Mon baluchon

Pour parler de tout et de rien en dehors de la psychologie.
Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 26 mai 2019, 15:56

Première nuit chez moi la nuit dernière!!
Sérieusement, je suis un peu épatée de comment j'arrive à déménager, à m'installer super rapidement.

Une journée et c'est fini!!
J'ai trouvé une place à chaque chose...
J'ai organisé mon super garde-robe... et une chance que je l'ai de l'espace parce qu'il est plein à craquer... mais il est organisé au moins!!
J'ai changé mes draps, pour les miens. J'ai aussi changé ma housse de couette. Je suis contente, je trouve que ma chambre est belle. C'est fou comment c'est drôle quand je place mes choses, aux endroits que je veux... et comment, tout d'un coup, l'appartement semble plus m'appartenir. J'ai besoin de ça pour me sentir bien! C'est tout!! Et je réponds à mes besoins!!

Alors j'ai bien dormi!!
Je me sens bien.
C'est chouette!

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Dubreuil
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Re: Mon baluchon

Messagepar Dubreuil » 27 mai 2019, 01:36

Bienvenue chez vous !
Qualifications professionnelles de DUBREUIL : - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse - DE de psychomotricité - EMDR - Groupes de psychodrame de Moréno - Méthode Simonton ( contre contre le cancer et la maladie grave )
Consultation privée ", signifie que vous pouvez faire un don au PSY, du montant que vous souhaitez. Merci.

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 28 mai 2019, 00:59

Journée plus en montagnes russes aujourd'hui!

Ce matin, je devais me rendre au travail, de 8h30 à 9h30 pour pouvoir donner des infos importantes à ma stagiaire qui a commencé à coordonner un projet. Je devais aller voir Mylène pour notre activité spéciale de fin de séjour. On devait aller dans un café céramic, un endroit où on peut peindre sur de la céramique, ils font cuire la pièce et ensuite, on peut l'utiliser comme on veut! Je voulais faire 2 autres petits bols pour de la crème glacée.

À 9h00, Mylène m'appelle pour me dire qu'elle ne sait pas si on allait pouvoir y aller à l'heure prévue parce qu'elle a une grosse intervention à faire. Je savais, que si elle me disait ça, ça voulait dire qu'il se passait quelque chose de grave. Au lieu de m'en foutre, j'avais besoin de voir ce qu'il se passait. Je m'inquiétais pour toute la gang, toute ma gang... je me disais que peut-être que quelqu'un n'allait pas bien... qu'il y avait une urgence... je crois que j'ai plus réagi que si j'avais été sur place, parce que je n'avais aucune idée, et aucun contrôle sur ce qu'il se passait... alors je suis allée me pointer là... j'étais déjà en mode panique 101.

J'arrive là-bas, la police est là... Sarah, la nouvelle, est en pleur... tous les intervenants sont sur le plancher. Mylène dit à Sarah qu'elle n'avait pas le choix... Sarah fait des allées et venues... je comprends qu'elle devra quitter.

Là, je voulais partir... je ne voulais pas la voir faire une crise. Surtout elle... je savais que j'allais me sentir fébrile... je voulais m'enfuir mais je ne pouvais pas retourner chez moi parce qu'ils mettaient du poison à fourmis dans mon appartement. Alors j'ai attendu dans ma chambre à la Maison XY. J'ai pris une medic pour me calmer, parce que je pensais faire un choc vagual... je n'étais vraiment pas bien.

Au final, je n'ai pas fait l'activité avec Mylène parce que ça s'est fini trop tard leur intervention, et je n'étais pas dans le mood rendu là.

J'ai ensuite reçu un courriel et on m'a dit que je pouvais retournee chez moi!
Je suis partie, et j'ai pu vraiment relaxer.

Je me suis rendue compte que j'étais peut-être mieux dans mes choses... que chez moi, je n'avais pas cette menace là extérieure... d'être entourrée de personnes qui vont mal, qui peuvent faire des crises... j'en ai vécu des choses... des situations qui font monter le stress de manière intense!! Ne plus être là, ça va sûrement être un facteur de protection en quelque part!!

Ça va mieux depuis que je suis de retour chez moi!!
Heureusement!!

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 28 mai 2019, 21:18

Pourquoi est-ce que ça m'appelle même si je sais que c'est toxique...?

