Mon baluchon

Pour parler de tout et de rien en dehors de la psychologie.
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour!
On s'en retourne tranquillement mais sûrement vers un confinement au Québec. C'est un peu difficile à accepter. Tout le monde est découragé... tout le monde comprend et sait à quoi s'attendre... l'ayant vécu pendant 3 mois... et on dirait que c'est ça qui fait en sorte que c'est décourageant...

Au travail, on retombe en mode adaptation... adaptation des services, adaptation de notre programmation. On annule tout ce qui implique un rassemblement, sauf pour les services enfance-jeunesse. Les jeunes peuvent continuer l'école, donc on continue a leur offrir des services, ce qui a un impact sur moi et ma gang d'animateurs. De continuer à devoir rentrer travailler et de ne pas être juste en télétravail, c'est pour moi, un avantage! En fait, ça brise le sentiment d'isolement, ressenti x 1000... je suis quand même chanceuse d'avoir passé la moitié du premier confinement, collé à une famille... le choc a plus été vécu pour moi au mois de mai, quand j'ai dû retourner chez moi... mais je me sens vraiment choyée d'avoir pu vivre les premières grosses annonces, les premiers changements à notre quotidien, sans avoir été isolée... c'était aussi con que de se promener au supermarché et de voir les allées vides... ou de voir que le coût de l'essence était ridiculement bas... de voir les aires de jeux au parc barricadées... de sentir la méfiance envers les autres... réagir à chaque fois qu'on entendait quelqu'un tousser ou éternuer... comme s'ils étaient des dangers potentiels... c'est fou, le sentiment de survie face à la menace... cette impossibilité d'avoir des contacts physiques avec les autres... juste des câlins... juste une poignée de main ou faire la bise à ceux qu'on aime... tout est devenu froid... puis les choses sont revenus à la presque normale... peu a peu...

Au début, on réagissait à voir les gens se promener avec des masques dans le visage... et tout d'un coup, les réactions se sont transformées... ceux qui n'en porte pas étaient pointés du doigt...

Et l'anxiété, le découragement des gens est palpable!
J'ai l'impression qu'il va y avoir plusieurs personnes en post-trauma, une fois que la situation va se calmer... si elle se calme un jour! Sinon, ce sera un nouveau mode de vie... mais je ne suis pas prête à me dire qu'on va vivre comme ça à vitam éternam... on va y aller une vague à la fois... et on va croire en la résilience de l'être humain... et à sa capacité d'adptation.

Sinon, pour ma part, je suis quand même bien. J'ai eu une grosse journée au travail mardi... mais j'ai passé à travers et j'essaie de tolérer le fait que j'ai l'impression que la direction ne m'aime pas et n'aime pas le travail que je fais. J'ai encore cette impression qu'il n'y a rien que je fais qui est adéquat... et c'est vraiment difficile pour moi de décoder mes patronnes... c'est étrange parce que c'est quelque chose que je trouve facile a faire normalement... mais là, c'est le néant!!

Je suis heureuse point de vu santé financière... parce que c'est une des premières fois que je suis capable de me mettre des sous de côté... depuis 2015! Le fait d'avoir un bon salaire, c'est quand même intéressant! Mais je sais qu'on ne peut pas juste se baser sur un salaire pour être bien dans un emploi.
Sinon, j'étais vraiment heureuse... j'ai reçu un message du centre national de danse thérapie des grands ballets canadiens! C'était la responsable qui m'approchait pour savoir si je voulais travailler pour le CNDT comme intervenante ou comme prof de danse adaptée auprès de la clientèle! C'est mon emploi de rêve!! Depuis toujours!! Alors j'étais super contente qu'elle m'approche en plus! Je suis contente de voir que de faire du bénévolat là-bas, ça m'a ouvert des portes...

On verra ce qu'il va se passer!
Carpe Diem!!

