Bonjour,
J'ai besoin d'aide. J'aurai préféré le faire face à un humain, un psy en chair et en os. De visu, de vive voix. Avec un regard, un sourire, un geste.
Après avoir fait 14 ans de psychanalyse, je pensais naïvement que je pourrais tout gérer dans ma vie. Qu'au moins je ne toucherais plus le fond.
J'ai réussit à m'accepter avec tout mon passé, et toutes les blessures qui ont jalonné ma vie (humiliation quotidienne dans l'enfance, victime d'un manipulateur pervers dans l'adolescence proche de l'inceste pendant 8 ans, rejet de ma famille pour homosexualité, mort de la soeur de mon premier ami, mort de mon père deux jours plus tard, mort de mon premier ami sous mes yeux par crise cardiaque un an après, deuxième ami avec une grave maladie que j'ai aimé et soutenu plus que tout et que j'ai dû quitter il y a un mois, il n'arrivait pas malgrè sa volonté à m'aider, à me désirer, et cela nous faisait terriblement souffrir tous les deux au quotidien).
Alors me voilà là, seul. Mes amis n'ont pas chercher en un mois à m'aider. Pas une seule fois. Je dois préciser que je suis une excellente oreille, je suis celui qu'on appelle quand on a un soucis. Je suis toujours là, je réagit au quart de tour. Je suis simple, disponible, généreux et gentil.
Je pourrais vous racconter des anecdotes incroyables, pour vous montrer à quel point j'ai pu sauver mes amis des pires situations.
Et là, ça fait un mois que l'on me laisse dans un coin, sans pouvoir rien dire. Rien exprimer. C'est cruel. Je ne mérite vraiment pas ça. A croire que de leur avoir tout donné de moi-même ça ne leur a rien fait. Je ne dois pas regretter pourtant, mais je n'ai plus vraiment envie de les voir. Je suis déçu, et me demande: qu'est-ce que l'amitié, sinon au moins être là pour l'autre en cas de coup dur ? Et là, ils savent que c'est dur pour moi, mais ne bougent pas...
Mon dernier petit ami voulait qu'on reste ami. Cela me paraissait trop difficile. Je ne voulais pas, je savais que j'en souffrirais. Mais par amour pour lui, j'ai dit que j'acceptais. Je savais que sinon il pouvait attérir à l'hopital, car ça lui ait arrivé dans le passé. Alors, jusqu'au bout, j'ai pensé à l'aimer, et à prendre soin de lui. Car je l'aime toujours. Mais depuis, il me fuit. Je l'appelle pour prendre de ses nouvelles. Il m'en donne, mais ne me demande pas pour moi. Pourtant je ne l'ai jamais rejeté moi, malgrè ses maladies, qui en ont fait fuir plus d'un, je lui ai permis de se sentir pleinement épanoui. Je lui ai écrit une lettre après notre rupture, où j'ai mis en lumière toutes ses qualités. Une lettre élogieuse, pour le soutenir. Tous ses amis n'ont pas arrêté de lui dire les progrès énormes qu'il avait fait sur lui-même en me fréquentant.
Mais là, je suis rejeté, et humilié une nouvelle fois.
Je ne vais pas baisser les bras, non. Mais c'est vraiment terrible d'avoir une telle vie. De ne pas avoir un peu de chance. Mais est-ce la chance qui joue ?
Oh, bien sûr j'occupe mes journées, j'ai des passions, des loisirs, et des ambitions au niveau du travail. Je me donne les moyens de réussir. J'y travaille tous les jours, même quand je suis suis à bout. Je me suis promis d'y arriver. Je ne m'ennuie pas. Loin de là.
C'est juste que je déprime et je pleure tout le temps. Je n'ai jamais pleuré autant, même après un enterrement.
Je ne sais plus si j'arriverais à aimer à nouveau pleinement un jour (je sais, on dit ça quand tout s'écroule, il faut laisser du temps). Mais après tout ce qu'il m'est arrivé dans la vie, progressivement déjà le sentiment amoureux a un autre goût, il est frelaté, et j'ai peur, oui, peur, de devenir: distant, superficiel, égoîste, voir méchant. Ou du moins: sans saveur.
Par protection, sans doute...mais je vais finir par être inapprochable, et si un jour je tombe sur la bonne personne qui aura vraiment envie de me soutenir, moi, je devrais lui imposer d'attendre pour que la confiance revienne. Et là, si elle ne patiente pas et qu'elle s'enfuit, ça sera re-cauchemardesque. Je me dirais: "et voilà, enfin la bonne personne, mais trop tard !".
Déjà, j'ai l'impression que je m'endurcis, on vit quand même dans une drôle de société "à la française", non ? Je veux dire, les rapports sociaux sont devenus épouvantables par ici, ou je me trompe ? Plus rien n'est logique.
J'ai pourtant espoir que ma vie soit meilleure. Elle l'est déjà pas mal quand j'y mets le reste d'énergie. Mais, ma question est: que faire pour se donner toutes les chances d'y arriver quand on a été autant malmené dans sa vie ?
Merci à tous ceux qui m'aidront et répondront à cette question.
Surtout n'hésitez pas, cela me donnera matière à reflexion.
Même si votre avis, c'est simplement: y croire encore. Le mieux est à venir, etc... Dites simplement ce que vous pensez.
J'ai besoin de vous lire.

