Mon baluchon

Pour parler de tout et de rien en dehors de la psychologie.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 10 avr. 2019, 01:36

La régression...

On me dit de laisser de la place à l'adulte en moi pour prendre soin de la petite fille... mais je m'en oppose...
Je voudrais que ça vienne des autres...
Comme si je voulais avoir une mère qui me protège.

On m'a redit ce qu'on me dit toujours quand je rentre dans une genre de régression... occupe toi en toute seule... et ça me remet avec ce qui me fait le plus mal au monde...

J'ai compris, en posant des questions, que je ne me fais pas d'illusion, je n'ai pas eu de parents adéquats...
Ma mère m'a mis en danger... parce qu'elle était une petite fille... et qu'elle n'aurait pas dû avoir d'enfant...

Je pense que j'aurais aimé mieux ne jamais avoir été au monde... personnellement...
De ne pas avoir été mis dans ce genre de contexte!

On me dit que j'ai tout en moi pour faire un cheminement même si ça va me prendre plusieurs années sûrement! C'est décourageant et encourageant à la fois...
J'ai en moi ce qu'il faut... mais je dois vouloir à l'intérieur de moi... et ce soir, je ne voulais plus... je voulais tellement que ça vienne de l'extérieur... et j'ai été en contact direct avec la souffrance du fait que j'étais seule... j'aurais crié... j'ai tout lancé dans ma chambre... qui pouvait pas se briser... mes coussins... tous mes draps dans mon lit... mes toutous... j'ai fait des choix... je ne me suis pas désorganisée totalement alors que j'aurais pu... je me serais ramassée à l'hôpital... mais non, après 1h de crise... ça l'a baissé...

Je suis plus calme là...
Mais je me sens vulnérable...

Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 11 avr. 2019, 18:41

J’ai besoin de favoriser un retour de ma perception de sécurité…
J'ai trouvé que c'était là où je pouvais changer les choses... C'est ça que j'ai l'impression que je peux avoir du contrôle...
Parce que je me sens insécure en ce moment, sûrement parce que c'est comme ça que je me sentais quand j'ai vécu mes traumatismes... Sans pouvoir rien vivre... Peut-être que c'est pour ça que ça m'envahie...
Je ne me sens pas en sécurité parce que mon cerveau m'amène à avoir des pensées très destructrices et que j'ai peur de mourir... Donc je veux vivre... C'est clair pour moi! Mais j'ai peur de régresser, perdre le contrôle et agir... Parce que c'est un cercle vicieux et si j'agis, pouf! Je me ramasse hospitalisée, et dans une situation de prise en charge... Où j'ai trop de bénéfices secondaires... Comme celui de retrouver un endroit calmant, apaisant, sécurisant... En le temps de le dire... Mais qui reste externe à moi... Et qui ne m'amène pas vers mes objectifs!!
Je ne me sens pas en sécurité parce que je me sens dans des enjeux relationnels avec les intervenants. Je trouve qu'ils ne prennent pas ma défense... Qu'ils acceptent que je sois celle qui doive être la grande fille encore... Depuis le fameux incident du chèque que mon père est venu porté, je sens qu'ils choisissent souvent le mauvais côté... Celui de l'injustice... Celui qui me remet en position de soumission ou de personne qui se fait abuser... Je suis conscience qu'il y a ici un enjeu de perception aussi... Mais c'est quand même comme ça que je me sens!!!

J'ai besoin de favoriser un retour de ma perception de sécurité...
Parce que j’ai l’impression que ce que je dis c’est que j’ai peur, que j’ai mal… J’ai l’impression d’avoir plongé dans mes blessures de petite fille… Mais de me rendre compte pour la première fois que j’ai vécu ce que j’ai vécu, ça n’a pas paru à ce moment-là parce que je ne pouvais pas m’exprimer (par survie), même si j’ai essayé d’envoyer des messages à ma façon… Et que l’amour maternel, celui qui vient sauver de manière inconditionnelle, celui qui berce et qui rassure (selon une perception idéalisée, j'en conçois!!)… Je ne l’aurai jamais… C’est un deuil que je sais que je devais faire, mais que j’étais bloquée parce que je me battais pour ne pas voir ce qui était arrivé… Je me battais pour sauver l’image de mes parents pour que ça soit plus tolérable… Mon travail en psychothérapie m’amène directement là… Dans la reconnaissance de ce que j’ai vécu… Dans la validation de ma souffrance, que non, ça ne faisait pas de sens, que oui, c’était injuste… Mais que maintenant, je dois utiliser toutes mes forces et mes qualités pour faire du chemin sur moi… Même si je trouve ça intolérable, que ça me frustre, que ça me fait peur…

