère ni même à la combinaison de ses parents. Par son nom, il est référé à la parole originaire, et c’est elle qui, au même titre que son père et que sa mère, spécifie le fils en tant qu’homme. La perturbation de cette filiation provoque le trouble dans l’espèce humaine : elle fait de la parole et de sa promesse un mensonge. Si le don de la parole ne s’incarne plus dans la génération, l’homme perd en perdant sa qualité de fils.
Le non-interdiction de l’inceste met l’homme dans la situation périlleuse de vivre une vie qui ne serait pas la sienne en vérité. La tendance incestueuse est inhérente à l’homme qui cherche dans l’immédiateté objective la satisfaction de ses pulsions. Quand il en est ainsi, il n’y a plus d’altérité, le désir s’éteint et le Sujet avorte. L’homme ne serait plus qu’un moi-ma-mère ou un moi-mon-père ou un moi-mon-fère. Ainsi posé dans le champ primordial des objets, l’interdit a une fonction : celle d’ouvrir le besoin de l’homme. Il l’ordonne au réel, à l’au-delà de l’imaginaire, à ce au-delà du principe de plaisir que Freud, le premier, met en évidence dans la structure de l’homme.
Où commence l’inceste ?
Soumettre la génération à l’ordre du plaisir revient à nier le lien d’une filiation tissée entre le plaisir et la position du sujet parlant. Si le fait que « ça parle » inscrit, dès le commencement, le corps de l’homme dans la dimension de l’altérité et la différence – celle du désir -, tout ce qui, dans l’homme, détruit cette dimension fausse la transmission de la vie. Elle l’enferme dans une image en le rabattant sur le même, dans la confusion du réel et de l’imaginaire.
Est incestueux, en définitive, tout ce qui trouble la suite des générations et n’autorise pas la parole à se manifester dans la chair en tant que rapport du sujet à l’Autre et/ou à l’origine. A la question : où commence l’inceste, qui est fréquemment posée, on pourrait dire que cela commence quand les sensations de l’enfant ne sont référées qu’au plaisir, celui de la mère ou le sien, au lieu de l’être à ce qu’il est, à son nom. Ou si l’on veut, au nom du père. L’inceste commence à cet endroit là. Mais tout n’est pas égal et il y a des degrés de gravité quant à la répercussion de la libido au sein de la structure. De toute façon, la plus grave se situe au stade précoce quand la chair est touchée à un niveau préverbal, là où le bébé n’a pas pu crier, là où ce qu’il éprouve n’a pas été symbolisé dans un langage qui lui donne un statut de droit, un statut d’être parlant. Alors il ne peut répondre à et de son nom : il est le prisonnier d’un labyrinthe de sensations qui ne le mène jamais nulle part ailleurs que là où elles se répètent indéfiniment dans la succession des coups, des accidents, des agressions sexuelles dont il ne peut pas naître comme sujet.
La limite et l’interdit
L’interdit symbolise la limite. Il lui donne sens. En articulant la limite au désir du sujet – qu’il respecte ou qu’il transgresse – l’interdit donne à l’homme le droit de vivre à sa place, dans un corps qui est le sien. La loi qui régit l’univers donne à chacun sa place au milieu des autres et dans le monde. Quelle que soit la langue dans laquelle elle s’exprime, la loi des hommes trouve son fondement dans l’interdit de l’inceste.
On voit qu’à travers toutes les modalités culturelles qu’il peut revêtir, l’interdit de l’inceste fonde la loi spécifique de l’humanité. Avec lui le langage de chacun s’articule à la spécificité originaire de genre humain : la parole.
La limite en tant qu’elle concerne un sujet est dite marquée d’un interdit proféré par un autre. Si la limite matérialise la différence objective, l’interdit, lui, en fait le signe d’une différence subjective, le lieu de la manifestation du désir et de l’altérité. En tant que lieu d’un interdit, la limite renvoie à la loi à laquelle un homme doit obéir ou désobéir. C’est de ce fait qu’il est sujet, « parlêtre ». S’il en est ainsi, toute règle renvoie à l’interdit fondamental de l’inceste qui réfère chacun à la vérité d’une filiation, à son nom et à la place qu’il lui donne dans la génération et non à l’intensité des sensations qu’il éprouve. On peut illustrer très concrètement ce propos à partir de ce que nous vivons au Jardin Couvert(2).
Parmi les limites interdites qui le structurent, une ligne de couleur sur le sol délimite une zone que les jouets à roues sur lesquels les enfants montent n’ont pas le droit de franchir. Pour franchir cette ligne et rejoindre sa mère, par exemple dans l’autre salle, le conducteur doit se désolidariser de son véhicule pour rencontrer l’être vers lequel son élan le pousse. N’y a-t-il pas déjà, là, la symbolisation de la différence entre le sujet et l’objet, entre l’enfant et le jouet dont il jouit, et la différence subjective entre sa mère et lui. C’est la loi !
Une maman dont le petit était né d’un homme marié par ailleurs et qui aurait pu être son propre père, avait trouvé cette règle insupportable. Elle trouvait qu’il était néfaste d’imposer des limites aux enfants et prônait une liberté absolue. Elle a quitté le Jardin Couvert avec son fils, Olivier, dans l’intention de n’y revenir jamais.
Six mois après cette sortie, la mère et l’enfant reviennent : la vie est devenue infernale à la maison, Olivier touche à tout et la rend « chèvre ». Il n’y a plus de limite à son agitation. Le père laisse faire…, jusqu’à l’explosion de colères brutales. Malgré la complicité qu’elle tente d’avoir avec son fils, la violence s’est emparée des rapport familiaux et elle ne sait plus comment faire, livrés qu’ils sont tous les deux à l’alternance d’une tendresse incestueuse et d’une exaspération réciproque qui ne l’est pas moins.
Olivier, lui, a vite retrouvé son jeu favori avec une petite voiture : franchir la ligne. A chaque fois, l’un des accueillants lui rappelle l’interdit. A un moment, Olivier tente encore de le faire et sa mère, pleine de bonne volonté, lui fait remarquer qu’il n’a pas à franchir la ligne ! Mais si, rétorque Olivier, je passe la ligne et, comme ça tu le dis à Denis, et il vient parler avec nous !
Comment mieux dire ce qu’il y a au cœur de la jouissance de toute transgression : l’appel en creux du désir de l’Autre et l’espoir d’une libération de l’immédiateté de la satisfaction. Cet appel du désir et cet espoir de sortie de soi-sa-mère, le père l’autorise en tant qu’il est porteur de la loi qui régit les sujets parlants.
Le désordre dans la génération
En revenant à des propos plus théoriques, nous tenons que l’interdit de l’inceste qui fonde la loi humaine ouvre le chemin où l’entre-dit de la parole originaire se laisse entendre de génération en génération. Il évite à l’homme un enfermement dans l’image de lui-même prise pour l’origine. Le nom qu’il reçoit l’ordonne toujours à nouveau à ce qui parle en lui et à celui qui lui parle. La lumière de la parole éclaire la vérité du désir qui fonde le sujet humain hors de la représentation qu’il a de lui-même, dans l’Autre. En répondant à son nom et de son nom, l’enfant sourit à la promesse de vivre.
Ici le nom est pris dans son sens le plus fort. Il est symbolique. Avec lui, ce que nous imaginons de quelqu’un, la réalité imaginaire, est référé à ce que nous ne pouvons pas imaginer, à la réalité du sujet ouvert au « Réel de l’Histoire ». Ce qui trouble la référence à et dans la parole, à et dans la vérité qui parle, met la filiation de l’homme en porte à faux. C’est qu’il se cherche dans l’image qu’il se fait de lui-même, dont il serait lui-même l’origine. Ce faisant, il ne parle plus vraiment, il n’est plus ordonné au réel par le désir et se cherche en lui-même. Il s’invente une demeure imaginaire qu’il prend pour le réel et perd la lumière qui éclaire ses pas depuis l’origine, celle de la parole et de l’alliance où il est convoqué en tant que fils.
Délogé d’une position de fils, quels que soient ses efforts pour satisfaire à la conformité d’une image enviable, l’homme finit toujours par occuper celle d’un objet de jouissance. Il y est conduit en perdant la faculté de faire valoir son droit à vivre en tant que sujet. Il perd l’accès à la parole. C’est ce collage ou cette identification à un objet, dans la jouissance, que la parole, adressée au sujet qu’elle nomme, interdit dès le commencement. Il s’agit là, structurellement, de l’interdit à l’inceste. Dire cela, c’est entrevoir comment cet interdit est au fondement de la loi des humains, celles des « parlêtres ». Son non-respect, le collage de l’inceste, est une confiscation du on de la parole dans la chair. Avec elle, la rencontre humaine en vérité est empêchée et le désir dont elle est le lieu ne peut s’accomplir.
L’inceste fait prévaloir une connivence ou une complicité de la chair résultant toujours, même si c’est inconsciemment, de l’exclusion d’un tiers dont la parole déloge de la prison de l’image. Si rien ne vient le déloger de là, le petit d’homme ne sort jamais de la confusion : il croit être ce qu’il sent : il s’identifie à l’objet de ses sens et non plus à ce qui y échappe, au sujet de la parole.
La complicité des sens n’autorise pas à signifier une réalité de droit qui spécifie l’homme en le référent à ce qui lui donne de vivre en vérité : la parole entre trois. En la confisquant, la passion complice de l’entre-deux provoque l’exclusion du troisième avant de détruire ceux qui s’y sont laissés prendre : la mère et l’enfant contre le père, le père et l’enfant contre la mère, la mère et le père contre l’enfant. Quand l’enfant se trouve, en tant que sujet, exclu de la circulation de la parole et réduit à un objet ou à un enjeu, c’est que le rapport mère/père est lui-même incestueux. Entendons par là qu’il est la conséquence d’un complexe d’Oedipe non résolu, d’une relation homme-femme vécue sur le mode d’une jouissance passionnelle, quel qu’en soit le mode, qui n’autorise pas les partenaires à occuper une position de droit, celle du sujet parlant.
Un tel trouble dans la génération introduit le désordre dans la filiation. En faisant obstacle à la parole dont il vit, il n’autorise plus l’homme à se reconnaître dans la vérité qui parle, il l’enfonce dans les ténèbres d’un mensonge jusqu’au délire et/ou au mutisme.
« Je suis complètement étranger à mon corps surtout le visage. Je ne sais pas qui je suis et suis perdu en moi ».
Cette perte de soi en soi est aliénation absolue, elle trahit le désordre implosif d’un désir qui, au lieu d’être ordonné à l’Autre, en est détourné jusqu’à l’inversion, en faisant du sujet un étranger à lui-même.
En lui donnant un nom qui l’inscrit dans la génération humaine, le père fait de son fils un sujet de la loi des hommes. Il l’empêche de s’identifier à l’objet de satisfaction pulsionnel de ses parents et à trouver dans cette position son sens. Il n’existe pas cette référence à la position tierce de la parole – au don originaire, au don de la vie auquel se trouvent référés aussi père et mère – la mère confisque l’enfant : il ou elle le fait parler au lieu de lui donner la parole. Sans cette référence à la parole qui fonde l’alliance entre le père et la mère, sans cette référence à l’origine de tous, l’homme s’autofabrique : comme nous l’avons dit, il cherche son identité dans l’image de lui-même, c’est-à-dire dans l’activité de son imaginaire. Ainsi il supprime l’autre, le méprise, l’efface. Livré à l’esprit de mensonge, il s’annule lui-même.
