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Re: Mon baluchon

Publié : 09 janv. 2019, 00:33
par Minijeune
Je sais, j'avais lu!!
J'avais déjà lu ça sur la communication.

Je pense que dans ma réponse, j'ai réagi un peu sur la défensive... en fait, quand vous me disiez qu'il fallait que je sois courageusement seule... c'est qu'il fallait que je parte d'ici... ou que vous n'alliez plus me répondre... ou je ne sais trop quoi...

Pour vrai, je me sens relationnellement dans un genre d'impasse... qui va finir par passer, je sais... mais quand je touche vraiment à ce que je qualifie comme une "fin de relation", un "abandon" ou je ne sais trop quoi... je me mets à avoir peur et à réagir étrangement... on dirait que je cherche à ne pas être inadequate... je cherche à penser ou à dire ce que je pense que l'autre pourrait peut-être penser... pour que l'autre ne 'm'abandonne pas" justement...

Mais tout ça, ça se passe dans ma tête...
Ça ne se passe pas en vrai...
Mais ça s'est déjà passé... on m'a déjà abandonné...
Psychiquement, physiquement, moralement...
Je sais que ça ne part pas de nulle part...
C'est juste que ce n'est plus la réalité... personne ne m'abandonne maintenant que je peux prendre mes décisions par moi-même et essayer de m'autosuffir.

C'est juste que la relation n'existe pas... mais elle existe quand même... je ne sais pas comment qualifier la relation que j'ai avec vous... une relation therapeutique par écrit?! Ça fait 5 ans... c'est ça qui me mêle on dirait... parce que c'est ça, ça me ferait quelque chose de ne plus échanger avec vous... on n'a jamais parlé de ça... on n'a jamais parlé de la relation existante ou inexistante qu'il y a entre une thérapeute sur un forum et une personne qui y écrit religieusement depuis 5 ans...

Re: Mon baluchon

Publié : 09 janv. 2019, 05:27
par Minijeune
Bonsoir,
Je reviens de mon soccer!
La game a fini 1-1.
J'ai bien joué mais l'étoile du match revient à ma petite soeur. Elle était en feu ce soir. Je lui ai donné beaucoup de renforcement en la félicitant de ses bons jeux et de son coeur au ventre. Je sais qu'elle aime ça quand je la félicite. Je la sens comme une fleur qui s'épanouie au soleil... des fois, ma soeur est empotée... elle a comme les deux pieds dans le même soulier, elle s'enfarge dans ses jambes... elle rentre dans tout le monde... comme si elle n'avait pas de perception d'elle-même dans l'espace. Bref, ce n'était pas le cas ce soir!!

Je voulais venir écrire sur quelque chose d'autre qui s'est passé vers l'heure du souper! J'ai vu une opportunité en ligne. Moi qui suit le groupe Facebook du centre national de danse thérapie, qui est en collaboration avec les Grands Ballets Canadiens, j'ai pu voir qu'il y avait une formation gratuite offerte aux personnes intéressées, qui répondent à certains critères... mais c'est une formation de 8 jours (4 week-end) sur l'art social... le Centre national de danse thérapie s'associe en fait avec le Cirque du Soleil puisqu'il va avoir autant de danseurs que d'artistes du cirque, que d'intervenants... tout ça mélangé!!

Tout le monde apportera sa touche spéciale à la formation... et là, je parle comme si j'étais déjà admise... je devais remplir un formulaire et répondre à plusieurs questions... comme qu'est-ce que je faisais dans ma vie professionnelle pour relier l'art et l'intervention... et ça, peu importe dans quel milieu je me suis trouvée, j'ai toujours fait un mix and match d'intervention et de danse!! Alors des expériences, j'en ai plusieurs!!

Mais je ne savais pas si ça suffisait car je ne peux pas me considérer comme étant une danse-thérapeute... alors j'ai appelé la fille des Grands Ballets. Elle m'a dit que j'avais bel et bien le profil recherché!! Qu'il va y avoir plusieurs danseurs professionnels qui veulent se recycler et qui ne connaissent pas le milieu d'intervention... mais que ca fonctionnait, je répondais aux critères...

