Urgent, c'est le tournant de ma vie

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Dubreuil
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

LE SYNDROME DE L'IMPOSTEUR
(Pauline Clance)

Le syndrome de l’imposteur, également appelé syndrome de l’autodidacte, induit une forme de doute maladif chez les personnes qui en sont victimes. Ces doutes les incitent à nier la propriété de tout accomplissement, qu’il soit professionnel ou privé. Selon cette théorie, les victimes ont donc tendance à rejeter systématiquement le mérité lié à leurs travaux et attribuent leurs succès à des éléments extérieurs comme la chance, le travail acharné, leurs relations, certaines circonstances exceptionnellement favorables…
Ces personnes doutent en permanence, et croient duper leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs : ils vivent en craignant d’être démasqué d’un moment à l’autre.
Il ne s’agit donc pas d’une « maladie » mais plutôt d’un « mécanisme psychologique », selon des précisions de l’auteur.
Impression de tromper, mauvaises attributions, peur d’être démasqué : le mécanisme provoque des sentiments divers. Il peut concerner les domaines professionnels mais aussi le domaine familial, le cercle des loisirs, l’apparence physique.

Combien de personnes sont touchées ?
Entre 62 et 70 % de la population l’aurait expérimenté. il n’existe aucune différence de genre : l’homme peut en souffrir autant que la femme.

Stratégies de défense / Symptômes
La crainte d’être démasqué pousse l’imposteur à mettre au point des stratégies de défense. Ce sont ces stratégies qui sont susceptibles de nuire à la santé des individus.
On note généralement :
- L’investissement d’une trop grande énergie et d’un temps de travail trop important par rapport à la tâche demandé. Cela permet à l’individu d’attribuer son succès éventuel à une grande quantité de travail et non à ses compétences réelles, avec le risque de souffrir, à long terme, d’un burn-out.
- La préparation à l’échec, avec une motivation et un investissement volontairement freinés. Cette stratégie permet d’éviter la confrontation avec les félicitations des collègues de l’individu, mais ne concourt pas à l’épanouissement.

Comment savoir si l’on souffre parfois du syndrome de l’imposteur ?
Réaction « normale » face au succès : Fierté, satisfaction personnelle, efficacité, compétence, attributions adaptées et méritées.
Réaction pouvant faire penser au syndrome de l’imposteur : Forte implication, humilité, forte modestie.
Réaction en lien avec le syndrome de l’imposteur : Troubles anxieux, troubles dépressifs, affects négatifs.

Pour chaque question, entourez le numéro qui indique le degré de vérité de l’affirmation sus-jacente.

1. J’ai souvent réussi des tests ou des tâches alors que je m’en pensais au départ incapable.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

2. Je peux donner l’impression que je suis plus compétent que je ne le suis réellement.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

3. J’évite les évaluations si possible : je crains les évaluations des autres à mon égard.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

4. Quand quelqu’un me récompense pour quelque chose que j’ai accompli, j’ai peur de ne pas être à la hauteur de ses futures espérances.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

5. Je pense parfois que j’ai obtenu ma position actuelle parce que j’étais là au bon endroit au bon moment.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

6. J’ai peur que les personnes importantes à mes yeux découvrent que je ne suis pas aussi compétent qu’ils le pensent.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

7. J’ai tendance à me remémorer les projets pour lesquels je n’ai pas donné le meilleur de moi-même.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

8. Je me lance rarement dans un projet ou une tâche même si j’en ai très envie.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

9. Parfois, j’ai le sentiment que mon succès est le résultat de plusieurs coïncidences.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

10. C’est difficile pour moi d’accepter les compliments qui portent sur mon intelligence ou mes réussites.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

11. Parfois, je pense que si j’ai du succès actuellement, c’est parce que j’ai eu de la chance.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

12. Je pense souvent que j’aurais pu faire mieux, et de ce fait je suis déçu de mes réussites.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

13. Parfois, je redoute que les autres découvrent mes lacunes.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

14. J’ai souvent peur d’échouer dans une nouvelle tâche qui m’est confiée.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

15. Je pense souvent que je n’arriverai pas à reconnaître le succès dans un autre projet.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

16. Si je reçois des félicitations et de la reconnaissance pour quelque chose que j’ai accompli, j’ai tendance à minimiser l’importance de ce que j’ai fait.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

17. Je compare souvent mes capacités à celles des personnes qui m’entourent et pense qu’ils sont peut-être plus intelligents que moi.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

18. Je m’inquiète souvent de ne pas réussir alors même que tout le monde sait que je vais briller.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

19. Lorsque je m’apprête à recevoir une promotion, j’attends le dernier moment pour l’annoncer, au cas où cela ne se fait finalement pas.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

20. Je me sens découragé si je ne suis pas « le meilleur » dans les situations qui impliquent le fait de réussir.

1) Faux 2) Rarement 3) Parfois 4) Souvent 5) Tout à fait vrai

Additionnez les nombres associez à vos réponses.
Si le score est inférieur à 40, vous n’avez que quelques caractéristiques de l’imposteur.
Si le score se situe entre 40 et 60, vous expérimentez assez souvent le syndrome de l’imposteur.
Si le score est supérieur à 60, le syndrome de l’imposteur interfère fréquemment avec votre vie : il est fort possible que vous en souffriez mentalement et physiquement.

Remèdes
Le traitement principal consiste à retrouver la confiance et à être réaliste sur sa valeur. Voici une liste de questions auxquelles il peut être utile de répondre pour faire le point objectivement sur soi.

1) Qu’est-ce qui me rend unique ?
2) Quels sont mes principaux talents ?
3) Mon travail est-il en lien avec ce talent ?
4) Mon travail est-il cohérent avec mes valeurs ?
5) Quelles ont été mes dernières réussites ?

Une autre technique consiste à écrire une lettre ou un email à l’égard de plusieurs personnes de confiance, dans lequel on demande aux destinataires d’indiquer les trois principales qualités de l’expéditeur, et les trois domaines dans lesquels il peut progresser.
La plupart des personnes n’aiment pas les avis négatifs et évitent donc de poser ce genre de questions aux autres. Ils passent à côté d’informations précieuses sur leurs forces et leurs faiblesses, ce qui les empêche à la fois de tirer parti de leurs points forts et de cesser de douter.
Qualifications de Dubreuil : Educatrice spécialisée - Psychomotricienne - Psychologue clinicienne - psychanalyste
Glise Annabel 06 61 80 53 18 Hypnothérapeute humaniste
A VOTRE ATTENTION : Mme Dubreuil sera en vacances, sans internet, du 20 juillet au 20 aout. Elle répondra à vos messages à partir du 22 aout.
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Message par Dubreuil »

QUELQUES EXPLICATIONS SUR LACAN
de " Mardi noir ".

Premièrement si on se réfère à Freud et ses différentes topiques : Inconscient-Préconscient-Conscient puis Ça-Moi-Surmoi, on se rend compte que de définir le Sujet ( on parle de soi, ou de l'autre) en le rapportant à différentes instances, c’est déjà montrer qu’il n’y a pas de totalité subjective, qu’il y a conflit au sein même du Sujet, il est donc divisé : dois-je manger ce gâteau au chocolat qui me ferait tant plaisir ou continuer mon régime pré-estival pour rentrer dans ce maillot de bain Sandro couleur sirène qui me tente tant ? Dilemme cornélien, on est d’accord.

Deuxièmement, le Sujet est divisé par le registre Symbolique (la culture, le langage), appelé le grand Autre. Le Sujet est fondé par l’Autre et dans le même temps cette fondation signe sa division. C’est la partie aliénée du Sujet, pourtant fondamentale pour advenir. La culture impose sa loi au Sujet qui s’y assujetti, les grands interdits étant l’inceste et le meurtre.

