Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Forum TOC (trouble obsessionnel compulsif)
Mia455
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Mia455 »

Bonjour,

oui, c'est son psychologue qui a posé le diagnostic.
A partir du moment ou chaque névrosé est différent, peut -on porté un jugement sur le peu de chose que j'ai décrit de sa souffrance, je ne pense pas. C'est difficile cet exercice de savoir quoi dire et ne pas dire , je ne souhaite pas rentrer dans les détails.
En fait, il s'agit de questionnements autour de la névrose obsessionnel que je me pose et de savoir si ces symptômes sont souvent observés pour ce type de névrose et de mieux comprendre comment cela fonctionne pour savoir comment réagir.
J'ai pris contact avec un spécialiste pour en discuter, mais je suis intéressée par tout autre retour ou témoignage comme il y en a déjà eu sur ce site.

Merci pour votre intérêt.
Minijeune
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Minijeune »

Bonjour,
J'ai du mal à comprendre l'irritation que je perçois de votre part. En fait, c'est de savoir pourquoi vous ne prenez pas le temps d'essayer de comprendre pourquoi je vous ai posé ces questions là.

Par la suite, si vous ne voulez pas rentrer dans les détails, ça vous regarde mais c'est certain qu'avec le peu d'informations que vous avez donné, c'est un peu difficile de savoir ce que vous avez besoin, quel genre de conseil.

La logique de la chose...
Si vous avez posé des questions par rapport à l'autodestruction, aux traumatismes, c'est que vous devez percevoir des comportements auto-destructeurs de la part de votre conjoint. Ce que je nommais c'est que, à mon avis, ce n'est pas un symptôme type d'un TOC... je ne dis pas qu'il ne souffre pas... il souffre beaucoup, c'est clair... mais il est possible qu'il ait plus d'un diagnostic ou plus d'une fragilité... et quand vous parlez d'un traumatisme, c'est que vous devez avoir l'impression que son trouble de santé mentale s'est développé à la suite d'un traumatisme...

Je m'intéresse beaucoup à la mémoire traumatique. Et les comportements auto-destructeurs sont très présents normalement dans ces cas là... je vous conseille d'aller écouter et lire ce que Muriel Salmona a fait paraître. Ça explique très bien pourquoi une personne qui a un passé traumatique va avoir ce genre de comportement.
Mia455
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Mia455 »

Bonjour,

J'ai simplement voulu signifier mon impossibilité à remettre en cause ce diagnostic (car je n'ai pas fais d'étude de psychologie, c'est aussi pourquoi je ne me vois pas détailler ces symptômes ). De ce que j'ai pu lire, le verdict me semble bon.

Le but de mon message concerne vraiment le besoin de comprendre ce type de névrose .

En fait je n'ai aucune raison de penser qu'il a eu un traumatisme en particulier, j'ai juste lu cette possibilité comme une cause possible de névrose, d’où ma question; je décèle en fait des comportements addictifs chez lui, je n'ai peut-être pas utilisé les bons mots.

Merci pour cette référence, j'irais jeter un œil.
Je m'intéresse , d'une manière plus générale, à tout ce qui touche la psychologie.
Minijeune
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Minijeune »

Bonjour,
Ça ne doit pas être facile pour vous de vivre avec votre conjoint. On retrouve souvent des gens ici qui tentent de s'expliquer, le plus logiquement possible, les raisons du pourquoi du comment leur être aimé est malade. Souvent, on dirait que je perçois que le fait de mieux comprendre l'autre fait en sorte qu'on l'accepte plus, ou on tolère plus...

Je ne sais pas si c'est le cas pour vous.

Souvent, des gens arrivent sur le forum, et croyez-moi, j'en ai lu et vécu des histoires depuis 6 ans... mais les gens sont en souffrance parce qu'ils aiment leur partenaire, mais ils sont épuisés de vivre avec quelqu'un qui est malade.

