Distance normale père-fille

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Jue_D
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Distance normale père-fille

Messagepar Jue_D » 08 juil. 2018, 05:12

Bonjour,

Je suis depuis très peu de temps avec un homme de 54 ans (moi 33). Il a deux grandes filles de 21 et 25 ans, et une ancienne belle-fille de 17 ans.

Voilà ma petite inquiétude...

Quelle est la distance adéquate entre un père et sa fille? Je suppose que ça dépend des familles, mais sans les avoir vus ensemble, il m'a déjà décrit sa façon d'être, et je n'ai pas apprécié...

En exemples...
- Il me dit que son ex avait de la difficulté avec leur proximité quand il leur faisait des câlins. Je lui ai demandé de me montrer. Il m'a prise de tout son long dans ses bras, a descendu les mains doucement jusqu'à la basse des reins et m'a donné de petites tapes sur les fesses. J'étais très mal à l'aise.
- Il sort majoritairement avec sa plus vieille, se mêle au groupe, et est un peu trop heureux à mon goût de me dire qu'il pense tomber dans l'oeil de certaines amies.
- Il a aujourd'hui fait un commentaire à sa cadette. Elle portait une salopette et un chandail, et sa mère, qui était sur place, a mal pris qu'il dise à sa fille que pour être vraiment sexy, il fallait qu'il n'y ait rien dessous la salopette.
- Il fantasme sur les "femmes enfant" (commun cependant...)
- Il fantasme également sur les belles-filles/belles-mères, et n'a pas fait de lien, mais apprécie de façon un peu trop évoluée me semble-t-il les fesses de son ancienne belle-fille de 17 ans...

Et de ce que je comprenne, autant la mère de ses filles que son ex femme (deux personnes différentes) ont émis des commentaires à ce sujet. Personnellement, la moitié de ce qu'il dit, je l'aurais vécu et j'aurais trouvé ça déplacé.

Est-ce moi ou....? Je sais que chaque cas est différent, mais y a-t-il une forme de norme de ce qui est généralement sain ou pas?

je sais que je suis très mal là-dedans. Je le ressens... comme une déviance, étrangement. Mais je peux complètement me tromper.

Il est très (trop même) à l'écoute de ce que je dis, et je peux être sincère avec lui sur ce sujet. Il a même ressenti le besoin d'appeler sa cadette pour s'excuser. Je sais donc qu'il est ouvert à se comprendre lui-même, autant que moi.

... des opinions?

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Dubreuil
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Re: Distance normale père-fille

Messagepar Dubreuil » 08 juil. 2018, 13:19

Un manipulateur qui n'a pas de respect pour la femme.
Un père incestueux.
Renseignements : http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
* Interventions non rémunérées sur ce forum - Aucune consultation par mail, ni internet.

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Dubreuil
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Re: Distance normale père-fille

Messagepar Dubreuil » 08 juil. 2018, 13:28

Les “climats incestueux”
Mais l’inceste ne se limite pas non plus à cette longue liste d’actes, car, à côté de l’inceste que l’on peut dire " avéré ", il existe tout ce que l’on a coutume de regrouper sous le terme de " climat incestueux ".
C’est-à-dire toute une série de comportements – gestes, attitudes, regards, etc. – qui provoquent chez l’enfant ou l’adolescent malaise et angoisse sans qu’il puisse vraiment situer les causes de son mal-être.
De ces " climats incestueux ", on pense souvent qu’ils sont " moins graves ". C’est une erreur : ils sont, en fait, extrêmement destructeurs. Leur caractère flou et imprécis les rend " sans limites ", sans contours définis. L’enfant, et plus tard l’adulte, ne peut donc pas dire : " On m’a fait ça " et se reconnaître, avec un sentiment de légitimité, victime. D’autant que, s’il interpelle l’adulte, celui-ci peut toujours nier : " Mais enfin tu rêves ! Qu’est-ce que tu vas chercher ? ", ou même lui " retourner le compliment " : " Tu as vraiment l’esprit mal placé ! "
De ce fait, ces " climats incestueux " se présentent toujours, en analyse, comme des pièges parfaitement verrouillés.
Comment les ouvrir ? En comprenant qu’un certain nombre de critères permettent de définir ces situations.