Cette fille...
Ce n'est pas de l'amour... ce n'est pas un crush amoureux. Je ne ressens aucun désir sexuel envers elle... mais my god... ça m'appelle, en dedans de moi, comme si elle était une drogue et que je venais d'avoir une rechute... que j'y avais regoûté... à cette chose que j'ai du mal à décrire mais qui découle clairement d'une dépendance affective... la relation qui devient fusionnelle après un simple regard... une présence.

Elle s'est faite mettre dehors de la maison XY...
J'avais déjà une grosse réticence dès que je l'ai vu... parce que je savais. Et maintenant, le terrain est glissant!! C'est dangereux pour moi! Je le sais très bien... je pourrais me faire exploiter... je pense que j'aurais bien du mal à lui mettre des limites. Déjà qu'elle m'a ajouté sur facebook...

Je suis curieuse... j'aimerais savoir ce qu'elle a fait pour se faire mettre à la porte... qu'est-ce qui était assez grave pour qu'ils prennent cette décision. Je fais confiance en l'équipe... elle a dû faire quelque chose de grave!!

Mais moi, je n'ai pas besoin de ça...
Elle est rendu dans un shelter pour personne itinérante, avec son copain... elle me demande de faire des commissions pour elle.. j'ai refusé, avec tout le mal du monde... je pourrais simplement lui dire que je ne veux pas être son amie... que j'en ai des amies qui me sont chères... et qui sont adéquates... mais personne ne pourrait me comprendre comme elle me comprend...

C'est ce sentiment de solitude que je trouve difficile à vivre je pense... celui de me dire que personne ne comprend mon intensité... que personne ne comprend mes envies de tout foutre en l'air... sauf quelqu'un qui vit la même chose que moi...

Et je suis là, à partir en appartement...
Et la première chose que j'ai envie de faire... c'est de fusionner avec une fille qui est beaucoup plus poquée que moi, beaucoup plus instable... qui a des gros problèmes de comportement... juste parce que ça l'a réveillé cette parcelle de moi qui aurait envie de se rebeler...

J'ai fini de jouer à l'adolescente qui crie et qui s'oppose... je viens d'avoir 30 ans bordel!!

Je veux devenir une adulte...
Je veux que ça fonctionne...
D'avoir mon appartement. De prendre des bonnes décisions... mais quand il est temps de vraiment me mettre en action... de faire les choses comme une grande... me voilà en recherche d'adrénaline... je ne veux pas tout bousiller... alors je devrais être capable de tenir mon bout... le problème, c'est que j'ai un loup noir et un loup blanc à l'intérieur de moi... et celui qui va gagner... c'est celui que je vais le plus nourrir... ce sont mes choix qui vont faire en sorte que je vais faire gagner la partie adéquate... ou celle qui cherche le fuck...

Mais c'est difficile...
C'est la vie... je vais en revivre des affaires comme ça...
Comme si j'avais besoin de mon fix...
I need a fix cause I'm going down...

Je le sais...
Je sais tout ça...
Je suis lucide... je me connais... il ne faut juste pas que je tombe dans le piège. Il faut que je mette des limotes rapidement pour me protéger...

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 29 mai 2019, 13:20

Bon matin!!
Hier, j'ai fait gagner mon loup blanc finalement.
J'ai écrit à Sarah.
Je lui ai expliqué ce qu'il se passait pour moi et mon besoin de mettre des limites.
Du fait qu'on ne pourrait pas être amie.
Que nos chemins s'étaient croisés à la maison XY... mais que maintenant que les 2, on n'y habite plus, je ne voulais pas maintenir un lien avec elle...

J'ai trouvé ça difficile de le faire.
Elle l'a vu mais elle ne m'a pas répondu.
C'est pas grave. Je sais que le message est passé...
Je suis trop lucide pour retomber dans tous ces patterns là... je le vois maintenant... chose que je ne voyais pas avant. Je suis capable de me protéger. Je ne veux plus me mettre en danger pour que les autres se mobilisent pour me protéger. Je ne veux plus tomber dans un désir de prise en charge et tout faire pour que ça finisse par arriver.

Je peux faire des bons choix, même si je trouve ça difficile!

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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 30 mai 2019, 04:32

DELETE!!!
Voici ce que j'ai fait ce matin.
Je rencontrais mon intervenante de suivi ce matin, ma nouvelle, qui s'appelle Kathia. Ça fait 3 ou 4 fois que je la vois! C'était la première fois qu'elle venait chez moi par exemple!

