aide rupture - rejet - répétition

aide rupture - rejet - répétition

Messagede casasunrise » 18 Mai 2009, 13:51

Bonjour,

J'ai besoin d'aide. J'aurai préféré le faire face à un humain, un psy en chair et en os. De visu, de vive voix. Avec un regard, un sourire, un geste.

Après avoir fait 14 ans de psychanalyse, je pensais naïvement que je pourrais tout gérer dans ma vie. Qu'au moins je ne toucherais plus le fond.

J'ai réussit à m'accepter avec tout mon passé, et toutes les blessures qui ont jalonné ma vie (humiliation quotidienne dans l'enfance, victime d'un manipulateur pervers dans l'adolescence proche de l'inceste pendant 8 ans, rejet de ma famille pour homosexualité, mort de la soeur de mon premier ami, mort de mon père deux jours plus tard, mort de mon premier ami sous mes yeux par crise cardiaque un an après, deuxième ami avec une grave maladie que j'ai aimé et soutenu plus que tout et que j'ai dû quitter il y a un mois, il n'arrivait pas malgrè sa volonté à m'aider, à me désirer, et cela nous faisait terriblement souffrir tous les deux au quotidien).

Alors me voilà là, seul. Mes amis n'ont pas chercher en un mois à m'aider. Pas une seule fois. Je dois préciser que je suis une excellente oreille, je suis celui qu'on appelle quand on a un soucis. Je suis toujours là, je réagit au quart de tour. Je suis simple, disponible, généreux et gentil.
Je pourrais vous racconter des anecdotes incroyables, pour vous montrer à quel point j'ai pu sauver mes amis des pires situations.

Et là, ça fait un mois que l'on me laisse dans un coin, sans pouvoir rien dire. Rien exprimer. C'est cruel. Je ne mérite vraiment pas ça. A croire que de leur avoir tout donné de moi-même ça ne leur a rien fait. Je ne dois pas regretter pourtant, mais je n'ai plus vraiment envie de les voir. Je suis déçu, et me demande: qu'est-ce que l'amitié, sinon au moins être là pour l'autre en cas de coup dur ? Et là, ils savent que c'est dur pour moi, mais ne bougent pas...

Mon dernier petit ami voulait qu'on reste ami. Cela me paraissait trop difficile. Je ne voulais pas, je savais que j'en souffrirais. Mais par amour pour lui, j'ai dit que j'acceptais. Je savais que sinon il pouvait attérir à l'hopital, car ça lui ait arrivé dans le passé. Alors, jusqu'au bout, j'ai pensé à l'aimer, et à prendre soin de lui. Car je l'aime toujours. Mais depuis, il me fuit. Je l'appelle pour prendre de ses nouvelles. Il m'en donne, mais ne me demande pas pour moi. Pourtant je ne l'ai jamais rejeté moi, malgrè ses maladies, qui en ont fait fuir plus d'un, je lui ai permis de se sentir pleinement épanoui. Je lui ai écrit une lettre après notre rupture, où j'ai mis en lumière toutes ses qualités. Une lettre élogieuse, pour le soutenir. Tous ses amis n'ont pas arrêté de lui dire les progrès énormes qu'il avait fait sur lui-même en me fréquentant.
Mais là, je suis rejeté, et humilié une nouvelle fois.

Je ne vais pas baisser les bras, non. Mais c'est vraiment terrible d'avoir une telle vie. De ne pas avoir un peu de chance. Mais est-ce la chance qui joue ?
Oh, bien sûr j'occupe mes journées, j'ai des passions, des loisirs, et des ambitions au niveau du travail. Je me donne les moyens de réussir. J'y travaille tous les jours, même quand je suis suis à bout. Je me suis promis d'y arriver. Je ne m'ennuie pas. Loin de là.
C'est juste que je déprime et je pleure tout le temps. Je n'ai jamais pleuré autant, même après un enterrement.

Je ne sais plus si j'arriverais à aimer à nouveau pleinement un jour (je sais, on dit ça quand tout s'écroule, il faut laisser du temps). Mais après tout ce qu'il m'est arrivé dans la vie, progressivement déjà le sentiment amoureux a un autre goût, il est frelaté, et j'ai peur, oui, peur, de devenir: distant, superficiel, égoîste, voir méchant. Ou du moins: sans saveur.

Par protection, sans doute...mais je vais finir par être inapprochable, et si un jour je tombe sur la bonne personne qui aura vraiment envie de me soutenir, moi, je devrais lui imposer d'attendre pour que la confiance revienne. Et là, si elle ne patiente pas et qu'elle s'enfuit, ça sera re-cauchemardesque. Je me dirais: "et voilà, enfin la bonne personne, mais trop tard !".