Que ça me remet en contact avec la petite fille que j’étais… Qui ne pouvait pas crier!
Et maintenant, je peux le faire… Mais il n’y a pas plus quelqu’un… Comme j’aimerais qu’il y aille quelqu’un… J’ai plein de gens autour de moi qui veulent mon bien, qui croient en moi, et qui veulent m’aider à ce que je me répare… Mais personne ne va jouer le rôle de careing que je voudrais… Je dois faire avec ce que j’ai… Avec l’immense empathie/compassion que j’ai développé envers les autres, à force de sentir ce qu’ils vivent, de saisir rapidement les besoins… Comme j’ai pu faire auprès de ma mère… Je sais calmer rapidement… Je pense que je peux être maternante même… Alors il faut juste que mes défenses se tassent pour que je puisse être bienveillante envers moi… Mais je dois d’abord comprendre que ça ne viendra pas des autres…

Tant que je ne me remplis pas par moi-même… Je laisse de l’espace pour que l’autre puisse le faire au lieu de prendre toute la place… Je pense que j’attends ça en quelque part… Je pense que mes attentes sont irréalistes depuis longtemps… Mais que pour avoir accès à ça, je devais d’abord avoir accès aux souffrances que j’ai vécues…

Là, ça me frappe en plein visage…
Et je montre comme je peux que je trouve ça difficile… Que les émotions que je vis sont intolérables. Je me sens super impuissante car je ne trouve pas de solution immédiate… C’est peut-être parce qu’il n’y en a pas au final !! Je dois peut-être juste continuer de me lever le matin, de faire ce que j’ai à faire… Et d’espérer que dans 5 ans, mon état ira mieux… Mais ça veut dire qu’il faut que je tolère les mauvaises passes… Et que je constate qu’il y en a des belles et que la vie est franchement surprenante!

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Dubreuil
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Re: Mon baluchon

Messagepar Dubreuil » 11 avr. 2019, 23:15

[quote="Minijeune"]Bonsoir!!

J'ai un tas de trucs qui me chicottent...
Je pense au EMDR.
J'ai trouvé une travailleuse sociale formée en EMDR au Québec, près de chez moi. J'ai trouvé sa référence sur EMDR Canada... d'après ce site, il n'y a pas tant de professionnels que ça qui utilisent cette technique... est-ce que ça fait une différence si ce n'est pas une psychologue clinicienne qui utilise ce médium thérapeutique... est-ce que sa compréhension pourrait être différente de celle d'un psy?!... si jamais je freak out... est-elle qualifiée pour savoir quoi faire...
Est-ce que ça importe les études de la personne qui pratique et si oui, pourquoi emdr Canada la donnerait comme référence..??!

C'est la seule femme dans mon coin qui pratique l'EMDR... je ne suis pas à l'aise avec un homme... surtout pas s'il se place près de moi. Surtout pas si je finis par parler de traumatismes sexuels...
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre contre le cancer et la maladie grave )
Consultation privée ", signifie que vous pouvez faire un don au PSY, du montant que vous souhaitez. Merci.

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 12 avr. 2019, 00:31

Bonsoir!

Aujourd'hui, c'est une meilleure journée!
La raison? J'ai identifié des choses sur lesquelles je peux avoir un impact.
Depuis que j'ai trouvé des choses, je me sens moins souffrante. De là qu'on peut voir qu'une perception négative de quelque chose peut nous amener à tout voir en noir. Ce qui était intolérable pour moi, c'est cette sensation d'impuissance... Que je ne pouvais rien faire et qui n'amenait à avoir des idées noires... Parce que c'est intolérable de penser qu'il n'y a pas de solutions quand on est souffrant!!