« Je suis en position de guerre permanente par rapport à mon existence même. Je serais mon propre dieu… et je me déboulonnerais constamment ».
La quintessence du fantasme de toute-puissance réside dans de tels fantasmes. En eux, l’homme se prend pour sa propre origine et la preuve en est qu’il se détruit. Chez l’enfant, et parfois chez l’adulte, ce fantasme s’illustre d’une bouche (os, oris : origine) qui s’avale elle-même.
L’interdit de l’inceste qui fonde la loi brise ce fantasme de toute-puissance. Il autorise l’espace inter-subjectif du désir entre père, mère et enfant. Cet espace n’a de sens pour eux trois – comme pour la multitude -, que d’être le lieu d’un échange originel, l’unité dans la différence qui est la vie même. L’interdit de l’inceste – inceste veut dire : qui n’est pas chaste – marque un point de non-jouissance, c’est-à-dire de chasteté, où la parole crée l’homme, sans qu’il y ait jouissance ou consommation ou destruction de l’objet. Le fils de l’homme naît de cet engendrement de la parole dans la chair, il répond à un nom qui témoigne de la rencontre de l’homme et de la femme, de leur unité d’être et de parole, d’une différence qui ne vit pas de l’opposition imaginaire de ses termes, mais de leur référence à une commune origine.
Quand, prétendant s’adresser à un semblable qu’il réduit à rien, à un objet, l’homme n’est plus, comme ce semblable, référé à l’Autre du désir, à son origine, alors l’homme et son prochain, l’homme et la femme, deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils perdent leur nom. Ou plutôt, le nom n’a plus d’importance car il n’ancre plus chacun dans la lignée des origines. « Le nom, disait un jeune homme délirant, c’est comme un chapeau sur la tête ». Ainsi se trouve rompue ou déniée la filiation et la génération des hommes est dans l’impasse. Le nom du père est forclos : il n’a pas pu s’écrire dans la chair en temps voulu et l’enfant livré à ses sensations ou à ses sentiments ou à ceux des autres, est orgueilleusement seul ou sournoisement jaloux. Il ne peut plus désirer l’Autre et découvrir en lui la source du désir. Il n ‘a pas accès à l’altérité qui devient étrangeté.
Alors que, sur le divan, un homme fantasmait qu’il avait « l’impression que sa mère pensait à l’intérieur de lui », il ajoutait : « j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose de très compliqué pour moi. Je n’arrive pas à me situer par rapport à mes deux parents en même temps. C’est ce qui est vraiment étrange. (…) C’est à partir du moment où j’ai eu un enfant que j’ai compris combien j’avais pu faire violence à mes parents et combien j’ai pu être soumis à une violence que je ne pouvais imaginer ».
Comment mieux dire les effets symptomatiques d’une existence marquée par l’inceste. C’est la transgression de la loi dans l’effacement ou le mépris du nom du père, l’absence de pudeur et de respect de ce qui est transmis depuis l’origine. La tendance incestueuse refuse et refoule l’Autre. Sous prétexte qu’elle ne peut le connaître – et en jouir – elle refuse de le reconnaître. A la place de l’ouverture au réel dans la reconnaissance du sujet désirant, il y a pure jouissance et retour au même ou à rien. En lieu et place du désir, il n’y a que l’exaltation répétitive d’une jouissance de connaître ou d’une toute-puissance de savoir qui est à elle-même, sans au-delà, s’inscrit dans le registre d’un narcissisme tyrannique où l’un et l’autre s’annulent. L’intensité de la jouissance narcissique trouve sa source dans le refus de tout autre et, par conséquent, de l’Autre. Sa devise est : « Moi tout seul ». L’écho – Echo est le nom de la femme de Narcisse – répond : « Il n’y a personne ici que du vide ».
« J’ai l’impression d’être la haine – ou le refus de la vie incarné. C’est une partie de moi… Et il n’y a qu’en le disant ici que je ne suis pas dedans… J’ai l’impression de me défaire… (…) Je ne suis pas en paix avec le début de ma vie, toutes ces choses-là… ne sont pas en accord avec la vie… ».
De tels symptômes marquent la perversion du désir dès le commencement. Elle le détourne de son but jusqu’à enfouir le sujet en lui-même. Son moi devient sa tombe.
Une présence faite d’absence
La nomination laisse une trace qui articule l’absence de l’objet – ou sa disparition – à la présence de l’esprit qui le conçoit. Le nom est une présence faite d’absence puisqu’il désigne un sujet « absent » de la représentation objective. Il désigne l’invisible. Il rend présent ce qui n’est pas là dans l’image. La présence dans l’absence symbolise l’activité de l’esprit. Si l’acte de nomination fait défaut, le sujet n’est pas inscrit dans une filiation charnelle selon l’acte de la parole. Avec la forclusion du nom-du-père, les sensations du corps propre sont ressenties comme absurdes, non reliées entre elles, et le tissu du langage se morcelle dans la tête. Les mots s’y télescopent ou s’éparpillent : ils ne veulent rien dire.
« Je pense comme mon père, et mon père ne pense rien puisqu’il pense comme ma mère ! Il a un raisonnement double de telle façon que, dans n’importe quelle position, il a toujours raison. Je ne vis pas pour moi mais par rapport aux autres… J’ai l’impression que tout a été fait en mon absence, comme si j’étais étranger à la chose (sa naissance) ».
Après avoir constaté qu’il se trouvait toujours dans une situation de porte à faux et s’être étendu longuement sur ce qu’il appelait les mensonges familiaux, il poursuivait : « J’ai l’impression que ma mère a voulu me fabriquer à son image : on m’a forcé, c’est tout planifié, c’est pour cela que je n’ai pas l’impression d’être moi. C’est une existence larvaire… Je suis comme une éponge sur le bord d’une baignoire. Mes parents ne m’ont donné que la vie ! »
Le sujet trouve refuge, pour ainsi dire, derrière un rempart dérisoire, à l’abri de mots qui ne le concernent pas puisque le langage ne le met pas en relation avec la vérité qui, dès le commencement, parle en lui de l’origine. Tout se passe alors comme si le déni d’une filiation mensongère, inconséquente ou dangereuse, était la seule manière de tenter de vivre par soi-même, d’échapper à la réduction objectable pour se faire naître.
La parole autorise la rencontre
Quand la loi du langage, en effet, est ordonné par et à la nomination, l’être humain demeure dans la parole qui le spécifie et lui donne un visage. Il arrive que, sortant de l’étau de la psychose, une homme naisse à nouveau – à moins que ce ne soit pour la première fois ? – dans le mouvement qui associe son nom au droit, jadis – ou originellement – perdu, de vivre et de parler.
« La seule chose à quoi je peux penser, c’est mon nom… (à mi-voix). C’est pas possible ça… (il est agité et se plaint en se tenant le visage, puis en mettant les mains sur sa tête.) Qu’est-ce qu’elle m’a fait ? Ce n’est pas vrai !
(Pendant le long silence qui suit, je pense – en relation avec ce qu’il a pu me dire – que sa mère devait avoir peur qu’il bouge dans son ventre, avant la naissance).
C’est drôle j’ai l’impression que je peux bouger.
(Il pleure longtemps puis s’apaise)
Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’arrive ? (Soupirs répétés avant une ample respiration). C’est comme si j’avais le droit… (Il pleure, parcouru de sanglots qui viennent de loin.) Je crois que je vais pouvoir vous parler. »
La loi dont le père est porteur régit le rapport de deux (au moins) – la mère et l’enfant – à un tiers. Elle dit que la relation de deux, dans l’espèce humaine, n’est jamais exclusivement duelle. Une telle loi ouvre le rapport mère-enfant à un autre que l’autre (l’Autre) pour que chacun vive selon son espèce : à un autre que la mère pour l’enfant, à un autre que l’enfant pour la mère. Et, de la même façon, à un autre que le père pour l’enfant ou à un autre que le père pour la mère. Cette ouverture à l’Autre est là dès le commencement. Elle réfère chacun des termes de la relation à une origine unique, l’origine de tous et de tout. Hors de cette ouverture, il ne saurait y avoir d’homme, d’être parlant. Lorsqu’elle est occultée dès le départ, il y a le comme si – le comme si nous n’étions pas nés ou qu’il n’y avait pas eu de témoin -, le comme si d’un mensonge ou d’une torsion qui fausse l’accès à la parole, qui reprend à l’homme son droit à vivre. C’est bien ce que l’analyste peut entendre lorsque l’analysant lui dit : « Comme si du départ, y avait eu du mensonge et que j’avais pas pu faire autrement que de vouloir m’approprier les choses…, comme si à ce départ, y avait pas eu de trace, un témoin, quelque chose pour m’y accrocher, une amarre…, un endroit où ça puisse être et où je puisse me référer ».
Un interdit structurant
A envisager ainsi les choses, l’interdiction de l’inceste, on le voit, ne saurait être justifiée par l’extériorité d’un principe moral qui voudrait que soit condamné le plaisir entre la mère et l’enfant, entre les proches. Elle dégage plutôt le sujet de son engloutissement dans la sensation qui le réduirait à un objet de plaisir. Sans elle, le sujet ne peut surgir dans la lumière de la parole et la filiation humaine s’interrompt dans l’impasse d’une intensité aveuglante de la sensation. La recherche de la jouissance se substitue au respect des relations élémentaires de la parenté. Par là même, l’individu est entraîné dans la spirale dégénératrice de toute origine et, nous l’avons vu, de toute altérité. Cet aveuglement interrompt la filiation en privant chacun des hommes de son rapport à la parole originaire. Cette privation fait perdre à l’homme son identité d’être de parole.
Les familles incestueuses, en effet, sont muettes, noyautées, sans même le savoir, par une peur de parler, qui verrouille toutes les portes et qui rend fou. La peur enferme en soi-même ou, plus exactement dans l’image, dans le regard, dans la dualité spéculaire vide de parole. Elle empêche de sortir à la rencontre de celui qui vient ou qui appelle. Elle prive du droit de vivre et de parler. Elle coupe de la Parole originiaire qui donne à l’homme le droit de vivre en fils d’un Père.
S’il en est bien ainsi, on devine l’importance structurante de l’interdiction de l’inceste. Dans tous les cas de figure familiale mais, en particulier, dans celui des familles dites « recomposées ». La loi des hommes ne saurait être transgressée, sous le prétexte que les membres de la famille de droit ne sont pas de la même chair. S’il en était ainsi, l’adoption livrerait à l’éparpillement sans fin le corps d’enfants qui, de ne pouvoir être fils ou filles, s’enfonceraient dans les ténèbres d’une insoutenable inhumanité, privés qu’ils seraient de la réalité de droit qui soutient, en eux comme en tous, la dimension de l’humanité(3).
Denis Vasse
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 07 juil. 2018, 23:27