Aujourd'hui, j'ai mon dernier rv officiel avec ma psychiatre. Je sais que je vais trouver ça triste. Mais je pense que ça va aller. Au pire, je vais pleurer et me sentir abandonnée parce qu'elle s'en va... mais je vais survivre!! Je pense que le processus de deuil est très bien entamé... ça ne veut pas dire que je ne vivrai pas d'émotion... mais ca veut dire que je crois que je vais être capable de passer au travers!
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Je viens vous écrire avec un grand sentiment de fierté qui m'habite!
Je reviens de mon dernier rendez-vous avec Dre Picard, la psychiatre qui m'était assignée en majeure partie depuis 2014. Dre Picard était une psychiatre qui travaillait à l'hôpital de mon quartier, se spécialisant en trouble de personnalité limite. Elle m'avait été assignée à un moment où j'étais très réfractaire au traitement... en fait, je m'opposais aux limites qu'on me mettait, en m'interdisant la prise en charge hospitalière et en me renvoyant chez moi après 24 à 48 heures. Elle m'a expliqué, il y a longtemps, que de rester à l'hôpital, ça avait cet effet pervers de me faire régresser. Mais malgré ça, elle restait présente, accueillante, mais elle gardait cette même constance... elle me disait que l'hôpital était toujours ouvert si j'avais besoin, que si j'étais en crise, je pouvais revenir... mais que j'allais rester le temps que la crise se calmerait, et je retournerais chez moi par la suite. Les premières années, je retournais à l'hôpital à presque toutes les semaines. Je faisais des in et out de l'hôpital... ce n'était pas fructueux, mais au moins, en testant le système, j'ai appris à le connaître... j'ai appris à saisir les failles... sachant comment je pourrais revenir, de meilleure façon...

Quand j'ai appris que ma psychiatre quittait, à la fin août... j'ai vraiment réagi... j'ai réagi parce que c'était une figure maternelle pour moi... Dre Picard, l'hôpital... et en fait, tout le processus qui pouvait m'amener vers elle à l'unité d'hospitalisation brève... et la voir, m'apaiser... c'était comme ma maman institutionnelle... je voulais m'y rendre, je devais aller mal pour les faire exister. Mais tout ça parle de mon manque affectif intense! Tout ça parle du fait que je n'ai pas eu de parents adéquats... et que ça ne me dérangeait pas de me faire violence, de détruire ma vie, si ça faisait en sorte que je pouvais aller chercher un sentiment de réassurance... qui me comblait dans le fond! Il comblait la partie de la petite fille en moi. Mais de rester là, ça me faisait faire du surplace... à passer tant de temps que ça à vouloir être petite, je gaspillais mon temps et mon énergie à ne pas vouloir grandir... tout ça à cause du bénéfice secondaire... j'étais tellement destructive et j'avais besoin de passer par là je pense. Et je remercie beaucoup ma thérapeute qui m'accompagne depuis 3 ans et demi, parce que j'avais besoin de réparer des choses en moi avant d'être en mesure d'accepter que je n'avais pas eu de parents adéquats... et que personne n'allait remplacer mes parents... que je devais trouver ça au fond de moi, je devais le construire en moi... accepter mon trouble de personnalité, mon trouble d'attachement, mes blessures, mes traumatismes... mais aussi mes forces et mes capacités.

Je suis donc arrivée à mon rendez-vous, et je me sentais bien. Je me sentais sereine. Je lui avais finalement écrit une belle carte... mais j'avais un message qui était vraiment important à lui transmettre. À notre rendez-vous précédent, elle avait exploré le fait que mon médecin de famille pouvait devenir mon médecin traitant et qu'elle n'allait pas transférer mon dossier à un autre psychiatre. Et pour moi, ça avait fini par faire beaucoup de sens.

Ça faisait du sens pour moi parce que j'étais quand même consciente des bénéfices secondaires, et aurtout jusqu'où je savais que j'étais capable de me rendre pour faire exister cette maman institutionnelle... ce sentiment que allait me garder dans un environnement sécuritaire, comme si l'unité fermée devenait le ventre d'une mère... et que je n'étais en sécurité que lorsque je m'y trouvais... sachant très bien comment ça se passait, la routine était comme le coeur que j'entendais battre dans le ventre de ma mère... du connu apaisant!