Alors la mise en action apporte du positif.
Je choisis la vie, alors j'essaie des choses.

Je me suis placée dans la position de ma propre intervenante...
Si j'avais moi, en face de moi, et que je devais faire quelque chose pour m'aider, qu'est-ce que je ferais pour calmer toute cette intensité...?
Je suis arrivée à des pistes de solution, que j'ai abordées avec mes intervenants ici...
Je me suis fait un genre de plan d'intervention, en nommant comment ils pouvaient agir avec moi pour répondre à mes réels besoins... Pas ceux que je projette, pas les besoins relationnels parce que ce n'est pas là qu'ils pourront m'aider... S'ils tentent de me rassurer et qu'ils rentrent dans le carering relationnel... Je pense qu'ils dépassent des limites et qu'ensuite, tout est mêlant pour moi... Alors je leur ai nommé que j'avais besoin de constance et de cohérence... Et pas de proximité... Je n'ai pas besoin de quelqu'un comme ça s'il faut que je me comble par moi-même. C'est peut-être justement en utilisant mes différentes forces, comme je l'ai fait aujourd'hui, que j'arriverai à reprendre le dessus.

Pour le EMDR...
Vous avez raison!!
Vous savez, aujourd'hui, j'ai moins peur!
On dirait que la discussion que j'ai eu avec ma mère m'a éclairée...
Et je lui ai parlé encore aujourd'hui... pendant 1h09...

C'est qu'elle m'a demandé comment ça allait ma semaine.
Elle n'était pas vraiment capable d'entendre la vérité...
Je lui nommais que ça avait été difficile... Mais que ça allait aujourd'hui. Je lui ai dit que je trouvais que notre conversation avait été un peu percutante, mais que je m'en sortais...
Elle est défensive. Elle veut se sauver dans le portrait... Elle dit que je m'invente sûrement tout ça, elle dit que si je ne m'en souviens plus, c'est peut-être que ça n'est jamais arrivé... Elle pense que je suis comme ça parce que ma psychologue m'aurait peut-être rentré ça dans la tête...
Elle dit qu'elle a demandé à son médecin si c'était possible que je m'invente tout ça... Et elle tente de démentir ce que je lui ai dit la fin de semaine dernière... Que ce n'est pas vrai que sa propre situation, c'est propres souffrances, l'auraient empêché de voir les miennes...
Elle a remis en question les abus que mon amie du secondaire aurait vécu, celle avec qui j'étais devenue super fusionnelle... Sans trop savoir pourquoi!! Ses abus, ils étaient réels... Mais là, il fallait que rien ne le soit...

Je lui ai dit que j'aurais du mal à dénoncer, parce que je ne sens pas que ma famille est de mon côté...
Et elle me disait qu'elle m'aiderait à le faire, seulement si j'avais des souvenirs francs...

Et là, je lui ai dit que le mal était fait... Qu'il n'y avait plus rien à sauver...
En réalité, le mal, je l'ai en moi... Les symptômes, je les ai... Qu'il soit arrivé quelque chose ou que ça soit juste une histoire de promiscuité et d'inceste symbolique... Tout est réel, parce que mon état est réel...
Je lui ai dit que même si elle essayait de trouver toutes les raisons du monde pour se déculpabiliser... Pour que la réalité soit tolérable... Je me rendais compte que je n'avais plus d'image à sauver...

Elle m'a nommé que les parents se rendent compte des choses qui ne vont pas chez leurs enfants...
Et qu'ils veulent se battre... Qu'il y a de l'amour inconditionnel et que ce n'est pas vrai qu'elle pense à elle avant de penser à moi...
Pourtant, ma vérité à moi est à l'opposé de ce qu'elle dit...