RAPPEL

Pour une question précise concernant un sujet grave, ce forum n’est pas un bureau des plaintes, il n’a pas vocation d’alimenter les bénéfices secondaires de votre mal-être, ni d’abonder dans le ressassement de vos malheurs en vous complaisant dans la sympathie ou la pitié occasionnés par votre situation dramatique.
Ce forum est au contraire géré par un Administrateur et des Professionnels de la Santé mentale, tous diplômés, soucieux de la qualité de leurs interventions, et qui prennent de leur temps pour se mettre à l’écoute et à la disposition des internautes véritablement disposés à comprendre leur problématique pour aller mieux et évoluer dans leur vie personnelle.
Il suffit parfois d’un seul post avec l’un d’eux pour débloquer une situation qui paraissait inextricable.
D’autre part, si chaque personne est différente, et chaque cas unique, il n’en demeure pas moins que des explications psychologiques sont déjà données à d’autres internautes, dans différentes rubriques regroupées sous, ex : perversion, inceste, mutilation, boulimie, anorexie, troubles sexuels, troubles du comportement chez l’enfant, etc… Ces explications vous aideront de suite, sinon à trouver la réponse que vous attendiez, du moins à disposer d’une base vous permettant de mieux exposer votre situation au professionnel que vous choisirez d’interpeller pour vous accompagner dans vos questionnements.
Ne perdez pas votre temps avec certaines réponses des internautes qui abondent trop longtemps dans votre sens, ne vous apportent aucun éclaircissement professionnel, ne sont que leurs propres projections intimes, ou risquent de vous mettre sur une fausse route en aggravant votre mal-être.
Adressez-vous intelligemment auprès d’un professionnel de visu, et dans votre région. Plus vite vous serez en mesure de vivre en harmonie avec vous-même, plus vite la vie qui vous attend sera meilleure.
Le pire est derrière vous.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 08 juil. 2018, 19:56