Je crois que dans les dernières semaines, j'ai même été capable de voir le départ de ma psychiatre, et cette proposition... comme si c'était la preuve qu'elle était vraiment bienveillante. J'ai tenté de lui expliquer que c'est ce que j'avais toujours souhaité de mes propres parents... qu'ils se rendent compte qu'ils me faisaient mal, qu'ils n'étaient pas positifs pour moi... et qu'ils me laissent aller... voler de mes propres ailes. Que l'idée d'exister pour eux, l'idée de se sentir renforcée dans un rôle, les bénéfices qu'ils allaient chercher, alors qu'ils m'éteignaient à petit feu... ne me permettant pas de me développer, devenir l'adulte que je voulais devenir, était moins importante que celle de faire ce qu'il fallait faire pour mon bien-être... la plus belle preuve d'amour pour moi, c'est que quelqu'un soit capable d'oublier ses propres bénéfices secondaires, et de faire un move par amour de l'autre, plus que par amour de soi ou de ce qu'on représente... je ne sais pas si c'est clair! Mais bon, j'ai dit a ma psychiatre que le fait qu'elle pensait qu'il serait bon pour moi de cesser mon suivi en psychiatrie... c'était comme la preuve qu'elle était une bonne "maman" pour vrai... on dirait que c'est plus ça que je garde en tête que le fait qu'elle soit partie... le sentiment d'abandon!

Et c'est tellement étrange! Parce que la plus grande façon qu'on m'a abandonné dans ma vie,que ce soit mes parents ou autre... c'est en restant auprès de moi... c'est toujours ça que j'aurais aimé... pas que mes parents me rejettent formellement... mais qu'ils acceptent le moment où j'allais vouloir partir, sans me retenir!

Quand j'ai nommé ça à ma psychiatre... elle m'a demandé si je voulais qu'on ferme officiellement mon dossier en psychiatrie... et j'étais tellement émue... et elle aussi. Elle m'a dit qu'elle savait que j'étais capable de comprendre bien des choses avec ma tête, mais que c'était la première fois qu'elle sentait que j'étais au même endroit dans ma tête et dans mon coeur en même temps.

Elle s'est remise en question... je voyais dans sa tête qu'elle se disait qu'elle avait peut-être mal agi avec moi... en me gardant en suivi.. mais je n'avais pas envie d'aller là... et je lui ai dit. J'aurais réagi avec toute mon intensité si elle avait mis fin à notre suivi alors qu'elle serait restée à l'hôpital... je serais devenue complètement folle sûrement... j'aurais voulu la revoir et j'aurais trouvé un moyen d'y accéder... j'avais besoin que ça vienne de moi. D'un moment où j'allais être prête de sortir du ventre et d'affronter la vie.

Je suis revenue sur des moments importants dans ma vie... comme le fait de m'être ramassée en ressource intermédiaire... que je ne lui en voulais pas d'avoir pris cette décision là... parce que c'est de me rendre là qui m'a fait comprendre que ce n'était pas ce que je voulais pour ma vie. Ou d'aller à la maison xy, c'était ma décision... j'avis tellement perdu de trucs... je voulais me reconstruire, et ça m'a aidé aussi même si le départ de la ressource m'avait désorgnisé...

Mais j'étais rendue là. Son départ m'a juste permis de prendre cette décision. Et je sais en dedans de moi que c'est la bonne!

On était sûrement belle à voir... les deux, les yeux dans l'eau! J'étais fière de moi, de me dire que j'était rendue là... je n'avais plus de suivi psychiatrique!! C'était fini! J'étais la dernière patiente qu'elle a vu... et j'espère qu'elle sera la dernière psychiatre que je verrai! Bref, c'était un moment fort! Moment fort de ma vie!

Je me sens comme le génie dans Aladdin qui finit par être libéré à la fin du film... je me sens libre! Je ne sais pas pourquoi j'irais me pointer a l'urgence... et vivre vraiment beaucoup de violence institutionnelle!!

Alors 1 octobre 2020 voudra dire vraiment plus que la dernière fois que j'ai vu Dre Picard! Je suis sortie de là super fière de moi!! Plus que triste à cause de son depart!
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonsoir,
Je reviens du travail! Je travaillais en après-midi et en soirée aujourd'hui.

Ce matin, je voyais ma psychologue, comme d'habitude, les vendredis matins. J'avais vraiment hâte de lui raconter mes tumultueuses aventures de la veille... de mon rendez-vous avec Dre Picard.

Comment je me sentais... je me sentais rayonnante. Pour vrai, I was glowing... j'aurais pu être une étoile et briller de milles feux... je sentais comme si j'avais un aura... plein d'énergie qui sortait de moi. Mais je crois que c'était positif, quoique peut-être un peu intense.