Une érotisation de la relation
Le premier de ces critères est celui de l’érotisation de la relation parents-enfants :
les sentiments qui les unissent ne sont pas chastes. Ils sont fortement teintés de sexualité. Et ce, sans que les uns et les autres en soient forcément conscients.
Cela peut être le fait de parents qui répètent, ainsi, une enfance dans laquelle l’interdit de l’inceste n’a pas été clairement posé. Ils savent consciemment que leur enfant ne peut être pour eux un objet sexuel mais, inconsciemment, ils l’ignorent ou le refusent.
*** Cela donne, par exemple, des pères dont l’attitude face à leur fille, ou leur fils est ambiguë. Le désir n’est pas totalement absent des regards qu’ils portent sur eux. Les baisers ont tendance à glisser de la joue à la bouche, les mains à s’attarder, etc.
*** Mais cela donne aussi bien des mères qui jouent les coquettes avec leur fils adolescent, essayant leurs robes devant lui et cherchant manifestement à provoquer chez lui une " admiration " qui les " narcissise ", qu’elles ne trouvent pas ou ne cherchent pas ailleurs.

De la même façon, on reste parfois dubitatif devant le récit de certaines " bagarres " entre pères et fils. Dans des familles où ce corps à corps quotidien et sans mots – " Ils se roulent tout le temps par terre tous les deux, ils adorent ça ! " dit la mère – n’est manifestement pas un jeu occasionnel, mais le seul mode de relations que pratiquent les deux protagonistes. On reste dubitatif, car on est fondé à se demander quels émois – peut-être éprouvés jadis à l’adolescence – le père recherche, inconsciemment, dans ces joutes qui sont, de toute façon, toujours érotiques pour un enfant. Tous les patients adultes qui racontent ce genre de souvenirs en témoignent.

Les " climats incestueux " se définissent également par une série de " non-séparations ".
Pour que l’interdit de l’inceste soit effectif, il faut, en effet, que le but de l’éducation donnée aux enfants soit leur sortie de la famille :
- " Quand tu seras grand, tu ne vivras plus avec nous. Tu auras une femme (ou un mari), une maison, un travail, etc. "
La mise en place de ce projet peut rencontrer des obstacles, car quitter sa famille – passer du " dedans " au " dehors " – implique qu’elle soit " quittable ", c’est-à-dire que le " dehors " n’ait pas été présenté comme si terrifiant qu’il soit impossible de l’affronter, et que l’on n’ait pas, en le rejoignant, l’impression que l’on détruit le " dedans " : les parents. De ce point de vue, ceux d’entre eux qui utilisent leurs enfants pour compenser les manques de leur vie rendent l’opération particulièrement difficile.

Mais pour effectuer le passage, il faut aussi que la façon dont il s’est structuré dans la famille donne à l’enfant la disposition de lui-même. C’est-à-dire lui permette de se sentir " un ", séparé des autres, " individualisé ", conscient de ses limites aussi bien corporelles que psychiques – " Je pense cela, je veux cela " –, reconnu et respecté comme tel par ses proches.
Un tel statut n’est pas possible dans toutes les familles.
Certaines, en effet, ne fonctionnent pas comme un groupe d’individus séparés, vivant ensemble – et ayant plaisir à le faire –, mais comme un magma compact où tout colle avec tout, où chacun n’est pas " lui ", mais un morceau – indéfini – de l’ensemble. Dans ces familles, les " non-séparations " sont repérables à plusieurs niveaux :

au niveau des corps :
comme dans cette famille de quatre personnes où il n’y avait dans la salle de bains que deux serviettes, dont l’utilisation était précisément réglementée. L’une devait servir pour le " haut " – le haut du corps – de tout le monde (parents et enfants). L’autre pour le " bas " – le bas du corps – également de tout le monde. Dans cette famille – où ni le manque de moyens ni le manque d’hygiène ne pouvaient expliquer cette particularité –, le collage des corps entre eux et la promiscuité des sexes étaient organisés… par serviettes interposées.

au niveau des intimités :
c’est le cas des familles où l’on ne ferme ni la porte des WC ni celle de la salle de bains. Tout peut être vu en permanence par tout le monde. Les sensations corporelles et la construction du sentiment de soi sont parasitées par cette intrusion permanente du regard. D’autant plus ravageante pour l’enfant qu’il la ressent toujours comme l’effet d’un désir de ces parents : " S’ils ne ferment pas les portes, c’est qu’ils ont du plaisir à me regarder et à ce que je les regarde. "
au niveau des têtes : lorsque les parents s’acharnent à vouloir tout savoir de leur enfant. Ils ne lui autorisent aucune " vie privée " : ils épient ses conversations, ouvrent son courrier, etc. L’enfant se trouve d’autant plus " possédé " – dans tous les sens du mot – par eux que, dans ce système, ne pas " tout dire " est assimilé à un mensonge.