Elle est gentille.
Mais elle dit ce qu'elle pense.
Et c'est correct!! Gentille, mais tout en maintenant sa limite professionnelle. Pas TROP gentille.

Bref!
Je lui ai parlé de Sarah. Du fait que je me sentais vraiment molle auprès d'elle. Que je savais que je devais agir pour me protéger mais qu'en même temps, j'étais appelée au plaisir de la décompensation... je me dis que normalement, décompenser, ça devrait être désagréable. Et ça l'est, parce que c'est souffrant. Mais je me questionne beaucoup ces derniers jours par rapport à ces mots: souffrance et plaisir, mélangés.
Ça fait bizarre, mais est-ce que je prends du plaisir à souffrir? À être délinquante? Est-ce qu'on a tous un peu ce côté là en nous, tous les êtres humains.

Et quand je mélange la sexualité à tout ça, et ma pauvre compréhension du développement psychosexuel, du mien plus particulièrement.

Je me questionne si ça n'a pas tout un lien.
Est-ce que Freud aurait dit de moi que mon genre de masochisme, ces envies destructrices qui reviennent, découlerait d'un besoin de plaisir sexuel ou de souffrances associées?! Je ne sais même pas si tout ça a un lien... mais il y avait en moi un grand désir, de ne faire qu'un avec Sarah, de fusionner.

Et quand je parle de fusion, la première grande relation fusionnelle que j'ai eu, avant Josée, avant Jeanne, avant Orphée... c'est avec ma mère!!! C'est un peu tout ce qui a fait exploser dans ma famille, quand à 16 ans j'ai décidé que je n'avais plus besoin d'elle, pour me retourner mlvers mes amis, comme toute adolescente, et sûrement toute la colère et l'interdiction qu'elle me communiquait quand j'ai fusionné avec quelqu'un d'autre, qui ressemblait à ma mère... une fille qui avait été abusée, une fille qui était TPL, une fille qui avait peu de confiance en elle et qui allait pouvoir m'utiliser, pour que je l'utilise en retour dans mon désir de devenir la sauveuse de toute et chacune... et d'avoir un certain statut... mais surtout de rendre l'autre dépendant de moi, pour que jamais elle ne parte... pour me sentir vivante.

Ma mère est partie quand même... mais elle finissait toujours par revenir vers moi.

Et on dirait que j'ai comme une illumination...
Et si les histoires d'abus, je ne les avais pas vraiment vécues... et si ce n'était qu'une translation relationnelle, de ma mère à moi... ou elle s'est peut-être juste mariée avec un abuseur, je sais pas!! Mais c'est comme s'il y avait reproduction d'un patern, que je continue à vouloir reproduire... c'est quand même drôle le mot reproduction... cela dit, en m'utilisant, ma mère abusait de moi, à sa manière...

Mais bon!!
Tout ça pour dire qu'en parlant de Sarah, j'ai nommé que je devais mettre mes limites, que je savais que je ne devais plus lui parler ou la revoir. Mais même si je le savais, je n'agissais pas... mais là, devant Kathia, j'ai agi... j'ai pris mon cell, je l'ai bloqué et deleté de messenger et de facebook. Cruellement comme ça... mais faire comme si elle n'avait existé va faire en sorte que je vais être moins en danger immédiat... mais ça n'enlève pas le problème. Je vais en parler avec ma psy demain! Je la vois jeudi cette semaine, dans le bureau du 2e étage, pas celui habituel, parce que vendredi, je la vois normalement, mais là, j'ai une formation de RCR et premiers soins obligatoire pour mon travail!! Donc vu que je voulais avoir mon rendez-vous quand même, on l'a juste devancé un peu!!

Bonne nuit!!

Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 02 juin 2019, 19:02

Bonjour!!
Hier, j'ai reçu pour la première fois des amis à mon appartement!! On a cuisiné ensemble des mets mexicains et végés!! C'était vraiment bon!!

J'ai aimé pouvoir inviter des gens comme ça chez moi!
Ça faisait depuis que j'habitais à la Maison XY que je n'avais pas pu faire ça! Ce fut vraiment agréable!!

Je ne m'ennuie pas trop de la Maison...
Un peu des gens avec qui j'habitais. Un peu des intervenants. Mais en général, ça va bien!!