Pourquoi est-il divisé par le langage ?
Le Sujet est sujet du signifiant (le signifiant étant l’image acoustique d’un mot, ça résonne… et non le concept, le signifié, qui… raisonne), et ce signifiant est lui même rattaché à un autre signifiant etc. Le signifiant n’est donc pas unique.
Par exemple : pendant mon enfance on m’appelait souvent « mon chat », ce « chat » est rattaché aux souvenirs des chats de la famille et de la charge affective attenante, je m’aliène donc à ce signifiant « chat ». Ce signifiant « chat » peut me renvoyer personnellement au chat que j’ai connu dans mon enfance, mais pour ma mère qui me donne ce nom, au départ « chat » lui renvoie à encore d’autres chats, que je n’ai pas connu. Il y a donc une multitude de chaînes signifiantes qui fondent le sujet. De plus en parlant de cela, je pense au chat de mon enfance et je repense à sa couleur, noire, ses yeux jaunes, les souvenirs autour de ces couleurs. La mort de ce chat quand j’ai douze ans me renvoie à des évènements qui s’y rattachent la même année etc. « Mon chat » n’est pas juste un concept (tout le monde sait ce qu’est un chat), c’est surtout tout un rappel de signifiants, la plupart d’entre eux étant refoulés au fin fond de mon inconscient.

Enfin, comme dit très justement un jour par un prof : quand on peut nommer, notamment souvent en premier « Maman » c’est un nom qu’on donne à la perte. Quand on parle, quelque chose se perd, et on a beau parler, on ne sait pas souvent bien ce qu’on raconte, ça parle, ça s’échappe, ça rend flou 🙂
L’objet perdu à ce moment est nommé par Lacan, « objet a » cause du désir. Ce n’est pas tant un objet qu’on cherche, on dirait plutôt que sa perte fonde le désir, la recherche, et finalement plus on le cherche moins on le trouve et on continue de désirer.

Le schéma d’origine
Même si il n’est pas représenté comme tel sur le schéma d’origine, assez vite, Lacan parlera du grand Autre barré. C’est à dire que la culture, le langage, comme le Sujet, n’est pas totale. 😀 Pourquoi le langage est-il également barré ?
Et, bien de fait, si le langage n’est pas total, il se construit de signifiants en signifiants, de signifiés en signifiés. Pour le signifié, qui est le mot-concept, si je veux définir chat, je dois utiliser d’autres mots-concepts : mammifère, animal, poilu (etc) qui eux-mêmes sont définis avec encore d’autres mots etc.
De plus, ce grand Autre, n’est pas le président de la république, ni Dieu, ni la science mais nous pouvons par moment attribuer à ce genre de fonction cette qualification de grand Autre, comme finalement instance qui nous assujettit et nous castre. Dans la névrose, on va chercher à s’accommoder avec cette castration, on va se poser des questions, on va parler des heures de politique ou de religion etc, s’exalter, se déprimer. Si le président fait de la merde, on va se dire qu’il est con, qu’il fait n’importe quoi, qu’il pense à ses intérêts, m’enfin c’est souvent pour qu’il puisse lui-même se sauver les fesses quand ça chauffe.
Dans la psychose, et plus spécifiquement, dans la paranoïa, ce grand Autre n’est pas barré, il est tout puissant, on lui attribue des envies, des manipulations, il est incarné comme persécuteur, car il est le TOUT, il ne lui manque rien, donc ses actions sur les sujets sont forcément pour sa jouissance personnelle purement gratuite d’un monstre sans limite. On retrouve le père de la Horde de Totem et Tabou.
Si on en revient juste à la définition du grand Autre comme Langage, nous pourrions dire que le névrosé jouit du langage, utilise les mots pour tenter de résoudre bien maladroitement souvent sa question singulière. Dans la paranoïa, le Sujet est joui par le langage, les mots utilisent le Sujet, il se sent manipulé, ce qui le pousse à trouver une réponse logique, c’est souvent le délire.

Et enfin la diagonale imaginaire moi – petit autre souvent réduite ainsi : a – a’
C’est la diagonale du miroir, de l’expérience d’un moi du Sujet, vécu comme morcelé, notamment par le langage de l’Autre.
Par exemple, au tout petit, j’attrape son pied, et lui dis, c’est ton pied. Je lui parle, l’appelle de plusieurs signifiants, il y a découpe du Sujet.
Bref ce Moi, qui ne s’est encore jamais reconnu dans l’image du miroir ou dans un petit autre qui lui ressemble (par exemple à la crèche, à l’école etc), se vit morcelé, et par les signifiants et par sa propre perception de lui-même, on ne se voit jamais tout seul comme unifié. Jusqu’au jour où le Moi du Sujet se voit dans ce petit autre et s’identifie de suite à cette image.
C’est par l’image que le Moi s’unifie, cette unification est extérieure. C’est un leurre, souvent à renouveler. Voir le plaisir du selfie, de se mater dans la glace, de regarder les autres dans le train etc. Si ce leurre est barré par la diagonale symbolique, c’est un leurre qui peut avoir ses limites. Je me regarde dans le miroir, je m’enivre de mon image, puis j’en sors, je me dis « oh bizarre, agréable, désagréable, etc ». Si je n’ai pas la possibilité de limiter cette expérience, c’est encore là que la paranoïa peut advenir. L’image me parle personnellement à Moi.

Le petit livre de Alain Vanier Lacan m’a super bien aidée pour écrire cet article, pour les courageux qui souhaitent aller plus loin, c’est un auteur que je trouve très clair et qui ne vulgarise pas trop non plus, on ne perd pas le propos de Lacan, Vanier tente surtout de le rendre accessible, et si on ne comprend pas tout c’est pas bien grave.

Aux étudiants en psycho : s’il vous plait, complétez avec d’autres sources que la mienne !
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Message par Dubreuil »

LE SOULEVEMENT PERVERSIF

Initialement, la perversion narcissique a été découverte par Paul-Claude Racamier (1978) après plus de vingt-cinq années de recherches auprès des familles à transactions schizophréniques, à une époque où l’étude des questions de survie narcissique, d’identité narcissique, de capacité narcissique ou de déficience et de fragilité narcissique était devenue une nécessité pour rendre compte de certains processus psychotiques.
Les travaux de ce chercheur se sont essentiellement articulés autour de deux pôles : les psychoses – dont l’approche a considérablement bouleversé la clinique –, et les perversions ; tous deux en lien avec une source commune : le narcissisme. Son parcours l’a conduit du pathologique le plus souffrant au normal ordinaire de la croissance psychique en procédant d’un examen à rebours – pourrions nous dire – de l’être humain dans son environnement.
Il résulte de cette démarche que la perversion narcissique décrit l’évolution de la personnalité d’un individu selon des modalités prenant en compte la qualité de ses interactions avec son entourage. Nous sommes donc là sur une conception dimensionnelle – et non pas catégorielle – du fonctionnement psychique, ce qui la place en parfaite contradiction avec l’utilisation qui est aujourd’hui faite du concept de pervers narcissique.

Ainsi, pour Racamier, du moment perversif – ou soulèvement perversif – à la perversion pleine, il existe tout un éventail de configurations possibles, mais le plus important à comprendre dans la perversion narcissique, précise-t-il, c’est le mouvement qui l’anime et dont elle se nourrit. Ce mouvement peut ne constituer qu’un moment de la vie, lors de désarroi psychique ou de crise, avant de rétrocéder.
Or, comment ne pas confondre un mouvement pervers narcissique amorcé par un pervers "ponctuels ou partiels, passagers ou manqués", avec un pervers narcissique "accompli" au sens qu’en donne Racamier ?
La réponse à cette question est très importante, car si du point de vue des victimes, les souffrances qu’elles éprouvent sont strictement les mêmes dans un cas comme dans l’autre, du côté de l’instigateur du mouvement pervers narcissique, la différence est énorme, car contrairement à tout ce qui est affirmé dans certains magazines de presse plus prompts à attiser une guerre des sexes plutôt qu’à l’apaiser, certains "pervers narcissiques" peuvent très bien prendre conscience de leurs comportements destructeurs envers autrui à condition que l’on puisse les y aider et que leurs failles narcissiques soient clairement identifiées.