Souvent, ils vont poser des questions sur l'autre, mais ils ne fouillent pas vraiment sur le pourquoi ils se font vivre ça, pourquoi ils se sont mis en couple avec quelqu'un qui présentait sûrement de belles qualités, mais aussi beaucoup de fragilités.
Mia455
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Mia455 »

oh que si je m'interroge... mais je ne sais pas du tout quoi faire de ça.
Cela fait des années que je travaille sur moi et je considère que le cheminement personnel est le travail de toute une vie.
JE me porte très bien dans ma vie
Notre relation est belle, je veux dire vraiment la qualité de notre relation est probablement la meilleur que j'ai eu; c'est la dimension projet en commun qui me parait de plus en plus inenvisageable et qui m'interpelle justement par rapport à mon projet de vie.
Quoi qu'il en soit, il me semble que comprendre l'autre est indispensable, c'est juste ça que j'essaie de faire en lisant, en échangeant et en discutant, comprendre l'autre dans sa complexité, et l'accepter...ou pas.

Merci pour votre qualité d' "écoute" et d'échange.
Patmoba
Messages : 1
Inscription : 26 sept. 2020, 16:28

Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Patmoba »

Bonjour,
J'ai lu l'ensemble du sujet.
Étant moi même diagnostiqué NO, cela fait mal.
J'en ai pris plein la figure.
Certaines vérités sont difficiles a admettre.
Ma femme m'a quitté après 25 ans de vie commune et 6 ans plus tard, je ne m'en suis pas remis.
Elle était tout pour moi. Bien trop sans doute.
J'ai tout donné pour ma famille, a ma façon.
Je n'étais pas conscient de mes travers.
Et maintenant je ne vois plus que cela.
Un peu d'indulgence pour les gens comme nous, nous ne sommes pas des monstres, seulement des êtres qui a un moment de la petite enfance ont trouvé un chemin particulier pour réussir a accepter une réalité qui était anxiogène.
La petite enfance, là où tant de choses se jouent.
J'ai donné le maximum, mais la légèreté ou la chaleur qu'on a mal reçus sont difficiles a restituer.
J'ai lu des horreurs sur les NO.....
Pardonnez leur, ils font de leur mieux.
Quand je sors du brouillard, je suis quelqu'un de très sociable, sensible et intelligent je crois.
Hélas en couple, on se repose trop sur l'autre, trop occupé que nous sommes a refaire le passé proche ou lointain, pour le rendre plus beau.
Pardonnez nous ! Nous ne sommes pas égaux a la naissance, Cyrulnik l'a bien décrit.
La difficulté pour comprendre ce trouble est la confusion fréquente entre TOC, névrose obsessionnelle et trouble de la personnalité obsessionnelle, même si les trois ont des points communs.
Avant de quitter un NO, réfléchissez, il aura du mal à s'en remettre...alors que bien traité, il peut être quelqu'un de très attachant.
Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 16792
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Dubreuil »

[quote="Aurélie Castillo"

Grossièrement dit, décompenser c'est avoir les émotions qui prennent sur le dessus de la raison.
*** Non, décompenser, c'est aller dans des épisodes psychotiques, et être obligé d'être hospitalisé en psychiatrie, avec un traitement adapté.
C'est pour cela que je parlais de traitement " à vie ".
( Je parle de décompensation psychique, pas de " troubles psychologiques " )
Quant aux traitements psychiatriques, si vous lisez mes posts concernant mes propositions sur psychologues cliniciens et psychiatres, vous sauriez que vos propos sont les miens.
Donc un peu d'humilité, de calme et d'attention SVP.
Qualifications de Dubreuil : Educatrice spécialisée - Psychomotricienne - Psychologue clinicienne - psychanalyste
Glise Annabel 06 61 80 53 18 Hypnothérapeute humaniste
Mia455
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Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Mia455 »

Bonjour,

J'avais juste envie de partager ce lien : https://moocs.hes-so.ch/

Il existe un mooc intitulé "le rétablissement en santé mentale/ se rétablir : un vrai délire ?"

ça parle des troubles psychiques, de la stigmatisation envers les personnes qui souffrent de troubles psychiques et surtout de rétablissement, un cheminement pour vivre et non survivre, c'est possible et ça fait du bien de l'entendre.