Ça m'appelle, c'est complètement débile!!
J'ai envie de le faire...
Mais j'hésite... c'est étrange d'être allé porter un papier disant que j'ai de grosses limitations fonctionnelles... mais en même temps, de vouloir faire une formation alors que j'avais décidé de mettre un trait sur l'intervention... c'est sûr que ça va me ramener dans mes bottines d'intervenante... ça va me demander d'aller piger dans mon savoir, mon savoir-dire, mon savoir-être d'intervenante... je vais remettre ce chapeau... on dirait que j'y crois vraiment à l'utilisation de l'art comme médium thérapeutique!! Vraiment. J'adore la danse. J'aime donner des cours, j'aime avoir des objectifs pour mes classes... estime de soi, expression des émotions... l'hypersexualisation... la gestion du stress... etc!

J'ai décidé de m'inscrire.
Je ne sais pas trop où ça me mènera... je ne suis pas sûr de moi... mais bon, j'ai envie d'essayer. D'autant plus que c'est gratuit! J'avais envie de vous partager ça, et ma motivation qui en découle aussi!!

Re: Mon baluchon

Publié : 09 janv. 2019, 08:45
par Dubreuil
J'ai décidé de m'inscrire.
Je ne sais pas trop où ça me mènera... je ne suis pas sûr de moi... mais bon, j'ai envie d'essayer. D'autant plus que c'est gratuit! J'avais envie de vous partager ça, et ma motivation qui en découle aussi!!

Alors FONCEZ !

Re: Mon baluchon

Publié : 09 janv. 2019, 17:21
par Minijeune
Bon matin!!
J'ai hâte d'avoir la confirmation pour mon inscription! Je crois que je vais recevoir un appel ou un courriel!! Je vous en redonne des nouvelles dès que j'en ai!!

Je viens de vivre quelque chose d'un peu traumatisant.
Je sens mes yeux dans le fixe un peu!

Marc, un des résidents ici, est épileptique. Il fait des absences. Je ne l'avais jamais vu en faire. J'arrive dans la cuisine et je vois qu'il est en train de passer la moppe. Il me regarde... et il a figé. Ses yeux se sont mis à cligner super rapidement. Ses yeux étaient vide... son visage blême... quand j'ai vu ça, je suis allée demander de l'aide en cognant au sous-sol pour les intervenants. C'est la directrice qui est montée en courant...

Quand je suis revenue à la cuisine, il était encore dans la même position et il bavait... je suis partie de la cuisine... incapable de regarder ça. Au moins, Nancy était là!!

Je ne sais pas si vous avez vu le film Bird Box sur Netflix.
J'ai écouté ça le week-end dernier. C'est un peu traumatisant. Mon amie voulait écouter ça pour sa fête et les critiques semblaient bonnes... c'est juste que tu vois plein de gens se suicider parce qu'ils se mettent à voir des choses, des genres de psychoses... on ne sait pas trop c'est quoi en fait... et ça passe par le regard.

J'ai comme fait une association entre ce film (que je n'aurais jamais dû regarder en fait parce que c'est fragilisant pour moi) et l'absence de Marc. Les yeux... on dirait que c'était les mêmes yeux...

Je n'ai pas aimé ça!!

Sinon, sur une note plus positive, je commence mon bénévolat/échange de service au yoga aujourd'hui! Je vais travailler 2h30 pour la propriétaire du studio en échange de 2 cours de yoga par semaine!! Je trouve que c'est très chouette comme entente! C'est du hot yoga!! Ça va faire du bien cet hiver!! Un beau de chaleur tropicale!!!

Re: Mon baluchon

Publié : 09 janv. 2019, 21:52
par Minijeune
Est-ce que ça va encore trop vite??!!

J'ai comme une soudaine envie de faire plein de choses... la formation en art social que je vous ai parlé hier... puis là, à l'endroit où je fais mon bénévolat, à la maison de la famille, ils se cherchent un intervenant pour coordonner les activités des 6-12 ans... 28h par semaine.

Je savais qu'ils avaient du mal avec le gars qui faisait cette job. Il cumulait les avis disciplinaires.

La réalité c'est que je me verrais bien travailler dans ce milieux... c'est un organisme communautaire et je me sens réellement bien là-bas. Je m'entends bien avec toute l'équipe de travail... je vois là une opportunité...

Mais ce n'est peut-être pas réaliste... ni le bon moment...
Je ne sais pas comment je vais réagir à la baisse de ma médication. À date, ça va. La dose a été baissée de 50mg seulement. Et ça ne fait pas deux semaines donc mon corps n'est peut-être pas habitué... mais je viens d'aller porter mon papier de contraintes sévères et me voilà en train de me projeter dans l'avenir dans des trucs sur lesquels j'avais vraiment mis un X...