1) "Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance."

2) Quant à la perversion narcissique, elle "définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l’abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile et un faire-valoir" (Racamier, 1993).

Tous les manipulateurs ne sont pas pervers narcissiques
Outre la première confusion déjà évoquée entre mouvement perversif et pervers narcissique, ce dernier point met à jour une autre source d’erreur située au niveau des interactions sociales, car "la perversion narcissique est faite avant tout d’actions et de conduites" (Racamier, 1992, p. 289).
C’est là le pré carré des comportementalistes qui amalgament faussement le pervers narcissique avec le manipulateur en restreignant l’analyse des situations d’emprise au seul domaine de la manipulation, mais si tous les pervers narcissiques sont forcément des manipulateurs en puissance, tous les manipulateurs ne sont pas pervers narcissiques.

Pour comprendre en quoi la manipulation est dangereuse, il faut s’intéresser aux buts qu’elle vise, car si nous manipulons tous, nous ne manipulons pas tous pour les mêmes raisons. C’est là toute la différence.
Ces raisons peuvent être altruistes, matérielles et/ou narcissiques. Seuls les manipulateurs usant de manipulation narcissique – ou matérielle et narcissique – peuvent être considérés comme pervers narcissiques, car ce type de manipulation induit un "meurtre psychique" chez les sujets visés. Autrement dit, elles sont destructrices et aboutissent à un décervelage des personnes qui en sont la cible. Ce processus n’est toutefois pas irréversible, d’où l’importance d’un bon diagnostic et d’une prise en charge adaptée.
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Message par Dubreuil »

LE NARCISSISME CHEZ UN ENFANT
Trouble de la personnalité narcissique (Narcissistic personality disord) ou NPD

Être narcissique signifie simplement être égoïste.
Nous démontrons TOUS ces qualités de temps en temps. Certaines personnes, cependant, ne peuvent jamais cesser d'être égoïstes. Ils sont devenus tellement concentrés sur les comportements égoïstes que leur personnalité est définie par eux. Ils ont un trouble de la personnalité narcissique, ou NPD .

Caractéristiques du NPD
Le NPD est une condition dans laquelle il y a un sens exagéré de l'importance de soi et une extrême préoccupation pour soi-même. L'acronyme NPD sera utilisé dans cet article pour désigner soit le trouble, soit la personne qui en est atteinte - uniquement par souci de brièveté, et non pour écarter la gravité du problème ou la douleur de la personne touchée.

Voici quelques - uns des critères utilisés pour poser le diagnostic de NPD . Les personnes atteintes de ce trouble:
* Avoir un sens exagéré de l'importance de soi
*Avoir un sentiment de droit et exiger une admiration constante et excessive
* Attendre à être reconnu comme supérieur même sans les réalisations qui le justifient
* Exagérer les réalisations et les talents
* Etre préoccupé par des fantasmes sur le succès, la puissance, la brillance, la beauté ou le compagnon parfait
* Croire qu'ils sont supérieurs et ne peuvent s'associer qu'à des personnes tout aussi spéciales
* Monopoliser les conversations et rabaisser ou mépriser les personnes qu'ils perçoivent comme inférieures
* Profiter des autres pour obtenir ce qu'ils veulent
* Avoir une incapacité ou une réticence à reconnaître les besoins et les sentiments des autres
* Etre envieux des autres et croient que les autres les envient
* Se comporter de manière arrogante ou hautaine, paraître vaniteux, vantard et prétentieux
* Insister pour avoir le meilleur de tout - par exemple, la meilleure voiture ou le meilleur bureau
* Poursuivre des objectifs principalement égoïstes

Dans le même temps, les personnes atteintes de trouble de la personnalité narcissique (NPD) ont du mal à gérer tout ce qu'elles perçoivent comme une critique et, à de telles occasions :
- Devenir impatient ou en colère lorsqu'ils ne reçoivent pas de traitement spécial
- Avoir des problèmes interpersonnels importants et se sentir facilement lésé
- Réagir avec rage ou mépris et essayez de rabaisser l'autre personne pour se faire paraître supérieure
- Avoir de la difficulté à réguler ses émotions et son comportement
- Eprouver des problèmes majeurs face au stress et s'adapter au changement
- Se sentir déprimé et de mauvaise humeur parce qu'ils ne sont pas parfaits
- Avoir des sentiments secrets d'insécurité, de honte, de vulnérabilité et d'humiliation
Pour le dire le plus brièvement et le plus précisément, les personnes atteintes de NPD ne sont motivées que par un seul mot, encore et encore: moi, moi, moi.

Ces personnes sont très déroutantes et peuvent causer un stress considérable aux personnes qui les entourent.
Le trouble de la personnalité narcissique cause des problèmes dans tous les domaines de la vie : bonheur personnel, relations, travail, école, affaires financières, etc.
Les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité narcissique sont souvent déçues et malheureuses lorsqu'elles ne reçoivent pas les faveurs spéciales ou l'admiration qu'elles croient mériter. Une relation épanouissante avec un conjoint - ou un partenaire de vie - est tout à fait impossible, car le NPD rend tout ce qui concerne LUI ou ELLE, ce qui rend impossible une connexion authentique et aimante. D'autres personnes pourraient être brièvement diverties par un narcissique, mais pas pour longtemps. Les gens commencent à les éviter avec diligence.

Ironiquement, de nombreux NPD peuvent être assez charmants. Ils peuvent être la «vie de la fête». Ils peuvent sembler assez encourageants, mais TOUJOURS leur motivation est d'échanger leurs faveurs, leurs charmes, leur temps et plus encore contre quelque chose qu'ils veulent. Cela peut être particulièrement déroutant pour les personnes qui sortent avec un NPD, qui peuvent être créatives et généreuses. Mais une fois que le NPD a établi un contrat avec leur partenaire - mariage ou emménagement ensemble, par exemple - le piège se referme et le partenaire découvre qu'il est dans une prison, où il n'est rien de plus qu'un objet pour servir le NPD.
Une fois que le trouble a mûri, les véritables remèdes sont pratiquement inconnus.

La contribution des PARENTS à l'élaboration du NPD
Le NPD n'est pas un trouble héréditaire, ce qui signifie qu'il se développe au fil des années en réponse à une combinaison de circonstances et de stimuli.
Le NPD est une réponse à la DOULEUR , autant que tout comportement addictif.
Les enfants qui n'ont pas un Amour Réel suffisant et cohérent sont dans une douleur émotionnelle constante, qui ne peut être ignorée. Ils répondront avec tout comportement minimisant ou éliminant leur douleur à court terme. Un enfant qui se concentre entièrement sur sa douleur, ses besoins et ses approches de la réduction de la douleur et de l'auto-satisfaction est, par définition, narcissique.
Pour être clair, le TROUBLE NARCISSISTIQUE DE LA PERSONNALITÉ EST UNE RÉPONSE À LA DOULEUR DE MANQUE D'AMOUR RÉEL. Vraiment.