UN PEU D'HYSTERIE

La névrose hystérique se caractérise par des troubles somatiques transitoires ou durables, sans lésion organique. On retrouve également des symptômes psychiques intermittents. Les premiers symptômes de l’hystérie débuteraient à l’adolescence, cette pathologie étant assez rare chez l’enfant.
Selon FREUD, l’hystérique aurait subie une « séduction » de la part d’un adulte, le plus souvent le père. Cette séduction causerait un traumatisme pendant l’enfance qui ne prendrait effet qu’après coup, suite à un évènement mineur ; il y aurait alors déclaration de la symptomatologie.
Autrement dit, la névrose hystérique traduirait la résolution pathologique d’une sexualité conflictuelle.
La névrose hystérique est également appelée « névrose de conversion », le symptôme le plus prépondérant étant, pour le courant psychanalytique, les troubles de conversion faisant suite à la mise en place du mécanisme de défense de la conversion (la représentation inacceptable génératrice d’angoisse est transposée à une perturbation physique comportant une signification symbolique inconsciente).

Les symptômes de conversion
Les symptômes somatiques, ( maladies psychosomatiques, troubles divers sans atteinte organique ) sont réversibles même s’ils se montrent rebelles ou durables aux soins.

Troubles de la motricité et du tonus
Crises pseudo-convulsives, généralement spectaculaires: elles ont été décrites initialement par Charcot avec des douleurs dans le ventre, des douleurs ovariennes, des troubles visuels, une perte de connaissance, une raideur du corps. C’est ce que l’on nomme « la grande crise hystérique » ; elles sont aujourd’hui très rares, mais plus présentent dans les sociétés traditionnelles. De nos jours, ces crises sont plus dégradées, l’agitation étant plus discrète, comprenant des crises de larmes, des tremblements de plusieurs membres, de la tête, des hoquets répétés, des toux spasmodiques, une sensation de boule à la gorge (dysphagie), une somnolence diurne, un pseudo-coma (pouvant durer plusieurs minutes à plusieurs jours), de l’asthénie, de l’astasie abasique (incoordination des membres inférieurs et supérieurs), une « crampe de l’écrivain » (plus de sensation dans la main avec laquelle on écrit), une pseudo-paralysie hystérique qui peut affecter n’importe quel membre (souvent le membre paralysé est significatif), une aphonie qui peut aller jusqu’au mutisme, des spasmes des sphincters.

Les troubles sensitifs
Anesthésie, frigidité chez la femme hystérique, des maux de ventre, les organes des sens peuvent être le siège de manifestations de conversion comme la pseudo-surdité, la pseudo-cécité, des troubles neurovégétatifs, des symptômes gastro-intestinaux, des symptômes gynécologiques (aménorrhée : absence des règles, règles irrégulières, abondantes…)

Les symptômes psychiques intermittents
Il existe quatre grands symptômes :
L’amnésie psychogène : incapacité soudaine à évoquer des souvenirs personnels importants. Il n’est pas nécessaire que l’évènement oublié soit traumatique, le caractère conflictuel de sa signification affective peut suffire pour le faire tomber sous le coup de la censure.
Les fugues psychogènes : les personnes partent du domicile, du travail avec l’impossibilité de se souvenir du passé. Il y a parfois, mais très rarement, l’adoption d’une autre identité.
Le somnambulisme : il serait du au clivage de la conscience. Les sujets vont reproduire des scènes dramatiques imaginaires ou des évènements vécus avec une amnésie totale de l’épisode au réveil.
Etats crépusculaires et troubles dissociatifs atypiques : perte de la réalité, état de transe.

Contexte clinique des symptômes
Les hystériques présentent une grande sensibilité à la suggestion. Cette suggestibilité peut avoir un pouvoir de renforcement dans la psychothérapie mais le désir de plaire à l’interlocuteur peut par contre contribuer à la persistance du symptôme. Les symptômes sont donc labiles et fluctuants ; ils apparaissent et disparaissent au gré des contrariétés de la personne.
L’hystérique est dans un mode relationnel de séduction, notamment avec les soignants, avec une érotisation des relations interpersonnelles mais un évitement de la sexualité.
L’hystérique va présenter une plasticité à l’égard des manifestions psychopathologiques ; elle va reproduire ce qu’elle a pu voir chez quelqu’un d’autre ; il s’agit d’une identification inconsciente à la pathologie de l’autre.

Les bénéfices secondaires de cette pathologie sont importants. Ces troubles vont entrainer un grand intérêt de l’entourage pour le patient. Il est préconiser d’isoler la patient hystérique quand celle-ci est en crise. En effet, l’attention d’autrui va contribuer à l’augmentation de ces scènes spectaculaires.

Ces troubles ont une valeur de refuge : la conversion est un mécanisme de défense qui comporte un bénéfice primaire ; refouler la représentation mentale inacceptable et effacer la charge affective trop douloureuse pour le moi conscient.

Hystérie et théorie de la conversion et du refoulement
FREUD se base sur la méthode cathartique pour créer le terme d’hystérie de conversion ; il s’agit de la conversion d’un affect lié à une expérience traumatique. L’affect (colère, haine, humiliation, douleur) n’a pu être exprimé au moment de l’expérience traumatique et il est converti en une innervation corporelle (trouble de conversion). La représentation liée à l’évènement est refoulée, chassée de la conscience.
Refoulement : mécanisme de défense qui permet de garder hors de la conscience l’affect pénible.

Hystérie et théorie de la séduction sexuelle
L’enfant, d’un point de vue économique est incapable d’intégrer l’expérience traumatisante. Il y a un trop plein d’excitation (peur…). FREUD dit que l’enfant ne refoule pas cet évènement mais qu’il n’a pas d’importance pour lui ; l’enfant ne réagit pas tout de suite.
Rapidement dans ses travaux, FREUD met l’accent sur la nature sexuelle de la scène traumatique déclenchante. Il s’agit d’une séduction sexuelle subie dans l’enfance qui n’a d’effet pathogène que dans un deuxième temps (théorie de l’après coup), lors d’un deuxième évènement traumatique venant rappeler par des éléments associatifs le premier. Ce deuxième traumatisme n’est pas nécessairement sexuel mais va faire ressortir toutes les excitations traumatiques qui n’ont pas été élaborées et liquidées.
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 09 juil. 2018, 23:58

DECOUVERTE DE EMDR
a été découverte en 1987 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, membre du Mental Research Institute de Palo Alto. L’EMDR permet la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente. Le traitement de l’information est un phénomène naturel de « digestion » des évènements de vie ou de souffrances existentielles parce qu’il articule : • Une baisse et donc une remise à niveau des émotions. • Une résolution des déséquilibres psychocorporels. • Une intégration de « souvenirs » pathogènes dans la mémoire, qui cessent ainsi d’être douloureux. L’EMDR ne peut ni effacer, ni changer le passé, mais permet qu’il ne fasse plus mal. • Une restauration de l’estime de soi. Ce modèle guide la pratique de l’EMDR