la non-séparation des sexualités
Elle peut se faire par les mots, l’adulte faisant de l’enfant le confident de ses aventures, par exemple. Mais aussi par des actes quand l’enfant est (situation déjà évoquée) témoin – par les yeux ou les oreilles – de la sexualité de ses parents.
Et la situation est pour lui ravageante.
D’abord parce qu’il finit toujours par guetter ce qui se passe et s’en sent coupable. Et surtout parce que, utilisant ce qu’il voit ou entend pour sa propre sexualité – c’est souvent une source d’excitation avec laquelle il se masturbe –, il devient, à distance, le partenaire sexuel de ses parents.

à la non-différenciation des sexes
A côté de ces " non-séparations ", on trouve également, à l’origine des climats incestueux, une série de " non-différenciations " symboliques. Celles-ci peuvent concerner :
les générations, le passage de l’une à l’autre n’étant pas clairement situé. L’enfant voit, par exemple, sa grand-mère paternelle rivaliser avec sa mère à propos de son éducation ou de la décoration de la maison ; ou le père drague les petites amies de son fils, etc.

la place de chacun.
L’enfant dort avec l’un de ses parents pendant que l’autre est relégué sur le canapé, il participe à toutes les conversations d’adultes et, parfois même, régente la maison, etc.

les sexes :
l’adolescent utilise sa mère – qui l’accepte – comme confidente, " conseillère ", voire complice, de ses aventures sentimentales. La fille va acheter ses soutiens-gorge avec son père, sur ordre de maman… trop occupée pour l’accompagner, etc.

L’inceste – sous la forme, en tout cas, du " climat incestueux " – n’est donc pas le seul apanage de quelques monstres égarés. Des centaines d’hommes et de femmes témoignent tous les jours, en analyse, de la façon dont il est venu arrêter le cours de leur existence. Car l’inceste agit sur la vie de la même façon que le froid sur le sang : il la bloque, il la fige.
Pourquoi, néanmoins, le dit-on et, surtout, le sait-on si peu ? Parce que reconnaître cette douloureuse vérité impliquerait que l’on admette trois idées :
la " répétition " existe.
la sexualité infantile existe.
il n’est facile, pour aucun parent, de renoncer à la " possession " de son enfant.
Si l’on acceptait ces trois idées dérangeantes mais salutaires, ces trois idées héritées de l’enseignement de la psychanalyse, on serait sans doute plus à même de donner des repères aux parents et de protéger les enfants. Plus à même de mettre des limites au malheur.

Lorsque l'enfant provoque
L’enfant cherche toujours inconsciemment – et Freud le souligne – à érotiser sa relation aux adultes. Certains, par exemple, refusent de se laver seul, alors qu’ils savent le faire, parce que l’aide de maman sous la douche à valeur de caresse.
D'autres veulent reproduire les baisers, les scènes érotiques qu'ils ont vu à la télé, sur des vidéos « oubliées » par les parents ou amis.
D’autres multiplient les " câlins " au-delà du raisonnable en faisant, au besoin, croire à leurs mères culpabilisées qu’ils souffrent d’un manque d’affection. Et, bien sûr, jouent gagnants si la mère en a souffert elle-même dans son enfance, etc.
Cette érotisation de la relation n’a rien de pathologique : l’enfant a envie d’être " tout " pour l’adulte et de tirer de lui, comme de tout ce qui l’entoure, le plus de plaisir possible. Cela fait partie de son développement normal et il ne peut, seul, se mettre des limites. C’est aux adultes de le faire. S’ils ne le font pas, l’enfant devient maître du jeu et trouve tous les moyens pour parvenir à ses fins.
Renseignements : http://www.psychomotricienne-analyste-nice.fr
Qualifications : Psychologue clinicienne - Psychomotricienne
Spécialisations : Psychothérapeute en Scenario de santé C. Simonton contre le cancer et la maladie grave - Psychothérapeute en psychodrame de J.L. Moréno.
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