Le NPD est généralement diagnostiqué à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, mais le diagnostic est retardé de plusieurs années, car aucun parent ne veut admettre que son enfant est affligé d'un problème émotionnellement aussi terminal, et aucun enfant ne reconnaît rapidement qu'il ou elle est sur-le- top égoïste tout le temps. J'ai vu NPD complètement développé à l'âge de 12 ans, et j'ai vu les signes s'épanouir de façon exponentielle chez des enfants beaucoup plus jeunes.
Avec la pratique, un NPD adulte à part entière peut être repéré assez facilement. Il est très courant chez les politiciens, les PDG, les artistes et dans d'autres professions où le NPD est confondu avec la confiance, le dynamisme et la passion.

Si nous voulons vraiment être sérieux au sujet de la réduction de l'incidence et des effets du NPD autour de nous - en particulier dans nos propres familles - nous devons reconnaître comment il se développe. C'est sournois. Il se développe par la répétition de comportements qui peuvent paraître si innocents individuellement. Mais ces comportements sont comme l'introduction d'un virus mortel.
Une ou deux particules virales peuvent être éradiquées par le système immunitaire sans que personne ne sache que cela s'est produit. Cependant, l'introduction d'une «charge virale» suffisante peut provoquer le début de symptômes graves, qui peuvent être traités avec succès s'ils sont identifiés tôt et traités de manière agressive. Mais si nous ne reconnaissons pas le virus précoce et que nous lui permettons de se multiplier sans entrave, le résultat peut être une maladie grave et la mort.

Voici quelques exemples de ce à quoi ressemble le NPD chez un enfant et à quoi ressemblent les premiers symptômes chez un enfant qui développe des tendances narcissiques. Faites très attention à eux, car votre enfant en expose certains:
* Pleurnicher . Une certaine quantité de cela est relativement inévitable car un enfant fait la transition entre les pleurs pré-verbaux et la parole. Mais dès qu'un enfant peut parler, il ou elle doit être OBLIGATOIRE de parler. Pour plus d'informations à ce sujet, consultez la formation parentale ridiculement efficace, chapitre zéro , sur RealLoveParents.com .

* Votre enfant frappe un frère ou une sœur. Vous expliquez soigneusement au «frappeur» en quoi ce comportement n'est pas aimant, et l'enfant peut s'excuser, mais le but de l'enfant est de se sortir des ennuis - pour LUI-MÊME - de ne pas reconnaître la douleur causée au frère ou à la sœur. Et si le «frappeur» est poussé à déclarer que ce qu'il a fait était mal ou égoïste, il a tendance à devenir résistant, provocateur et même belliqueux.

* Votre enfant ne respecte pas les règles de la maison, qui sont claires pour tout le monde. Vous dites quelque chose à l'enfant qui hausse les épaules. Une fois que vous avez été très précis, l'enfant peut corriger le comportement errant, mais il se répète rapidement, surtout si vous n'êtes pas cohérent dans son amour et son enseignement. Finalement, les mots ne suffisent pas à changer le manque de responsabilité, alors vous appliquez une conséquence. L'enfant ignore souvent la conséquence, ou - le plus souvent et le plus insidieusement - accomplit à peine assez de la conséquence (travail supplémentaire, par exemple) pour éviter d'autres conséquences POUR LUI. Mais il n'y a aucune expression de remords, ni aucune expression de «j'étais irresponsable» ou de «j'avais tort».

* Votre enfant fait une erreur. Vous le faites remarquer. La réponse immédiate de l'enfant avant qu'il y ait même le temps de vraiment de se défendre . Il pourrait le faire en niant complètement l'erreur, ou en expliquant soigneusement comment ce n'était pas de sa faute, ou comment la «bonne» voie était impossible, et ainsi de suite.

* Votre enfant pratique un sport d'équipe. Il n'est clairement pas l'un des meilleurs joueurs de l'équipe , donc soit (1) il quitte l'équipe, exprimant son désintérêt pour le sport ou son dégoût envers l'entraîneur ou les autres; ou (2) il fait des déclarations exagérées sur ses succès , surtout si vous n'êtes pas présent aux événements.

* Votre enfant est gêné d'une manière ou d'une autre, peut - être que sa chaise est légèrement heurtée pendant un repas lorsque quelqu'un navigue sur le chemin entre sa chaise et le mur. Aussitôt il pousse un soupir de dégoût, ou une insulte, indiquant le vrai message: « Comment osez-vous me déranger, le centre de l'univers. "

* Votre enfant doit avoir le meilleur et le plus récent de tout : des vêtements de grande marque, le dernier iPhone, les dernières chaussures, la dernière version d'un jeu vidéo, etc. Et il est insulté lors de toute discussion qui laisserait même entendre qu'il n'a pas «besoin» de ces choses.

* Votre enfant a besoin d'une attention et d'éloges constants pour chaque dessin réalisé, chaque chanson chantée, chaque point marqué, etc. Tous les enfants apprécient les retours positifs, mais les narcissiques en herbe persistent et vous interrompent jusqu'à ce qu'ils obtiennent ce qu'ils veulent. Et ce que vous leur donnez ne suffit jamais. La prochaine demande d'attention est de quelques secondes à quelques minutes.

* Votre enfant exige quelque chose qu'il voit dans le magasin . Il pourrait dire qu'il «le veut», mais le ton est indéniablement exigeant, et la demande est prouvée si vous osez dire «non». Votre refus est suivi de plaidoiries insistantes, de colère, de bouderie et d'exigence avec un droit qui peut facilement devenir effrayant.

* Votre enfant se compare à un frère, en soulignant constamment à quel point ses performances, ses compétences ou son intelligence étaient supérieures .

* Votre enfant parle beaucoup de la façon dont il va devenir riche et célèbre . Il parlera d'être en NBA, par exemple, même s'il ne pouvait pas se qualifier pour l'équipe de basket-ball de son collège. Ce n'est pas un bref fantasme, mais une véritable croyance en des récompenses qui sont largement disproportionnées par rapport à ses capacités et ses réalisations.

* Votre enfant déprécie constamment les efforts ou les performances des personnes qu'il perçoit comme inférieures - ce qui inclut presque tous ceux dont il parlerait.

* Votre enfant exprime le désir d'un repas particulier pour le dîner, même si la préparation du dîner est terminée, ou presque. Il est furieux si la réponse est non et continuera d'exprimer cette irritation et ce dégoût avant, pendant et après le repas.

* Votre enfant prend le plus gros morceau de gâteau ou coupe en ligne pour utiliser un équipement de terrain de jeu, sans se soucier de ce qu'il a pris à quelqu'un d'autre.

* Votre enfant offense un frère ou un autre enfant . Vous demandez à votre enfant s'il peut voir l'effet sur l'autre personne. Il hausse les épaules et dit: «Je suppose», manquant manifestement complètement le point. Aucune empathie.

* Votre enfant n'hésite pas à demander à quelqu'un de lui apporter un verre ou quelque chose à manger si cette personne se lève pour se procurer quelque chose pour elle-même. Mais votre enfant ne propose JAMAIS de faire de même pour les autres.

*Votre enfant est irrité par le succès des autres ou le rejette complètement.
Répétition. Votre enfant demande quelque chose. Vous refusez, quelle qu'en soit la raison. Il demande encore, encore et encore. Il ne peut tout simplement pas croire que ne pas obtenir ce qu'il demande est même une option.

* Votre enfant est pressé et, alors qu'il se précipite dans le couloir, il écrase le jouet d'un frère ou une sœur ou il renverse un frère . Il continue simplement son chemin, avec peu ou pas de preuves qu'il ait même remarqué, et ne s'en souciait certainement pas.