LE PRINCIPE
Quand des expériences inquiétantes se produisent, elles sont stockées dans le cerveau avec toutes les images, bruits, pensées et sentiments qui l’accompagnent au moment de l’événement. Quand une personne a été traumatisée, le cerveau semble ne pas pouvoir traiter l’expérience comme il devrait le faire normalement. Par conséquent, les pensées et les sentiments négatifs de l’événement traumatique sont « emprisonnés » dans le système nerveux. Puisque le cerveau ne peut pas traiter ces émotions, l’expérience et/ou les sentiments qui l’accompagnent sont souvent supprimés de la conscience. Cependant, la détresse continue de se manifester dans le système nerveux où elle cause des perturbations dans le fonctionnement émotif de la personne…

LES SOINS
La thérapie EMDR est indiquée principalement pour la résolution de symptômes liés à un ou des événements traumatiques. Certaines phobies ou pertes de l’estime de soi sont liées à un ou des événements traumatiques. Les symptômes peuvent alors très bien répondre à la thérapie EMDR. Par exemple, Brown, McGoldrick et Buchanan (1997) ont observé des rémissions réussies dans cinq des sept cas consécutifs de personnes ayant une image très anormale de leur corps (se considérant comme obèse, nez trop gros…) après une à trois séances d’EMDR traitant des souvenirs traumatiques reliés au problème…

SI CA FONCTIONNE
Il y existe de nombreux facteurs permettant de voir si la thérapie EMDR peut être utile dans la situation particulière et l’histoire d’un patient. Pendant votre consultation initiale avec un praticien EMDR, tous ces facteurs appropriés devraient être évoqués de manière approfondie afin que vous décidiez ensemble d’utiliser ou non l’EMDR. En général cependant, vous êtes un excellent candidat pour la technique d’EMDR si vous avez… des peurs fortes et inexplicables, subi des abus sexuels, été la victime ou le témoin d’un crime ou d’un grave accident, survécu à une catastrophe naturelle, vécu un événement traumatisant, des difficultés pour faire confiance aux autres, peur de rester seul(e), fréquemment le sentiment d’être coupable, des crises de colère irrationnelles, une mauvaise image de vous-même…

LES ENFANTS ET ADOLESCENTS
Bien sûr, la thérapie EMDR peut être utilisée avec l’enfant, et ceci dés son plus jeune âge (deux ou trois ans). Elle s’adapte alors à ses besoins et son niveau de fonctionnement. La collaboration du ou des parents est essentielle. Il en est de même pour l’adolescent. Comme pour l’adulte, le nombre de séances peut varier de quelques unes à une ou plusieurs dizaines en fonction de la difficulté présentée.

DEROULEMENT
De la même façon que la thérapie EMDR aide le cerveau dans son traitement naturel de l’information émotionnelle, le praticien EMDR aide le patient dans son processus de guérison en devenant son partenaire pour un voyage destiné à éliminer le traumatisme passé, bloqué dans son système nerveux. Au début d’une séance ordinaire de thérapie EMDR, le praticien aide le patient à repérer exactement le problème ou l’événement qui sera la cible du traitement. Pendant que les pensées et les sentiments remontent à la surface, le praticien et le patient travaillent ensemble pour stimuler les mouvements des yeux qui accompagnent l’expérience brièvement rappelée. Pendant que les mouvements des yeux sont stimulés, les émotions sont libérées. Les séries successives et assez brèves de mouvements des yeux (30 secondes à quelques minutes) continuent jusqu’à ce que les émotions soient neutralisées et que l’événement passé devienne associé par le patient à des pensées et des sentiments positifs sur lui-même, comme « Je réalise maintenant que ce n’était pas ma faute ».

COMBIEN DE SEANCES
Cela dépend de la complexité de l’histoire du patient, de sa capacité à « s’auto-apaiser » et à utiliser les différentes techniques de contrôle de soi pour diminuer la perturbation potentielle qui peut survenir pendant le traitement. Le praticien doit enseigner au patient ces techniques pendant la phase de préparation. La durée requise pour cette phase sera différente pour chaque client. Dans la majorité des cas, le traitement actif devrait commencer après une à trois séances.

LA DUREE
La durée du traitement et le nombre de séances dépendent essentiellement du trouble ou de la pathologie dont souffre le patient. D’une manière générale, le praticien ne commence vraiment la thérapie qu’après quelques entretiens consacrés à : – l’évaluation clinique des troubles, des indications et contre-indications d’une telle thérapie, – l’anamnèse, c’est-à-dire la prise de l’histoire de vie, la plus complète possible, – une préparation du patient : explication de la thérapie et mise en place obligatoire de quelques techniques de relaxation. Plusieurs séances de stabilisation sont souvent nécessaires dans les cas de traumatismes psychologiques graves ou complexes. D’une manière générale, et purement indicative, le nombre de séances peut varier de quelques unités pour les psychotraumatismes simples (ex : accident unique ou agression, à l’âge adulte…), à plusieurs dizaines de séances pour les expériences traumatiques anciennes ou répétées, altérant l’identité même du patient (ex : abus sexuels répétés dans l’enfance…) La fréquence des séances est variable : de une à trois séances par semaine, à une séance tous les quinze jours. Insistons sur le fait que toutes ces données sont purement indicatives, sans caractère absolu, liées surtout à la spécificité propre de chaque cas. C’est dire l’importance des tout premiers entretiens, tant sur le plan technique qu’humain, quand se tisse l’alliance thérapeutique… Le praticien pourra alors proposer des réponses bien adaptées aux inévitables questionnements du patient.

LES HONORAIRES
Comme pour la plupart des thérapies, les honoraires des praticiens EMDR sont libres. Ils sont généralement en accord avec les recommandations récentes du Conseil National de l’Ordre des médecins concernant l’ensemble des praticiens en honoraires libres. En effet, le Conseil rappelle que les honoraires sont fixés librement, mais avec « tact et mesure », en tenant compte de la durée, de la nature, de l’importance de l’acte, mais aussi des possibilités économiques du patient. Bien que l’établissement d’une fourchette précise soit difficile à établir on peut dire qu’ils dépendent de plusieurs facteurs, comme par exemple : 1) De la durée des séances : généralement pour ce qui est des thérapies des adultes, elle est de 60 min à 1 h 30, voire 2 heures ou davantage dans quelques cas. Elle peut être bien inférieure à 60 minutes pour ce qui est de l’analyse des enfants et des jeunes adolescents. 2) Du statut professionnel des thérapeutes : psychologues cliniciens, psychothérapeutes, psychiatres conventionnés (secteur I) ou conventionnés en honoraires libres (secteur II). Les médecins font généralement des feuilles de soins, notamment si les troubles à traiter sont répertoriés comme d’ordre psychopathologiques (ex : trouble dépressif, attaques de panique…), permettant un remboursement partiel de la part des caisses d’assurances maladie ; le reste, tout ou partie, étant éventuellement pris en charge par les mutuelles. 3) L’expérience, l’ancienneté et le professionnalisme des praticiens. 4) Le lieu d’exercice peut aussi avoir une influence : par exemple, le coût de la vie (loyers surtout), plus élevé à Paris qu’en province.

LES EFFETS NEGATIFS
Comme avec toute forme de psychothérapie, il peut y avoir une augmentation provisoire de la détresse. Des souvenirs douloureux non-résolus peuvent émerger. Certains patients peuvent éprouver des réactions pendant une séance de traitement que ni eux ni le praticien n’aurait pu prévoir, comme un niveau élevé d’émotion ou de sensations physiques. Après la fin de la séance, le re-traitement de l’information émotionnelle liée à l’incident ou au matériel qui a été évoqué peut continuer de se faire par lui-même. Des rêves, d’autres souvenirs, d’autres émotions inhabituelles peuvent se manifester. C’est généralement un signe qu’un travail en profondeur est en train de se faire.