Est-ce que c'est parce que je suis juste incapable de m'imaginer avec des contraintes sévères... que ce n'est pas du tout ce que je veux alors je me cherche des moyens pour éviter que ça se produise... comme me remettre à travailler en intervention!?!

J'essaie de comprendre ce qu'il se passe...
C'est des opportunités... qui arrivent comme ça, que je vois sur ma page Facebook. C'est à moi à décider ce que je veux en faire par la suite... je sais que parfois, ça va trop vite et qu'ensuite... je me trouve nulle parce que je vis un échec mental de ne pas être capable de faire ce que j'aurais envie de faire... comme à toutes les fois où je me suis sentie détruite et que j'ai fini par décompenser... la fois où je me suis fait offrir une job de psychoed dans le Nord et que j'ai juste fait une crise d'anorexie...

La fois où au mois d'août je me projetais pour travailler au cabinet d'avocats où ma soeur travaille... ça avait explosé... parce que je savais que ce n'était pas le bon moment... je suis en train de me réparer... alors est-ce que je devrais continuer à faire mon bénévolat, faire mes petites affaires... et ne pas me projeter en rien professionnellement... ou je dois foncer pour peut-être me permettre de voir que j'ai plus de capacité que ce que je pense... je ne suis pas stable même si je me sens mieux qu'avant Noël...

?!?!?

Re: Mon baluchon

Publié : 10 janv. 2019, 17:06
par Minijeune
Bonjour!!

Aujourd'hui, je me sens encore en espèce de questionnement identitaire... entre ce dans quoi j'ai étudié, ce que je suis, ce que j'étais et ce que je veux devenir.

Je repense au clash...
Parce que c'est comme ça que je me me suis sentie...
Voir des opportunités alors que je sentais que des portes se fermaient au lieu de s'ouvrir... aller porter un papier de contraintes sévères à l'emploi mais ressentir que j'ai plein de possibilités en même temps.

Je pense à la lutte...
Cette bataille intérieure face au fait que ça me dérange d'avoir un tel statut... ne plus être sur l'aide sociale... tomber sur la solidarité sociale...

Ça me fait penser à Mathieu, un des résidents, qui dit haut et fort qu'il veut rester sur l'aide sociale toute sa vie et qu'il se proclame esclave parce qu'il a des tâches à faire dans la maison (5 par semaine... 3 si tu as des occupations à l'extérieur de la maison)... pour moi, c'est rien!! J'avais bien plus de responsabilités quand j'étais en appartement... et je ne suis pas d'accord avec sa vision de voir les choses... il me disait que j'étais chanceuse que mon médecin veuille me signer ça. Que son équipe traitante voulait lui enlever sa contrainte... il aurait plein de possibilités, il est très intelligent... c'est juste qu'il est irresponsable...

C'est frustrant on dirait de se comparer...
Je ne me sens pas comme lui... je ne veux pas être classé dans la même catégorie que ceux qui profitent du système... je veux être le moins longtemps possible sur l'aide sociale... on dirait que ça mine mon estime de moi de me dire que je n'ai "pas le choix" pour le moment...

En même temps, est-ce que j'ai le choix...
Je dis que j'ai besoin d'être sur la solidarité sociale pour pouvoir payer ma thérapie. Ces sous de plus vont me permettre d'y aller 4 fois par mois... mais je pourrais décider de travailler à temps plein! Je pourrais décider de me faire confiance et de faire les choses autrement... et on dirait que si je faisais ça, mon estime de moi serait bien meilleure, parce que j'aurais l'impression de m'accomplir... puis ce n'est pas que je ne m'accomplie pas du tout non plus... en étant capable de maintenir mon bénévolat et mes activités, en travaillant fort sur moi, je m'accomplie aussi! Alors que dois-je faire?? Foncer les yeux fermés et douter de mes capacités à être capable de tenir le coup... comme si je revenais dans mes bottines d'intervenante...