Je n'ai pas vraiment trop de choses à dire on dirait ces temps-ci. Serait-ce parce que ma vie est plus calme?? On dirait que j'aime raconter ce que je vis, ce qui m'arrive...
Mais là, je n'ai pas tant de mésaventures, même s'il se passe plein de trucs quand même! C'est juste que c'est plus normal... c'est moins sensationnaliste... est-ce que j'ai l'impression d'être moins en vie...? Que ma vie est plate...? Peut-être... étrangement. Mais est-ce que j'aime ce calme, oui!! Pour l'instant en tout cas!!

Je sais qu'il y aura toujours une petite voix en dedans de moi qui va vouloir me pousser vers la déchéance mais je crois que je vais m'en sortir, une petite décision à la fois!

Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 03 juin 2019, 18:52

J'ai toujours trouvé les départs et les transitions difficiles! Depuis que je suis vraiment jeune!

Aujourd'hui, je ressens beaucoup d'anxiété.
Premièrement, j'ai bu un café glacé ce matin.
Je n'aurais pas dû.
Je bois un café à tous les matins! Ça se passe normalement très bien mais je sais que de boire du café, c'est de se prédisposer à l'anxiété puisque c'est un stimulant du système nerveux central.

Résultat, mon coeur bat vite, je n'ai pas de salive dans la bouche, je respire très mal, j'ai un drôle de feeling sur ma langue et je passe mon temps aux toilettes!! Ça me tient depuis ce matin... ça fait près de 4h que je suis dans cet état là.

J'étais au travail ce matin. J'ai essayé de me concentrer sur la tâche mais j'ai trouvé ça difficile. Je suis partie 30 minutes plus tôt.

Qu'est-ce qu'il se passe au juste?
J'ai mon activité de fin de suivi avec Mylène cet après-midi. On va aller faire de la peinture sur céramique. Je veux me faire deux autres petits bols colorés pour la crême glacée. J'en ai déjà fait 2 autres il y a 2 semaines avec ma stagiaire. J'avais hâte de faire l'activité avec Mylène, mais ça veut dire du même coup que c'est vraiment la fin, et ça, j'ai comme de la difficulté à me l'imaginer vraiment!! J'ai de la peine en fait. Je sais que je vais m'ennuyer. Je l'aimais beaucoup Mylène mais là, ce n'est plus mon intervenante!! Je dois faire avec!! Je dois l'accepter et voir tous les côtés positifs de mon déménagement!!

En même temps, j'ai fait des rêves très agités cette nuit. Encore des rêves de dissociation dans lesquels je me réveille et je suis toute trempe. Je sue...
Là, j'ai encore rêvé que je perdais un bout.
J'étais dans un party pour fêter la fin de mes études... puis on faisait une croisière d'un soir... j'arrivais à la soirée, j'étais toute prête... puis pouf, gros black out. Je me réveillais le lendemain sans avoir aucun souvenir de ce qui venait de se produire... je cherchais à avoir des photos de la soirée, à ce qu'on me raconte ce qui s'était passé... et pourquoi je n'avais pas accès à cette partie là de mon esprit... et dans ce temps là, je pleure... et je panique, en disant que je veux contacter ma psychiatre, je veux aller à l'hôpital parce que c'est anormal tout ça. Le problème c'est que ça m'est vraiment déjà arrivé de dissocier à ce point, à ne plus avoir de repères temporels, ne plus savoir ce qu'il s'était produit... et c'est très paniquant!

Il faut dire que j'ai trouvé la soirée hier assez difficile.
J'avais un souper de famille pour la fête des pères en avance parce que mes parents partent en Grèce jeudi prochain et qu'ils ne seront pas ici pour la fête des pères. Premièrement, mon père est vraiment bête ces temps ci, il n'est pas de bonne humeur. Ma mère, elle, est comme à son habitude, quoique un peu plus décompensée. Ma soeur vient d'emménager chez mes parents pour une vingtaine de jours vu qu'elle part en voyage 6 mois en Asie à la fin du mois... il y a des grosses affaires qui se passent avec mes parents... mais surtout ma mère et son problème de dos.

