Je craque face à mon angoisse et mon fatalisme

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Je craque face à mon angoisse et mon fatalisme

Messagede nono_groovebox » 08 Déc 2011, 22:55

Je crois que je retombe en dépression, n'ayons pas peur des mots. Je vis pour un an au Royaume-Uni pour vous situer le contexte. Et ce soir, j'ai craché ça.

"à ma grande déception, voilà que les nouveaux jours arrivent. Un nouveau noël et je suis toujours gêné par une angoisse quotidienne qui m'empêche d'avancer et de prendre plaisir dans la vie. Ce soir j'ai envie de pleurer; j'ai envie de voir personne et surtout, la possibilité du suicide m'est apparue à nouveau. Ce que j'ai beaucoup de mal à assumer. Moi ?! Penser à la mort ?! Mais que m'arrive t-il ?! Qui suis-je ?! Je ne reconnais pas le garçon plein de vie et d'envies d'il y a un an. C'est terriblement frustrant de se retrouver le matin, contre son oreiller, avec l'envie d'y rester pour 3h de plus. Le point positif, c'est que j'aurais en horreur de rester au lit. Ca signifierait capituler et moi, je ne capitule pas.

Moi je suis le guerrier dans la tempête que jamais rien n'arrête. Même pas la dépression. La dépression je la prends, je la jette par terre et je la roue de coup de pieds jusqu'à ce qu'elle ferme un peu sa gueule de sale truie. Putain ça y est. Un an que je traîne cette fragilité qui m'empêche de faire ce que je veux. Pour tout vous dire, ça fait bien longtemps que j'ai pas pris une grosse cuitasse et je sens que ce soir serait le moment rêvé. Avaler du vin par grosses goulées, de la bière, du gin, du citron et de la téquila, n'importe quoi pourvu que je sois saoul. Ca me casse les couilles de pas me sentir en sécurité dans ma propre tête. De tenir l'équilibre sur le fil du mental et pouf, d'un coup sombrer dans le fatalisme et la tristesse proches de la crise de larme.

Jamais de ma vie, avant de quitter le lycée je n'aurais cru vivre un pareil enfer. Je profitais de tout. J'aimais la campagne, le soleil, la vie, l'école, apprendre, crier, parler avec mes parents, parler avec mes amis, faire de la musique, faire des blagues, draguer, manger, courir, prendre des photos. Peindre, ne pas peindre, regarder un film, jouer aux jeux vidéos, rôter, caresser mes chats, m'asseoir sur les marches de la maison pour boire un café, avec ma mère. Et tout ce putain de merdier, toute cette vie qui m'a rempli les artères, les veines, le coeur, les battements de cil, toute cette vie qui m'a agité pendant des années, toute cette vie qui transparait sur mes joues roses d'enfant, sur mon sourire de dodu de 13 ans, sur mon bronzage maigre de 14 ans, dans mes longs cheveux de 17 ans. toute cette vie je ne la touche plus. Je ne la touche plus que trop rarement.

Quelques matins alors que l'angoisse m'épargne, je me plais à penser que la beauté est devant moi, qu'il me suffit de l'embrasser. Je me demande où est le meilleur ami avec qui je devrais partager tout ça.Les blagues de cul, les formes des filles, le Royaume-Uni et sa langue de fou. Tout me blase terriblement. J'ai l'impression de ne faire partie de rien, de n'avoir aucune importance, consistance, aucune utilité, d'être obsolète et inintéressant. Même pour les quelques français qui sont ici. J'ai déjà pensé à quitter ma copine, une fille magnifique, intelligente, belle et attentionnée, tellement j'en ai eu plus rien à foutre parfois.

J'ai l'impression de survivre plutôt que de vivre. Je veux retrouver le soleil de mes journées. Je veux pouvoir me dire en me levant, dans le miroir de ma chambre U : "Comme tu es beau" et pas "Encore un jour à faire".
"
nono_groovebox
 
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