Mais il y a quelque chose qui me bogue...
C'est lorsqu'on dit qu'il faut être capable de prendre soin de soi avant de prendre soin des autres... je sais tout ça... mais c'est quoi vraiment prendre soin de soi quand tu as une problématique de santé mentale... est-ce que c'est de croire en soi et de pousser pour arriver à une réalisation de soi pour ressentir du bien-être... ou c'est de tout mettre sur pause le temps de faire une thérapie intensive...?? Est-ce que c'est de répondre à ses besoins de base en premier... est-ce que je devrais me dire que tant que je ne mange pas mes 3 repas par jour, je ne devrais pas rien faire d'autre que de travailler sur le pourquoi je saute tout le temps des repas... ou comme je sais que j'aurai toujours à me battre ou vivre avec cette difficulté alimentaire qui revient tout le temps, je dois juste apprendre à vivre avec...? Et m'accomplir malgré le fait que je ne mange pas tout le temps... et ne pas mettre trop d'emphase là-dessus...

Mais encore là, il me revient la question ultime...
Est-ce que j'ai le droit d'être intervenante dans ma condition... je fais confiance à mon esprit clinique, à mes interventions souvent... c'est juste que j'ai une faible tolérance au stress et que je ne suis pas trop capable de maintenir mes acquis sans finir par décompenser d'une quelconque façon... mais c'est un cercle vicieux... alors si je me bats vraiment pour m'en sortir... que j'essaie, que je me force... peut-être que je verrai des résultats finalement??

Re: Mon baluchon

Publié : 11 janv. 2019, 20:05
par Dubreuil
La réalité c'est que je me verrais bien travailler dans ce milieux... c'est un organisme communautaire et je me sens réellement bien là-bas. Je m'entends bien avec toute l'équipe de travail... je vois là une opportunité...
*** Est-ce que ce n'est pas cela le plus important, aller là où on pense se réaliser tout en restant ce que l'on est... ou en y travaillant si on souhaite encore évoluer ?

Re: Mon baluchon

Publié : 11 janv. 2019, 21:04
par Minijeune
Vous avez raison.
Mais je sais souvent que j'ai des envies un peu destructrices...
Quand ça va trop vite, quand je veux sauter des étapes. Quand je cherche à m'activer intensément pour fuir quelque chose...
Foncer sans savoir pourquoi et me ramasser avec un grand sentiment de vide par la suite, ou un sentiment d'être une incapable... C'est très difficile pour moi. C'est là que je me rends compte que j'ai vraiment une grosse fragilité narcissique... Je dois relativiser souvent.
Je dois essayer de chercher l'équilibre, du mieux que je peux... En même temps, je sais que je ne suis pas prête à me condamner et m'empêcher d'avancer pour le restant de ma vie parce que j'ai peur de l'échec et de l'écroulement par l'intérieur.
Alors c'est vraiment de chercher à faire la part des choses.

Sur un autre ordre d'idées, j'ai vu ma psychologue ce matin!
Ça faisait 3 semaines que je ne l'avais pas vu... J'avais hâte de pouvoir la voir.
Je ne savais pas trop quoi aborder en premier. Une heure, après 3 semaines... C'est comme difficile de savoir quoi prioriser.
Je savais qu'on allait parler du cadeau que je lui avais fait. La tasse avec un renard et une phrase du Petit Prince.
Je pensais qu'elle voulait que je me sente mal d'y avoir donné un cadeau parce que ça voulait dire que j'avais testé les limites ou je ne sais trop quoi. On dirait que je me sentais comme s'il fallait que je sois repentante... Finalement, pas du tout... Ce n'est pas parce qu'on doit en parler que c'est mal!!
Mais je me sentais comme si on allait me chicaner.
Finalement, elle m'a dit qu'elle l'avait vu comme une marque de gratitude...
Ça semblait correct! Mais on en a parlé pendant 20 minutes et j'essayais de savoir pourquoi je lui ai fait un cadeau, qu'est-ce que ça voulait dire pour moi. J'ai fait beaucoup de lien entre le chapitre du renard et notre relation thérapeutique. J'ai pu nommer encore que ce qu'on avait créé comme espace sécuritaire pour travailler, c'était vraiment sécurisant pour moi!

Ensuite, pour le restant de la rencontre, je lui ai parlé de mes objectifs de 2019.
Du fait que je voulait aborder les trucs qui avaient des liens avec mes parents... Ma relation avec mon père, et celle avec ma mère...
Ma peur de la sexualité, mon impression d'être toute petite dans un corps de femme... Ma peur de l'éjaculation... Surtout qu'on me vienne dessus, et dans la bouche encore plus. Ma peur d'avoir été abusée parce que je n'ai pas de souvenirs francs, mis à part des souvenirs qui je sais, sont vraiment inadéquats au niveau des limites... C'est de l'abus sexuel... Mais ce n'est pas un abus sexuel complet, avec pénétration, comme ce qui m'effraie...