Ma mère est présentement en arrêt de travail (comme d'habitude) à cause de son problème fantôme de dos et de jambes... ma mère a vu son medecin la semaine dernière, qui voulait la déclarer invalide à cause de ses chances de rechutes, même si elle va mieux en ce moment. Le problème c'est que si ma mère devient invalide, elle va perdre son lien d'emploi et les 5 prochaines années de cumul pour son fond de pension pour sa retraite. Ça équivaut à beaucoup de sous. Ma mère aurait souhaité pouvoir prendre sa retraite maintenant... mais elle ne peut pas. En fait, elle est un peu profiteuse parce qu'elle veut que les bénéfices... elle veut ne pas travailler tout en gardant son lien d'emploi... donc avoir les sous mais sans faire la job associée... puis là, mon père est frustré contre ma mère, parce que s'ils perdent de l'argent pour la retraite, ce sont ses projets à lui aussi qui tombent à l'eau... c'est mon père qui gagne le plus de sous... puis il m'a dit qu'il n'accepterait pas de perdre tout ça... donc il souhaite que ma mère se prenne en charge et qu'elle retourne travailler. En disant qu'elle a les capacités... parce que la réalité c'est qu'elle les a...

Parce que je pense que ce qui fait qu'elle tombe toujours en arrêt de travail, ce n'est pas son dos... c'est sa gestion de ses relations et de ses émotions... elle est toujours en conflit avec tout le monde... tout le temps en lien avec ses limitations physiques... c'est que les gens se rendent compte que tout est contradictoire dans son cas... elle dit qu'il y a plein de choses qu'elle.ne.peut pas faire... les médecins aussi... mais elle les fait quand même, une fois sur deux... et l'autre fois, elle dit qu'elle.ne peut pas les faire... tout en choisissant ce qui lui apporte le.plus de gains! Ou ses collègues ne comprennent pas qu'elle ne peut pas faire la vaisselle parce qu'elle ne peut pas être debout trop longtemps...mais elle part en voyage tous les ans... des voyages dans lesquels elle marche à journée longue...!!?? Alors ils lui passent des commentaires et elle crie au harcèlement psychologique... quand elle perd son statut de victime... elle tombe en arrêt de travail... et elle reproduit ce pattern depuis tellement longtemps... même si elle change de milieu, ça recommence!!

Et la scène hier...
Le stress est là... il y a beaucoup de départs, de changements. Je me rends compte que je ne suis pas la seule fragile dans tout ça... mes parents apprennent qu'ils ont un changement d'avion et de places dans la nouvelle avion. Ma mère appelle au service à la clientèle en faisant une crise, en disant qu'elle est à mobilité réduite et qu'elle exige se faire transférer en première classe ou de ravoir les sièges qu'elle voulait... mon père disait en arrière qu'elle n'avait pas de mobilités réduites (ma mère voulait une chaise roulante pour entrer dans l'avion... parce qu'elle dit qu'elle ne peut pas attendre... mais elle va visiter la Grèce en marchant pendant trois semaines... le seul avantage qu'elle a... c'est l'attention qu'elle va recevoir, et le fait qu'elle va entrer avant tout le monde pour aller s'asseoir!)...

Ensuite, ma mère se met à se plaindre qu'elle a mal au dos... mais vraiment... mais elle se met à compulser dans le ménage du frigo. Ces maux de dos stressent tout le monde... justement, pour le voyage. Si elle part et qu'elle est en crise, ça va ruiner le voyage à tout le monde... mais elle se plaint mais elle ne fait rien pour avoir moins mal... elle ne s'arrête pas de compulser... et de vouloir tout contrôler. Elle finit par se mettre de la glace dans le dos... et par aller se coucher dans sa chambre... comme s'il fallait être à son chevet. Puis ensuite, elle s'est mise à dire plein de commentaires anxieux à ma soeur... gebre des directives par rapport à leur condo... comment elle veut que ma soeur place ou range ou fasse les choses pendant que mes parents seront en voyage... et sérieux, s'en était ridicule parce que c'était toute des choses super logiques... mais elle était en mode contrôle.

Moi, ce que j'ai vécu, c'est de la colère contre ma mère...
De chialer... de dire qu'elle souffrait, sans rien faire... en continuant de faire des choses et de ne pas se reposer... elle ne faisait rien pour aller mieux... alors je me suis mise à rire d'elle... de ce qu'elle disait... de comment elle agissait. Ça l'a fâchée, c'est certain... mais je ne savais pas comment réagir. Ensuite, elle finitpar se plaindre qu'on rit d'elle.