Mais je nommais que j'étais fière de moi. J'ai nommé qu'on avait fermé mon dossier en psychiatrie. J'ai redit ce que j'avais dit à Dre Picard, ce qui avait été répété mille fois dans mon cerveau pour que ça prenne son sens. Pour que je veuille que ça vienne de moi... pour que je veuille contrôler peut-être...

Et c'est impressionnant comment j'ai choisi de voir la situation de cet angle là, d'en voir une opportunité de me libérer d'un systène qui m'alimentait... et c'est le cas de le dire, vers la régression... peu importe la façon comment j'aimerais percevoir Dre Picard... comme une femme bienveillante, comme une bonne maman... parce qu'elle est sortie de cet environnement là... parce qu'elle a vu le non sens... et que même si elle est partie en me laissant derrière, j'ai compris en quelque part qu'elle était humaine, qu'elle était peut-être même malheureuse de faire parti de tout ça...

Je constate que j'ai besoin de la sauver... dans toutes mes interprétations, mes scénarios... j'ai besoin de la sauver dans ma tête, dans l'estime que j'ai pour elle. Et je n'ai pas envie d'aller creuser pourquoi maintenant... parce que si je la vois juste d'une manière fantastique et merveilleuse... sans voir peut-être le dark side... parce que tout le monde est habité par un yin et un yang... c'est que c'est un peu défensif... et que j'ai besoin de cela pour survivre à la situation.

En la sauvant dans mon esprit, ça m'empêche de la voir comme une autre personne qui m'aura finalement abandonné... comme une personne qui a fait parti de la perversion... qui décidait de continuer d'exister pour moi, malgré le fait que son existence me faisait rester dans cette gamique... on dirait que j'ai eu besoin de me dire, de lui dire, qu'elle n'avait pas commis une erreur avec moi.

Elle s'en allait là... c'est ce qu'elle allait me dire... je sentais qu'elle allait me dire qu'elle aurait dû s'en aller de mon dossier bien avant... et dans ma tête, ça n'aurait pas fonctionné... j'aurais paniqué ma vie en sachant trop bien comment pouvoir la retrouver... mais c'est questionnant... elle disparaît de la carte... j'ai littéralement explosé... à n'en avoir aucune limite... quand j'ai fugué de l'urgence cette fois là, et que j'ai fini par me faire attacher... ce que je voulais faire, c'était de me ramasser près d'elle... la course que j'ai fait... je ne l'ai pas fait pour sortir dehors et me lancer devant une voiture... je l'ai fait pour monter des étages, me ramasser au 4e étage... je me voyais faire un scène dans son unité... lui péter un câble solide... mais je me suis arrêtée dans la cage d'escalier... parce que je ne voulais pas ça... je ne voulais pas lui faire vivre ça... je lui aurais crié toute la colère que j'avais contre elle à ce moment là... ce sentiment de trahison... elle m'avait dit qu'elle resterait là... et elle quittait... elle m'avait dit de lui faire confiance, qu'elle ne m'abandonnerait pas... mais finalement, elle a choisi de quitter l'hôpital, de déménager loin...

Mais m'a-t-elle vraiment abandonné... si je pense à ma vision que le réel abandon que j'ai vécu, c'est de ne pas m'avoir laissé partir quand j'étais prête à le faire... en allant bien pendant 9 mois, un peu sans m'en rendre compte, c'est ça que je prouvais... et j'ai été vraiment surprise quand j'ai vu qu'on me faisait confiance et qu'on ne voulait plus reculer et m'offrir une intensité de services que j'avais auparavant... mais je me suis braquée complètement... je me suis opposée parce que j'avais l'impression qu'on m'avait berné... on m'avait fait croire que je pouvais aller mieux, et qu'on resterait présent pour moi quand même... mais c'était un stratagème pour pouvoir partir en courant... et c'est ça qui m'a dérangé... le fait que je sentais que les services voulait juste ne plus être disponibles... pas pour moi, dans mon intérêt, mais leur intérêts à eux... parce que si c'était dans mon propre intérêt, ils auraient compris que j'étais intelligente et ils m'auraient amené vers la piste que c'est moi qui suis capable de comprendre et de prendre les décisions que j'ai besoin de prendre... pour mon bien-être... parce que je grandis et non parce que je subis les décisions des autres... mais aussi l'honneur qui vient avec tout ça...