Déjà, j'ai l'impression que je m'endurcis, on vit quand même dans une drôle de société "à la française", non ? Je veux dire, les rapports sociaux sont devenus épouvantables par ici, ou je me trompe ? Plus rien n'est logique.

J'ai pourtant espoir que ma vie soit meilleure. Elle l'est déjà pas mal quand j'y mets le reste d'énergie. Mais, ma question est: que faire pour se donner toutes les chances d'y arriver quand on a été autant malmené dans sa vie ?

Merci à tous ceux qui m'aidront et répondront à cette question.
Surtout n'hésitez pas, cela me donnera matière à reflexion.
Même si votre avis, c'est simplement: y croire encore. Le mieux est à venir, etc... Dites simplement ce que vous pensez.

J'ai besoin de vous lire.
casasunrise
 

Re: aide rupture - rejet - répétition

Messagede odile » 19 Mai 2009, 13:28

Bonjour !

Beaucoup de morts, de cassures, d'espoirs déçus au travers de ton appel au secours. J'ignore ton âge mais je constate qu'au-delà de l'adversité, il y a chez toi, une folle envie d'EXISTER pour toi-même. Or, dans ta façon de te présenter comme étant constamment au service des besoins, des désirs de l'autre, tu en es venu à devenir transparent, occultant de ce fait, tes propres aspirations ou désirs de reconnaissance.

Ce qui me frappe, en te lisant, c'est la dualité de tes réflexions, ta manière de te situer entre "TOUT" et "RIEN". Tout donner pour surtout ne plus être ce "rien" qui fait si peur. Seulement, dans ce clivage, entre la perfection (car qu'y a-t-il au-dessus du "tout" ?) et l'inexistant (mais je crois qu'en dessous de "rien" il y a le "moins que rien" et cela me fait penser au msg de Rémi, lu hier soir. Ton angoisse du "rien" ne rejoindrait-elle pas sa notion de "merde" dont il se gratifie ?

Alors peut-être est-il tant de trouver ta place entre ces deux alternatives pas très satisfaisantes. En effet quand quelqu'un a tout fait, que peut attendre l'autre si ce n'est, peut-être, cette impression d'étouffer ? Viser le maximum, la perfection, le "TOUT" n'est-ce pas, à moyen terme, tomber de haut parce qu'on est déçu ? Est-il préférable de choisir l'idéal, de peur de ce "RIEN" dont trop de gens semblent te percevoir ? En tout cas, c'est bien entre ces deux extrèmes qu'il te faut apprendre à ETRE TOI !

J'aime bien tes pleurs. Ne dit-on pas que les larmes restent "l'eau de l'âme" ? Elles ont l'avantage de nettoyer les scories accumulées au fond de soi. Elles sont quelquefois annonciatrices du soleil qui en général vient briller après la pluie.

A toi, comme à Rémi je souhaite de tout coeur que vous puissiez vous retrouver et exister entre ces deux alternatives. A plus.

Odile

PS : Amuse-toi, en reprenant ton message, à pointer tout les mots ou expressions te faisant balancer entre ce tout et ce rien.
odile
 

Re: aide psychologie rupture - rejet - répétition

Messagede Centreaide » 27 Mai 2009, 10:14

Bonjour,

Soyez le bienvenu sur ce forum.

Vous écrivez :
J'ai besoin de parler. J'aurai préféré le faire face à un humain, un psychologue en chair et en os. De visu, de vive voix. Avec un regard, un sourire, un geste.


Qu'est-ce qui vous en empêche ?
Après avoir fait 14 ans de psychanalyse, je pensais naïvement que je pourrais tout gérer dans ma vie. Qu'au moins je ne toucherais plus le fond. J'ai réussit à m'accepter avec tout mon passé, et toutes les blessures qui ont jalonné ma vie (humiliation quotidienne dans l'enfance, victime d'un manipulateur pervers dans l'adolescence proche de l'inceste pendant 8 ans, rejet de ma famille pour homosexualité, mort de la soeur de mon premier ami, mort de mon père deux jours plus tard, mort de mon premier ami sous mes yeux par crise cardiaque un an après, deuxième ami avec une grave maladie que j'ai aimé et soutenu plus que tout et que j'ai dû quitter il y a un mois, il n'arrivait pas malgrè sa volonté à me désirer, et cela nous faisait terriblement souffrir tous les deux au quotidien)


Il est compréhensible que les épreuves que vous avez évoquées vous fragilisent actuellement.
Les traumatismes et les deuils auxquels vous avez eu à faire face nécessitent un temps parfois important de reconstruction, même après ce beau parcours d'analyse que vous avez réalisé.