J'ai joué un peu à la nouille sympathique...
Je lui ai demandé comment qu'elle pense que sa soeur aînée à tolérer les comportements de son mari, qui a abusé de ma mère... Ma mère était symboliquement la fille de sa soeur. C'est elle qui a élevé ma mère... Et pourtant, elle est la preuve réelle de quelqu'un qui n'a rien vu, alors que tout était clair... Marc a toujours eu les mains baladeuses... Auprès de ma mère, mais de plusieurs femmes aussi... Dont la conjointe de son fils aîné... Et ce que ma mère a vécu... C'était vrai... Alors comment elle expliquait que sa soeur ne se soit pas opposée... N'ait pas protégé ses enfants de cet homme... Ce que je comprends, c'est que ma mère ne peut pas voir, sans mettre sa propre soeur/ sa deuxième maman, en danger... Sans se sentir elle-même abandonnée, en plus d'avoir été abusée... Ça serait normal qu'elle soit fâchée contre sa soeur de ne pas avoir vu... De ne pas avoir protégé... Et là, elle m'a dit qu'elle n'a pas du voir... Et c'est drôle comment elle a été en silence... Quand j'ai dit qu'elle a fait le choix de ne pas voir... Quand tu as 4 enfants avec un homme... Quand tu as l'impression d'avoir une famille alors que tu n'en as pas eu... Bien je crois que tu peux fermer les yeux... Car de dénoncer et dévoiler la vérité apporte des pertes... Des pertes d'image... D'images réconfortantes... Même si rien de cela n'est vrai... Parce que ces fausses images apportent une impression que tout va bien... Et font en sorte qu'on n'ira jamais au-delà de l'image... Même si on est malheureux au fond...!! Ma mère ne peut pas voir ma réalité... Sans être confrontée à la sienne et à la violence que même celle qui devait remplacer sa mère a préféré voir les autres souffrir que d'agir pour protéger...

Et la roue tourne!!

Je pense que ma mère sait très bien où je m'en vais...
Elle sait... Je sais qu'elle sait...
Et je lui ai demandé si elle allait me supporter, même si ce que je découvrais était pour être vraiment intolérable...
Si tel était le cas...
Et ce qu'elle me conseillait si jamais je finissais par savoir... Faire comme elle a fait, pour éviter de faire mal à toute la famille...
Ou dénoncer.

Elle m'a nommé qu'elle accepterait ce que je ferais... Mais qu'il fallait encore que ce que je dise soit vrai...!
Et qu'elle n'embarquerait pas dans des suppositions...
Elle a fini par dire qu'elle espérait qu'on garde des liens positifs... Qu'elle avait peur de me perdre dans la balance... Qu'on coupe les ponts...
Qu'elle m'aime trop pour ça...

En fait, elle s'aime trop!!
Tout est clair...!!
Tout est enfin clair... Reste à voir si c'est supportable...
Et ce qui est clair, c'est que je dépasse nettement ma mère dans mon cheminement... Je vais défraîchir un chemin sur lequel personne n'est passé avant... Ma mère est invalide à cause de problèmes de dos... Ce n'est pas vrai que je vais prendre le même chemin qu'elle... De ne jamais faire face... Le mal est fait... Le mieux reste à venir...

Et je pense que je vais continuer mon cheminement...
Y aller en thérapie, y aller en EMDR...
Je ne sais clairement pas ce que je pourrais comprendre plus... C'est ça qui me faisait peur... Que je sois attaquée par la réalité...
Je suis réelle... Ce que je vis est réel...
Le EMDR pourrait m'aider à juste faire passer l'intensité émotionnelle... Pour aller mieux ensuite...
Et bien, je suis prête...
Je suis seule, mais je suis prête... Et j'ai moi, mon cerveau, mon côté adulte, mon côté rationnel, mon côté intervenante... Qui comprend et sait répondre aux besoins... Alors je suis prête à me remplir de moi-même!! Je doute encore un peu en fait... Le doute, c'est un ami... C'est ce qui fait que je suis humaine sûrement... Mais Go!!

Je viens d'appeler une psychologue formée en EMDR...
Je vais poser des questions... Je vais en poser à ma psychologue demain... Je vais voir les possibilités...

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Dubreuil
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Re: Mon baluchon

Messagepar Dubreuil » 12 avr. 2019, 00:38

Très bien.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre contre le cancer et la maladie grave )
Consultation privée ", signifie que vous pouvez faire un don au PSY, du montant que vous souhaitez. Merci.

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 12 avr. 2019, 21:59

Bonjour!

C'est étrange la vie...
Les forces qui surviennent de je ne sais trop où pour affronter des situations...