C'était quand même simple quand j'y pense..
Je ressentais le besoin d'avoir une maman remplaçante... une illusion... le temps de faire un cheminement, des deuils... puis un jour, cette personne, représentant une institution au complet, a quitté...

Et suite à ma réaction à l'annonce de son départ, je me suis dit, que pour me protéger, j'avais besoin de ne pas reproduire ce genre de relation avec personne d'autre... du moins, personne qui aurait un rôle comme celui là dans ma vie... je veux créer des relations vraies, avec des gens qui n'auront pas des rôles professionnels dans ma vie...

Un peu comme lorsque mes antennes s'allument quand je sens que quelqu'un vibre sur les mêmes cordes que moi, niveau affectif. Une personne avec des fragilités qui me font décompenser avec l'autre... ça l'a autant d'impacts négatifs sur moi qu'un psychiatre envers qui je projette une relation maternelle... les deux m'amènent à un endroit en dedans de moi où me détruire et rester une enfant est relié à du plaisir ou à un sentiment d'apaisement... même si je suis consciente que je suis dans la destruction et que c'est mauvais pour moi.

Bref! Je sais que Dre Picard est partie parce qu'elle vivait des trucs et qu'elle avait besoin de changement. Qu'elle était en quête de sens, peut-être un peu de la même manière que je cherche un sens à la vie et aux événements. Le fait d'accepter son départ et de ne pas vouloir la remplacer... ça la laisse à cet endroit de prédilection dans ma tête, ça me protège... de moi-même surtout!

Et dans son regard... dans ce qui vibrait cet après-midi là... c'était ça... on savait, les deux, que ce qui arrivait était le mieux pour moi... et que de le constater, c'était un grand moment pour moi... et que ça arrivait comme ça parce que j'étais prête... parce que les circonstances étaient ainsi... et parce qu'on savait bien que c'était la meilleure façon qu'elle pouvait se retirer de ma vie... même si je sais qu'elle n'est pas parti en se disant que sa motivation était que je chemine... mais puisqu'elle partait pour des raisons extérieures à moi... j'ai pu lui pardonner... surement plus que si elle était restée à l'hôpital et qu'elle avait juste voulu me mettre des limites... aussi bienveillantes soient-elles.

Alors qui sauve qui... qui sauve quoi?
C'était juste un beau moment... je me faisais un cadeau... je lui faisais un cadeau aussi, de pouvoir vivre ça comme ça avec elle... avec tellement de confiance et une certitude que ça irait bien! Je me dis que je me ferai pas chier en allant à l'hôpital et en vivant de la violence x 1000... de monde qui ne comprend rien au TPL et qui nous traite comme de la merde. Je n'ai plus rien à aller chercher là... et il faut que ça reste comme ça... et je ne fais pas confiance au système... la perversion me mettra assurément, sur mon chemin, des tentations ou d'autres spécialistes qui vont vouloir exister et avoir une fonction dans ce monde en me voyant comme une malade qui a besoin de soins et qui ne peut pas vivre sns eux... donc la meilleure manière de me protéger, c'est en m'éloignant le plus possible de tout ça... sachant que je pourrais avoir une faiblesse et retomber dans cet environnement qui me fera régresser encore.
Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 16190
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Mon baluchon

Message par Dubreuil »

" Je me dis que je me ferai pas chier en allant à l'hôpital et en vivant de la violence x 1000... de monde qui ne comprend rien au TPL et qui nous traite comme de la merde.
Je n'ai plus rien à aller chercher là... et il faut que ça reste comme ça... et je ne fais pas confiance au système...
la perversion me mettra assurément, sur mon chemin, des tentations ou d'autres spécialistes qui vont vouloir exister et avoir une fonction dans ce monde - et qui souhaiteront me voir - comme une malade qui a besoin de soins et qui ne peut pas vivre sans eux...
donc la meilleure manière de me protéger, c'est en m'éloignant le plus possible de tout ça... "
Bienvenue, Minijeune, bienvenue dans votre identité, dans votre vie à vous.
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pour les internautes désireux(ses) de bénéficier d'une thérapie en HYPNOSE HUMANISTE, via internet, voici les coordonnés d'une professionnelle que je recommande : Mme Glise Annabel : 06 61 80 53 18.
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Merci!
Pour l'instant, ça va bien dans ma vie à moi...
Dans mon identité!
C'est un peu intense à dire comme ça...
C'est un peu comique le fait que j'aille un trouble de personnalité... avec une identité diffuse... mais que peut-être que je n'ai jamais développé ma propre identité... est-ce qu'un moment donné, l'identité peut se fixer? Dans le développement d'une personnalité, l'identité arrive à quel moment...? on dirait que je viens de me détacher des jupes de ma maman... peut-être que je vais m'en aller vers un prochain stade du développement...