Dans le fond...
Je sais ce qu'il se passe...
Elle réagit parce que c'est le départ de ma soeur pour 6 mois. Elle va être stressée... puis vu qu'ils partent en voyage avant... les aurevoirs vont se passer avant jeudi... et je pense qu'elle n'est pas capable...

La pomme ne tombe pas loin de l'arbre.
Mais ce sont toutes ces émotions qui sont somatisées et qu'elle agit...

Minijeune
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Re: Mon baluchon

Messagepar Minijeune » 15 juin 2019, 20:05

Salut (ancienne psychiatre),
Ça fait un bout de temps que j’ai envie de t’écrire, mais je ne sais pas trop comment communiquer avec toi tout en étant adéquate. J’ai pensé t’appeler, mais je sais que tu dois être débordée au plus haut point. J’ai pensé t’envoyer cette lettre par Facebook, parce que c’est rapide, mais je ne veux pas non plus que tu sentes que je m’émisse dans ta vie privée. Loin de là mon intention est de te faire la vie dure, ou de te mettre dans une position où tu serais mal à l’aise… Tu sais que je te souhaite vraiment tout le meilleur du monde. Tu as été une personne de référence pour moi, quelqu’un qui a été présente dans des périodes très difficiles de ma vie. Mais en faisant beaucoup de travail sur moi, je re-questionne quelques trucs qui se sont passés… Qui ont même été traumatiques à un certain point. Et c’est de ça que j’avais envie de te parler. Je dois, en quelque part, te communiquer tout ça pour pouvoir avancer. Et ça ne change pas l’image vraiment que j’ai de toi… C’est juste que je vis vraiment beaucoup de colère, j’ai besoin de comprendre, ou de saisir ce qu’il s’est passé en moi à ce moment-là. Il en reste que l’idée de t’écrire revient de moi. Personne ne m’a encouragé à le faire, ni ma psychologue, ni ma psychiatre, ni mes intervenants. C’est juste moi, qui en ressentais le besoin.

Bon, une fois que la table est installée… J’espère que tu vas comprendre un peu ce qui se dégage de ma lettre. En même temps, je n’ai pas besoin d’échanger avec toi de tout ça. Donc ce n’est pas un genre d’appel à l’aide ou une tentative de rentrer en relation avec toi, du genre que je n’ai pas envie de ça nous parte dans des échanges sans fin. En tout cas!! Je vais finir par y arriver.

Je suis mélangée dans mes années… On dirait que je ne peux pas te revenir avec une date précise. Je sais que j’étais dans la ville X. Je sais que j’étais à la ressource d'hébergement à ce moment-là, pour mon deuxième court hébergement. Je sais que c’est durant l’année que tu avais prise en charge mon dossier, comme au mois de mars, après l’été… Ou quelque chose du genre. C’est sur cette fameuse fois, où j’étais à l’urgence psychiatrique, où je testais les limites x 1000… Sûrement parce que je savais que je ne pouvais pas rester longtemps à la ressource et que je faisais déjà de l’anticipation… Et que fidèle à moi-même, je voulais tout bousiller avant mon départ, qui était prévu en mai. J’essayais de recommencer à étudier en danse, tranquillement, en m’entraînant avec les filles… Mais ma recherche qu’une prise en charge provienne de l’extérieur était vraiment grande. Tellement grande que je sais que je pouvais mettre en scène des situations autour de moi, pour me sentir dans un petit cocon… À l’hôpital.