J'ai eu le besoin de parler de Mary Poppins...

Hier soir, je suis allée voir le nouveau film de Mary Poppins avec ma soeur et ma mère.
Ma mère était malade et un peu hystérique dans le cinéma... Ça m'a fait réagir...
Mais je me suis rendue compte que j'avais vraiment un rapport amour/haine avec le personnage principal...
J'ai tellement aimé le premier film de Mary Poppins... Je l'écoutais souvent quand j'étais enfant. Je pense que l'idée d'avoir une nounou me faisait du bien... Mais là, j'étais fâchée contre elle...

J'explique:
C'est en écoutant le film Saving Mr. Banks (qui est sur la vie de PL Travers, l'écrivaine de Mary Poppins... les allusions de ce qu'elle a vécu dans sa vie, qui se retrouvaient dans le film des années 1960 avec Julie Andrews), à la fin de l'année 2013, que j'ai eu un flash back, qui je pense être un flash back d'abus de la part de mon père... J'avais pleuré, du début à la fin du film, sans comprendre pourquoi j'étais si à l'envers. 4 jours plus tard, une amie me questionnait sur comment ça allait avec mes parents... Et là, j'ai su qu'il s'était passé quelque chose pendant le film... J'avais vu quelque chose, j'avais su quelque chose... Et j'ai décompensé... C'est le début de mon récit ici... Je suis arrivée sur le forum au début 2014... Complètement à l'envers parce que je pensais qu'il fallait que je comprenne ce que j'avais vécu pendant mon temps des fêtes comme étant un peu la validation que j'avais été abusée sexuellement de la part de mon père... En fait, je n'ai jamais vraiment su s'il s'était passé vraiment quelque chose... Est-ce que mon père m'avait vraiment éjaculé dans la bouche ou il m'a toujours giclé du glaçage blanc... Et est-ce que c'était allé plus loin... Raison pour laquelle je dissocie...

Moment vraiment difficile de ma vie... Tout est si flou...

Mais en réécoutant le film Saving Mr. Banks... Parce que je l'ai acheté... Je voulais savoir ce qu'il s'était passé lors de mon premier visionnement... J'ai comme compris autre chose... Le film met l'emphase sur le fait que Mary Poppins n'avait pas été créée dans l'esprit de PL Travers pour sauver les enfants... Ce fut la façon que l'auteure a trouvé pour sauver son père... Sauver narcissiquement son père... Le sauver aux yeux des autres, mais surtout, à ses yeux à elle... On apprend dans le film que son père était banquier mais qu'il avait un gros problème d'alcoolisme... Ce qui a conduit la famille a devoir déménager, suite à la perte d'emploi de son père, pour aller en campagne en Australie. Le père et sa fille ont une relation beaucoup trop proche... Comme si les limites étaient inexistantes... Le père semble désirer sa fille... La fille est complètement en amour avec le père... Il y a une scène où la petite de quoi, 8-10 ans, regarde son père, complètement obnubilée, pendant qu'il se rase dans la salle de bain... et le père continue à se raser en disant swish swish... La mère, dans cette histoire, se rend compte de la relation entre son mari et sa fille... Il se met à avoir une rivalité entre la mère et l'enfant... Mais le père ne se positionne jamais pour dire à la petite que sa femme, ce n'est pas elle, c'est la mère... Finalement, le père meurt de son alcoolisme... Malgré le fait que la petite ait tut fait pour empêcher son père d'arrêter de boire... Elle vide les bouteilles d'alcool par exemple... La mère tente de s'enlever la vie en se noyant mais c'est la petite qui va la sauver dans la rivière...

PL Travers a eu besoin de créer une histoire, dans laquelle, le père, banquier aussi, va finir par s'occuper des enfants... Oublier un peu son travail...
Elle a créé un personnage qui semble magique et fantastique... Elle fait vivre des histoires rocambolesques aux enfants... Qui ne sont pas en lien avec la réalité... Puis quand les enfants tentent de raconter ce qu'ils ont vécu avec leur nounou, elle dément tout et dit que les enfants inventent des choses de toute pièce... Juste le concept de la réalité... de faire douter les enfants sur ce qui s'est réellement passé ou non... Ça me fâche... C'est comme moi, quand on me disait que j'avais un monde imaginaire... Quand je dis me souvenir de trucs mais qu'on me dit que j'invente plein de choses... Que j'ai un monde parallèle... Voilà les vrais mots utilisés par mes parents... Requestionner la réalité... Faire passer des enfants pour des fous... Mais finir par sauver le père... qui finit par aller faire voler un cerf-volant...