Je suis également tombée sur ce lien : http://centre-ressource-rehabilitation. ... chosociale
que je n'ai pas encore creusé mais qui semble explorer la même thématique
SA95
Messages : 3
Inscription : 02 mai 2021, 10:29

Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par SA95 »

Mia455 a écrit : 22 mai 2020, 18:25 J'aimerai mieux le comprendre et savoir comment l'aider [...] vaut-il mieux être dans l'écoute de ces inquiétudes et de ces ruminations, quand elles sont tres négatives et qu'elles deviennent pesantes ou mieux vaut-il y couper court car rien ne sert de les nourrir? Comment lui apporter un soutien ? Y'a t'il des méthodes au quotidien qui fonctionnerait pour calmer son mental (méditation,...?) car cela semble entraîner une grande souffrance et de la fatigue pour lui

Je m'interroge également sur le fait d'être en couple avec un névrosé obsessionnel très conscient et lucide sur son état donc et suivi par un thérapeute.
Avez vous des témoignages de couples heureux/équilibré dans cette configuration ?

Bonjour,

Je suis moi-même diagnostiquée névrosée obsessionnelle, je ne suis pas psychologue mais peux partager ici un point de vue direct de ce qu'il est possible de mettre en place face à des personnes qui souffrent de cette forme de névrose.

Tout d'abord, j'ai lu l'entièreté du sujet et certains messages m'ont frappé du fait de leur justesse. Nous ne sommes pas des monstres, toutefois nous avons d'énormes failles quant à notre image personnelle (ce qui englobe beaucoup de choses dans le quotidien, si ce n'est "tout", d'ailleurs) ainsi qu'à la sphère sociale-relationnelle. Jusqu'ici, je ne vous appends rien. Mais j'ai personnellement trouvé utile de lire les témoignages de personnes vivant avec des individu-e-s souffrant de ce dont je souffre.

Nous sommes lucides de nos troubles, souvent tellement qu'ils pèsent sur nos épaules (culpabilité, haine de soi, mépris général, agressivité, tristesse béante, peurs multiples dont abandonnisme etc) et ici je parlerai en mon nom seulement, en espérant que cela puisse aiguiller quelques-un-e-s d'entre vous.

Lorsque j'entre dans cette "crise" d'hyper mentalisation, de ruminations obsessionnelles et que je l'exprime à voix haute, j'ai beaucoup de mal à me canaliser, à ne pas amplifier ce que je ressens et pense au plus profond, il y a comme une vague de haine et de colère prête à tout ravager, sans que ma raison ne puisse intervenir. Il s'agit d'une expression émotionnelle que je qualifie personnellement de pulsionnelle, bien que, à l'intérieur, je sais que je devrais stopper mon flux de paroles, mais ça me dépasse tellement que je perds prise...
Très justement comme cela a été stipulé à plusieurs reprises sur le topic ; le refoulement, la retenue ainsi que l'expulsion sont très présents dans notre manière d'être en générale.

Il y a une chose à maintenir à l'esprit lors de ces épisodes : l'individu-e en face de vous perd pieds et se débat autant que faire se peu dans un puits dans lequel il-elle s'est jeté-e en toute conscience des conséquences, mais ce "saut" est incontrôlable. Celle-ux qui sont en face doivent à tout prix se dire et se répéter que cette haine n'est aucunement dirigée contre elles-ux, qu'elle n'est que l'expression maladroite de maux enfouis depuis trop longtemps, un automatisme pathologique qui ne demande qu'à se transformer.

Ce qui m'aide personnellement, et que j'ai mis en place avec mon partenaire (avec qui j'entretiens une relation depuis 2 ans désormais), c'est qu'il m'écoute, sans me contredire sur l'instant de la crise (afin que je ne me braque pas contre lui en plus de me braquer moi-même contre le monde à l'instant de la crise), qu'il exprime son point de vue de manière posée et objective, en tenant une certaine distance avec moi (comme cela peut avoir lieu en face d'un-e psy en thérapie, cette distance émotionnelle instaurée est salvatrice, si bien pour le-la partenaire, que pour la relation et le-la névrosé-e obsessionnel-le).

La méditation peut aider, mais je pense que l'hypnose ou la sophrologie peuvent être de plus grande aide. Puisque nous ruminons sans cesse, de manière obsessive et donc incontrôlable, être guidé-e-s pour parvenir à un état de conscience modifié peut rendre plus aisé l'exercice. Sans guide, on risque d'être confronté-e-s à nos songes et ne pas savoir comment gérer la chose. (J'ai commencé par l'hypnose, ce qui m'a permis une rencontre avec moi-même plus intime, une conscience de moi plus ample et ouverte, j'ai poursuivi par de la sophrologie et ayant été très réceptive à force d'entraînement personnel, je me suis enfin mise à la méditation.)