A ce propos, que vous a fondamentalement apporté ce travail personnel ?
Alors me voilà là, seul. Mes amis n'ont pas chercher en un mois à me rendre visite. Pas une seule fois. Je dois préciser que je suis une excellente oreille, je suis celui qu'on appelle quand on a un soucis. Je suis toujours là, je réagit au quart de tour. Je suis simple, disponible, généreux et gentil. Je pourrais vous racconter des anecdotes incroyables, pour vous montrer à quel point j'ai pu sauver mes amis des pires situations. Et là, ça fait un mois que l'on me laisse dans un coin, sans pouvoir rien dire. Rien exprimer. C'est cruel. Je ne mérite vraiment pas ça. A croire que de leur avoir tout donné de moi-même ça ne leur a rien fait. Je ne dois pas regretter pourtant, mais je n'ai plus vraiment envie de les voir. Je suis déçu, et me demande: qu'est-ce que l'amitié, sinon au moins être là pour l'autre en cas de coup dur ? Et là, ils savent que c'est dur pour moi, mais ne bougent pas...


Ne croyez-vous pas qu'il soit possible qu'ils respectent votre supposé besoin d'isolement ?
Et pourquoi ne pas directement solliciter vos amis ?
Mon dernier petit ami voulait qu'on reste ami. Cela me paraissait trop difficile. Je ne voulais pas, je savais que j'en souffrirais. Mais par amour pour lui, j'ai dit que j'acceptais. Je savais que sinon il pouvait attérir à l'hopital, car ça lui ait arrivé dans le passé. Alors, jusqu'au bout, j'ai pensé à l'aimer, et à prendre soin de lui. Car je l'aime toujours. Mais depuis, il me fuit. Je l'appelle pour prendre de ses nouvelles. Il m'en donne, mais ne me demande pas pour moi. Pourtant je ne l'ai jamais rejeté moi, malgrè ses symptomes psychologies, qui en ont fait fuir plus d'un, je lui ai permis de se sentir pleinement épanoui. Je lui ai écrit une lettre après notre rupture, où j'ai mis en lumière toutes ses qualités. Une lettre élogieuse, pour le soutenir. Tous ses amis n'ont pas arrêté de lui dire les progrès énormes qu'il avait fait sur lui-même en me fréquentant.
Mais là, je suis rejeté, et humilié une nouvelle fois.


Comment comprenez-vous cet état de fait ?
Je ne vais pas baisser les bras, non. Mais c'est vraiment terrible d'avoir une telle vie. De ne pas avoir un peu de chance. Mais est-ce la chance qui joue ?


A votre avis ?
Oh, bien sûr j'occupe mes journées, j'ai des passions, des loisirs, et des ambitions au niveau du travail. Je me donne les moyens de réussir. J'y travaille tous les jours, même quand je suis suis à bout. Je me suis promis d'y arriver. Je ne m'ennuie pas. Loin de là.
C'est juste que je déprime et je pleure tout le temps. Je n'ai jamais pleuré autant, même après un enterrement.


J'en suis sincèrement désolé pour vous.
Pour remédier à votre tristesse, je vous invite à consulter un psychologue.
Dites-nous ce que vous en pensez et celles que vous aimeriez vous approprier...

Je ne sais plus si j'arriverais à aimer à nouveau pleinement un jour (je sais, on dit ça quand tout s'écroule, il faut laisser du temps). Mais après tout ce qu'il m'est arrivé dans la vie, progressivement déjà le sentiment amoureux a un autre goût, il est frelaté, et j'ai peur, oui, peur, de devenir: distant, superficiel, égoîste, voir méchant. Ou du moins: sans saveur. Par protection, sans doute...mais je vais finir par être inapprochable, et si un jour je tombe sur la bonne personne qui aura vraiment envie de me soutenir, moi, je devrais lui imposer d'attendre pour que la confiance revienne. Et là, si elle ne patiente pas et qu'elle s'enfuit, ça sera re-cauchemardesque. Je me dirais: "et voilà, enfin la bonne personne, mais trop tard !


N'avez-vous pas le sentiment que votre état d'esprit actuel déteigne sur votre façon d'envisager votre avenir ?
En effet, il me semble que vous vous projetez de façon bien négative dans votre conception de l'avenir, ce qui vous amène à élaborer des prophéties auto-réalisantes négatives qu'il vous serait bénéfique d'inverser...
Déjà, j'ai l'impression que je m'endurcis, on vit quand même dans une drôle de société "à la française", non ? Je veux dire, les rapports sociaux sont devenus épouvantables par ici, ou je me trompe ? Plus rien n'est logique.