S'il est confronté à son mépris pour les sentiments ou le bien-être du frère ou de la sœur, il présente une ou plusieurs des réponses suivantes:
Il nie que cela se soit produit.
- Il blâme le frère, qui, selon lui, était sur le chemin.
- Il hausse les épaules, soupire et dit quelque chose comme: «D'accord, je suis désolé», mais le sentiment de regret est visiblement absent.
- Il soutient qu'il ne pouvait pas s'en empêcher.
- Il soutient qu'il était très pressé et n'a pas vu l'objet ou l'enfant.
N'importe lequel des comportements ci-dessus peut être innocent ou résulter de l'augmentation du stress ailleurs. Mais nous DEVONS y prêter attention, car ils peuvent tous facilement devenir des modèles, et ceux-ci sont très difficiles à changer, voire paralysants.

Que peuvent faire les parents?
VOUS, les parents, êtes les plus responsables de l'existence et de la croissance du trouble de la personnalité narcissique, une condition au moins aussi nocive que toute maladie médicale. Que pouvons-nous faire?
* Vous pouvez identifier systématiquement les comportements égoïstes de nos enfants . Vous devez être très conscient, sinon le problème deviendra incontrôlé.
* Vous devez aimer vos enfants inconditionnellement et leur enseigner, car un tel enfant n'a tout simplement aucune RAISON de se comporter de manière égoïste pour tenter de diminuer sa douleur. Vous pouvez apprendre à le faire en allant sur RealLoveParents.com , où nous pouvons voir la formation parentale ridiculement efficace .
* Vous devez agir rapidement et de manière cohérente . Chaque seconde pendant laquelle un enfant est égoïste sans que ce comportement ne soit abordé constitue une autorisation pour l'enfant de continuer ce comportement. Je ne peux pas compter combien de parents m'ont dit que lorsqu'ils ont tenté de corriger un comportement égoïste, leur enfant a dit: «Mais laissez-moi le faire avant.» Les enfants considèrent le comportement non corrigé comme un BON comportement.

L'égoïsme est une réponse à la douleur, et s'il est autorisé à continuer, l'égoïsme devient l'une des plus grandes CAUSES de la douleur. En tant que parents, nous devons reconnaître ces modèles et faire tout ce qui est nécessaire pour aimer et enseigner à nos enfants.
Parfois, nous devons augmenter les conséquences de l'égoïsme au point que l'enfant reconnaisse sans équivoque que l'égoïsme coûte trop cher pour continuer. Certains enfants exigent l'élimination de tous les privilèges avant de reconnaître qu'ils ne veulent pas continuer leur égoïsme. Plus nous attendons - en termes de moment et d'âge de l'enfant - plus il devient difficile d'inverser les schémas d'égoïsme.
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LE MASQUE TE LE VISAGE DU PERVERS NARCISSIQUE

Nous avons déjà parlé du double visage de manipulateur pervers narcissique (pn, homme ou femme), or, c’est ce concept binaire qui nous induit en erreur…
Il ne s’agit pas de deux visages, mais d’un masque et d’un visage !
Le visage charmant, sympathique, n’existe pas. Il n’a pas de réalité. C’est un masque créé, enfilé par pur calcul. C’est difficile à concevoir et à admettre. Peut-être avez-vous à l’esprit le souvenir d’un enfant manipulateur capable de montrer une face angélique et de se comporter en petit démon en un switch, mais vous n’étiez pas dupe ? Pour ma part, j’en ai un cuisant souvenir.
La première chose que vous avez perçue du pn, c’est son "visage" sympathique, et vous avez donc pensé, assimilé, que c’était la vraie personnalité de cette personne, et que c’était quelqu’un de fondamentalement bon, adorable. Non ! Ce fut un leurre !
Lorsque arrivent les premiers incidents, les premières égratignures, et que vous voyez à ce moment-là, le pn sous un visage désagréable et indélicat, vous pensez que c’est occasionnel et circonstanciel, que c’est une personne qui a beaucoup souffert, qui n’a pas eu les mêmes chances que vous, et que vous l’avez sûrement blessé ou contrarié sans le vouloir… Comment savoir ? Il reste si flou sur lui. Et vous sentez l’envie, le devoir, de vous montrer spécialement gentil(le) pour le guérir, pour que cela ne se reproduise pas, pour ne plus avoir affaire qu’à la personne à la nature foncièrement charmante que vous avez rencontrée. Vous vous mettez à lui fabriquer des excuses, et en tant qu’empathique, vous êtes toujours prêt(e) à vous remettre en question.
Pourtant le visage désagréable du pn prend bientôt de plus en plus le pas sur le visage charmant. Et il se passe parfois des années avant que vous réalisiez que c’était en réalité, la VRAIE personnalité du manipulateur…
Tant que vous inverserez les deux visages, à cause de ce que vous avez connu en premier, tant que vous croirez en l’existence de la personne charmante, vous resterez piégé(e).
Seule la personne que vous détestez, celle qui vous fait du mal, est réelle. Elle vous a appâté(e) par un mirage. Vous ne devinez pas à quel point paraître gentil le fatigue, il n’a qu’une hâte, c’est de pouvoir se lâcher. Et en toute conscience, il sait très bien ce qu’il fait, il maîtrise son image.
Mais c’est une idée tellement dérangeante que les gens zappent ce qui pourrait les alerter. Ils préfèrent croire en une bonne personne aux prises avec des démons intérieurs. En quelque chose qui peut changer, qui peut s’arranger.
Soyez-en sûr(e), il n’y a chez un pn qu’une seule personnalité, profondément calculatrice, cynique et absolument consciente, c’est son vrai visage.
Le reste n’est que masque.
Je sais bien que c’est dur d’ouvrir les yeux, de renoncer à sa vision positive comme quoi il y a du bon en chacun, qu’on ne doit pas juger... C’est justement de cette vision dont se sert le pn pour nous faire persévérer à supporter le poids de sa charge…

Christel Petitcollin
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SELON DOLTO, L'ENFANT PORTE LA RESPONSABILITE DE L'INCESTE PATERNEL

Lorsqu’un père a des comportements incestueux envers son enfant, la psychanalyse considère que l’enfant en est responsable, soit parce qu’il séduirait son père, soit parce qu’il ne le repousserait pas.
Comment peut-on faire porter une telle responsabilité à un enfant ? D’abord, un enfant n’a ni la force physique ni la maturité psychique pour repousser son père. Ensuite, la séduction d’un enfant n’a rien à voir avec la sexualité d’un adulte. Et même si l’enfant avait un comportement hyper-sexualisé, ce qui reste à prouver, un père avec une bonne capacité parentale devrait protéger son enfant, lui dire « non », au lieu de profiter pour en abuser.

Françoise Dolto et l’inceste
La célèbre pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto (spécialisée dans la psychanalyse des enfants) a peut-être elle-même vécu dans un contexte de Syndrome de Stockholm familial en raison d’une histoire d’inceste dans sa famille : « parce que ma sœur est morte et que c’est moi qui aurais dû mourir selon elle. Ma sœur était blonde aux yeux bleus, comme le père de ma mère, et elle aurait dû vivre parce que, pour ma mère, elle était la fille de l’inceste ». (Autoportrait d’une psychanalyste – 1934-1988, éd. du Seuil, 1989, p.18). » Françoise Dolto : portrait

*** La phrase « Ma sœur était blonde aux yeux bleus, comme le père de ma mère (…) elle était la fille de l’inceste » fait penser que la sœur aînée de Françoise Dolto serait née d’un inceste entre sa mère et son grand-père maternel.
*** Et la phrase « parce que ma sœur est morte et que c’est moi qui aurais dû mourir selon elle » fait penser que sa mère aurait aimé beaucoup plus sa fille née de l’inceste que Françoise Dolto née hors-inceste, allant même jusqu’à dire qu’elle aurait dû mourir à la place de sa sœur. Cet amour fixé sur l’enfant de l’inceste (l’enfant de l’agresseur) fait penser à un Syndrome de Stockholm.