La situation à laquelle je fais référence, c’est ce matin-là, quand tu es venue à ma rencontre à l’urgence, et que tu m’as confronté avec Dr X. Je revis souvent cette scène en flash-back dans ma tête, assez souvent. Vous êtes les deux… Vous me confrontez en me disant que j’ai un trouble factice… Que c’est impossible, avec mes forces, ma compréhension de la psychologie et de la psychiatrie, que j’aille un autre trouble de santé mentale. Vous me dites que je raconte du n’importe quoi au sujet de mon père pour avoir de l’attention et me renforcer dans mon rôle de malade. Tu me dis que tu as vu mon père et que rien ne t’a laissé croire que j’avais pu être dans une dynamique d’abus. Qu’il n’a pas le profil type pour être un abuseur. Dr X me dit que si j’avais été dans un autre pays, mon père aurait pu être accusé et condamné à la peine de mort. Tu me dis que si c’est vraiment la réalité, que mon père aurait pu abuser de moi de manière sexuelle ou autre, j’allais devoir le confronter dans une rencontre familiale avec toi, tout dévoiler mes souvenirs. Que si je ne voulais pas affronter tout ça, c’est parce que ce n’était pas vrai… Et que ça allait prouver du même coup que j’étais atteinte d’un trouble factice… Bref, en quelque part, on me disait qu’on ne me croyait pas… J’étais toute seule, avec 2 psychiatres…?!? Je n’avais aucun pouvoir sur rien… Si je disais que je n’étais pas en accord, on allait me dire que c’était une caractéristique des personnes qui ont ce trouble-là de nier… De vouloir changer de psychiatre, de vouloir changer de traitement. Tu m’as mis une restriction au niveau de la pharmacie pour que je ne puisse pas me faire prescrire de médicament par aucune autre personne. Alors que je ne faisais pas ça, aller me faire prescrire de la médication par les autres… C’est arrivé dans des contextes de transitions, où je n’avais plus de médecin traitant, ni d’hôpital vraiment en référence… Mais pas quand j’avais un psychiatre d’assigné.

Et je me revois encore, dans ma tête, ne plus avoir d’issus… Je me sentais terriblement piégée. Je ne voulais pas briser ma famille et parler de mes souvenirs par rapport à mon père, j’avais déjà détruit ma famille assez comme ça, je me sentais déjà assez coupable comme ça. Je ne pouvais pas causer d’autres dommages collatéraux. Et de toute façon, qui allait me croire, si mon propre médecin ne me croyait pas.

Et tu sais, au point de vu clinique, je comprends quand même pourquoi vous en êtes arrivés à vouloir me poser ce diagnostic. Je ne suis pas psychiatre, mais d’après ce que je connaissais du trouble, il y a quand même des trucs dans lesquels je me reconnaissais… Tout comme je peux me reconnaître dans la majorité des troubles et des critères diagnostiques… De là la raison que j’ai toujours l’impression d’être encore plus folle que ce que je suis et que j’ai souvent un grand besoin de réassurance quand j’arrive en disant que je crois être bipolaire, ou d’avoir des symptômes psychotiques… Ou quand je suis en recherche de contrôle, ou de sensations fortes et que je me mets dans des positions un peu impossibles. Et je comprends aussi que la valorisation de mon rôle de malade est un grand point à considérer. En quelque part, je suis consciente qu’avec les années, mon identité de fille TPL, ou de fille anxieuse, ou de petite fille qui avait arrêté de manger à 7 ans, m’ont permis d’avoir une certaine attention. J’ai eu du monde autour de moi qui ont voulu m’aider, qui m’ont apprécié… Et qui m’ont aimé à une certaine mesure… Si tu savais comment pour moi c’était addictif… Comme si j’avais enfin ce que j’ai toujours voulu avoir… Mais en étant dans un cercle vicieux assez intense. Parce que oui j’avais des craving d’hospitalisation. Oui de me rendre à l’urgence, ça me faisait vivre des sensations fortes tout en m’apportant un effet d’apaisement instantané… Oui ça me déresponsabilisait… Non ce n’était pas positif et oui il fallait trouver un moyen que ça cesse… Mais je ne suis pas certaine, avec du recul, que vous vous en êtes pris de la bonne façon…

Et la suite de la scène me tourne encore dans la tête… Vous ne demandez d’attendre à l’extérieur, vous vous parlez… Et en sortant, vous me dites que vous allez me garder encore une journée… Et me réévaluer le lendemain… On me demande de retourner dans ma salle d’isolement… Tu sors du bureau et il me pogne une idée de te suivre et de te crier : Valérie, j’avais confiance en toi, t’es vraiment conne… Avant de me ramasser en petit bonhomme, en pleurant… Puis de me ramasser contentionnée… Attachée au lit dans ma salle d’isolement.

Bref, je n’étais pas bien… Et après, je me suis remise en question… Avec des souvenirs francs par rapport à certaines situations avec mon père, et des souvenirs flous de flash-back par rapport à d’autres situations. Ça m’a pris tellement de temps avant d’avoir été capable de ré-aborder tous mes questionnements avec des professionnels… J’avais l’impression que personne n’allait me comprendre, ou me croire.