REVIVRE AUSSI FORT E TRAUMATISME
La plupart des patients ne sont conscients que d’une ombre de l’expérience traumatique initiale, alors que d’autres la sentent à un degré plus fort. À la différence de nombreuses autres thérapies, les patients traités avec l’EMDR ne sont pas invités à revivre le trauma intensément ni pendant des périodes prolongées. Avec la thérapie EMDR, quand il y a un niveau élevé d’intensité, il dure seulement pendant quelques instants et diminue ensuite rapidement. S’il ne diminue pas rapidement de lui-même, le praticien a été formé pour aider à le faire descendre. Le patient a aussi été formé, avant de commencer la thérapie EMDR, à des techniques permettant de soulager immédiatement une détresse qui s’avèrerait trop intense.

IDENTIFICATION DU SOUVENIR
En EMDR, le plus important est de pouvoir accéder aux sensations physiques qui accompagnent le trouble émotionnel, que ce soit l’anxiété ou la dépression. Il est préférable, mais pas indispensable, de partir d’un souvenir parfaitement identifié. Il est possible de commencer le traitement à partir d’une situation difficile dans le présent, et de procéder au retraitement de cette information sans jamais avoir accès à un souvenir « originel ».

ET SI LE PATIENT NE SE SOUVIENT PAS
La thérapie EMDR part du principe que tous les souvenirs dans le cerveau sont connectés les uns aux autres. Un souvenir traumatique qui se manifeste dans le présent (par des pensées négatives sur soi, des émotions inappropriées, des sensations physiques désagréables) est connecté aux souvenirs et aux expériences du passé. Par contre, ces connexions ne sont pas nécessairement ni conscientes, ni verbales. Il est donc possible d’accéder, au cours du traitement, à des souvenirs du passé qui sont principalement représentés par des sensations physiques du corps, et non par une « histoire » qui pourrait être racontée avec des mots.

PLUS RAPIDE QU'UNE PSYCHOTHERAPIE
C’est exactement le cas. La thérapie EMDR semble effectivement offrir un « raccourci » pour éliminer les symptômes qui viennent d’événements du passé qui n’ont pas été « digérés » par le système nerveux. Par contre, la thérapie EMDR ne remplace pas le travail psychanalytique pour ce qui a trait à une plus grande connaissance de soi sur le long terme. Les deux formes de thérapies sont d’ailleurs souvent utilisées conjointement avec profit.

REMBOURSEMENTS
Les séances réalisées avec des psychiatres ou des psychologues cliniciens exerçant en structure hospitalière peuvent être remboursées. De plus, certaines assurances complémentaires peuvent prendre en charge le psychothérapie EMDR.
Nous vous conseillons de vérifier en prenant un rendez vous.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 11 juil. 2018, 07:24

LA MERE

Pour comprendre ce qu'est l'amour "éteint " d'une mère, acheter le livre : " Mes nuits sont plus belles que vos jours " de Raphaëlle Billetdoux ( éditions Grasset ) et lisez lentement de la page 46 à la page 51. C'est simple, c'est doux, et édifiant.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 11 juil. 2018, 20:34

COMMENT SE PASSE L'OEDIPE

L’enfant recherche les contacts physiques avec son parent de sexe opposé parce que cela lui procure du plaisir. La petite fille va embrasser son papa sur la bouche, se frotter à lui. Le petit garçon va toucher les seins de sa maman ou s’exhiber tout nu dans le salon, le soir où ses parents reçoivent des amis. Tous les plaisirs que nous appelons « sexuels » dans la vie adulte, l’enfant va les expérimenter de façon enfantine, sous une forme « allégée ». Dans le même temps qu’il est attiré par sa mère, le petit garçon va ressentir de l’hostilité et de la jalousie envers son père (et inversement pour la petite fille). C’est normal : l’autre parent est perçu comme un rival.

Est-ce plus compliqué pour les filles ?
Oui, dans la mesure où, tout comme les garçons, elles ont pour premier objet d’amour leur maman. Avant 3 ans (au cours de la période préœdipienne), elles sont dans une relation sensuelle avec leur mère, recherchant son odeur, sa peau, son contact. Mais alors que les petits garçons s’attachent de manière franche et définitive à leur mère, les petites filles s’en détachent au moment de l’œdipe pour se tourner vers leur père. Ce qui ne va pas sans culpabilité. On ne se détache pas aussi facilement de son premier amour… D’ailleurs, les relations mère-fille restent assez souvent marquées par l’ambivalence, mêlant tendresse et agressivité, amour et haine.

Comment sait-on que l'enfant est sorti de l'oedipe ?
Il y a un signe très repérable : c’est l’apparition de la pudeur. D’un seul coup, le comportement de votre enfant se met à changer du tout au tout. Lui qui n’hésitait pas à se promener nu devant vos amis va se trouver tout gêné d’être vu, ne serait-ce qu’en pyjama. Une conscience morale s’est mise en place, qui l’empêche de manifester franchement ses désirs sexués. En général, l’œdipe s’éteint vers 6 ans.

Pourquoi est-ce finalement une expérience positive pour l'enfant ?
Il va apprendre une chose essentielle : ses désirs ne peuvent pas se manifester ouvertement ni se réaliser pleinement. Il va devoir composer avec des moments insatisfaisants et d’autres satisfaisants, des réalisations et des frustrations, des plaisirs et des déplaisirs. Bien sûr, il en a déjà fait l’expérience tout bébé en comprenant qu’il n’est pas possible de téter aussi longtemps ni aussi souvent qu’il le veut. Mais c’est dans l’œdipe qu’il aura la compréhension la plus claire et la plus évidente des limites à son désir.

Quel rôle joue l'oedipe dans la sexualité adulte ?
Grâce au complexe d’Œdipe, le petit garçon sait pour la première fois ce que c’est que de se sentir garçon, tandis que la petite fille fait l’expérience de la féminité. Ce sont les balbutiements de l’identité sexuelle. L’enfant se reconnaît fille ou garçon, différent de l’autre sexe. Mais c’est seulement à l’adolescence que vont apparaître les premiers éléments concernant son orientation sexuelle.
On parle parfois d'oedipe inversé...
Il arrive qu’un petit garçon développe une relation œdipienne avec son père, et une petite fille avec sa mère. C’est même beaucoup plus fréquent qu’on ne pourrait le croire. L’enfant éprouve donc une attirance « érotique » pour son parent de même sexe. Attention, cela ne présage absolument pas de sa sexualité future ! Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’un petit garçon qui « fait » son œdipe avec son papa risque de connaître à l’âge adulte une relation difficile avec la hiérarchie. Il se sentira en effet dans la nécessité de se révolter contre la figure paternelle, autrement dit contre toute représentation de l’autorité et de la loi. Quant aux petites filles qui ont vécu une relation œdipienne avec leur maman, on constate souvent qu’elles ont des relations difficiles avec les autres femmes (conflits, jalousie…).

C'est quoi, un oedipe mal résolu ?
C’est lorsque l’enfant reste avec l’idée que son désir est fautif. Il en conçoit de la culpabilité et éprouve un sentiment de rage contre ses parents, qui risque, ensuite, de se transformer en rage envers tous les adultes – surtout ceux qui sont « importants », qui ont du pouvoir sur lui. D’où la nécessité d’adopter tout de suite les bonnes attitudes face aux comportements parfois déroutants de votre petit.