Il est vrai que de nombreuses personnes ressentent actuellement une certaine déliquescence des relations humaines. Il me semble toutefois toujours possible d'y remédier à son modeste niveau.

Comme le disait Jung : « Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ? He bien commence à le faire : qui t'en empêche ?
Fais-le en toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le veulent. Fais-le en petit, et il grandira. »

J'ai pourtant espoir que ma vie soit meilleure

Et vous avez bien raison !

Elle l'est déjà pas mal quand j'y mets le reste d'énergie. Mais, ma question est: que faire pour se donner toutes les chances d'y arriver quand on a été autant malmené dans sa vie ?


Ne pensez-vous pas qu'il vous serait bénéfique de poursuivre votre développement par vous-même en vous investissant dans tout ce qui est de nature à vous faire du bien ?
Vous pouvez continuer à en parler sur les chats et aussi Il est possible de fixer ou participer aux évènements (chat...) grâce à l'agenda.

Courage et à bientôt.

Cdt,
L'équipe de centreaide.com
Avatar de l’utilisateur
Centreaide
Administrateur
 
Messages: 57
Inscription: 21 Avr 2009, 11:01
Reputation point: 2

Re: aide rupture - rejet - répétition

Messagede casasunrise » 29 Mai 2009, 23:20

Bonjour odile,

Merci pour ton message. Mais je pense que tu ne m'as pas compris du tout.
Mais je ne t'en veux pas, au contraire, tu me donnes ton point de vue. C'est bien.

Je n'ai aucunement l'impression d'être transparent et totalement dévoué aux autres. Je pense à moi, avant tout, à mes apirations, à mes désirs. Je suis déçu du comportement des autres, car eux n'ont eu "aucune" considération pour moi au mois de janvier. Je dis "aucune" pour le mois de janvier. Et comme ils connaissent mon passé, et que je les ai soutenus plusieurs fois, là, j'ai eu besoin d'eux. Ils n'ont pas été là. Dois-je continuer à les considérer comme ami tout de même ?

Le juste milieu, je sais très bien ce que c'est. J'ai passé beaucoup de temps à méditer, à étudier la philosophie indienne et chinoise. Le principe de non dualité, je vois donc tout à fait de quoi tu veux parler. Mais là, ce qui me "choque", c'est ce rejet en bloc. Alors, oui, je sais, il n'y a qu'une solution: accepter.
Mais ça, c'est vraiment trop gros à avaler.
Accepter reviendrait à nier que j'ai été blessé. J'ai commencé à leur dire que je ne comptais plus les voir comme avant. La solution pour l'instant c'est: ce ne sont plus mes amis, ce ne sont que des relations, pas très sympathiques.

Je ne cherche pas la perfection ou le Nirvana. Mais alors, pas du tout. J'aime la simplicité en toute chose. Je me contente souvent de regarder les arbres. Cela m'apaise beaucoup. Mais parfois j'ai besoin d'avoir une écoute de la part de mes amis. Est-ce trop demander ?

Je ne me considère absolument pas comme une merde. Et je suis surpris que mon message te fasse penser ça ? Je m'aime profondément. Je trouve que ce sont les autres qui ne m'aiment pas. Ou du moins qui ne sont pas amicaux au moment où ils devraient l'être.

Est-ce placer la barre trop haut que d'attendre de la part de ses amis proches un "comment ça va, aujourd'hui ?".
Je ne pensais pas.
Mais visiblement oui, et là je suis tombé de haut.
Il me faudra du temps pour l'accepter. Je passerai alors à autre chose, mais je n'aurais plus l'envie de croire aux autres. Et c'est cela qui me fait peur.

Tu fais un jeu de mot sur le fait qu'en ayant été à l'écoute des autres, en ayant "tout fait", je les ai étouffer. Là aussi, je ne comprends pas. Faut-il donc être un peu distant des autres. N'être que des connaissances, même des gens que l'on aime ? Peut-être. Si c'est ça la solution, la vie est fade.

Descartes dit des larmes: "les larmes se font des vapeurs qui sortent des yeux"..."ceux qui sont tristes ne jettent pas continuellement des larmes, mais seulement des intervalles, lorsqu'ils font quelque nouvelle réflexion sur les objets qu'ils affectionnent".
Mais quand les intervalles viennent à se multiplier, il devient difficile de profiter des rayons de soleil.
casasunrise
 



Sujets similaires


Retourner vers Séparation - rupture - divorce
Participer au chat Séparation - rupture - divorce

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités

Aide psychologique en ligneconsultation psychologue en ligne