Ça fait maintenant plus de 2 ans que je suis en thérapie avec une psychologue dans ma nouvelle ville. Ça fait un peu plus d’un an que je peux dire que je travaille vraiment sur moi. Il y a eu un déclic, quand je suis revenue du Nord. Je me suis dit que je voulais vraiment travailler sur la source de mes difficultés, pour miser sur ma vie d’adulte… Pour grandir. Je disais souvent que je voulais essayer des chemins différents pour en arriver à des résultats différents. Et je peux dire que ça l’a fonctionné! J’ai eu l’impression de reculer, mais pour vraiment pouvoir me permettre d’avancer pour vrai, en abordant les vrais enjeux. J’ai compris vraiment plusieurs choses… Et j’avance!! Pour vrai, j’ai recommencé à travailler dans une Maison de la Famille. Je m’occupe des cocos de 6 à 12 ans. Et j’aime vraiment ce que je fais. C’est encore dans le domaine de l’intervention mais c’est déjà moins confrontant que lorsque j’intervenais auprès de jeunes qui me ressemblaient plus que ce que je pouvais le croire. Je suis rendue en appartement supervisé… C’est un appartement autonome mais avec un suivi une fois par semaine. On y va une marche à la fois. Je veux apprendre à tolérer le vide et la solitude. Je considérais que j’avais fait assez de progrès pour aller là. Ce n’est pas toujours facile, mais j’arrive à rester fonctionnelle malgré les hauts et les bas qui risquent d’être toujours présents dans ma vie. J’ai une vie relationnelle qui me convient, des amis qui sont très importants pour moi. Je me rends compte que les moments passés avec eux sont bien plus positifs que ceux que je passais à l’urgence, pour en fait, essayer d’en retirer pas mal la même chose… Mon suivi avec Dre P. se déroule bien aussi. J’ai un suivi avec une éducatrice à l’externe aussi qui m’aide beaucoup. Elle agit comme personne pivot et sérieusement, je crois que ça répond vraiment à mes besoins. On mise sur ma vie de jeune femme, comme tu le disais si bien. La grande différence c’est que c’est moi qui désire me bâtir une vie qui répond à mes attentes… Au lieu de vouloir toujours répondre aux attentes de tout le monde. Pour plaire!! Cette motivation, qui vient de moi… Ce désir d’arrêter de tout détruire dans ma vie provient d’un objectif que je me suis moi-même posé. J’ai décidé que c’était assez…. J’ai eu de l’aide pour que je puisse concrétiser le tout. C’était ma décision!!

J’ai toujours su que tu as vraiment voulu m’aider!! Pour vrai, quand tu étais ma psychiatre, j’ai toujours senti que tu croyais en moi, ou que tu intervenais dans le meilleur intérêt de ma personne. Mais vous n’aviez pas raison dans ce que vous avez dit par rapport au fait que je disais des mensonges. Et même si ça avait été fantasmé… Et que ça n’avait pas été réel… Je considère que vous n’auriez pas dû me dire tout ça, comme ça… Ok, je comprends l’idée de confronter le patient pour faire bouger les choses. Mais vous n’aviez pas raison… Et je voulais me faire aimer par vous… J’aurais acquiescé n’importe quoi que vous auriez dit, juste parce que vous représentiez la personne en autorité sur moi… Le bon parent… Le médecin qui veut aider/aimer son patient… Et que j’avais envie de répondre à vos demandes conscientes ou inconscientes, de vous faire dire que vous aviez raison et de vous valoriser par rapport à votre jugement clinique a toujours été une tactique qui a fonctionné pour moi… Pour faire sentir que l’autre est bon, et de m’assurer que l’autre ne me lâchera pas… Et l’autre… C’était toi. Anyway, j’avais l’impression que plus j’allais me débattre contre votre idée, plus vous alliez dire que c’est ce que j’avais! Et en quelque part, j’ai préféré dire aux gens que j’avais un trouble factice que de dire que j’avais été abusée… psychologiquement, sexuellement… Dans un contexte de normalité, où j’étais asymptomatique dans l’image de petite famille parfaite qu’on véhiculait… Mais où il se passait de nombreuses choses qui ne faisaient pas de sens, de manière cachée… Mais j’étais intelligente, j’étais débrouillarde, j’étais bonne dans tout ce que j’entreprenais et j’étais très mature pour mon âge. Alors mis à part d’arrêter de manger ou d’avoir fait de multiples crises d’anxiété pendant toute mon enfance… Qui pouvait réellement voir?!


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