Cette semaine, il s'est passé quelque chose d'autre de beau! La responsable du centre national de danse thérapir des grands ballets canadiens, m'a demandé si je voulais lui envoyer mon cv et quel genre de clientèles avec lesquelles j'aimerais travailler et collaborer comme intervenante en danse thérapie/ danse adaptée. J'ai pris le temps d'envoyer mon cv et faire une belle lettre de motivation, décrivant mon emploi de rêve pour le CNDT! Elle m'a répondu que ma lettre l'avait convaincu... qu'il n'y avait pas ce genre de projet dans l'air pour le moment mais c'est sûr qu'elle me ferait signe si ça arrivait! J'ai lancé d'autres choses dans l'univers! Ça serait la belle vie! Qui sait!!

On dirait que la seule chose qui me stresse en ce moment, c'est la peur du vide. J'ai peur de me mettre a commencer à me sentir vide et vouloir essayer de combler le vide avec tout et n'importe quoi!

Espérer, c'est avoir une partie de vide...
C'est ne pas avoir quelque chose qu'on souhaiterait avoir... mais il faut le tolérer ce vide là! Pour vouloir mieux... n'est-ce pas un peu ce que j'ai accepté jeudi...? Que le manque que j'ai soit vraiment un vide en moi, sans que je le comble d'une certaine façon...
Dubreuil
Psychologue clinicien
Messages : 16190
Inscription : 03 août 2012, 17:28

Re: Mon baluchon

Message par Dubreuil »

" A l’intérieur de la cour deux ombres avançaient, elle reconnut le violoncelle et son musicien. Celui-ci vint plaquer son dos contre l'arbre, juste au-dessous d'elle, il appuya le violoncelle contre son corps, et sans lever la tête demanda :
- Bel ange, à part accompagner les fous de votre voix céleste, que faites-vous tapi dans les feuillages ?
- Je lisse mes ailes, et m’accroche pour ne pas tomber.
- Vous ne devriez pas user vos ailes aux nuits de cet asile, rejoignez plutôt vos collègues au paradis.
- La nuit le paradis est vide.
- On croit qu’il est vide, mais la nuit tous les anges sont gris.
- C’est quand ils restent au paradis qu’ils sont gris, à cause de la poussière.
- Vous ne faites jamais le ménage là-haut ?
- Seulement quand les anges sont gris.
Les cris avaient cessé.
Il demanda :
- Et les autres anges, où sont-ils ?
- Au chevet des hommes, à veiller sur leurs rêves malades.
- Dieu merci je suis vide, pas le moindre petit rêve souffreteux !
- A chacun son vide, musicien, chacun l’espace de ses possibles rêves.
- Cela vous va bien, bel ange, de parler haut perché du vide où je suis tombé !
- Bienheureux mortel expulsé dans le vide, te voilà libre de ton espace, nul autre que toi ne peut désormais s’en emparer."

" - L’ange ne vient pas parler à l’homme, mais questionner son désir.
- Je suis vide.
- C’est que le désir est en marche.
- Et selon vous, que devrais-je faire ?
- Tout entier lancé dans le vide, vous laisser aller.
- C’est trop risqué !
- C’est le risque à prendre pour vous sauver.
- Je veux une garantie.
- Vous aurez du rien.
- Du rien... comment ça, du rien ?
- Vous aurez du rien, pour avancer.
Un sourire avait cédé :
- Merci, c’est vraiment trop !
- Donner du rien, c’est faire place au désir de l’autre, ne pas rêver, penser, ni agir à sa place.
- Ne pas l’aider quoi, juste l’accompagner au bord du vide pour le regarder tomber !
- Donner du rien, c’est vous offrir du vide pour vous trouver. "
Qualifications professionnelles de DUBREUIL :
DE de psychomotricité - Master 2 de Psychopathologie clinique - DU de psychanalyse
*** Pour les internautes désireux(ses) de bénéficier d'une thérapie en HYPNOSE HUMANISTE, via internet, voici les coordonnés d'une professionnelle que je recommande : Mme Glise Annabel : 06 61 80 53 18.
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
J'ai passé une vraiment belle semaine.
Ça l'a vraiment fait du bien de passer une semaine comme ça!