La semaine est terminée, et je me rends compte que j'ai passé à travers.
Je ne pensais pas y arriver pour dire vrai!
J'aurais cru que je me serais morcelée... Que j'aurais perdu le nord. J'aurais cru faire un passage à l'acte quelconque, parce que je ne tolérais plus ma souffrance... Et que je combattais des moulins à vents.

Le mal-être, il est en moi... Personne n'a de baguette magique pour me l'enlever.
La petite fille existe en moi... Et personne ne peut la bercer vraiment. Je me rends compte que j'ai des amies par exemple, qui m'aide à pouvoir recevoir de l'amour. Mais personne ne va jouer le rôle de ma maman...
Le vide, le manque, je dois les accepter. Je dois essayer de le remplir par moi-même... C'est la seule manière de ne pas être déçue par rapport à des attentes que je pourrais avoir envers les autres. C'est la seule manière de ne pas tout mettre en échec, ou me mettre dans des contextes de frustration intense... Recréant la douleur que j'ai vécu... Recréant des abandons, réels ou imaginés... À chaque fois que quelqu'un va me dire non, tu es une adulte, tu peux te prendre en charge.

J'ai vu ma psychologue ce matin.
Je me suis rendue compte que j'avais fait du chemin en une semaine...

La semaine dernière, j'étais mal...
Je crois que je suis encore mal, mais que je tolère parce que j'ai l'impression que j'ai juste laissé aller...
J'ai juste affronté mes peurs, et je me suis rendue compte que je sais ce qu'il s'est passé, à l'intérieur de moi.
Je doute, mais je sais... C'est étrange.

Ma psychologue semblait surprise de constater mon état.
Elle m'a dit qu'il y avait un clash entre le calme que je dégageais, autant physiquement que psychiquement, et toute l'intensité que je ressentais la semaine dernière... Je m'étais levée en faisant un cauchemar dans lequel je me faisais violer 6 fois... Je ne savais pas ce que j'allais pouvoir faire pour tolérer. J'avais peur... Et ces moulins à vent... C'était cette impression que le mal allait m'exploser au visage si j'allais questionner. Si je questionnais, c'était parce que j'étais prête à recevoir la réponse, aussi horrible qu'elle pouvait être.

Je ne sais pas si c'est plus horrible de se faire dire que oui, on a été conscient qu'il y a eu de l'abus, alors qu'il y en a eu... Ou de se faire dire qu'on n'a rien vu, qu'on n'a rien pu voir, et qu'on dépeint un portrait où tout a été parfait... En quelque part, je comprends les défenses, je comprends les maux, que ma mère a négligé mes besoins psychologiques... Et que mon père n'a pas mis les limites niveau sexualité... Et je comprends aussi, je suis hyper lucide, quand je vois que ma mère ne me protégera pas plus maintenant...

En quelque part, quand je lui ai parlé de mon cheminement hier...
Quand je lui disais que ma psychologue ne m'amenait pas des idées dans la tête... Que je décidais que je n'allais pas passer par le même chemin qu'elle... Quand je lui expliquais, calmement, et sans vraiment ressentir de peine ou de colère (un peu quand même, mais j'étais calme, réaliste), que j'allais aller là où elle n'était jamais allée... Que j'allais me détacher, et foncer dans cette thérapie que je fais, pour essayer de briser un pattern familial... Je lui disais un peu que mon niveau de compréhension était différent du sien... Que je ne l'attaquais pas... que j'étais juste en contact avec la réalité... Que je n'avais plus besoin de la sauver... De sauver son image, et que j'allais la dépasser psychologiquement... Et que c'était possible qu'on ne parle plus le même langage... Que c'était possible que ce chemin me fasse détacher d'eux... Elle a compris je pense... Que je disais qu'un jour, pour m'en sortir, j'allais couper les ponts... Ce qu'elle n'a pas eu le courage de faire avec sa mère... La laissant la détruire... la manipuler... Et ma mère se place encore en position de victime par rapport à tout ça...

La petite fille en dedans de moi est une victime...
Mais l'adulte en moi se refuse de l'être encore...

J'ai dit à ma psychologue, à la fin de la séance, que j'avais moins peur...
J'ai compris...
Et toute la séance... J'ai fait des lapsus...
Je ne comprenais plus rien...