Elle a eu besoin de faire passer son père pour une bonne personne... à travers le film...
Elle voulait sauver l'image on dirait...
Puis Mary Poppins finit par juste s'en aller... Dans le vent... Sans dire bye aux enfants...

Le deuxième film... C'est les enfants de Michael...
Michael et Jeanne sont ensemble pour élever les enfants de Michael... et Mary Poppins vient donner un coup de main, au père, encore une fois.

Puis là, je pense au complexe d'oedipe...
Au fait que Michael et Jeanne sont comme mélangés, à savoir ce qu'il s'est vraiment passé dans leur enfance...
Puis qu'ils finissent par revoir Mary Poppins...

C'est comme si PL Travers avait vécu une histoire très semblable à la mienne...
Et que Mary poppins avait été créée pour que l'auteure puisse survivre à ce qu'elle avait vécu...
Il y a tellement de souffrance sous tout ça...
Alors quand tu le comprends... C'est comme si ça devenait violent...

Ce sont les enfants qui auraient eu besoin d'être sauvés... Pas le père irresponsable...

J'ai fini la rencontre avec ma psy en ayant une profonde envie de pleurer...
J'étais dans le vide, je fixais un point, je ne parlais plus...
J'avais besoin de faire une pause...
Elle m'a demandé ce à quoi je pensais... Et tout ce que j'ai dit, c'est que je pensais que j'avais trop parlé...
Parler de tout ça, c'est de rendre le tout réel... Justement... Ce n'est pas un tour de passe passe... Dans lequel on va me dire que c'est dans mon monde parallèle pour démentir ce que je raconte... C'est réel... Et quand je parle de tout ça... Quand je sais qu'il y a des choses qui ont été transgressées... Ça me remet en contact avec plein d'émotions que j'aimerais éviter...

Elle m'a dit qu'on allait prendre le temps...
J'étais correcte quand j'ai quitté le bureau.
Fragile... Mais correcte.

Re: Mon baluchon

Publié : 11 janv. 2019, 22:38
par Dubreuil
Parler de tout ça, c'est de rendre le tout réel... Justement... Ce n'est pas un tour de passe passe... Dans lequel on va me dire que c'est dans mon monde parallèle pour démentir ce que je raconte... C'est réel... Et quand je parle de tout ça... Quand je sais qu'il y a des choses qui ont été transgressées... Ça me remet en contact avec plein d'émotions que j'aimerais éviter...

Fragile, mais forte.

Re: Mon baluchon

Publié : 12 janv. 2019, 03:27
par Minijeune
Forte...
Parce que j'en parle malgré ma peur...
Parce que j'ai très peur..
Je veux vraiment faire du ménage là-dedans.
Comprendre.

C'est en rendant les choses réelles que je vais être capable d'avancer j'imagine. Plus que si je laisse tout ça en dormance à l'intérieur de moi.

Je ne sais pas pourquoi mais ça me fait penser aux histoires fantastiques que des gens en grande détresse vont s'imaginer pour survivre...

Comme JK Rolling quand elle a écrit Harry Potter alors qu'elle était dans la rue... comme PL Travers... comme des histoires comme dans le film La vie est belle qui parle de la 2e guerre mondiale... le père va tout faire pour que son fils ne soit pas traumatisé par les atrocités des camps de concentration... l'esprit nous amène à vouloir nous protéger de plein de façons... certains dissocient et oublient.. d'autres s'inventent des histoires fantastiques qui ne sont pas en lien avec la réalité...

On dirait que Mary Poppins représente presque l'abus quand j'y pense... elle "pop in"... arrive dans la famille sans que la famille l'ait demandé... remet en question le contexte de la réalité... fait douter les enfants sur ce qui est réel ou non... elle se dit parfaite en tout temps... elle est imbus d'elle-même... elle utilise les enfants pour faire ce qu'elle veut... elle s'occupe du père et repars, sans s'annoncer non plus...

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