Raisons pour lesquelles ça s'est bien déroulé, j'en ai décidé ainsi je crois. En fait, je suis sur une vague positive depuis mon dernier rv avec Dre Picard. On dirait que je n'ai plus envie de dire MA psychiatre, MON tpl... j'ai envie de me détacher de tout ça... l'espèce de sentiment d'avoir vécu un moment fort, une genre de révélation, avec un sentiment que je vais y arriver... est quand même intense. Mais c'est un intense qui fait du bien. C'est un intense dans le positif.

Et qu'est-ce que j'ai fait de spécial pour que ça reste comme ça... on dirait que je n'ai pas vraiment rien fait, mis à part peut-être avoir choisi que j'allais être bien. Que je n'allais pas crouler sous la solitude. J'ai travaillé. Je me suis sentie bien dans mes tâches. J'ai senti que je m'accomplissais, que je guidais bien ma nouvelle équipe d'animateur. Que malgré la pandémie, ça se déroulait bien à la maison des jeunes. C'est comme si j'avais rendu concrètes des idées que j'avais en tête... mis sur pied des outils pour aider mes employés. J'ai senti que j'avais le vent dans les voiles. J'ai eu une rencontre bilan avec la direction. Ça s'est bien passé. On dirait que j'ai compris que si j'avais des arguments, je pouvais faire valloir mes points. Je pense qu'elles apprécient la préparation et on dirait que ça l'a prouvé que j'étais en contrôle, chose que je n'ai pas sentie depuis un bon bout de temps au travail... je me sentais tout le temps décalée... comme si je ne faisais jamais rien de bon aux yeux de mes patronnes. J'ai pu aborder le sujet avec elles... pour vrai, elles ne sont pas vraiment capable de se remettre en question. Elles m'ont répondu qu'il n'y avait rien qui avait changé dans leur attitude entre la rencontre d'aujourd'hui et les autres fois. En fait, je crois que ce qui me dérange, c'est leur manque d'humanisme... comme peut-être qu'elles n'ont pas changé... mais ont-elles remarqué que ce qu'elles m'ont dit ne m'a pas rentrer dedans... ont-elles remarqué que j'étais plus heureuse. Que leur ouverture était différente... en fait, peut-être qu'elle n'était pas différente et c'est juste moi qui était mieux et plus solide. Ça se pourrait... je ne sais pas. J'ai été capable de leur nommer que j'avais passé un été difficile. Que je ne me sentais pas en équilibre et que j'avais l'impression qu'ils allaient vouloir me mettre à la porte à cause de la fragilité de ma santé mentale. Je me suis sentie bonne d'être capable de nommer ça, qu'il y a plusieurs entreprises qui voulaient juste jeter aux vidanges les employés compliqués... et qu'en quelque part, j'avais le feeling qu'on relatait mes mauvais coups pour se monter un dossier pour finir par me renvoyer... mais j'avais envie qu'on voit autre chose en moi. Je suis anxieuse, mais je suis fonceuse et résiliente et on peut me faire confiance que tout ce que je veux, c'est le mieux pour le service. C'est comme si je voulais qu'on voit toutes mes bonnes intentions... qu'on comprenne comment j'ai rushé... et comment elles ont pu être rushantes et non aidntes pour moi. J'ai nommé que j'avais besoin de feedback positif, que ça me nourrissait... ce qu'elles m'ont répondu, c'est qu'il y en avait... mais peut-être que c'était moi qui ne le voyait pas... je ne sais pas!

Cette semaine, j'ai reçu le montant de plus sur ma paye dû à mon augmentation de salaire... ça l'a fait du bien au moral aussi!!

Sinon, mon intervenante du suivi variable de l'hôpital était en vacances cette semaine. Mais mis à part m'ennuyer d'avoir quelqu'un avec qui parlé au parc, je ne m'ennuyais pas vraiment d'elle... je n'ai pas ressenti le besoin d'avoir un suivi juste pour ne pas changer ma routine.