En disant que ma mère m'avait parlé du fait qu'elle me laissait toute seule quand je faisais des crises d'anxiété, et qu'elle ne restait pas à côté de moi même quand je faisais de l'hyperventilation, j'ai dit de l'automutilation... au lieu d'hyperventilation... Et je me rends compte qu'il y a un lien intéressant à faire entre les deux... Et que petite, je pouvais bien me sentir abandonnée à travers tout ça...

Ensuite, j'ai dit quelque chose comme: Il n'y avait pas de mot qui me viennent dans la bouche...
Dans un contexte où on parlait de fellation, de mes souvenirs...
Et de mon questionnement si c'était moi qui provoquait et qui répondait au désir de mon père, si c'était ma faute, ou si je le faisais parce qu'on me le demandait... Consciemment ou pas. Me faire venir dans la bouche!!!

J'ai dit quelque chose comme que je restais sur ma faim, quand je parlais que j'étais insatisfaite quand je voyais que personne pouvait devenir ma maman... Ça fait un lien avec mon anorexie je trouve... Que je reste sur ma faim pour montrer que ça ne va pas... Qu'à 7 ans, j'aurais sûrement aimé que ma mère se rende compte de quelque chose... Me protège... Rester sur ma faim, c'est me défendre et crier comme je peux que ça ne va pas...

Et à la fin de la séance, j'ai dit que je ne savais pas trop comment j'avais toléré mon état... Mais que je ne m'étais pas ramassée à l'hôpital, parce que je savais qu'ils ne pouvaient pas plus répondre à mes besoins affectifs, même si je cherche tout le temps ça dans la prise en charge. Et je disais que j'allais être frustrée, après 48h, quand ils allaient me sortir de l'hôpital... et que par frustration, j'allais faire des "va et vient" (au lieu d'allée et venue) à l'urgence, comme j'ai déjà fait... Et j'ai répété... Entre-sort-entre-sort-entre-sort... Super vite... Et là... J'ai comme dit: coup donc!!! Ça va tu arrêter les espèces de lapsus à connotation sexuelle... Vraiment surprise...

Je ne contrôle rien de tout ça...
Ça provient sûrement de mon inconscient...

Ma psy m'a dit que ça paraissait que j'étais moins en train de combattre...
Que j'avais moins peur...
Et que c'est comme ça qu'on arrivera à travailler!!
J'imagine que c'est le traumatisme qui fait son chemin... Qui finit par être capable de sortir de moi...
Comme l'accouchement dont on parlait?!

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 17 avr. 2019, 04:13

Bonjour!
J'avais juste envie de vous dire que ça va!!
J'ai passé un beau week-end chez ma cousine. J'ai gardé les enfants!! Solène, la plus vieille, avait très hâte de me montrer plein de mouvements de danse et de gymnastique! Elle a du talent pour vrai!! Elle était toute fière!!

Ça me faisait penser à moi, quand je recevais la visite de mon oncle Jean qui était dans le Cirque du Soleil! C'était un invité spécial... et je voulais lui montrer mes chorégraphies sur la musique de Quidam!!

Ma cousine m'a donné un cadeau pour mes 30 ans.
Un bracelet avec des breloques. C'était cute. C'est symbolique. Une pour ma pierre de naissance, que je partage avec elle, une de papillon pour ma passion pour la danse, et une avec 5 coeurs, un pour chaque membre de leur famille!!

J'étais très touchée!
C'est le genre de cadeau qui me plait vraiment!!

Sinon, j'ai eu un retour d'appel pour la psychologue qui pratique le EMDR. Je me sens mal parce que j'en ai pas parlé avec mon équipe traitante... j'ai peur qu'on me dise que c'est une mauvaise idée. J'ai déjà beaucoup de gens autour de moi... et j'ai l'impression qu'on va me dire que j'essaie de m'éparpiller... j'ai peur que ma psychologue me dise que ça pourrait nuire au travail que je fais avec elle. J'ai peur de devoir dédoubler le travail... de me perdre entre qu'est-ce que je dis à qui, quand, comment?! Je sais que ça pourrait être très clair que la thérapie EMDR serait comme en appuie avec ce que je fais déjà... mais déjà que j'ai un suivi psychosocial, une psychologue, une psychiatre et le centre de crise qui me suit assez régulièrement aussi... surtout quand ça ne va pas du tout... bien est-ce qu'une autre psy ça pourrait être correct..?? Ça prend combien de sessions pour que ça fonctionne... est-ce que c'est possible de travailler en équipe?! Et que le rôle de chacun soit clair?!