La conception de l’inceste de Françoise Dolto fait elle aussi penser à un Syndrome de Stockholm. Nous avons à disposition plusieurs entretiens dans lesquels Françoise Dolto s’exprime sur ce thème de l’inceste. A la lumière de son histoire personnelle et familiale, ces entretiens sur l’inceste s’éclairent. Il est possible de percevoir dans ses mots le contexte dans lequel elle a vécu, la souffrance qu’elle a peut-être ressentie face à l’amour exclusif de sa mère pour le fruit de l’inceste et le rejet dont elle-même a été victime.

Un entretien avec Françoise Dolto a été publié dans « Le viol du silence » d’Eva Thomas, ainsi que dans « Le livre noir de la psychanalyse », avec une référence à la revue « Choisir » de 1979. Il s’agit d’un entretien dans lequel Françoise Dolto est interrogée par la revue « Choisir » (en novembre 1979) sur le thème de l’inceste. Les descendants de Françoise Dolto n’ont pas exprimé de désaccords au sujet de ce texte.

Voici quelques extraits de cet entretien :
« Choisir – Mais enfin, il y a bien des cas de viol ?
F.Dolto – Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.
Choisir – Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle et qu’elle a ressenti cela comme un viol, que lui répondez-vous ?
F.Dolto – Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui.
(…)
Choisir – D’après vous, il n’y a pas de père vicieux et pervers ?
F.Dolto – Il suffit que la fille refuse de coucher avec lui, en disant que cela ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille.
Choisir – Il peut insister ?
F.Dolto – Pas du tout, parce qu’il sait que l’enfant sait que c’est défendu. Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille en parle. En général la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite. »

D’autres entretiens avec Françoise Dolto ont été publiés dans l’ouvrage : L’enfant, le juge et la psychanalyste ; entretien entre F. Dolto et A. Ruffo, Gallimard, 1999.
Voici quelques extraits de ce livre :
page 11 (préface) :
La juge : « Ce jour là, Françoise Dolto nous a parlé avec l’assurance que lui donnait sa longue expérience clinique de psychanalyste, son respect des enfants. »
page 33
La juge : […] ce que je veux dire c’est qu’il arrive souvent avec des enfants de douze, treize ans, qu’on nous dise: « Cet enfant a des troubles de comportement », parce qu’il a vécu un inceste, parce qu’il a été rejeté, parce qu’il a été méprisé. Mais moi je refuse de lui accorder la protection pour ses troubles.
F. Dolto : mais vous avez tout à fait raison parce que l’important c’est : puisqu’il a survécu, qu’est-ce qu’il y a eu de suffisant pour y prendre son pied ? Si un être est vraiment traumatisé, il tombe malade; si un être n’a pas de quoi vivre, il ne continue pas.
page34
F. Dolto : Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles entre adultes et enfants, et bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s’il accepte, c’est qu’il est complice, il n’a pas à se plaindre. Mais il peut avoir, sans se plaindre, à dire : « mais ça m’a fait très mal. – Oui. Pourquoi t’es-tu laissé faire puisque tu savais que ce n’était pas permis… »
À partir du moment où l’enfant est au courant, très jeune de la loi, il est complice et on peut l’aider beaucoup mieux.
La juge : Je comprends très bien. À ce moment-là, on ne lui donne pas un rôle de victime.
page 53
La juge : Oui. Les enfants se sentent tellement coupables! C’est leur donner la permission de grandir de leur dire qu’ils ne sont pas responsables de leurs parents.
F. Dolto : Ils sont responsables de laisser les parents commettre un acte qui les avilit dans leur relation à leurs enfants.
page 81
La Juge : Mais quand le père nie et que la mère est complice, que la mère refuse ou est incapable de protéger son enfant, qu’il faut le retirer du milieu familial, qu’arrive t-il de cette relation avec le père ?
F. Dolto : Ça dépend de chaque enfant, et je crois que ça dépendra de la relation maturante qu’il va rencontrer avec la famille dans laquelle il sera placé, ou avec l’éducateur avec qui il pourra parler et qui pourra justement lui faire comprendre que l’excitation dans laquelle était son père, peut-être sans l’avoir cherché, l’enfant en était complice. Parce que je crois que ces enfants sont plus ou moins complices de ce qui se passe…Il faudra leur dire très tôt…qu’ils ont un devoir de se dérober à ça pour que leurs parents restent des parents pour eux…
page 83
F. Dolto : Les enfants fabulent beaucoup, oui, c’est vrai. vous voulez dire: est-ce qu’ils fabulent sur les agressions dont ils sont l’objet ?
La Juge : Oui, par exemple, un enfant dit : « Papa a fait ceci ou cela avec moi. »
F. Dolto : Oui, justement, et les enfants ne pourraient plus le faire s’ils avaient été informés avant. « Et là pourquoi as-tu laissé faire puisque tu savais que tu ne devais pas, pourquoi l’as-tu laissé faire ? Ton rôle d’enfant, c’était de l’empêcher. »

Source : « Françoise Dolto et la responsabilité des enfants envers leurs parents », un document publié sur Facebook le 14 septembre 2011 par Aude Fiévet, membre fondatrice et Vice Présidente de l’association Le Monde à travers un Regard (association de lutte contre l’inceste et la pédocriminalité).
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

L'ENFANT, LE JUGE ET LA PSYCHANALYSE
Andrée Ruffo est juge à la chambre de la Jeunesse et siège à la Cour du Québec.

« Andrée Ruffo : Il arrive souvent avec des enfants de douze, treize ans, qu'on nous dise :
“Cet enfant a des troubles de comportement”, parce qu'il a vécu un inceste, parce qu'il a
été rejeté, parce qu'il a été méprisé. Mais moi, je refuse de lui accorder la protection pour
ses troubles.

Françoise Dolto : Mais vous avez tout à fait raison parce que l'important c'est : puisqu'il a
survécu, qu'est-ce qu'il y a eu de suffisant pour y prendre son pied ? Si un être est
vraiment traumatisé, il tombe malade ; si un être n’a pas de quoi vivre, il ne continue pas.

A. R. : Vous savez, souvent, quand je vois des enfants en colère devant moi, je me dis à
moi-même : “C'est merveilleux. Bravo.” Je ne pense pas que je doive, comme juge, le leur
dire. Mais cette colère-là, pour moi, c'est leur façon d'exprimer qu'ils veulent survivre.

F. D. : Oui, c'est ça. » (p. 33)

« A. R. : Et ils n'ont pas été écrasés. Ils disent : “Vous m'avez fait mal. Bien. Je vous ferai
mal.” Et moi, je trouve ça sain ; je trouve ça sain dans le développement d'une personne,
pas au niveau de la société.

F. D. : C'est-à-dire qu'on leur a appris un langage. Le langage n'est pas que de la parole ; le
langage, c'est manière d'homme, manière d'humain. “Manière d'humain, c'est de faire mal
à un humain ? Bon. Eh bien, je deviens une grande personne et je ferai mal aux humains !
— Mais ce n'est pas ça l'important. Puisque tu avais choisi ces parents-là pour naître et
que tu as survécu à quelque chose qui t'a fait mal, pour quelle raison crois-tu que tu as
survécu ? Pour en faire quoi ? Changer les choses peut-être !”
Mais le rôle du juge, c'est qu'à partir de là l'enfant se prenne davantage en charge ; c'est
surtout, je crois, la prévention, c'est-à-dire la mise au courant des lois des enfants très
jeunes. Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles et sexuelles entre
adultes et enfants, eh bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s'il accepte,
c'est qu'il est complice, il n'a pas à se plaindre. Mais il peut avoir, sans se plaindre, à dire :
“Mais ça m'a fait très mal. — Oui. Pourquoi t'es-tu laissé faire puisque tu savais que ce
n'était pas permis...” À partir du moment où l'enfant est au courant, très jeune, de la loi, il
est complice et on peut l'aider beaucoup mieux.