Comment réagir ?
- Elle s’assoit à califourchon sur les genoux de son papa et se frotte contre lui
Evitez de réagir avec sévérité, cela risquerait d’inhiber votre petite fille. Elle cherche du plaisir avec une absolue candeur, inutile de la culpabiliser. Il faut simplement que son papa lui fasse sentir qu’il y a des gestes qui ne se font pas entre parent et enfant. En lui disant : « Non, pas comme ça. Si tu veux faire comme ça, moi je ne joue pas. » Pas besoin d’en dire plus. L’enfant comprend très bien le message. Si malgré tout votre petite fille continue, mettez un terme au câlin.
- Elle embrasse son père sur la bouche
Là encore, quelques paroles simples mais fermes suffisent : « Non, pas sur la bouche. Ce sont les Russes qui s’embrassent sur la bouche. Ici, en France, on ne fait pas comme ça. Tu peux m’embrasser sur les joues, ou sur le front, mais pas sur la bouche. »
- Elle ne supporte pas de nous voir nous faire un câlin, son papa et moi, et elle essaie de nous séparer
Montrez-lui que vous n’êtes pas dupes. Le papa peut par exemple demander : « Pourquoi cherches-tu à écarter ta maman ? Tu es jalouse ? » Ou expliquer : « J’aime ta maman, je t’aime aussi, mais c’est différent. » Evitez quand même de provoquer votre petite fille en vous embrassant en public. Entre 3 et 6 ans, l’enfant est dans un état de grande excitabilité. Le moindre geste un peu suggestif peut déclencher des réactions.
- Elle susurre à son père : « Quand je serai grande, je me marierai avec toi. » / Il clame : « Plus tard, je vais épouser maman. »
Même si vous vous sentez confusément flatté(e) par cette vibrante déclaration d’amour, ne laissez planer aucune ambiguïté. Vous ne feriez qu’entretenir votre enfant dans ses illusions et vous l’empêcheriez de franchir les étapes. Il faut rétablir l’ordre des générations, ne pas laisser votre petit croire qu’il va pouvoir rivaliser avec votre conjoint. Par exemple, en lui disant : « Non, ce n’est pas possible, je vis avec maman/papa et toi aussi, plus tard, tu auras un(e) amoureux(se). »
- Il se glisse dans mon lit chaque fois que son papa est absent
A vous de ne pas le mettre en position de « petit homme » et de ne pas accepter qu’il dorme près de vous. D’accord pour un petit câlin dans le lit avant de s’endormir mais, ensuite, il devra regagner son lit. Il pourra éventuellement venir vous réveiller demain matin s’il le souhaite. Il est très tentant, pour un petit garçon, de profiter de l’absence de son papa pour prendre sa place. Mais ce n’est pas parce que votre compagnon n’est pas là qu’il ne peut pas jouer son rôle de tiers séparateur. Vous pouvez le faire exister en paroles : « Papa ne serait pas d’accord pour que tu passes la nuit dans le lit. »
- Il ne rate pas une occasion de me toucher les seins ou les fesses
Là encore, évitez les mots brusques qui risqueraient de le culpabiliser. Dites simplement : « Ne me touche pas comme ça, je n’aime pas. » Ou encore : « On ne touche pas sa maman comme ça. » A cet âge, un petit garçon est vite troublé. La simple vue de votre décolleté lorsque vous vous penchez pour l’embrasser peut suffire à le mettre en émoi. A vous de faire preuve de pudeur : ne vous promenez pas nue devant lui, ne partagez pas son bain. Ou alors avec un maillot.

Et lorsqu'il n'y a pas de papa ou de maman à la maison, comment ça se passe ?
Maman célibataire, couple homo, papa veuf… L’enfant n’a pas toujours un parent représentant le sexe opposé sous les yeux. Va-t-il pouvoir faire son œdipe ? Ce n’est pas un problème. Il y a toujours dans l’entourage proche de l’enfant une femme ou un homme qui va pouvoir jouer le rôle du partenaire œdipien. Pour le petit garçon, ce sera la jeune fille au pair, la nounou, la tante, la cousine, etc. Pour la petite fille, l’oncle, le parrain, le voisin. L’élu(e) sera toujours un adulte dont il dépend vitalement (une personne qui s’occupe de lui au quotidien, qui le fait manger, dormir, etc.). En outre, il faut que ce soit une personne habitée par le bonheur de vivre, porteuse de désirs, quelqu’un qui a envie d’être avec lui et qui est capable de lui manifester de la tendresse. A noter : les grands-parents sont rarement choisis pour partenaires œdipiens. L’âge est un frein à la manifestation du désir érotique de l’enfant.
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
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Interventions non rémunérées sur ce forum - Aucune consultation par mail, ni internet.
*** « l’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre » Jacques Lacan. ( Séminaire 24 )
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 16 juil. 2018, 09:00

LES VIOLS : 98 % DES AGRESSEURS SONT DE SEXE MASCULIN et 80 % DES VICTIMES SONT DE SEXE FEMININ

Quel que soit l'âge de la personne abusée, une agression sexuelle est toujours terrible, mais il est particulièrement révoltant d'imaginer que des adultes en position de pouvoir posent des actions dégradantes et traumatisantes sur des jeunes sans défense.
Nous avons tendance à croire que nous connaissons assez nos enfants pour repérer tout changement dans leur comportement... Et pourtant, de nombreux adultes, abusés pendant l'enfance, affirment que leurs parents n'ont rien vu. Est-il réellement possible de déceler chez les enfants des signes de violence sexuelle? Existe-t-il des comportements qui doivent nous mettre la puce à l'oreille?
Les statistiques
Les données sont claires : environ 5000 personnes ont déclaré être victimes d'agression sexuelle au Québec, en 2011 seulement. Cela inclut des personnes de tous âges, de tout milieu social, des deux sexes et prend en compte toutes les formes d'agressions enregistrées par la loi (contacts, incitations, relations non consenties, exhibitionnisme, voyeurisme, inceste, intimidation par ordinateur, etc.) À ce chiffre déjà exorbitant s'ajoutent plusieurs données inquiétantes :
90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.
Les 2/3 des victimes sont âgées de moins de 18 ans.
80 % des victimes sont de sexe féminin.
98 % des agresseurs sont de sexe masculin.
20 % des agresseurs ont moins de 18 ans.
Dans 80 % des cas, l'agresseur est un proche de la victime, et dans 1/3 des cas, il s'agit d'un membre de la famille (père, oncle, frère, etc.)
Est-il possible de remarquer quelque chose d'inhabituel?
Plusieurs études scientifiques ont mis en lumière une série de signes et symptômes physiques et psychologiques qui devraient aider les adultes (parents, professeurs, intervenants) à déceler un comportement anormal chez les enfants dont ils ont la responsabilité.
Pourtant, trop souvent, on ne voit rien, et les jeunes souffrent en silence sans jamais oser parler. Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi on ne remarque rien :
L'enfant a peur : on menace de faire du mal à quelqu'un qu'il aime s'il parle.
Le jeune aime profondément son agresseur (parent, proche de la famille) et ne veut pas qu'il lui arrive du mal.
Le sujet est tabou et l'enfant ne sait pas comment l'aborder.
Le jeune croit qu'il est responsable, qu'il a encouragé le comportement de l'agresseur, il se sent coupable.
L'entourage n'est pas réceptif, ou encore ferme les yeux sur une pratique qui semble évidente aux yeux de l'enfant.
Les proches pensent toujours que ça arrive chez les autres, chez les familles à problème, dans un milieu social moins élevé, etc.
Les parents pensent que les changements de comportements sont causés par autre chose : séparation ou divorce, deuil, crise d'adolescence.
Quand s'inquiéter?
Il existe plusieurs signes physiques et psychologiques qui devraient alerter les adultes responsables. En voici une liste non exhaustive :
Changements dans les comportements
L'enfant s'isole volontairement.
Il ne raconte pas ses journées, ne dit pas ce qu'il fait.
Il se désintéresse de ce qu'il aime habituellement faire.
Il semble avoir peur, il refuse d'aller seul quelque part.
Ses résultats scolaires se dégradent.
Il refuse la tendresse, la proximité physique.
Il ne veut pas se mettre nu devant un adulte, par exemple pour se laver ou pour un examen médical.
Il est angoissé, nerveux, pleure souvent ou se met en colère.
Il régresse, se met à agir et parler comme un bébé, à sucer son pouce, à mouiller son lit alors qu'il était propre.
Il a perdu l'appétit.
Il souffre d'insomnie, a peur de s'endormir, car il dit faire des cauchemars récurrents.
Il aborde des sujets sexuels dont il ne devrait pas avoir conscience à son âge.
Il mime des jeux sexuels (avec ses toutous, poupées, autres enfants).
Il se masturbe ou mime des bruits sexuels en public.
Il semble s'intéresser de trop près à la sexualité : questions, dessins explicites, comportement de séduction.
Il se montre agressif avec ceux qui l'entourent.
Quelques signes physiques qu'il ne faut jamais négliger
Ecchymoses sur les cuisses ou ailleurs sur le corps.
Douleurs et plaies non expliquées dans les régions anales et génitales.
Irritations génitales et buccales.
Infections urinaires récurrentes.
Prise ou gain de poids.
Chez les ados et préados : troubles alimentaires, signes d'automutilation et de scarification, consommation de drogue et d'alcool.
Comment réagir quand on a des doutes?
En tant que parents, nous voulons toujours le meilleur pour nos enfants et devenons fous à la seule idée que quelqu'un les touche. Parfois, il n'y a aucun doute possible et tout prouve que notre enfant a bel et bien subi des agressions d'ordre sexuel. Il est donc possible, et même obligatoire, de porter plainte et d'entamer des procédures judiciaires. En ce cas, il faut communiquer avec la Sûreté du Québec.
Malheureusement, le plus souvent, les actes sont invisibles et il est impossible d'être certain à 100 % de ce qui arrive parce que l'enfant ne parle pas et que l'immense majorité des signes décrits ci-dessus peuvent être causés par autre chose.
Selon la loi, toute personne (parent, tuteur, intervenant, professeur) qui soupçonne qu'un enfant a subi une ou des agressions sexuelles est tenue d'aviser le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ), lequel mènera l'enquête et avisera la police, si nécessaire.
Prévention
Même s'ils nous mettent mal à l'aise, il faut aborder ces sujets avec nos jeunes, en utilisant des mots qu'ils comprennent, adaptés à leur âge. Bien sûr, tous les parents avisent leurs jeunes de ne pas parler aux inconnus dans la rue et de ne pas accepter de cadeaux ou bonbons de ces personnes. Mais comme nous venons de le voir, le danger se trouve souvent dans l'entourage même de l'enfant : proches, membres de la famille, voisins, entraineurs sportifs, ou même professeurs... En ce cas, comment pouvons-nous agir?
Établir un climat de confiance où l'on peut parler de tout.
Apprendre à l'enfant quels sont les gestes autorisés et les gestes déplacés.
Lui apprendre à respecter son corps.
Lui faire comprendre qu'il a toujours le droit de dire non lorsqu'il ne se sent pas à l'aise de faire quelque chose, même si la personne en face de lui est en position d'autorité.
Lui dire qu'il doit chercher l'aide de quelqu'un en qui il a confiance s'il ne se sent pas en sécurité avec quelqu'un, même s'il connaît très bien cette personne.
Toujours montrer que l'on croit notre enfant lorsqu'il raconte quelque chose, même si cela nous semble impossible. Si le jeune ment (ça arrive), il sera facile de le démasquer par la suite, mais s'il dit la vérité et que vous le ridiculisez, il restera emmuré dans son silence.
Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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*** « l’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre » Jacques Lacan. ( Séminaire 24 )
C'est à dire : L'amour, c'est donner quelque chose que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.