Je pense aussi qu'il est important de nous faire des piqûres de rappel : "tu as le droit à l'amour" "tu as le droit à l'orgasme" "tu as le droit à la tendresse" "tu as le droit de respirer, te détendre" etc... Toutes ces verbalisations positives, si elles semblent inefficaces voire même complètement vaines sur l'instant, répétées dans le quotidien par des personnes qui nous sont proches, favorise la prise de conscience que nous pouvons évoluer, que nous pouvons nous autoriser à la "normalité" malgré nos mécanismes pathologiques.


Enfin, et là encore je parle véritablement en mon nom : lorsque les mots dépassent nos pensées, et qu'ils vous percutent, je trouve nécessaire que l'autre nous rappelle les limites à ne pas dépasser, parfois une simple phrase peut suffire pour nous ramener à la raison "ne dépasse pas des limites que tu regretterais d'avoir franchie" "tu as le droit à l'expression, et moi, j'ai le droit au respect lors de ton écoute".

Quoi qu'il en soit, prendre conscience de soi, toujours davantage, permet à la/au névrosé-e obsessionnel-le de prendre la responsabilité de soi et de "réparer" ce qui a été cassé dans la petite enfance (ou plus tardivement). Mais chacun-e son rythme... Certain-e-s prendront des années, quand pour d'autres ce sera plus rapide.
Il faut simplement ne pas s'oublier sur la balance, et ne pas laisser les insécurités ainsi que les problèmes (troubles, failles, névroses, pathologies...) des autres nous ronger jusqu'à la moelle. il faut savoir s'affirmer et dire stop lorsque trop de limites ont été dépassées.

Beaucoup de courage, aussi bien pour l'entourage que les concerné-e-s.
Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 16792
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Comment vivre avec un névrosé obsessionnel

Message par Dubreuil »

PAPPEL :
C'était ma réponse à Orange, la première internaute qui a posté le premier post...
Message par Dubreuil Nicole » 31 juil. 2010, 12:06

***Pour les couples qui s'aiment, mais où les symptômes cycliques sont trop durs a vivre, et ne veulent pas "se " perdre dans la pathologie.
Il y a des milliers de couples qui s'aiment et ne vivent pas ensemble. Et ces couples " tiennent " alors que d'autres bien conformistes sont déjà dissous depuis longtemps.
Ne pas vivre jours après jours ensemble, c'est se désirer sans cesse, avoir envie de vivre ensemble ! Et c'est le désir qui sous-tend notre vie.
Il me semble que vous auriez tout intérêt à respecter son désir de ne pas vivre une vie sous le même toit avec vous.
D'abord parce qu'il doit être conscient de sa pathologie, et qu'il a besoin de " souffler " et ne pas être sous le regard de l'autre. Vivre avec quelqu'un sous le même toit c'est déjà un espace réduit quand on va bien, mais avec une pathologie cela peut mener à une décompensation et c'est très grave.
Se voir bien dans votre regard un jour, et très mal le lendemain sera épuisant pour lui et très anxiogène.
Cet homme a sans doute besoin d'être seul souvent, de calme, de silence, pour se retrouver, se ressourcer, se rassurer en permanence. Et très sincèrement je pense qu'accepter de ne pas vivre avec lui c'est le respecter et l'aimer profondément.
D'autre part, si vous viviez avec lui, vous auriez vous aussi très vite besoin de vous évader pour ne pas vous laisser envahir par les ondes ambiantes. Vous risqueriez votre santé et d'arriver à la quitter pour de bon avec beaucoup de peine et de culpabilité.
Des deux c'est lui le plus fragile, c'est donc à lui de décider.. c'est dur pour vous, mais vous verrez peu à peu, que c'est la meilleure solution.
Oui, vous avez l'impression d'être dans une relation au jour le jour, mais n'est-ce pas ainsi que vivent les vrais amants, sachant que rien n'est vraiment acquis et que tout est à chaque fois à recommencer au jour le jour ?
Notre vie n'est-elle pas suspendue au temps ? Qui sait de quoi sera fait notre demain.
Bien à vous.
Qualifications de Dubreuil : Educatrice spécialisée - Psychomotricienne - Psychologue clinicienne - psychanalyste
Glise Annabel 06 61 80 53 18 Hypnothérapeute humaniste
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