Et pourquoi est-ce que je n'en pas parlé à ma psychologue... je dirais que c'était par manque de temps... j'y ai pensé à la fin de la rencontre... et déjà qu'on a dépassé de 2 minutes la rencontre... mais je voyais ma psychiatre ce matin, et je ne lui ai pas demandé son avis... ni à mon intervenante psychosociale lundi... alors c'est peut-être pas un hasard que j'oublie ou que je n'ai pas le temps... des actes manqués??!!

Je me sens plus forte, je sens que j'ai moins peur...
Mais l'EMDR est associé à du négatif dans ma vie... quand en 2012 je voyais une psy parce que j'étais en dépression... et que mon anxiété était décompensé... je faisais des crises d'anxiété à toutes les fois qu'on essayait d'en faire... alors je pense que j'ai fait une mauvaise association dans ma tête... et je sais que je devrai avoir confiance en la personne qui sera là devant moi, sans la connaître... et je ne sais pas si j'ai envie de prendre le temps et l'argent de prendre 5 séances pour raconter ce que ma psy sait déjà en fait...

Je me demande quoi faire...
Je me rends compte que j'ai peur de faire encore des crises d'anxiété à en vomir et me ramasser à faire un choc vagal... je n'aime pas me sentir comme ça...
C'est souffrant... et j'ai peur que la psychologue n'agisse pas comme elle le devrait... parce qu'elle ne me connait pas en fait...

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 18 avr. 2019, 04:41

Bonsoir!!
Si j'étais en France, j'aurais déjà 30 ans!!
C'est ma fête demain, mon entrée dans la trentaine!!
Une autre décénie!! Ça fait peur un peu on dirait. En même temps, il se passe quelque chose ces jours-ci! J'ai envie de vous raconter ma journée pour vous en témoigner!!

Ce matin, j'avais un rendez-vous téléphonique avec le centre de crise. J'avais envie de faire le même exercice que j'avais commencé par rapport aux interventions que je pensais qu'on devait privilégier avec moi... comme si je me plaçais en position d'intervenante face à la petite fille à l'intérieur... on a parlé pendabt plusieurs minutes! Je crois que ce qui est ressorti était très révélateur et très clair et que ça va les aider à intervenir auprès de moi en cas de besoin. J'étais fière de moi, de pouvoir expliquer, et de voir que le centre de crise prenait ma parole au sérieux. Ce que je pense et ce que je veux est important puisque dans une vision d'autodétermination, c'est moi qui est au centre de ma vie et qui doit prendre les décisions et me responsabiliser!

Ensuite, on est allé marcher avec les intervenants pendant 30 minutes. Il faisait vraiment beau aujourd'hui! J'ai pu parlé de trucs qui m'énervent, peut-être que je ne comprends pas, par rapport au côté gestionnaire à mon travail... mon boss est bon avec les chiffres. Je ne sais pas si c'est par manque d'intérêt ou parce que mon père est banquier... mais je déteste tout ce qui a un lien avec l'argent... puis il me parle de compétition pour des subventions... et ce n'est pas en lien avec mes valeurs... clairement pas!! Surtout qu'il me demande de garder des choses secrètes... sans pouvoir en parler à la maison où j'habite... car le milieu communautaire c'est très petit; surtout dans mon coin... c'est la première fois que je vois un conflit d'intérêt... je n'ai pas dévoilé le secret que je ne peux pas dire à mes intervenants... mais j'ai pu mentionner que je n'aimais pas la position dans laquelle il m'avait placé...

Sinon; cet après-midi, j'allais en ville dans un café pour rencontrer un gars qui faut du cirque social, qui viendrait animer avec nous notre fête de la famille. Je devais aller chercher les infos pour demain parce que j'ai une réunion de notre comité organisateur pour l'événement!