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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 16 juil. 2018, 09:24

LE CORPS SE SOUVIENT

Sans qu'ils le veuillent, sans qu'ils le sachent, et bien malgré nous, nos parents, nos grands-parents, nos aïeux nous laissent en héritage leurs deuils non faits, leurs traumatismes non " digérés ", leurs secrets. Or, si les choses ne sont pas dites, le corps, lui, peut parfois les exprimer : c'est la somatisation. Le corps de l'enfant, du petit-enfant, de l'arrière-petit-enfant, quel que soit son âge, devient alors le langage de l'ancêtre blessé. Extrait de "Ces enfants malades de leurs parents" de Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede aux Editions Petite Bibliothèque Payot (1/2).
Les psychanalystes nous ont appris qu’au niveau de la représentation inconsciente du corps, il y avait une équivalence à faire entre le pénis, l’étron et le foetus ; c’est probablement dans cette direction qu’il faut chercher la genèse de l’anisme en cas d’abus sexuel.
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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Messagepar Dubreuil » 16 juil. 2018, 09:38

L'ANISME

Le corps est plus fiable que nos souvenirs : il est possible en effet de trouver les stigmates corporels d’une histoire d’abus sexuel. Si le corps a une mémoire et si les sujets abusés diffèrent au niveau corporel des non-abusés, il devient alors beaucoup plus difficile d’alléguer un faux souvenir.
Un bon exemple est celui de l’anisme.
Cette anomalie est un excellent marqueur d’une histoire d’abus sexuel. De quoi s’agit-il ? Normalement, lorsqu’un sujet pousse pour déféquer, son anus se relâche pour laisser passer la selle.
Dans le cas de l’anisme, c’est le phénomène inverse qui se produit : l’anus se referme au lieu de s’ouvrir.
Presque toutes les femmes ayant été sexuellement abusées souffrent d’anisme. Cela ne signifi pas, bien entendu, que le contraire soit vrai : en effet, des sujets font de l’anisme sans avoir jamais été abusés. Néanmoins, on sait qu’en cas d’anisme on trouve dix fois plus d’histoires d’abus sexuels que lorsqu’il n’y en a pas. Cela devient donc un signe clinique extrêmement utile en pratique médicale, puisque la grande majorité des médecins font, à un moment ou à un autre, un toucher rectal. Il suffit de rajouter une simple demande, à savoir de pousser comme pour aller à la selle, à l’instant du toucher. Si le malade contracte l’anus durant la poussée, le médecin peut établir un diagnostic d’anisme et se dire que la probabilité d’abus sexuel est importante.
Certes, il n’y a pas de certitude d’abus tant que la question n’a pas été explicitement posée.
L’information étant transmise par le corps, il n’est pas non plus indispensable au clinicien de poser la question à ce moment. Il peut se réserver cette possibilité dans une situation plus facile, lorsqu’une relation de confiance s’est établie.
Une pénétration anale qui déclenche des douleurs abdominales peut aussi être l’indice d’une histoire d’abus sexuel. Cela demande encore confirmation scientifique, mais c’est une piste intéressante dans la mesure où cette pénétration anale est implicite dans de nombreux examens médicaux, tels le toucher rectal, la proctoscopie, la colonoscopie et le lavement baryté. Le clinicien doit être alerté par la possibilité d’une histoire d’abus si la pénétration déclenche des douleurs abdominales, parce que dans ce cas, pour qu’il y ait réaction au niveau de l’abdomen, le message doit obligatoirement avoir été perçu au niveau du cerveau et déclencher une réaction au niveau de l’abdomen, qui n’est pas en communication neurologique directe avec le canal anal.
L’anisme est une dissociation somatique. Une partie du cerveau envoie un message qui consiste à pousser, augmenter une pression dans le rectum pour essayer de déféquer, tandis qu’une autre partie du cerveau envoie la commande inverse à l’anus : se contracter pour qu’il n’y ait pas de défécation. Que l’on retrouve une telle dissociation chez les victimes d’abus sexuels n’est pas vraiment surprenant, puisque la victime dissocie souvent psychologiquement pour ne pas souffrir de façon aussi dramatique qu’au moment de l’abus sexuel. Ainsi cette femme qui faisait une crise de nerfs chaque fois qu’elle voyait un certain type de papier peint. Un jour, lui revint en mémoire le papier peint de la chambre où son père la violait lorsqu’elle était petite. Elle s’était abîmée en pensée dans le papier peint pour ne plus souffrir. Il s’agit là d’une scission de la personnalité en deux parties, une victime souffrante et une observatrice non souffrante, plus ou moins présente à la scène du crime.
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