A. R. : Je comprends très bien. À ce moment-là, on ne lui donne pas un rôle de victime. »
(p. 34)

« Andrée Ruffo : “Quand le juge reçoit un enfant victime d’abus sexuels, il faut aussi parler
des mères.

Françoise Dolto : Bien sûr, puisque c'est une situation triangulaire qui est boiteuse, et
c'est pour ça que ça peut arriver. Tant de mères sont complices de ce qui se passe entre
le père et ses enfants, pour que celui-ci reste à la maison, pour qu'il n'aille pas ailleurs.

A. R. : Mais quand le père nie et que la mère est complice, que la mère refuse ou est
incapable de protéger son enfant, qu'il faut le retirer du milieu familial, qu'arrive-t-il de
cette relation avec le père ?

F. D. : Ça dépend de chaque enfant, et je crois que ça dépendra de la relation maturante
qu'il va rencontrer avec la famille dans laquelle il sera placé, ou avec l'éducateur avec qui il
pourra parler et qui pourra justement lui faire comprendre que l'excitation dans laquelle
était son père, peut-être sans l'avoir cherché, l'enfant en était complice. Parce que je crois
que ces enfants sont plus ou moins complices de ce qui se passe. » (p. 81)

« Andrée Ruffo : On a beaucoup d’enfants qui sont victimes d’abus sexuels. [...] Comment
expliquer cette folie ? Ça a peut-être toujours existé. Mais Dieu, on l'entend tous les jours.
Pourquoi cette folie d'abuser des enfants ?

Françoise Dolto : Mais je pense que c'est une contamination qui vient de ce qu'on voit
tellement de fantasmes au cinéma, à la télévision. Pourquoi pas ce fantasme-là, pourquoi
ne se réaliserait-il pas ? C'est pour ça que les enfants doivent être avertis, prévenus,
avertis de leur rôle, de leur coresponsabilité, de leur complicité : “Bien, tu le savais, alors
pourquoi l'as-tu fait ? Bon, maintenant tu diras à ton père ou à ton grand frère que c'est
défendu, que tu m'en as parlé et que c'est fini maintenant entre vous.” » (p. 86)

« A. R. : Et est-ce qu'il est utile pour les enfants qu'il y ait un jugement social, que l'enfant
soit déclaré victime ?

F. D. : Non, justement, c'est très difficile parce que ça le marque pour la vie. Si ça se passe
à huis clos, entre l'enfant et les parents, c'est beaucoup mieux. C'est bien dommage ce
qui s'est passé. Il faut dorénavant que ce soit terminé et que ça ne soit pas toute une
histoire. Ce sont des choses qui se passent dans le cabinet du psychiatre ou du médecin
qui justement le garde en secret professionnel. Il travaille avec les parents pour ce
dérapage dans leur vie imaginaire. C'est toujours sous médicament ou sous alcool que les
choses se sont passées. » (p. 87)

« A. R. : Mais quand c'est le père, et qu'il nie...

F. D. : Il a raison. C'est pas le même, celui qui nie et celui qui l'a fait. Quand on leur dit ça :
“Oui, vous avez raison, celui qui dit ‘non’ aujourd'hui, il a raison, parce que c'est
impensable pour vous. Vous vous sentiriez un salaud si vous l'aviez fait avec toute votre
conscience. Donc vous n'aviez plus votre conscience. »

A. R. : Et qu'est-ce que vous faites en tant que juge pour enfants ?

F. D. : On prévient l'enfant : “Ça ne recommencera pas, sans ça tu seras complice.” »
(p. 88)
Les enfants sont responsables

« Andrée Ruffo : Les enfants se sentent tellement coupables ! C'est leur donner la
permission de grandir de leur dire qu'ils ne sont pas responsables de leurs parents.

F. D. : Ils sont responsables de laisser les parents commettre un acte qui les avilit dans
leur relation à leurs enfants.

A. R. : C'est que les gens se donnent toujours des responsabilités. Les parents sont
responsables des enfants ; les enfants sont responsables des parents. Finalement, chacun
devrait être responsable de sa vie, en laissant à l'autre la responsabilité de la sienne.

F. D. : Absolument. Mais, pour ça, il faut qu'il ait été instruit des lois, des lois de tout le
monde et pas des lois de tel foyer. » (p. 53)
Les enfants ne devraient pas demander la permission

« Andrée Ruffo : Les enfants ont souvent l'impression — et ça, c'est une très mauvaise
éducation, j'en suis certaine — qu'ils ont besoin de la permission de leurs parents. C'est le
contraire.

Françoise Dolto : Mais oui ! Je ne sais pas comment c'est chez vous mais, chez nous, à la
maternelle et à l'école primaire, les enfants doivent demander la permission pour aller faire
leurs besoins, alors que si les enfants s'intéressaient à la classe, même s'ils avaient besoin,
ils resteraient dans la classe, ils se tiendraient sur une jambe puis l'autre pour oublier leurs
besoins. Ce qui prouve que les maîtres ne sont pas intéressants. II faut demander la
permission. On doit demander la permission. C'est terrible cette éducation. » (p. 58)
Si on est né, c’est parce qu’on a « désiré » naître

« Andrée Ruffo : II y a des enfants qui n'ont jamais reçu. Ils survivent, ils sont là. Et s'ils
sont là, c'est parce qu'ils ont survécu. Mais comment arrive-t-on, quand ils ont huit ans,
dix ans, douze ans, à leur transmettre qu'il y a quelque chose de bon en eux ?

Françoise Dolto : On peut leur dire : “Il y a une raison pour laquelle tu es là. C'est toi qui
l'as voulu.” C'est ça qu'on oublie, qu'un enfant ne naît que parce que l’être humain désirait
naître. Ça serait tellement facile de fausse-coucher s'il n'y a pas de quoi vivre ! Mais il a
survécu. » (p. 76)

« Andrée Ruffo : Quand les enfants arrivent devant moi et qu'ils ont commis un délit, ils
crient leur colère. Finalement, ils disent leur colère contre la société, ils disent qu'ils sont
fâchés. Moi, je trouve ça sain.

Françoise Dolto : 0ui.

A. R. : Mais ce sont des enfants tristes, des enfants qui sont comme vidés de tout.

F. D. : Oui, parce qu'ils ne sentent personne pour les soutenir, et c'est là, en eux-mêmes.
Ils se sentent idiots d'avoir été pincés et ils ont honte de s'être laissé avoir parce qu'ils
connaissaient plus ou moins la Loi. Mais ils ne savaient pas comment ils pouvaient y
échapper tellement leur processus de défense les obligeait à se faire prendre. Ce que
nous appelons en psychanalyse “recevoir la castration”, c'est-à-dire recevoir la Loi de
personnes qui la respectent et qui leur disent la Loi pour qu'ils deviennent libres.
Alors que beaucoup de ces enfants avaient reçu la Loi de gens qui ne la respectaient pas
eux-mêmes. Quand un enfant entend : “C'est défendu de faire telle chose !” mais que le
père fait la chose défendue, eh bien, il ne reçoit pas la castration, c'est comme une
mutilation. » (p. 77s)
«
Andrée Ruffo : Notre problème avec les psychanalystes au Québec, entre autres — et
moi, je suis bien prête à travailler là-dessus —, c'est que tout le monde se dit
psychanalyste. Ça c'est le danger.

Françoise Dolto : Tout le monde est psychanalysé, peut-être, mais tout le monde n'est pas
psychanalyste.

A. R. : Je le sais, mais chez nous, au Québec, il n'y a aucune loi qui régit les
psychanalystes, il n'y a aucune corporation, il n'y a aucun contrôle non plus.