J'ai fait de la popotte. J'ai cuisiné un bon potage d'automne avec des courges... j'ai fait des muffins aux pommes. Les couleurs changent dans les arbres... c'est un temps de l'année que j'aime vraiment beaucoup.

J'ai été seule à mon retour du travail... et je ne me suis pas sentie souffrante d'être seule. J'ai écouté la télé, j'ai fait des casse-têtes... je suis allée marcher.

Votre texte sur le vide m'a beaucoup parlé aussi.

Alors bon, je reste dans le ici et maintenant... je viens de tomber en week-end de 4 jours. C'est la première fois que je suis contente d'avoir des congés... même si c'est 4 jours de suite. J'ai envie de prendre soin de moi!

Demain, j'ai pris un rendez-vous en massothérapie, dans un spa sur le bord d'une montagne, à un endroit où il y a plein de vergers de pommiers. C'est le temps des pommes. Je risque d'aller me chercher des petits beignets pour la collation!!
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonjour,
Je suis au spa à la montagne. J'attends ma masso! Il fait beau dans mon petit coin du monde! Et c'est vraiment magnifique à l'extérieur. Les couleurs... c'est fou! Le rouge vif, orangé, jaune... et les feuilles commencent à tomber!

Je me sentais comme une petite fille hier, quand je suis allée marcher! Les feuilles étaient craquantes sous mes pieds. Je pilais dessus pour faire exprès que ça crounch!

On dirait que l'automne, c'est multi-sensoriel...
L'odeur, les couleurs, le bruit!! Ça me comble de bonheur à chaque année... bien que ce soit éphémère...

On va continuer ce petit trip sensoriel... en allant au verger après mon massage... pour manger une petite pâtisserie aux pommes!
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Orphée...
Je ne sais pas si vous vous rappelez de cette amie qui avait décidé de me sortir de sa vie en 2018, quand j'étais revenue du nord... à mon anniversaire, sans m'expliquer ce qu'il se passait.

Après, je m'étais rendu compte que c'était peut-être mieux comme ça. Orphée et moi, on s'alimentait négativement... dans l'alcool... dans la fusion presque. On s'était rencontré à l'hôpital... on était dans la même chambre. Alors il y avait un petit côté destructeur en elle, comme en moi! On faisait des folies... c'était mal.

Alors plus de deux ans plus tard, elle essaie de me contacter... elle m'écrit sur facebook... elle est rendue une fidèle aux témoins de Jéhovah... omg!!

Je ne sais pas si vous connaissez cette religion/secte... comme, elle s'était vraiment fait faire un lavage de cerveau, et elle essayait de m'amener dans son truc!! Ne vous inquiétez pas, je ne tomberai pas là-dedans! Je me suis sentie triste pour elle...

Elle qui était une travailleuse du sexe, sous l'emprise d'un pimp qui la faisait danser dans un club de danseuse... c'est comme si elle était partie d'une relation de dependance... pour une autre merde...

Alors delete!!!
Je lui ai souhaité bien du bonheur avec ses fidèles...
Et je lui ai dit qu'on ne se reparlerait pas...
Que moi, j'avais trouvé autre chose qui me rendait heureuse... moi... mon cheminement.
Je me sui sentie triste pour elle... et je trouve que les personnes qui sont en tête de ça... c'est un peu des trous de cul... comme les gourous de secte...

Bref, sorry pour ceux qui seraient dans ce genre de religion ou d'idéologie... mais je ne cautionne pas certaines choses... surtout quand on parle d'exploitation. Bref!!
Minijeune
Messages : 1653
Inscription : 06 janv. 2014, 00:47

Re: Mon baluchon

Message par Minijeune »

Bonsoir,
Je recevais ma soeur pour souper.
Elle m'a annoncé que notre mère était présentement hospitalisée. Problème cardiaque.
Elle a une artère de bloquée.
Elle restera hospitalisée jusqu'à temps qu'elle soit opérée. Ma soeur m'a dit que c'était pas une grosse intervention, mais quand même sous anesthésie.

Je dois avouer que ça m'a fait peur.
Ça m'a requestionné. Est-ce que je devrais lui parler? Si jamais elle était sur le point de mourir... est-ce que ça changerait les choses... est-ce que ça ferait en sorte que je me remettrais à lui reparler?
Je n'ai pas envie mais est-ce que je sentirais coupable si je ne le faisais pas...
Répondre

Revenir à « Espace détente »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 5 invités