Je suis allée à l'Anticafé, un concept vraiment cool, bohème et communautaire... j'ai beaucoup aimé!!
Quand est arrivé le gars... je me suis sentie femme...
Le gars, physiquement, est vraiment de mon goût!! X 1000!! Il a enlevé son chandail pour être en camisole... et j'ai vraiment eu un crush... un gars actif, des beaux bras musclés... ça fait extrêmement longtemps que je ne me suis pas sentie comme ça... il était vraiment mon genre!! Même s'il est marginal, même s'il est d'une autre nationalité... j'aimais ce qu'il dégageait... pour vrai, j'étais un peu ennivrée par ce qu'il dégageait comme vibe!!

Et ça me questionne...
Je sais que c'est normal en quelque part..
Mais je me questionne si je me permets de me sentir comme ça avec les déclics qui se sont produits dans la dernière semaine... moi qui se croyait asexuelle... je peux vous dire que ce n'était pas du tout le cas aujourd'hui... dans le sens que j'ai ressenti du désir... chose que je pensais complètement éteinte...

Alors la vie est vraiment surprenante!!

Il m'a réécris suite à notre rencontre qu'il aimerait me revoir. On a parlé un peu de trucs qu'on aime et on a quelques points en commun!! J'ai toujours aimé le mode dr bie bohème... la vie est moins compliquée comme ça. J'aime qu'il gagne sa vie avec son art!! Je trouvait qu'il avait une belle âme!! J'ai senti ça en tout cas!!

J'avais envie de vous partager ça!!
Mais c'est fou... je suis sans mot... c'est normal je pense... mais j'ai du mal à comprendre. Est-ce que la marche que j'ai franchie en étant moins défensive et en acceptant pourrait tant que ça avoir un impact sur moi??!

Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 18 avr. 2019, 23:07

Bonjour!!
Je m'en vais faire du yoga avec une de mes meilleures amies pour ma fête, et ensuite, on va aller manger dans un restaurant asiatique, pour aller rejoindre une autre de mes meilleures amies!!

Je suis dans l'autobus!

Je passe une très belle journée jusqu'à date!
J'ai eu le droit à plein de petites attentions spéciales!
Ma stagiaire avait acheté des ballons gonflés à l'hélium et j'avais un beau bouquet sur mon bureau en arrivant au travail!! J'ai eu le droit à des beaux bonne fête de la part des gens qui me sont chers!! On a partagé un gâteau de fête sur l'heure du diner!!

Ensuite, j'ai pris du temps pour moi, pour me faire mes ongles! Puis j'ai pris 15 minutes avec mon intervenante psychosociale, juste pour le plaisir!! On a jasé de tout et de rien!!

Je suis en congé pour 4 jours!!

Bonne soirée

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Dubreuil
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Consultation privée

Re: Mon baluchon

Messagepar Dubreuil » 19 avr. 2019, 11:19

Et pourquoi est-ce que je n'en pas parlé à ma psychologue... je dirais que c'était par manque de temps... j'y ai pensé à la fin de la rencontre... et déjà qu'on a dépassé de 2 minutes la rencontre... mais je voyais ma psychiatre ce matin, et je ne lui ai pas demandé son avis... ni à mon intervenante psychosociale lundi... alors c'est peut-être pas un hasard que j'oublie ou que je n'ai pas le temps... des actes manqués??!!

Et si c'était parce que vous êtes une adulte libre de vos choix, qui vous assumez ( enfin ) tout simplement ?
Et si cela marquait pour la première fois une prise de confiance en vous, sans justification, sans dépendance infantile ?

Loin de toute perversion parentale, ou institutionnelle, qui sait ET DOIT SAVOIR mieux que vous ce dont vous avez besoin ?
Qui peut mieux que vous tester vos avancées et tirer profit de vos expériences PERSONNELLES, qu'elles soient négatives, mitigées, ou très positives ?
Vous ne vous " sortirez " des événements tragiques de votre histoire qu'en comprenant que vous êtes la seule personne au monde responsable de vos emprisonnements et de votre liberté.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre contre le cancer et la maladie grave )
Consultation privée ", signifie que vous pouvez faire un don au PSY, du montant que vous souhaitez. Merci.


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