F. D. : Ici non plus. » (p. 37)1
[…]

« A. R. : Mais on ne comprend pas ce que c’est. Il faut réaliser ça.

F. D. : Eh non, parce que c’est une relation d’inconscient à inconscient. On comprend une
psychothérapie de soutien, de soutien à vivre normalement soi-disant, à vivre tous aussi
fous les uns que les autres. [italiques de Dolto]

A. R. : Mais la psychanalyse, on ne comprend pas et on ne la respecte pas du tout parce
qu’on veut l’utiliser pour, soi-disant, mieux connaître la personne. » (p. 38)

« F. D. : Alors que ce n'est pas ça du tout. Au contraire, à la fin d'une psychanalyse, le
psychanalyste ne connaît pas la personne, la personne ne se connaît pas plus. Elle a
simplement une histoire qui ne l'intéresse plus, et elle est à aujourd'hui qui prépare
demain. Son histoire ne l'intéresse plus. Elle ne répète plus perpétuellement les mêmes
modes de relation parce qu'elle a liquidé tout ce passé qui a fait d'elle ce qu'elle est
aujourd'hui. Et ce qu'elle est aujourd'hui, c'est ce qui est positif, qui préparera demain, à
condition que aujourd'hui, demain on n'en parle plus. » (p. 39)

1 [Ici, c’est l’endroit où se passe ce dialogue : la France].
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

SIGNALER UN CONTENU DOUTEUX SUR CENTREAIDE

Toute personne peut signaler aux services de police et de gendarmerie un contenu illégal (site, vidéo...) se trouvant sur internet.
Le site PHAROS , géré par des policiers et gendarmes spécialisés, permet de signaler les contenus illicites se trouvant sur internet.
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Re: Urgent, c'est le tournant de ma vie

Message par Dubreuil »

COMPLEMENT F.DOLTO

Interview de Françoise Dolto dans la revue "Choisir la cause des femmes" n° 44
En complément de cet article :
Une vidéo à regarder
Françoise Dolto a accordé à la revue "Choisir la cause des femmes", en 1979, un entretien resté célèbre parce qu'elle y niait tout simplement la réalité des viols incestueux.
Des extraits en ont été publiés dans de nombreux ouvrages (notamment "La porte du fond" de Christiane Rochefort - Grasset 1988, p. 244, "Le viol du silence" d'Eva Thomas - J'ai lu 1989 p. 235-236 et "Le livre noir de la psychanalyse" sous la direction de Catherine Meyer - Les Arènes 2005 p. 614).
Mais avant que je le mette en ligne - après l'avoir photocopié à la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris - il était extrêmement difficile de le trouver dans son intégralité. Et, du fait de l'extrême rareté des exemplaires du n° 44 de cette revue encore en circulation, son authenticité a même parfois été mise en doute par des personnes qui n'avaient pas intérêt à le voir circuler. Aux dires de Jean-Christophe Rabiller (voir ici à 5:46) - qui me l'a confirmé par téléphone - Catherine Dolto elle-même, fille de Françoise et Présidente de l'association "Archives et documentation Françoise Dolto", interrogée par téléphone sur cet entretien, a prétendu ne jamais l'avoir lu ! Qu'un entretien qui a suscité autant de polémiques soit ignoré par la fondation qui conserve les archives Françoise Dolto signifierait-il que cette fondation aurait préféré qu'il reste introuvable ?

Dans cet entretien hallucinant, Dolto n'hésite pas, en plus de nier la réalité des viols incestueux, à défendre les châtiments corporels et à affirmer que ce sont les maris des femmes battues qui doivent être aidés et non ces femmes elles-mêmes, qui "poissent" leur mari.
Cet entretien fait partie du dossier "Les enfants en morceaux", publié dans le numéro 44 (septembre-octobre-novembre 1979) de la revue "Choisir la cause des femmes". Ce dossier comporte notamment, outre l'entretien avec Françoise Dolto, un entretien avec le commissaire Lefeuvre de la brigade de protection des mineurs. J'ai fait le choix de reproduire l'intégralité de ce dossier (téléchargement en haute définition - 27 Mo - ici) pour montrer que, contrairement à ce que prétendent ses défenseurs, Françoise Dolto n'était pas en avance sur son temps en ce qui concerne la cause des enfants, en tout cas en matière d'inceste. Le commissaire Lefeuvre confirme en effet la réalité de l'inceste et parle de viol et de chantage, là où Dolto ne parle que de consentement de l'enfant. Que ce soit le flic plutôt que la psychologue qui comprenne la réalité de l'inceste en dit long sur le caractère réactionnaire des positions de la psychanalyse en matière de sexualité.

Mais il n'y a pas lieu de s'en étonner : Dolto appliquait à la lettre la théorie freudienne du complexe d'Œdipe. Comme je l'ai révélé dans mon livre page 256 à une époque où ce fait était encore très peu connu en France, Jakob Freud, le père de Sigmund, était en effet coupable de viols incestueux commis sur le frère de Sigmund, ainsi que sur plusieurs de ses sœurs. Mais Freud a fait le choix, en toute connaissance de cause, de dissimuler la réalité des viols commis par les pères sur leurs enfants par sa fameuse théorie œdipienne qui prétendait que le désir d'inceste venait des enfants, ou qu'il ne s'agissait que de faux souvenirs fantasmés par les enfants. Si j'affirme que c'était en toute connaissance de cause, c'est non seulement parce qu'il avait observé la réalité de tels abus dans sa propre famille, mais également parce qu'il avait observé, à la morgue de Paris, les corps d'enfants victimes de sévices sexuels familiaux, comme le révèle Jeffrey Masson dans son ouvrage exceptionnel Enquête aux archives Freud.

J'ai également montré dans mon livre (p. 197 à 205) que Freud, présenté par les psychanalystes comme le courageux pionnier ayant défriché seul le terrain de la révolution sexuelle, défendait au contraire des positions rétrogrades par rapport à beaucoup de sexologues et de psychanalystes qui lui étaient contemporains, et dont il combattait avec une grande férocité les idées progressistes en matière de lutte contre la montée du nazisme, de dépénalisation de l'homosexualité et de l'avortement, d'innocuité de la masturbation, d'empathie avec le patient et d'égalité entre les sexes.

En bonne catholique réactionnaire Dolto était contre la légalisation de l'avortement qu'elle assimilait à l'euthanasie et s'est opposée à la loi sur l'interruption de grossesse. Voila un extrait d'un entretien avec Jean-Jacques Moscowitz sur la Shoah où Dolto se livre à une digression sur l'avortement.

"Entretien :

Jean-Jacques Moscovitz
Tu m’avais dit une chose qui m’avait parue importante. Que le statut de la mort avait changé, que ça expliquait que les suicides d’enfants et d’adolescents étaient plus fréquents...
Françoise D.
Oui. D’ailleurs le fait même que l’on parle d’euthanasie, qu’on justifie, qu’on justicie, l’avortement, qu’on légalise l’avortement, on le dit, on dit ce mot-là, alors qu’on devrait dire qu’on dépénalise, on devrait dire dépénaliser l’aide à une mère qui veut avorter. Légaliser l’avortement, c’est incroyable qu’une société puisse dire ce mot-là. Avec ce mot-là, ça devient la loi, que la vie, c’est avec le conscient qu’on la régit. Alors que la vie est sourcée dans l’inconscient et n’est pas régissable par le conscient. Il ne faut pas la régir. "

[Sur cette même question de l'avortement, on peut aussi regarder cet extrait d'interview de Dolto par Pivot, ensuite commenté par des féministes ]
http://www.youtube.com/watch?v=4jcqOJgkIRk
Qualifications de Dubreuil : Educatrice spécialisée - Psychomotricienne - Psychologue clinicienne - psychanalyste
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Dubreuil
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Message par Dubreuil »

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